Surnommé le roi du jeu, Andy voit sa chance tourner. Ruiné, éloigné de sa famille dont la mère est atteinte d’Alzheimer et séparé de l’amour de sa vie, il reste digne face à l’adversité. Guidé par sa générosité et son humanité, il va trouver dans le Mahjong une philosophie de vie pour se reconstruire.
Avis de Cherycok :
Chaque année en février, le cinéma hongkongais produisait en série des comédies pour le Nouvel An chinois qui sont très souvent des films légers et feel good avec une tripotée de stars. La production Milkyway de l’année 2002, Fat Choi Spirit, ne fait pas exception et va aligner un joli casting de stars dans un film sur le mah-jong qui, quelque part, renvoie aux films de gambling de la fin des années 80/début des années 90, du style God of Gamblers, et qui avaient de nouveau tenté une percée à cette époque avec la saga Conman, sans beaucoup de succès. On pourrait se poser la question du choix étrange de sortir par chez nous un film dont le thème principal, le mah-jong donc, est très typé chinois et souvent difficile à comprendre pour le public occidental, mais l’éditeur Badlands a fait les choses bien. En plus d’introduire le mah-jong dans les bonus, il y a quelques indications lors des parties afin d’avoir quelques repères. Mais au final, même s’il n’y avait pas eu ces points de repère et ces explications, Fat Choi Spirit est suffisamment bien fait pour que même les plus ignares en matière de mah-jong puissent prendre du plaisir devant le film.

Joli petit succès au box-office puisqu’il a rapporté 19M$HK à une époque où le public hongkongais n’était pas forcément en phase avec son cinéma, Fat Choi Spirit met en scène Andy Lau (God of Gamblers, Running Out of Time) dans le rôle d’un « Guerrier du mah-jong », un homme accro au célèbre jeu et qui a fait fortune en jouant, mais qui va devoir faire face à une perte soudaine de sa chance et de sa déduction légendaire. L’une des forces du film, ce sont ses personnages et les acteurs qui les interprètent. Ce n’est clairement pas ici le meilleur rôle d’Andy Lau, mais il est bon dans ce que le film lui propose, avec un personnage suffisamment approfondi auquel il donne suffisamment de substance pour qu’on s’intéresse à lui du début à la fin. Gigi Leung (A War Named Desire, La Brassiere) incarne un rôle caricatural avec un abandon total, n’ayant pas peur de se ridiculiser et de se moquer de ses propres défauts dans la vie, provoquant certaines des scènes les plus drôles du film. Là aussi, son personnage est suffisamment approfondi pour que, malgré son côté énervant, il arrive à devenir attachant. Lau Ching-Wan (Big Bullet, Running Out of Time) hérite du rôle le plus déjanté du film, celui d’un joueur de mah-jong habillé comme un rappeur gangsta des années 90 (bonnet, chaine, veste moumoute) mais complètement immature et pleurnichard, provoquant parfois des crises de fou-rire juste par sa dégaine et ses expressions. Mais celle qui vole la vedette à chacune de ses apparitions, c’est la vétérante Bonnie Wong (Rob-B-Hood, A Moment of Romance) qui incarne la mère d’Andy Lau. Sa maladie d’Alzheimer et son addiction au mah-jong lui offrent d’excellents moments parfois assez hilarants. On regrettera seulement que Louis Koo (Flash Point, The White Storm) soit cantonné à un cameo de luxe, quasi absent une bonne partie du film alors que son rôle de geek aurait pu être intéressant s’il avait été un peu plus développé. L’humour omniprésent masque le fait qu’il n’y a pas vraiment d’intrigue, ou plutôt qu’il s’agit d’un ensemble de sous-intrigues différentes qui ne sont jamais réellement imbriquées de manière cohérente et qui ressemblent à des excuses pour faire des parties de mah-jong. C’est parfois assez décousu, mais ça n’empêche pas de suivre correctement ce qu’il se passe et on a constamment le sourire aux lèvres.

Le ton du de Fat Choi Spirit est assez équilibré et le film ne tombe jamais dans l’excès, le burlesque ou l’idiotie pure. On reste dans un humour léger et on prend plaisir à voir aussi bien les interactions entre les acteurs qui semblent s’amuser comme des petits fous, que les très nombreuses scènes de mah-jong. Ces scènes de jeu sont filmées comme des duels de western spaghetti, avec des zooms / gros plans sur les visages, mais aussi les mains, les tuiles, … Johnnie To et Wai Ka-Fai arrivent, qu’on comprenne ou non le mah-jong, à créer une belle tension lors des parties. Les règles du mah-jong ne sont au final pas forcément compliquées cependant il reste difficile de comprendre toutes les subtilités des parties car il existe de nombreuses « mains spéciales ». Mais on prend malgré tout un certain plaisir à les voir aligner ces tuiles, à s’exclamer « Kong » ou « Pung » avec conviction, à les voir éclater de joie sans qu’on comprenne réellement pourquoi. Et c’est en ça que le film fait fort, arriver à nous entrainer avec lui alors qu’on n’a pas bien les codes de tout ce qu’il se passe. La ruse et l’habileté des joueurs, tout comme les coups de chances incroyables lors du tirage des tuiles, étaient faciles à déduire à partir de l’excellent travail de caméra et de la musique, même si on n’a aucune idée de pourquoi une tuile dragon vert était un désastre dans certains cas et pourquoi une tuile à quatre cercle dans un autre cas pouvait renverser la situation. Johnnie To s’amuse à fond sur sa mise en scène, aussi bien lorsqu’il doit donner du mouvement à des scènes où quatre personnages sont assis autour d’une table à piocher des tuiles de mah-jong, que pour tout ce qu’il y a autour. Il expérimente parfois et il faut reconnaitre que le résultat est souvent très réussi. On notera également une belle photographie, elle aussi étudiée pour mettre en valeur les parties de mah-jong. Et pour finir de nous faire passer un bon, voire très bon moment, Fat Choi Spirt se termine sur une excellente parodie du personnage de Wong Fei-Hung détournée à la sauce gambling, musique célèbre à l’appui. Non, vraiment, ce n’est à aucun moment un problème de ne pas être un initié du mah-jong car Fat Choi Spirit reste quoi qu’il arrive un très bon petit moment, sans doute pas la meilleure comédie sortie du studio Milkyway mais clairement une des plus attachante.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le fun des scènes de mah-jong… ♥ Bien mis en scène ♥ Le casting ♥ Les personnages ♥ L’humour léger |
⊗ … qui sont malgré tout très nombreuses ⊗ Certains personnages peu développés ⊗ Un scénario un peu prétexte |
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| Faisant écho à la série de films de God of Gamblers, sans jamais tomber dans la parodie, Fat Choi Spirit est une très bonne comédie fraiche et légère du studio Milkyway. Que vous connaissiez ou non le mah-jong, laissez-vous tenter. | |

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FAT CHOI SPIRIT est sorti en Blu-ray Édition limitée chez Badlands Editions au prix de 25.00€. Il est disponible à l’achat ICI. 1920 x 1080 – HD – 1.85:1 respecté – 16/9 – Cantonais Dolby True HD 7.1 / Mandarin Dolby Digital 6.1 – Sous-titres français. En plus du film, on y trouve : Présentation du film par Julien Carbon (19 min), Présentation du Mah-jong par Arnaud Lanuque (18 min), Interviews du scénariste Yau Nai-Hoi et du monteur Law Wing-Cheong (29 min), Making-of d’époque (2 min), Bande annonce |
Titre : Fat Choi Spirit / 嚦咕嚦咕新年財
Année : 2002
Durée : 1h36
Origine : Hong Kong
Genre : Kung hei fat choi !
Disponibilité : Blu-ray
Réalisateur : Johnnie To, Wai Ka-Fai
Scénario : Wai Ka-Fai, Yau Nai-Hoi, Au Kin-Yee
Acteurs : Andy Lau, Lau Ching-Wan, Gigi Leung, Louis Ko, Cherrie Ying, Wong Tin-Lam, Bonnie Wong, Matt Chow, Jimmy Wong, Four Tse, Angela Tong, Lung Tin-Sang




















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