[Film] Lake Placid (1999)

Après la mort inexpliquée d’un agent de la protection des eaux et forêt dans un lac du Maine, la dent d’un animal préhistorique est retrouvée. Kelly Scott, une paléontologue de New York, est envoyée sur place, ainsi que Jack Wells, un garde forestier. Malheureusement, il s’avère que l’animal est bel et bien vivant.

Avis de Rick :
Lake Placid est un film hybride. Réalisé en 1999 par un Steve Miner qui retrouve une certaine notoriété auprès des fans de cinéma de genre après avoir signé l’année précédente le grand retour de Michael Myers avec un sympathique mais loin d’être parfait « Halloween : 20 ans après il revient » (pour mémoire, il avait réalisé dans les années 80 les opus 2 et 3 de la saga Vendredi 13 et le premier opus de House), Lake Placid est un mélange entre le classique film d’animal tueur, ici un crocodile géant donc, et un film pratiquant un humour assez sarcastique et se focalisant sur ses personnages. Si bien que le métrage, malgré certaines qualités, a le cul entre deux chaises. Le début nous met dans le bain, avec une introduction classique de film de monstres aquatiques. On pense bien évidemment aux Dents de la Mer de Spielberg, entre autre. Dur de s’en éloigner, le film ayant réellement posé les bases de ce genre de films. Néanmoins, la réalisation de Steve Miner est appliquée (ce qui ne sera pas le cas des suites signées Syfy, purs produits vidéos torchés à la va vite), on est bel et bien devant un produit pour le cinéma, ce qui se fait de plus en plus rares. Les plans sont parfois intéressants, la réalisation travaillée, les décors très bien mis en valeur. Le film ne cloche pas à ce niveau là. Au niveau de son scénario et de son rythme, c’est une toute autre histoire.

Comme dit précédemment, le film va mélanger humour s’axant sur les personnages et film de croco tout ce qu’il y a de plus classique, et les deux ne se marient pas toujours ensembles, même si certaines scènes font mouches. L’humour est assez plaisant, surtout que les acteurs sont bons. Aucune surprise à ce niveau quand on jette un œil au casting. Bill Pullman en garde forestier (acteur dont la carrière s’est un peu égarée depuis Independance Day en 1996…), Bridget Fonda en paléontologue, Oliver Platt en spécialiste milliardaire. Bref, du lourd. Malheureusement, à force de jouer sur l’humour et de se concentrer sur ses personnages, le scénariste a oublié en cours de route qu’il faisait aussi un film de croco géant, et donc, qu’on voulait voir un minimum la bête et ses attaques. Les attaques sont donc très rares, tout comme les apparitions du crocodile, et c’est bien dommage, car la bête est extrêmement bien faite. On est bien loin de tous ces films utilisant des images d’archives ou du numérique bas de gamme (Syfy, Nu Image, Asylum), on est ici bel et bien en face d’animatronics, et d’un crocodile vraiment bien foutu et réaliste.

Mais le réalisateur, tout comme le scénariste, n’ont pas misés là dessus. Les attaques de la bête, bien que pas inintéressantes (l’attaque de l’ours, où quand Hector se retrouve face à la bête), sont très furtives et on passe très rapidement à autre chose. Le film comporte pas mal d’autres idées intéressantes, mais qui seront assez rapidement éclipsées, comme la vieille dame nourrissant le crocodile avec des vaches. Au lieu de ça, le métrage concentre la majeure partie de sa courte durée (à peine 1h20 au compteur) sur l’humour et ses quatre personnages principaux, nous offrant réellement un film hybride assez étrange, bien que pas déplaisant. Même le final s’avérera décevant et surtout très simpliste et vite torché. Rien d’étonnant quand on sait que le scénariste n’est autre que David E. Kelley (Ally McBeal). Il aura eu le mérite de tenter de faire quelque chose de différent, et ça ne marche jamais pleinement. Lake Placid reste divertissant, mais est vite vu, vite oublié. Les suites tardives d’ailleurs oublieront le cocktail du scénariste pour livrer des films de monstres bêtes et méchants, et surtout puant le numérique a plein nez. La pauvre saga n’aura jamais eu de chance.

Le film a le cul entre deux chaises. Plaisant à défaut d’être vraiment bon, quelques scènes sortent du lot.


Titre : Lake Placid
Année : 1999
Durée : 1h18
Origine : U.S.A
Genre : Croco géant
Réalisateur : Steve Miner

Acteurs :  Bill Pullman, Bridget Fonda, Oliver Platt, Brendan Gleeson et Betty White


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

Comments

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  1. Jamais pris le temps de le voir celui là.

  2. Tu peux tenter, le croco est quand même très bien fait, mais rare à l’écran. Après vu la durée, pas une grosse perte de temps. Ou t’as le 2, en fait quasi un remake, l’humour en moins, le numérique raté en plus lol.

  3. Je me laisserais tenter à l’occaz maintenant que je me suis replongé dans le film de monstre en plastique… euh en synthèse géant ^_^

  4. L’intégralité des chroniques de Lake Placid, on en révait ! Ca fait des années qu’il faut que je revoie le 1 !!

  5. Oui, et compte sur nous pour chroniquer d’autres sagas aussi cultes (Hum…) que Lake Placid ^_^

    Nous sommes le seul site / blog français à proposer l’intégralité des Lake Placid, Rick n’en est pas peu fier lol.

  6. Héhé, je me suis dévoué pour cette saga, j’avoue que c’était dur sur la fin, mais oui, on a de l’exclu, la première chronique française du 4 je crois bien ^^
    Prochainement, les Détour Mortel.

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