Membre de la police de Pékin, Allan est envoyé à Hong-Kong, sur la demande d’un riche homme d’affaires, pour assurer la protection d’une jeune femme témoin d’un meurtre. Désormais, son appartement sera transformé en camp retranché, truffé de caméras de surveillance. Car, jusqu’au procès, le danger peut surgir de nulle part et la moindre faille peut se révéler fatale…
Avis de Cherycok :
Bien que certains préfèreraient avoir des inédits, c’est toujours plaisant lorsque des films qui n’étaient dispo jusque-là qu’en DVD arrive en blu-ray et/ou 4K. Et ce coup-ci, on s’intéresse à The Bodyguard From Beijing de l’excellent Corey Yuen, jusque-là uniquement disponible en DVD sous le titre The Defender, qui vient de sortir chez Factoris films qui continue son cycle Jet Li après Fist of Legend et Tai Chi Master. C’est l’occasion de revoir en qualité optimale le film en qualité optimale surtout lorsque, comme moi, vous l’avez découvert il y a plus de 20 ans en DVD à la qualité plus que discutable directement importé de Hong Kong. A l’époque, j’avais mis 7/10 au film sur HKMania, accompagné d’un court texte signalant que le film était des plus sympathiques malgré un manque flagrant de combats. Après revisionnage, la note reste la même, bien que certains défauts et qualités du film m’ont bien plus sauté aux yeux. Bien qu’il soit loin d’atteindre la qualité des meilleurs films de Jet Li, The Bodyguard from Beijing est un divertissement solide.

Succès plutôt correct à une époque où le public commençait à bouder une grosse partie des productions locales, 11M$HK au box-office, The Bodyguard from Beijing est une réinterprétation du célèbre Bodyguard (1992) de Mick Jackson, avec Kevin Costner et Whitney Houston, film dont le statut de film culte m’interroge encore aujourd’hui, mais là n’est pas la question. Le film de Corey Yuen emprunte l’intrigue principale au blockbuster hollywoodien mais trouve rapidement sa propre voix, sans mélodrame, mais en étant un véritable film hongkongais, avec ses codes, avec sa façon de faire, avec sa façon de voir les choses. Les différences sont rapidement visibles, à commencer par les personnages. Dans la version US, Costner est un ancien agent des services secrets hanté par un échec passé. Il est mélancolique et son professionnalisme est une armure psychologique. Dans la version HK, Jet Li est un soldat chinois, un vrai de vrai, qui a reçu une éducation idéologique et militaire, représentant l’ordre face au chaos de Hong Kong. Clairement, on sent que Corey Yuen et la Golden Harvest qui produit le film cherchent, avec l’approche de la rétrocession de1997, à plaire à la Chine continentale et ce plan final avec le drapeau de la Chine flottant derrière Jet Li n’est pas là par hasard. Raté, le film sera censuré en Chine, le gouvernement n’appréciant pas entre autres l’image trop humaine donné à ce soldat d’élite (il tombe amoureux, il n’aurait pas dû). Les deux films se différencient également dans le traitement de la romance et de l’action. Dans la romance, l’original y allait frontalement, avec les deux acteurs qui consommaient leur relation là où, ici, on est dans l’interdit, avec seulement des regards, des tentatives de tentation, ce qui donne une fin bien plus mélancolique que dans la version américaine. Pour l’action, c’est la même chose, The Bodyguard propose une action réaliste, souvent brève, là où le film de Corey Yuen y va à fond dans le spectacle comme Hong Kong en avait le secret. Tout ça pour dire que vous n’aurez pas l’impression de voir le même film car The Bodyguard From Beijing se différencie bien vite de son modèle, et ce n’est pas plus mal.

Bien qu’on qualifie The Bodyguard from Beijing de film d’action, l’action pure et dure est au final assez rare. C’est d’ailleurs le plus gros reproche qui est souvent fait au film. Il est vrai que sorti du final et du gunfight dans le centre commercial, l’action se fait assez rare, bien que malgré tout présente à de quelques courtes reprises. Mais lorsqu’elle est là, Corey Yuen, également chorégraphe, est fidèle à lui-même et nous propose des gunfights nerveux, intenses, certes parfois un peu trop poseurs, et des chorégraphies de combat vraiment réussies. Le final opposant Collin Chou a Jet Li est clairement LA scène du film, commencent comme un jeu du chat et de la souris pour finir en grosse baston pieds / poings parfois assez virevoltante, mais toujours ultra lisible avec des artistes martiaux en pleine possession de leurs moyens. Le film a d’ailleurs été nominé pour les meilleures chorégraphies aux Honf Kong Films Awards, sans remporter la statuette. On regrette qu’une baston du même genre n’ait pas été présente à mi-film et dans le premier acte car en l’état, on a plus l’impression que le film visait à mettre en avant les solides talents d’acteurs de Jet Li plutôt que ses prouesses martiales, comme s’il voulait préparer son avenir américain. La légende raconte d’ailleurs que Jet Li a été invité à jouer le rôle du méchant principal dans L’Arme Fatale 4 après que les dirigeants de la Warner aient vu ce film. Car il est vrai que le scénario donne à Jet Li tout le temps nécessaire à la fois pour des scènes un peu comiques, par exemple celles qu’il partage avec Kent Cheng, mais aussi des moments plus intimistes avec Christy Chung et cette romance interdite que le film met en scène. Il en résulte quelques moments qui pourront paraitre longuets à certains, mais qui en contrepartie permettent de s’attacher au personnage, à l’exception peut-être du jeune adolescent, insupportable. On regrettera seulement que l’alchimie entre Jet Li et Christy Chung ne fonctionne que par intermittence, le côté hystérique de cette dernière, bien que compensé par son charme naturel, prenant parfois un peu trop de place. Si on prend le film dans son ensemble, ce n’est clairement pas le meilleur film de Jet Li. Et pourtant, il n’en demeure pas moins des plus attachants et une bobine plutôt solide pour un Jet Li qui semblait avoir envie de s’imposer dans autre chose qu’un film martial en costumes (il venait d’enchainer trois opus d’Il Etait une Fois en Chine, Swordsman 2, les deux Fong Sai Yuk, Evil Cult, Claws of Steel et La Légende du Dragon Rouge). Plusieurs de ses films suivants iront d’ailleurs dans la même direction.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ De bonnes scènes d’action… ♥ Un casting sympathique… ♥ Des personnages attachants ♥ Bien mis en scène |
⊗ … malheureusement un peu trop rares ⊗ … mais un gosse énervant |
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| The Bodyguard From Beijing reste un solide divertissement dans lequel Jet Li tente de s’imposer autrement que par ses talents martiaux. Ce remake officieux de The Bodyguard (1992) est éminemment sympathique, bien que pas exempt de défauts. | |

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THE BODYGUARD FROM BEIJING est sorti en combo Blu-ray / UHD chez Factoris Films au prix de 29.99€. Il est disponible à l’achat ICI. 1080p / 2160p – HD / UHD – 1.85 – 16/9 – Version originale DTS HD Master Audio 2.0 et version française DTS HD Master Audio 5.1 – Sous-titres français. En plus du film, on y trouve : Podcast inédit par le Raging Fire Club (26min), Bande annonce. |
Titre : The Bodyguard from Beijing / The Defender / 中南海保鑣
Année : 1994
Durée : 1h33
Origine : Hong Kong
Genre : Remake officieux
Disponibilité : Dvd, Blu-ray, UHD
Réalisateur : Corey Yuen
Scénario : John Chan, Gordon Chan
Acteurs : Jet Li, Christy Chung, Kent Cheng, Collin Chou, Joey Leung, We Wei-Kuo, William Chu, Wong Kam-Kong, Corey Yuen, Huang Kai-Sen, Jimmy Wong, Fong Yue
























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