[Film] Psychose, de Alfred Hitchcock (1960)

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l’entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l’épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou… Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s’enfuit avec l’argent. Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l’angoisse de se faire prendre et l’excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu’elle n’atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s’arrête près d’un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère.


Avis de Rick :
Que dire sur Psychose qui n’aurait pas été déjà dit ? Telle est la question, tant le métrage est considéré comme un chef d’œuvre, a été copié, rarement égalé, décortiqué par le public et les critiques, connu même un remake totalement inutile qui le copie plan par plan, ne faisant qu’ajouter de la couleur au métrage. Le film, le 47ème d’Alfred Hitchcock, est un de ces plus célèbres, et aura élevé son acteur principal, Anthony Perkins, au rang de star. La musique de Bernard Hermann est culte et connue de tous. Son twist, arrivant en plein milieu du film, l’est tout autant. Et comment bien entendu ne pas citer la scène de la touche, qui choqua son public alors qu’Hitchcock a l’intelligence de ne strictement rien montrer à la caméra. Pas de nudité, pas de couteau rentrant dans la chair. Oui, Psychose, c’est ce que l’on appelle tout simplement un coup de maître, un métrage à la hauteur de sa réputation plus de 50 ans après sa sortie. Encore aujourd’hui, la mise en scène de Hitchcock et la façon dont chaque élément du métrage est mis en avant à l’image relève d’une maîtrise sans faille. Que ce soit le casting, la mise en scène, la musique, le scénario, tout semble avoir été planifié et rien n’est laissé au hasard.

Psychose nous invite donc à suivre les aventures de Marion Crane, une jeune femme qui prend la fuite après avoir volée 40 000 dollars à son patron. Marion Crane est jouée par Janet Leigh, absolument parfaite, dans ce qui reste probablement l’un de ses meilleurs rôles, aux côtés de L’Appât, La Soif du Mal, ou encore Fog de John Carpenter aux côtés de sa fille, Jamie Lee Curtis. L’exemple le plus flagrant de la virtuosité du film apparaît rapidement, lors de cette scène où Marion fuit en voiture. Hitchcock place la caméra juste devant l’actrice, conduisant, laissant son passé derrière elle, tandis que la musique de Bernard Hermann fait monter la tension, comme pour indiquer que le choix qu’elle vient de faire n’est pas le bon et qu’il y aura de lourdes conséquences. Ou tout simplement quand l’image et le son sont au service de l’histoire et des acteurs. Rapidement, Marion arrivera dans un petit motel, tenu par Norman Bates, joué donc par Anthony Perkins. Hitchcock a encore eu du flair en choisissant le jeune acteur, alors âgé de 28 ans, puisqu’il possède un visage amical, une voix douce. L’acteur jouera par la suite pour Chabrol, Orson Welles, et jouera tardivement dans Psychose 2, 3 et 4. Il réalisera même le troisième opus.

Ici, il est tout simplement parfait, son visage et sa voix étant alors en totale opposition avec le cœur de son personnage. Le doute d’abord, plus la méfiance et le malaise viendront clairement de là, de ce choix de casting risqué mais portant totalement ses fruits ici. Mystérieux, imprévisible, bien plus complexe qu’il n’en a l’air aux premiers abords, il est et restera un des plus grands « méchants » que l’histoire du cinéma nous ai offert. Comme tout le monde le sait à présent, Hitchcock découpe, probablement comme le livre, son récit en deux parties distinctes, coupées par une scène culte et maîtrisée, où le personnage de la sœur de Marion, jouée par Vera Miles, fait son apparition. Loin d’être une redite, cette seconde partie joue à merveille sur la tension. Maintenant que le spectateur a toutes les cartes (ou presque) en mains, il ne doute plus, il sait très bien ce qui peut attendre les personnages au moindre faux pas. La scène choc du métrage sert à faire comprendre aux spectateurs qu’Hitchcock se moque quelque peu des règles et qu’ici, tout peu arriver sans prévenir. Rien à ajouter, un coup de maître et c’est tout !

LES PLUSLES MOINS
♥ Anthony Perkins
♥ Une mise en scène virtuose
♥ La musique de Bernard Hermann
♥ Stressant et prenant
⊗ …
Probablement l’un des meilleurs films d’Hitchcock, et œuvre culte de sa longue filmographie, Psychose fonctionne et terrifie encore 55 ans après !



Titre : Psychose / Psycho
Année : 1960
Durée : 1h49
Origine : U.S.A
Genre : Horreur
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Scénario : Joseph Stefano d’après le roman de Robert Bloch

Acteurs : Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles, John Gavin, Martin Balsam et John McIntire

 Psychose (1960) on IMDb


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

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  1. Je l’ai vu pour la première fois il n’y a pas longtemps et malgré son énorme réputation je n’ai pas été déçu, la scène de la douche je croyais que c’était a la fin, c’est super gonflé de faire ca faire mourir le personnage principal au milieu du film.
    SPOILER the place beyond the pines SPOILER
    dans the place beyond the pines c’est pareil et c’est aussi un super film, mais je crois pas avoir vu d’autre film comme ca.

    1. Y’a pas mal d’autres exemples concernant des morts surprises du personnage principal ou d’un acteur logiquement trop célèbre pour mourir aussi vite. EXECUTIVE DECISION (avec son lot de rumeurs d’ailleurs), le monumental Police fédérale Los Angeles (je m’en suis jamais remis !), Emilio Estevez dans MISSION IMPOSSIBLE (impossible de ne pas le citer : De Palma est un fan au dernier degré de Hitchcock, c’est un clin d’œil à PSYCHO !). Je me demande d’ailleurs si Craven n’avait pas la même idée derrière la tête quand il a casté Drew Barrymore pour la première scène de SCREAM – mais ça marche évidemment moins bien, puisqu’on s’attend tous à sa mort. Le truc impardonnable : Cyclope dans X-MEN (le 3, je crois ?).

      1. Dans Police fédérale Los Angeles (grand film) la mort du héros est vraiment surprenante et brutale mais c’est presque a la fin, Cyclope dans les X-Men n’est pas le personnage principal, MISSION IMPOSSIBLE aucun souvenir de ce film a part l’avoir vu, EXECUTIVE DECISION pas vu c’est sorti a une periode ou j’en pouvait plu de Kurt Rusell mais la maintenant il me tente et puis Halle Berry.
        Dans Psychose et the place beyond the pines c’est vraiment le personnage central qu’on suit depuis le début qui meurt et longtemps avant la fin et dans les deux cas j’ai eu du mal a le croire.
        Dans “Les Infiltrés” de Scorsese pendant tout le film je me disait qu’ils allaient pas osé tué Di Caprio j’en était tellement persuadé que ca ma surpris.

        1. Oui les exemples ne manquent pas. EXECUTIVE DECISION je l’ai pas vu depuis gamin, je dois avoir un dvd qui traîne, faudrait que je me le refasse tiens à l’ocaz.
          Totalement d’accord sinon pour POLICE FEDERALE LOS ANGELES, une claque et un final que l’on n’oublie pas de sitôt.
          THE PLACE BEYOND THE PINES vu au cinéma à l’époque, je m’y attendais absolument pas, surtout qu’il est un peu cité premier au casting, et là paf au bout de 40 minutes sur bien 2h20, au revoir !

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