[Film] Sauvez Willy, de Simon Wincer (1993)

Jesse est un garçon abandonné par ses parents, rebelle à toute autorité Willy est une orque retenue en captivité, refusant le dressage. Entre le gamin et l’animal se noue une complicité exceptionnelle. Jusqu’au jour où la vie de l’orque est menacée. Jesse n’a alors qu’une idée: sauver Willy.


Avis de John Roch :
Acteur de télévision, le nom de Keith Walker ne vous dira peut être rien, mais pour qui a grandi avec Les Goonies, ce nom ce traduit par M. Walsh. C’est justement sur le tournage du film de Richard Donner, inspiré par la petite ville côtière d’Astoria où est shooté le métrage, que Keith Walker a l’idée d’une histoire d’amitié entre une orque et un petit garçon. Sous l’impulsion de Richard Donner et de sa femme Lauren Shuler Donner, Sauvez Willy prend forme au début des années 90 mais si le script séduit, il ne plaît pas pour autant car jugé trop gentil et stéréotypé. Il est réécrit par Corey Blechman qui modernise le scénario et fait du jeune héro de l’histoire non plus un enfant muet vivant avec des nonnes, mais un garçon rebelle et orphelin. Scénario qui devait être à la base mis en scène par un certain Robin B. Armstrong, mais il se fait virer à cinq semaines du début du tournage après d’ incessantes demandes de remanier le script. Il est remplacé par Simon Wincer, réalisateur d’origine Australienne à qui on devait avant ce film Harlequin, D.A.R.Y.L, Harley Davidson Et l’Homme Aux Santiags, puis plus tard Jack L’Éclair, Le Fantôme Du Bengale et Crocodile Dundee 3. A sa sortie en 1993, Sauvez Willy est un succès. Produit pour 20 millions de dollars, le film en rentre dans les caisses plus de 153 millions, enfantera trois suites en plus d’un dessin animé, permettra de récolter 20 millions de Dollars en faveur de l’organisme caritatif environnemental Earth Island Institute et reste l’un des divertissements familiaux les plus emblématiques des années 90.

Sauvez Willy raconte donc l’histoire d’amitié entre un garçon de 12 ans et un épaulard. L’enfant a été abandonné par sa mère et le cétacé a été arraché à sa famille pour être maintenu en captivité dans un parc aquatique. Pour justifier le fait qu’ils deviennent potes, le film ne mise pas sur l’ intelligence de l’orque mais sur un aspect mythologique. Si Willy ne se laisse approcher et apprivoiser par personne sauf le petit Jesse, c’est parce que l’orque a su lire dans son âme et y trouve un être qui comprend sa souffrance. Et il a de la chance Jesse de pouvoir être ami avec Willy, il serait tombé sur Tilikum qu’elle l’aurait direct choppé par le bras pour l’emporter sous l’eau. Ça aurait été plus réaliste, mais il n’y aurait pas eu de film et nous sommes dans un film familial ne l’oublions pas. Film familial qui a plus de gueule que ce qu’on pourrait le penser car mine de rien Sauvez Willy parvient à impressionner. Pas dans son scénario classique dans lequel un pré-ado à problèmes va apprendre à changer grâce au pouvoir de l’amitié. Pas non plus au niveau de ses personnages pas très intéressants voire transparents comme le pote (humain celui-là) de Jesse qui disparaît puis apparaît pour mieux disparaître, ou le gérant du parc aquatique joué par Michael Ironside censé être le méchant de l’histoire qui apparaît pas plus de 10 minutes à l’écran pour tirer la gueule. Pas non plus au niveau de l’émotion parce que si l’histoire est jolie, elle en touche une sans faire bouger l’autre, ni de l’humour absent. Quoi que sur ce point on peut en trouver une forme involontaire avec le père d’accueil de Jesse joué par Michael Madsen, qui regarde ce gamin effronté avec un air à vouloir l’attacher à une chaise pour lui découper une oreille sous fond de Stealers Wheel.

Malgré tout, Sauvez Willy n’est pas un film désagréable à suivre. Ce n’est pas trop niais, le casting suit, la mise en scène est dynamique, c’est assez rythmé pour ne jamais ennuyer, et la musique signée Basil Poledouris, même si on est bien loin des scores de Robocop, Conan ou Starship Troopers, est mignonne comme tout. Mais ce qui impressionne, on y vient, c’est les nombreuses scènes mettant en scène l’orque, mélange d’un véritable épaulard dressé et d’animatronique que le découpage et le montage rend invisible, Sauvez Willy est sur ce point irréprochable, bien que le dernier plan ou Willy fait son célèbre saut est aujourd’hui bien daté il faut l’avouer, les CGI étant balbutiants à cette époque. Mais la chose la plus folle qui sort de Sauvez Willy, ce n’est pas le film en lui-même mais ce qu’il a déclenché. Succès mondial, le métrage a attiré l’attention sur Keiko, l’orque qui joue Willy, dont les conditions de captivité n’était pas si différentes de celles montrées dans le film. Pire encore, le traitement de l’eau inadapté a fini par affaiblir son système immunitaire. L’émotion suscité par Sauvez Willy et la réalité dépassant la fiction, Keiko a au fil des ans été déplacée dans un bassin construit sur mesure puis dans un enclos marin avant de retrouver la liberté en 2002. N’ayant jamais su se réadapter à la vie sauvage après 22 ans de captivité, elle est décédée un an plus tard. Il y a des films tirés d’histoires vraies et il y a Sauvez Willy, fiction qui est devenue une réalité et ça, c’est beau.

LES PLUS LES MOINS
♥ Un divertissement familial sympa
♥ Les scènes avec Willy, mélange d’une vraie orque et d’animatronique très bien géré
♥ C’est assez rythmé pour ne jamais ennuyer
♥ La musique est mignonne
⊗ Pour l’émotion, on repassera
⊗ Passé l’histoire d’amitié, il n’y a rien de vraiment intéressant
Sauvez Willy c’est mignon, c’est sympa, c’est jamais désagréable, c’est un bon divertissement familial.



Titre : Sauvez Willy
Année : 1993
Durée : 1h53
Origine : USA
Genre : Orca
Réalisateur : Simon Wincer
Scénario : Keith Walker et Corey Blechman

Acteurs : Keiko, Jason James Richter, Lori Petty, Michael Madsen, Jayne Atkinson, August Schellenberg, Michael Ironside, Richard Riehle, Mykelti Williamson, Danielle Harris

 

 


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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