En quête d’un nouveau départ, Millie accepte un poste de femme de ménage à demeure chez Nina et Andrew Winchester, un couple aussi riche qu’énigmatique. Ce qui s’annonce comme l’emploi idéal se transforme rapidement en un jeu dangereux, mêlant séduction, secrets et manipulations. Derrière les portes closes du manoir Winchester se cache un monde de faux-semblants et de révélations inattendues…
Avis de Cherycok :
En 2022, l’écrivaine américaine Freida McFadden sort le livre La Femme de Ménage, The Housemaid en VO, et ça devient rapidement un véritable phénomène à travers le monde. D’abord disponible uniquement en numérique sur le Kindle d’Amazon, ce thriller domestique devient viral sur les réseaux sociaux et explose tous les compteurs de vente. Il ne faut pas longtemps pour qu’il soit édité de manière plus classique et qu’il continue sa course folle, se plaçant en tête des ventes de toute bonne librairie. Très rapidement, ça devient une franchise vendue à plusieurs millions d’exemplaires et traduit dans plus de 30 langues. Il n’en fallait pas plus pour qu’une adaptation cinématographique soit mise en chantier, sortie en 2025, et devienne le film le plus rentable de l’année avec un box-office de 400M$ pour un budget de 35. Un phénomène mondial qui débarque chez nous en format physique sous la houlette de Metropolitan Films Export, l’occasion pour moi de voir le film et de me ranger du côté de l’avis général. Bien que je serais moins dithyrambique que certain, oui, La Femme de Ménage, c’était bien.

Comme le projet a immédiatement suscité beaucoup d’attente, forcément vu le succès phénoménal du roman original, Lionsgate a essayé de faire les choses correctement et a tenu à travailler avec Fredia McFadden qui a été nommée productrice exécutive afin d’avoir un droit de regard sur les grandes étapes du film, travaillant sur le scénario de Rebecca Sonnenshine afin que les twists du film aient le même impact que ceux du livre et que les différences avec le matériau d’origine ne viennent à aucun moment entacher l’adaptation. Tout le monde voulait que la structure narrative du livre soit respectée afin de satisfaire les fans de la première heure. La société de production fait appel à Paul Feig pour la mise en scène, certes célèbre pour ses comédies (Mes Meilleures Amies, Les Flingueuses, Spy, …) mais qui s’est déjà essayé au thriller avec L’Ombre d’Emily. Ce dernier a avoué avoir abordé la réalisation avec une volonté de créer un thriller hitchcockien moderne et, dans un sens, c’est ce qu’il est arrivé à faire. Avant de parler du film en lui-même, je préfère préciser que, n’ayant pas lu le livre, le film sera jugé en tant que film, et pas en tant qu’adaptation d’un livre. Voilà qui est dit. Le premier acte de La Femme de Ménage ne met pas forcément en confiance car il demeure au final assez classique. Il nous tease par des détails, des indices grossiers, puis par des scènes entières un revirement de situation. On comprend très vite qu’un des personnages a des soucis psychologiques et que tout va partir en cacahuète par ce personnage, et on se dit qu’on va encore avoir droit à un film au scénario téléguidé, qui va tirer sur les ficelles habituelles et lorsque le premier twist prévisible arrive, on ne peut s‘empêcher de se dire qu’on l’avait vu venir et qu’on avait raison depuis le début. Sauf que La Femme de Ménage est un film de petit filou (et sans doute le livre aussi) et toute cette prévisibilité était volontaire, pour nous faire croire qu’on avait tout compris, avant de nous la refaire à l’envers avec un nouveau twist qui vient remettre en question tout ce qu’on vient de voir, donnant un tout autre sens à de nombreuses scènes de la première moitié et élevant le film un voire deux crans au-dessus.

La Femme de Ménage ne manipule pas seulement ses personnages, mais il joue également la carte de la manipulation du spectateur qui, sentant que le scénario s’est joué de lui, se retrouve immédiatement impliqué. Le film joue avec tous les codes du thriller domestique, s’amuse avec les faux semblants et va rappeler certains thrillers des années 90 qui ne libéraient leur toute puissance que dans leur dernier acte. Lorsque le scénario devient un peu plus excessif dans son dernier acte, jouant même la carte du fun, il nous a déjà embarqué avec lui. Même s’il est malgré tout possible de deviner ce deuxième revirement de situation, ou tout du moins avoir des doutes, le scénario est suffisamment malin pour qu’on mette nos suppositions de côté malgré tout. La réussite du film, on la doit également à son duo d’actrices, aussi bien Sydney Sweeney (Tout Sauf Toi, Eden), qui incarne la fameuse femme de ménage du titre, tout en retenue une partie du film, retranscrivant parfaitement la fragilité de son personnage, qu’Amanda Seyfried (la série Long Bright River) qui livre une performance parfois assez hallucinante, entre hystérie et vulnérabilité, clairement le meilleur rôle du film. La mise en scène de Paul Feig est extrêmement soignée et arrive immédiatement à créer une ambiance claustrophobe et paranoïaque en jouant souvent avec des effets d’ombre et de lumière qui vont faire de cette riche maison un personnage à part entière. On aura droit à des moments de malaise, des moments ambigus, mais aussi une tension réellement efficace du début jusqu’au dénouement plus viscéral. Alors il est certain que La Femme de Ménage ne révolutionne pas le genre. Il maitrise les codes du genre et va un peu trop se calibrer et chercher à plaire au plus grand nombre, quitte à manquer parfois de subtilité avec cette manie de vouloir absolument tout expliquer via des dialogues et même des voix off. Mais pour une fois qu’un thriller psychologique « grand public » ne prend pas trop le spectateur pour une nouille, qu’il essaie de faire les choses bien, qu’il y arrive en grande partie, et qu’il arrive avec brio à maintenir le spectateur en haleine tout du long, ne boudons pas notre plaisir. Espérons que son très gros succès va faire comprendre aux sociétés de production qu’on manque cruellement de film du genre et que voir revenir les thrillers manipulateurs sur le devant de la scène ferait un bien fou à une production cinématographique hollywoodienne qui tourne quand même pas mal en rond depuis maintenant pas mal d’années.

| LES PLUS | LES MOINS |
| ♥ Le casting ♥ Une tension bien gérée ♥ Un scénario malin ♥ Bien mis en scène ♥ Sait jouer avec les codes du genre |
⊗ L’ultime scène, dispensable ⊗ Parfois trop explicatif ⊗ Quelques scènes un peu longuettes |
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| Bien qu’il ne joue que rarement la carte de la subtilité, La Femme de Ménage est un thriller réellement divertissant porté par un excellent duo d’actrices. Un film solide qui, sans révolutionner le genre, se montre très efficace et tendu. | |

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LA FEMME DE MÉNAGE est sorti en DVD (19.99€) et Blu-ray (24.99€) et en Blu-ray 4K (34.99€) chez Metropolitan. Il est disponible à l’achat ICI. 16:9 compatible 4/3 format d’origine respecté 2.35 – HD – Anglais / Français Dolby Atmos – Audiodescription – Sous-titres français. En plus du film, on y trouve : Commentaire audio du réalisateur et de son équipe, Making of, Les secrets de la maison Winchester, Featurette, Scènes coupées. |
Titre : La Femme de Ménage / The Housemaid
Année : 2025
Durée : 2h11
Origine : U.S.A
Genre : Thriller manipulateur
Disponibilité : DVD / Blu-ray / 4K
Réalisateur : Paul Feig
Scénario : Rebecca Sonnenshine, Freida McFadden
Acteurs : Sidney Sweeney, Amanda Seyfried, Indiana Elle, Peter Colandro, Don Dipetta, Lamar Baucom-Slaughter, Michele Morrone, Sara Cooper, Ellen Tamaki, Megan Ferguson

















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