[Film] Thérapie de Choc, de Ariel Winograd (2025)

Un psychologue condamné à des travaux d’intérêt général aide un policier torturé par l’infidélité de sa femme. Ensemble, ils affrontent le danger et s’offrent une seconde chance.


Avis de Cherycok :
Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Et quand il y a des bas, on a juste envie de se poser, de se relaxer, d’oublier un peu les problèmes. Et quand on se lance dans un film, on a envie d’un truc léger, d’un truc qui ne va pas demander une grande réflexion intellectuelle, d’un truc un peu feel good pour passer 2h de détente sans se poser trop de question. J’ai jeté mon dévolu sur le film Netflix Thérapie de Choc, attiré par sa jaquette colorée et son duo de personnages que tout semblait opposer, point de départ de tout bon buddy movie qui se respecte. Bon, au final, bien que regardable, Thérapie de Choc n’était pas un grand film, mais il a fait son office et pour peu que vous n’en attendiez pas trop, il pourrait vous aussi vous faire passer 1h47 plutôt agréables en compagnie de deux acteurs des plus sympathiques qui portent clairement le film sur les épaules.

Thérapie de Choc est un film mexicain mis en scène par le réalisateur argentin Ariel Winograd qui a rencontré un énorme succès au Mexique avec deux de ses précédents films, Le Braquage du Siècle (2020) et Una Pequeña Confusion (2024). Mais surtout, Thérapie de Choc est le remake d’un film argentin à l’excellente réputation, Tiempo de Valientes (2005) réalisé par Damian Szifron (Les Nouveaux Barbares, Misanthrope). N’ayant pas vu l’original, je ne ferais donc ici aucune comparaison, mais d’après les retours, Thérapie de Choc serait très fidèle à l’original, conservant les séquences principales, reprenant les mêmes personnages (ainsi que leurs noms), tout en lui faisant divers clins d’œil et hommages. Thérapie de Choc nous présente Mariano Silverstein, un psychanalyste un peu guindé, condamné à des travaux d’intérêts général après un accident de la route, à qui on donne la mission d’assurer le suivi psychologique d’un inspecteur de Police, Alfredo Diaz, qui traverse une profonde dépression à cause de l’infidélité de sa femme. Mariano va être obligé de suivre Alfredo sur le terrain pour poursuivre ses séances de thérapie, mais ils se retrouvent embarqués dans une affaire criminelle bien plus dangereuse que prévue, avec uranium enrichi et corruption policière. Thérapie de Choc joue donc la carte du buddy movie avec deux personnages qui n’ont au départ rien en commun mais qui, au fil de leurs péripéties, vont devenir amis. Rien d’original donc ici dans un film qui, de toutes façons, ne cherche jamais à l’être mais avec un réalisateur qui va tenter par moment de s’approprier les codes du genre et de les rendre les plus efficaces possibles dans le contexte de son histoire. Malheureusement, le scénario est bien trop balisé et l’ensemble se fait très prévisible et il y a de grandes chances que, si vous avez vu l’original, un sentiment de déjà-vu soit réellement présent. On notera malgré tout l’effort d’adapter culturellement le genre au pays d’origine du film, le Mexique, aussi bien dans la façon d’être des personnages que dans la façon de mettre en avant la capitale du pays.

Contrairement à pas mal de comédies Netflix, la mise en scène est ici très soignée, avec une photographie urbaine qui rend hommage à Mexico et un réalisateur qui semble vouloir bien faire les choses. Son film est rythmé, Winograd essaie de ne laisser aucun temps mort, avec des scènes qui s’enchainent avec une grande fluidité. Il a par contre plus de mal avec le mélange des genres typique du buddy movie, à savoir l’action et la comédie. En ce qui concerne l’action, Thérapie de Choc se défend. Certes, il n’y a que peu de scènes spectaculaires, mais ce qu’il fait, il le fait plutôt bien avec même quelques accès de violence bien sentis (le headshot dans l’introduction par exemple). Mais il y a deux problèmes. Le premier, c’est que le film semble sans cesse hésiter dans le ton à adopter et son côté hybride est parfois un peu artificiel. Cela se remarque particulièrement dans le dernier acte, plus sérieux, où les quelques blagues fonctionnent encore moins. « Encore moins » car l’humour a du mal à prendre, et c’est le vrai réel problème de Thérapie de Choc. Oui, l’humour c’est subjectif et ce qui fait rire les uns ne fera pas rire les autres. Mais en ce qui me concerne, à par une scène (le ligotage à la multiprise et rallonge électrique) qui m’aura fait rire aux éclats et une ou deux autres pour lesquelles j’ai esquissé un sourire, je suis quand même resté sur ma faim. Et c’est fort dommage car le duo Luis Gerardo Mendez / Memo Villegas fonctionne plutôt bien, tout comme certaines punchlines. Leur dynamique est au cœur du récit et même si leur relation évolue de manière très classique (on sait par avance qu’ils vont finir amis), elle reste crédible avec de vrais moments de sincérité au milieu de tout ça. Même lorsque le scénario montre ses limites, avec par exemple des personnages secondaires jamais approfondis, l’alchimie entre leurs deux personnages brisés à l’intérieur rattrape l’ensemble. Ils se retrouvent dans leurs malheurs communs et l’ironie de cette situation les rend très vite attachants. Du bon et du moins bon donc dans Thérapie de Choc, mais une bobine qui néanmoins divertit un minimum, et c’est déjà ça de pris.

LES PLUS LES MOINS
♥ Bien mis en scène
♥ Le duo Luis Gerardo Mendez / Memo Villegas
♥ Des scènes d’action honnêtes
♥ Quelques punchlines bien senties
⊗ Un scénario très balisé
⊗ Un humour qui ne fonctionne que rarement
⊗ Des personnages secondaires pas développés

Thérapie de Choc est un divertissement honnête mais oubliable. Son duo d’acteur convaincant et son rythme soutenu permettent de ne pas s’ennuyer, mais ce n’est jamais réellement convaincant et il y a bien mieux dans le genre.



Titre : Thérapie de Choc / La Hora de los Valientes
Année : 2025
Durée : 1h45
Origine : Mexique / Argentine
Genre : Buddy Movie
Disponibilité : SVOD
Réalisateur : Ariel Winograd
Scénario : El Huevo Charlie Barrientos, Damian Szifron

Acteurs : Luis Gerardo Mendez, Memo Villegas, Christian Tappan, Veronica Bravo, Noé Hernandez, Ivan Aragon, Enrique Arreola, Bernardo Velasco, Fernando Cuautle


















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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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