[Film] Leprechaun 5 : La Malédiction, de Rob Spera (2000)

Un groupe d’aspirants rappeurs vole une flûte magique qui leur permet d’avoir un succès instantané. Cependant, cela réveille aussi la colère du lutin impitoyable.


Avis de John Roch :
Guess who’s back bitches ! Après un quatrième volet qui n’aura pas été un succès, le Leprechaun aura dû attendre quatre ans pour revenir, retour tout d’abord envisagé à la maison blanche avant que l’idée ne soit abandonnée pour finalement parachuter le farfadet in da’ hood. C’est donc dans la nuit glaciale de ce faubourg, un nouveau Leprechaun qui voit le jour dans le ghetto. Et l’auteur de ses lignes pleure, car rien de pire ne peut arriver que d’avoir un autre Leprechaun à se farcir dans le ghetto. La saga Leprechaun est dispensable, mais pas détestable. Oui, la qualité décline tout comme les budgets, mais il y a toujours eu de quoi défendre un minimum chaque opus jusqu’à ce cinquième film, de loin le pire de la saga, reboot exclu. Détenteur du record de mise en scène du farfadet avec deux films, Brian Trenchard-Smith ne rempile pas et à sa place échoue un certain Rob Spera, réalisateur de pleins d’épisode tv de séries allant de la zèderie made in Corman (Black Scorpion) à des choses plus recommandable (Supernatural et Esprits Criminels), mais il restera dans le cœur des bisseux pour avoir inauguré la longue saga Witchcraft, qui en est à son seizième métrage à ce jour. Mais revenons à notre Leprechaun cuisiné à la sauce ghetto avec des gangstas, des rappeurs et de la weed. Dans Leprechaun : In The Hood, Bizarrement nommé Leprechaun 5 : La Malédiction en France lors de sa distribution tardive, c’est à nouveau un lutin flambant neuf qui est trouvé par un pimp dans les années 70. Ce pimp c’est Ice-T, pionnier du Gansta Rap mais aussi acteur qui a choisi la voie du monolithique pour cacher son manque de jeu. Demandez-lui de jouer la peur, le doute, la joie, une double anal ou la terreur, il aura toujours la même expression. Si vous ne me croyez pas penchez-vous sur New York Section Criminelle, où le géniteur du morceau controversé Cop Killer n’a pas fait évoluer d’un iota son jeu d’acteur, dans un rôle qu’il tient tout de même depuis plus de vingt ans. Ceci dit il est plus expressif que jamais ici et a l’air de bien s’amuser, et il en a de la chance. Mais je m’égare, Ice-T donc libère le Leprechaun cinq minutes le temps de lui faucher une flute magique et son or avant de le transformer en statue de pierre. Trente ans plus tard, Ice-T n’est plus pimp mais producteur à succès de Gangsta Rap, qu’approche un groupe d’Hip Hop qui rêve de percer dans le milieu. Mais le trio qui forme le groupe se mange une veste pour la simple et bonne raison que leur son est trop gentillet. Faut dire que de vouloir percer dans le Gangsta Rap en véhiculant des messages de paix, d’amour et d’espoir, ç’est un peu comme parler de sodomie dans du rock chrétien, ce n’est pas cohérent mais passons. Nos trois apprentis rappeurs qui ne sont pas méchants dans le fond vont alors décider de braquer Ice-T, et par la même occasion de réveiller le Leprechaun qui va alors faire ce qu’il faisait une fois par an dans les 90’s : chercher son or.

Leprechaun 5 emprunte à ce qui marchait dans le cinéma Black US dans les années 90 : la comédie à la Friday ou House Party, et les films où des jeunes tentaient de se sortir du ghetto et de résister à l’appel de la rue tels que Menace 2 Society ou Boyz In The Hood, mixé à la saga horrifique Leprechaun. Dans l’idée pourquoi pas ? Dans l’exécution, surtout pas ! Car le principal problème de ce cinquième opus de la saga c’est que la combinaison ghetto – Leprechaun ne fonctionne pas, elle est mal mélangée, mal digérée et aucun équilibre n’est trouvé. Il y avait pourtant de quoi faire avec le trio de héros qui fait face à une double menace : le Leprechaun et Ice-T qui ont conclu une alliance, dont on se fiche puisqu’elle semble ne jamais avoir eu lieu. A la place les héros vont se cacher un peu partout dans le ghetto avant de fuir l’un ou l’autre, car voyez-vous chacun des antagonistes va apparaitre puis disparaitre mais ils ne seront jamais côte à côte comme cela aurait dû être normalement le cas. Mais non, le scénario emmène des idées puis les zappe fissa, et préfère à la place introduire des personnages secondaires complètement inutiles censés amener un peu d’humour qui ne fonctionne pas, bien que j’avoue avoir souri deux fois. En plus de l’humour aux fraises, les personnages secondaires sont aussi présents pour se faire massacrer par le Leprechaun, et là c’est aussi la douche froide. On est à mille lieux de l’inventivité de Leprechaun à Las Vegas, ou des meurtres plus conventionnels des autres opus. Ici, on a le droit à deux types de mises à mort : Le Leprechaun utilise ses pouvoir pour exploser des bides, ou met ses grosses paluches autour du cou de ses victimes pour une mort hors champ. Pour l’originalité on repassera, de toutes façons Leprechaun 5 reprend pas mal d’éléments des précédents sans se gêner : Le Leprechaun en pierre avec un médaillon autour du coup ? Déjà vu dans le 3 ; Le Leprechaun qui se fait enfermer dans un coffre-fort ? Déjà vu dans le 2 ; Le Leprechaun vulnérable au trèfle à quatre feuille ? Déjà vu dans le 1, sauf que là où on se surprend à espérer que ça y est, la saga va oser avoir un minimum de continuité avec l’épisode précédent, on constate que les protagonistes apprennent comment affaiblir le farfadet dans « Leprechaun For Dummies », c’est drôle hein ? Avec tout ça j’en oublie ce qui est fatigant (parce que jusqu’ici il ne l’était pas assez) dans ce cinquième volet : son rythme.

Leprechaun 5 est d’un putain de chiant. La faute à non seulement un humour pas drôle, des situations sans originalité, des morts toutes pourries et des personnages secondaires affligeants (oui, la liste est longue), mais surtout à une mise en scène tout sauf rythmée. Rob Spera est un homme de télévision et cela se ressent, trop même. Aucune idée de mise en scène, quasiment aucun mouvement de caméra, du champ contre champ partout tout le temps… Leprechaun 5 est ce qui a eu de pire en termes de réalisation dans la saga. Sachant que celle-ci n’est pas un modèle, imaginez le carnage. Le temps se fait long (voir que l’on est qu’à la moitié du film alors que l’on croit l’avoir lancé il y a deux heures, quel enfer), on se fait chier, et plus le métrage avance et plus le montage devient lui aussi fatigant. Car tout pue le film monté n’importe comment du début à la fin, des scènes s’intègrent mal aux suivantes et aux précédentes, d’autres sentent la scène abandonnée à plein nez, quand certaines sont visiblement déplacées volontairement, à l’image du rap du Leprechaun : LEP in the hood, qui a clairement sa place dans l’intrigue mais qui est bazardée en fin de bobine, sans doute parce que c’est plus classe d’avoir ce morceau d’anthologie gênant en guise de générique de fin. Et le Leprechaun dans tout ça ? Comme d’habitude Warwick Davis assure sous le maquillage, mais jamais le lutin serviteur de Satan (c’est pas moi qui le dit, c’est « Leprechaun for dummies ») n’a autant été maltraité, scénaristiquement parlant. Le Leprechaun est comme Ice-T, il apparait et disparait selon le bon vouloir du script, quand celui-ci ne le fait pas changer d’objectif en cours de route. Vous vous souvenez de la flute magique que j’ai mentionnée au début de cette chronique trop longue pour être vraie ? Vous êtes remonté pour vérifier et ça y est vous l’avez en tête ? Et bien le Leprechaun c’est pareil, il va s’en souvenir comme ça parce que le script le lui rappelle, et va vouloir mettre la main dessus pour… ben on ne saura jamais en fait. Coté ghetto, le Leprechaun est mal intégré c’est un fait, pourtant il y a des pistes intéressantes, comme de lui faire fumer de la weed (A man with weed is a friend indeed, meilleur réplique du lutin avec celle mentionnée dans la chronique du troisième film), ou d’en faire un pimp parce que voyez-vous le pouvoir de ce Farfadet modèle 5 c’est de posséder des meufs qui bossent pour lui en tant que putes. Seulement tout ça c’est en fin de métrage que c’est un minimum exploité, final dans lequel les héros vont se travestir pour atteindre le lutin, final dans lequel Ice-T revient après une longue absence pour être gentil mais méchant, mais gentil, final où le héros qui je le rappelle porte une robe commence à imiter le farfadet dans ce qui ressemble à un battle de rap avec le lutin mais en fait c’est pas ça, et surtout final dans lequel le Leprechaun ne meurt pas. Final auquel je n’ai rien compris d’ailleurs. Pardonnez la chronique à rallonge, j’avais besoin d’en parler et vous l’aurez compris : Leprechaun 5 est un étron, une merde verte sortie du cul d’un Farfadet qui a eu une diarrhée après une trop grosse cuite lors de la Saint Patrick. Subsiste de cette coulante un morceau de caca tout dur, ce morceau c’est Leprechaun 5.

LES PLUSLES MOINS
♥ Warwick Davis toujours heureux d’être là, Ice-T aussi
♥ Si vous êtes motivé, vous pouvez sourire deux fois !
♥ Bon allez, la B.O est tout juste correcte
♥ Il y a un caméo de Coolio. C’est cool non ?
⊗ La réalisation
⊗ Le montage
⊗ Le scénario
⊗ On se fait chier
⊗ Jamais drôle (sauf deux sourires, ne l’oublions pas)
⊗ Le mix Leprechaun – ghetto qui ne fonctionne jamais
⊗ Deux genres de mises à mort répétées pendant tout le film, sérieux ?
⊗ La liste est longue, aurez-vous le courage de la compléter ?
La saga Leprechaun était un minimum défendable jusqu’à ce cinquième opus ou rien, mais alors rien ne va. Que ce soit le scénario, la réalisation, le montage, le rythme, des idées jamais exploitées ou des mises à mort qui tiennent du ridicule, Les aventures de Leprechaun dans le ghetto sont irregardables. A fuir tout simplement.

LE SAVIEZ VOUS ?
• C’est le dernier film de la saga à être produit par Trimark.



Titre : Leprechaun 5: la malédiction / Leprechaun: in the hood
Année : 2000
Durée : 1h30
Origine : U.S.A
Genre : Bad trip
Réalisateur : Rob Spera
Scénario : Doug Hall et Jon Huffman

Acteurs : Warwick Davis, Ice-T, Anthony Montgomery, Rashaan Nall, Red Grant, Dan Martin, Lobo Sebastian, Ivory Ocean, Jack Ong, Bebe Grant

 Leprechaun 5 - La malédiction(2000) on IMDb


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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