[Semaine Western] Jour 3 : Young Guns, de Christopher Cain (1988)

Dans les années 1870, la guerre du comté de Lincoln éclate au Nouveau-Mexique et scelle la légende de William H. Bonney, surnommé Billy the Kid.


Avis de Rick :
Dans les années 80, le western n’a plus franchement la côte, alors que le genre est apparu très tôt, dés 1910, même s’il était loin de ce qu’il sera par la suite. Le cinéma muet met en avant Tom Mix et William S. Hart. Puis quand le cinéma devient parlant, d’autres stars prennent le relais, lors de l’âge d’or d’Hollywood, allant des années 30 à 50 notamment. Gary Cooper et John Wayne prennent le relais et deviennent les visages du western. Puis vint le western spaghetti dans les années 60, en Italie. En Amérique, certains continuent, notamment Sam Peckinpah, ou bien entendu Clint Eastwood, qui dés 1973, signera comme réalisateur L’Homme des Hautes Plaines, puis en 1976 Josey Wales Hors-la-loi. Il retournera au western en 1985 avec Pale Rider puis en 1992 avec Impitoyable. Mais dans les années 80 et 90, le western est quasiment mort. C’est alors qu’apparaît en 1988 Young Guns, réalisé par Christopher Cain, un autre film de ma jeunesse même si j’ai toujours eu plus d’affinité avec Young Guns 2, signé deux ans plus tard, mais on y reviendra plus tard ça. Un film au budget très modeste de 11 millions mettant en avant des jeunes acteurs bien en vogue à l’époque, et faisant le choix de nous raconter l’histoire de Billy the Kid durant la guerre du comté de Lincoln de 1878. D’après certains dires, Young Guns serait d’ailleurs à l’écran la version la plus réaliste de ces événements. Une guerre qui débute dans le sang, et finira, forcément, dans le sang, une histoire de vengeance classique pour le genre, lorsque John Tunstall (Terence Stamp, quand même), tenant un ranch, se fait froidement abattre par son ennemi juré, Murphy (Jack Palance, encore une fois, quand même !). Tunstall avait prit sous son aile divers fugitifs, lui servant de protection en échange d’un toit, de nourriture et d’une éducation, et ceux-ci, menés par Billy the Kid, prennent plutôt mal la mort de leur mentor.

Ils décident alors de se faire justice, et deviennent très rapidement des hors la loi. L’histoire de Billy the Kid, elle n’est pas nouvelle au cinéma. Avec beaucoup de libertés, son histoire sera apparue dés les débuts du western, en 1911, mais on retiendra surtout Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah en 1973 (avec au casting James Coburn et Kris Kristofferson). Young Guns par contre ne parle pas de la rivalité entre le Kid et Garrett (même si le personnage sera rapidement présent, et d’ailleurs joué par Patrick Wayne, fils de John Wayne), mais ne se focalise que sur la guerre de Lincoln, et donc, une période d’un an basiquement, ce qui lui permet, scénaristiquement, de ne pas s’éparpiller. Young Guns est solide au niveau de sa trame et de ses personnages, même si forcément, sur 1h40, certaines simplifications seront faites, et certains événements rapidement survolés histoire de se focaliser sur l’important, à savoir la vengeance du Kid et de sa bande, et un assaut final (où Tom Cruise a un caméo, pour l’anecdote). Et ça fonctionne, on suit l’aventure, respectueuse du mythe et du genre, avec plaisir, d’autant plus que les acteurs sont charismatiques et conviennent plutôt bien à leurs personnages. Emilio Estevez fait un bon Kid, qui n’hésite pas à se moquer de tout, amenant souvent la bande dans des situations bien difficiles. À ses côtés, Kiefer Sutherland et Lou Diamond Phillips complètent les premiers rôles et font plutôt forte impression. Si en plus, on ajoute Charlie Sheen à leurs côtés dans un rôle certes assez limité mais intéressant, et que l’on nous met Terence Stamp et Jack Palance dans les rôles, certes en retraits, mais clés de l’aventure, on obtient un casting plus que solide. Et malgré les blagues du Kid et son côté désinvolte (ah la jeunesse), Young Guns se veut être un western tout ce qu’il y a de plus sérieux.

Ce n’est pas aussi sombre ou violent que les westerns des décennies précédentes, ou aussi crépusculaire que les rares westerns de ces années là, mais Young Guns veut raconter son histoire en y restant fidèle la plupart du temps. En fait, on pourrait presque dire que Young Guns pourrait être un grand western, sauf qu’il souffre malgré tout de quelques défauts qui viennent abaisser le verdict. Et en premier lieu, ce sera la mise en scène, ce qui est malgré tout juste, ben, hyper important. La mise en scène de Christopher Cain, si elle n’est pas honteuse, loin de là, semble plus hésitante et brouillonne dés lors que les colts se mettent à parler. Cela se remarque notamment par un abus de ralentis et de gros plans. Parfois, ils sont judicieusement placés, comme lors de la mort de Tunstall, ou alors d’une tentative désespérée lors du final, et à d’autres moments, lors de quelques fusillades anecdotiques, le réalisateur en abuse comme pour camoufler certaines choses. Certaines anecdotes disent que certaines scènes d’action furent totalement improvisées par les acteurs, et il est possible que ce côté improvisé ai rendu la mise en scène de Cain brouillonne. Cela ne retire clairement rien au capital sympathie du film, grâce à sa fraicheur, son histoire réaliste et son très bon casting, mais abaisse un peu le verdict, surtout que finalement, à quelques headshots près, le film se fait plutôt soft dans son approche de la violence, à une époque qui était justement plutôt violente et immorale. Ce côté réaliste, la suite va le perdre, pour y gagner une mise en scène bien plus solide et un côté B bien plus assumé.

LES PLUSLES MOINS
♥ Excellent casting de gloires sûres et têtes montantes
♥ Une histoire réaliste et plutôt fidèle à la réalité
♥ Une intrigue bien ficelée qui se suit très bien
♥ Un western très sympathique
⊗ Un côté parfois brouillon
⊗ Scènes d’action un peu décevantes
note8
Young Guns, sans être un grand film ou un grand western, est intéressant et reste réaliste dans ce qu’il raconte sur la guerre du comté de Lincoln. Le tout est aidé par une grande galerie d’acteurs.



Titre : Young Guns

Année : 1988
Durée :
1h42
Origine :
U.S.A
Genre :
Western
Réalisation : 
Christopher Cain
Scénario : 
John Fusco
Avec :
Emilio Estevez, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Charlie Sheen, Dermot Mulroney, Casey Siemaszko, Terence Stamp et Jack Palance

 Young Guns (1988) on IMDb


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Feroner
Éditeur
11 mars 2020 17:46

Pas mal du tout celui-la ca fait bizarre un western année 80 il y a ce coté jeune est cool que tu retrouve très rarement dans le genre. mon préféré de cette époque c’est silverado 1985 avec son casting de fou.

pti denis
11 mars 2020 18:48

Pareil, Silverado est mon préféré dans les années 80 (en même temps de cette décennie là, j’ai dû en voir une dizaine c’est tout ^^).
J’ai pas du tout aimé Young guns, je me suis énormément ennuyé malgré un casting qui me parle à fond! Dans le genre dépoussiérage djeuns d’un genre, j’ai préféré Les trois mousquetaires de Stephen Herek.

Feroner : Merci d’avoir évoqué Rio conchos, je ne connaissais pas du tout, les avis sur le net sont pour la plupart similaires au tient, achat obligatoire durant les mois qui arrivent 😉

Faze
Faze
12 mars 2020 5:08

Comme déjà dit ailleurs , j’aime beaucoup les 2 Young guns , western zéro prise de tête et bien fun , avec un casting de jeunes loups qui en veulent !

Et comme vous deux , si on me dit western années 80 , je dit Silverado ! Un bon petit western un peu oublié mais dont pas mal de vieux trentenaires se souviennent avec un sourire au coin des lèvres.(Kevin Kline et son arrivée en ville top classe !! 😀 )

Grandgrigou
Grandgrigou
12 mars 2020 13:30

Silverado…Silverado…d’accord, mais surtout “Quigley l’australien”!!

Faze
Faze
Reply to  Grandgrigou
13 mars 2020 1:02

Roooh le bon vieux Tom Selleck des familles …

Faudra que je le revoie mais il m’avait pas laissé un souvenir impérissable , mais c’était il y a longtemps.
Il mérite sans doute une petite réévaluation.