[Film] The Pool, de Ping Lumpraploeng (2018)


Par un concours de circonstances, un homme et sa petite amie se retrouvent coincés dans une piscine vide abandonnée de six mètres de profondeur. Comme si cela ne suffisait pas qu’il n’y ait pas d’échelle pour remonter, ils vont vite avoir la compagnie d’un prédateur aux dents acérées qui s’est dit que c’était l’endroit parfait pour venir faire un nid et y pondre ses œufs.


Avis de Cherycok :
Même s’ils ne sont pas aussi populaires que les films de requins, les films de crocodiles sont eux aussi un sous-genre du cinéma horrifique qui aura engendré pas mal de bobines plus ou moins (surtout moins en fait) réussies. Citons par exemple Alligator (1980), Alligator II (1991), Crocodile (2000) et sa suite Crocodile 2 (2002), les 6 films de la saga Lake Placid, ou encore tout un tas de bousasses immondes made in Syfy/Asylum/Corman du genre Dinocroc vs Supergator (2010), Mega Shark vs Crococaurus (2010), Supercroc (2007) et autres Supergator (2007). Même les Italiens dans les années 70/80 se sont frottés au genre avec des titres tels que Le Grand Alligator (1979) ou Killer Crocodile (1989), c’est dire si le bestiau avait lui aussi la côte. Eh bien histoire de faire dans l’exotisme, je vais aujourd’hui vous parler d’un film de crocodile thaïlandais, The Pool (2018), qui a fait sensation au dernier BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival), remportant même au passage le Prix de la Critique. Un spectacle aussi improbable qu’intense.

On va suivre Day, jeune directeur artistique qui, après un tournage réussi dans une piscine abandonnée, va se relaxer pépère sur son matelas gonflable. Sauf que Day, c’est ce genre de mec sur qui le sort s’acharne. Imaginez le gars le plus malchanceux que vous connaissez, eh ben ce n’est rien à côté de Day. Que se passe-t-il lorsqu’il ouvre l’œil après son petit siestou ? L’eau a drastiquement baissé car les vannes de vidage avaient été ouvertes (sacrée longue sieste quand même). Vite une échelle ! Ah non, les concepteurs de ce bassin de 6m de profondeur n’ont, semble-t-il, pas jugé nécessaire de mettre des échelles. Sa petite amie Koi, sans doute inquiète, arrive sur les lieux ? Elle ne trouve rien de mieux que de se péter la gueule dans la piscine, en prenant soin de se cogner l’arrière du crâne sur le rebord. Bah oui, c’est trop simple sinon. Les journaux annoncent que, à cause des pluies diluviennes de ces derniers jours et de la montée des rivières, un crocodile se promène en ville ? Il ne trouve rien de mieux que de trouver refuge dans ladite piscine afin d’y pondre quelques beaux œufs. Des gens se pointent à la piscine car ils ont fait tomber leur drone dedans ? C’est pile au moment où il explose la canalisation dessous. Ah, je vous ai dit que Day était diabétique et qu’il n’avait pas de dose à s’injecter sur lui ? Avouez qu’en termes de malchance, il est farci le gars non ? On arrive même à en rire nerveusement !
The Pool est un thriller intense où il n’y a aucune limite aux moments incohérents, voire même stupides. Sauf que ce sont ces incohérences qui créent la tension palpable de l’histoire et qui, au final, servent le film.

The Pool est un assez bon exemple de la loi de Murphy, adage qui tient toujours l’issue la plus défavorable comme la plus probable. Le réalisateur va jouer avec cela 1h30 durant. Le film commence d’ailleurs très vite et va immédiatement gérer sa tension, son suspense, de bien belle manière. Ping Lumpraploeng va utiliser de bien belle manière son décor très minimaliste, façon huis-clos dans une piscine vide donc, et maintenir une pression qui ne faiblira que très rarement. Un ventre mou certes en milieu de film, mais ô combien compensé par un final tout bonnement excellent avec une façon très particulière de nous démontrer que le chien est bel et bien le meilleur ami de l’homme.
Peu de protagonistes au final, et du coup le réalisateur prend le temps de s’attarder sur l’évolution de son héros (moins sur sa petite amie malheureusement), bien développé, un peu comme l’avait fait Daniele Misischia dans The End? dont je vous ai parlé récemment. Le tout accompagné par un peu de romance pour soulever les problèmes de couple comme élément déclencheur du changement de mentalité du héros. Et puis au milieu de tout ça, un crocodile, seule vraie ombre au tableau. Autant sur les plans où il est immobile, il n’y a pas de problème puisqu’un vrai crocodile semble avoir été utilisé. Autant lorsqu’il fait des mouvements rapides ou qu’il attaque le personnage de Day, on se rend vite compte que les Thaïlandais ne sont pas très au point en termes de CGI puisque c’est à peine mieux qu’une production Syfy animalière. Et croyez-moi, pour avoir bien bourlingué dans le genre, ce n’est pas un compliment.

LES PLUSLES MOINS
♥ Bien rythmé
♥ Suspense prenant
♥ Le côté désespéré
⊗ Les CGI
⊗ Petit ventre mou
Avec son pitch improbable et son accumulation d’incohérences, The Pool arrive pourtant à être un très bon divertissement intense et prenant. Quand les défauts d’un film en font sa force…



Titre : The Pool
Année : 2018
Durée : 1h30
Origine : Thaïlande
Genre : L’œuf ou la pool ?
Réalisateur : Ping Lumpraploeng
Scénario : Ping Lumpraploeng

Acteurs : Theeradej Wongpuapan, Ratnamon Ratchiratham

 The Pool (2018) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

9 Comments

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  1. Je ne connaissais pas du tout. SI les CGI, bien que discutables, ne sont pas archi présents, pourquoi pas, ça peut se tenter ^^ J’aime bien les huis clos, et 1h30 ça va.

    1. Les CGI ne sont pas très très rpésents, et comme je dis, c’est uniquement quand le croco attaque ou fait des mouvements rapides. Mais même avec ça, j’ai trouvé qu’il se dégageait une très bonne énergie dans ce film. Je n’en attendais sincèrement rien du tout, je ne savais même pas qu’il y avait un croco au départ. Juste j’avais vu qu’il était au BIFFF (je regarde de temps en temps les films qui y passent, pour me renseigner dessus après). JE me suis dit que s’il avait gagné le prix de la critique, ca pouvait être sympa, et c’était effectivement très sympa.

  2. Après The end , voici une autre proposition animalière en huis clos qui à l’air sympa. (Oui je catalogue les zombies comme des animaux)

    Et de nouveau , sans ta chronique je serai complètement passé à côté.
    Reste plus qu’à le trouver !

    1. Je l’ai traduit, mais c’est pour une version 100% numérique ^^

  3. On est dans le même cas, vouloir le voir c’est bien, mais maintenant, faut trouver la bête 😀

  4. Haha exactement Ricky !

    En plus Sfr ayant arrêté ses services internet dans mon coin depuis avril , je me retrouve avec une connection à 12 mbits seconde…
    Bref télécharger un film me prend plus de temps que de le voir !

    Bienvenue au début des années 2000 … haha

    Après je note et met de côté ta proposition Chery ! 😉

  5. Arf oui, là c’est la loose si ça met 4 ans à télécharger. Bon je préférerais un support physique pour ma part en tout cas. Ma connexion tiendrait le coup, ça ira même si j’ai pas la fibre, mais disons que niveau espace disque, je fais justement du vide car j’ai un tournage qui approche et va me falloir stocker tout ça.

    1. Aaaah les joies du montage sur adobe … et ses gigas de rush .
      Pas évident quand on est un joueur pc en plus de ça.

      Je te souhaite bon courage car de mon côté j’ai vite compris que c’était pas pour moi !! 😀

  6. Je suis habitué depuis des années au montage sur Adobe (genre, depuis 2006), et pour moi un film se construit réellement au montage, c’est là qu’il prend forme et trouve son rythme, donc j’adore ça. Mais oui souvent je me retrouve avec du 300Go de rush… Quand c’est pas plus.
    Heureusement, je n’ai jamais joué sur PC, j’ai toujours voulu bien séparer les choses, le pc c’est pour le taf et la console pour la détente 😉

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