[Film] Action Jackson, de Craig R. Baxley (1988)


Le sergent Jéricho Jackson, dit “Action” est policier dans la ville de Detroit. Dans une ville où le chômage atteint des records règne une impitoyable violence. Pour s’être opposé au magnat de l’automobile Peter Dellaplane en arrêtant son fils délinquant, il a perdu son grade de lieutenant. Les ambitions de Peter sont croissantes : pour atteindre de hautes fonctions politiques, il fait assassiner différents leaders politiques pour installer des hommes à sa solde.


Avis de Cherycok :
Les années 80 ont popularisé bon nombre d’acteurs de films d’action pour la plupart encore en activité aujourd’hui. Sylvester Stallone, Bruce Willis, Mel Gibson, Arnold Schwarzenegger, Steven Seagal, Dolph Lundgren, Jean Claude Van-Damme, des noms que tout le monde connait et des films tout aussi culte : Rambo, Mad Max 2, Rocky, Piège de Cristal, Predator, Commando, L’Arme Fatale, 48 Heures, Nico, Cobra et j’en passe. Dans la masse des films d’action bourrés de testostérone qui ont vu le jour à cette période, il y en a un méconnu du grand public et pourtant pas avare en grosses explosions, bastons et carambolages en tous genres : Action Jackson. Un film qui à lui tout seul représente tout ce que le genre a donné de meilleur et de pire. Un film devenu culte au fil des années mais qui a pourtant bousillé la carrière cinématographique de son protagoniste principal.

S’il y en a un qui a œuvré pour le genre action badass dans les années 80, c’est bien le producteur Joel Silver. Lorsqu’il rencontre sur le tournage de Predator l’acteur Carl Weathers (Apollo Creed dans la saga Rocky) et qu’ils parlent ensemble de leur amour pour la blaxploitation, ils décident de faire un film d’action ensemble où Weathers tiendrait le premier rôle. Il lui demande d’écrire un personnage. Action Jackson était né et après un passage par la case scénariste, le film du même nom sortait l’année suivante au cinéma. Alors que tous, sûrs d’eux, y voyaient là l’occasion de créer une nouvelle franchise à moult suites, déclinable même en série, le film fût un semi-échec au box-office, rapportant péniblement 20M$US (pour un budget de 7M$US) et bon nombre de critiques négatives. Il aura beau se rattraper par la suite sur le marché de la VHS, rapportant tout de même 45M$US, c’était déjà trop tard pour Carl Weathers qui n’enchaina par la suite quasiment que des téléfilms et des séries TV. Malgré tout, Action Jackson a rapidement obtenu son statut de petit film culte, notamment cité dans les Simpsons, Les Griffins, Mariés Deux Enfants, Bad Boys ou encore Tonnerre sous les Tropiques. Un téléfilm de Carl Weathers, Dangerous Passion (1990), a même été rebaptisé Action Jackson 2 dans certains pays, en Allemagne par exemple. Les droits du film furent vendus à Sony, qui lui-même les vendit à Warner Bros, qui n’en fera rien. La franchise n’a à ce jour jamais refait surface.

Pourtant, Action Jackson ne méritait pas l’acharnement de la presse à sa sortie. Certes, nous sommes loin de réussites telles que Piège de Cristal sorti la même année (et qui a dû lui faire méchamment de l’ombre), mais dans le genre action couillue et débridée, ça se pose là. Action Jackson réunit à lui tout seul tout le gratin des seconds couteaux des années 80, jugez plutôt : Bill Duke (Commando, Predator), Dennis Hayden (Piège de Cristal), Robert Davi (Les Goonies, Piège de Cristal), Robert Lee Minor (Commando, Rocky 3), Branscombe Richmond (Commando, Cage), Ed O’Ross (L’Arme Fatale, Hidden), Sonny Landham (Le Temple d’Or, Predator) et bien d’autres. Le tout est réalisé par Craig R. Braxley dont c’est le premier film après une carrière de cascadeur, et qui a pondu par la suite Dark Angel (1990), Sous Pression (1997) et une bien belle tripotée de téléfilms.

Film d’action 80’s typiquement américain, il est vrai qu’Action Jackson n’apporte pas de sang neuf au genre. On reste dans un schéma classique, avec tout ce que cela comporte de sueur, testostérone, cascades en tout genre, explosions à outrance, tôle froissée, méchant très méchant, violence froide, plans boobs et, bien entendu, punchlines à tire-larigot où le second degré est maitre mot. Le tout à la sauce blaxploitation dont il peut se targuer d’être un des derniers représentants de la belle époque. Il est clair qu’ici, point de scénario recherché, point de message philosophique, on est là pour voir de la castagne. Et il y en a ! Action Jackson pose son histoire en cinq minutes top chrono pour laisser rapidement libre cours à Carl Weathers, sa carrure impressionnante et son corps huilé, sa fâcheuse tendance à désobéir à sa hiérarchie pour n’en faire qu’à sa tête, et son envie de faire justice, quitte à employer des méthodes peu conventionnelles.
La formule est connue, peut-être même usée, mais néanmoins toujours efficace. Carl Weathers incarne un héros fun, même si balançant parfois des dialogues un peu lourds entre deux punchlines funs. Craig T. Nelson joue un méchant cabotin frôlant le nanar lors des séances martiales. Vanity et une Sharon Stone toute jeune uniquement là pour le quota nichons du film (années 80, ne l’oublions pas). L’ensemble se regarde sans aucun souci grâce à un rythme élevé et des scènes d’action généreuses (dont une course poursuite pas piquée des vers). Non, Action Jackson ne marque pas. Mais oui, Action Jackson est un divertissement malgré tout efficace et qu’on regarde immédiatement avec les mêmes yeux écarquillés que tous les trentenaires avaient lorsqu’ils ont découvert des films tels que Commando de Mark L. Lester, Predator de John McTiernan ou encore L’Arme Fatale de Richard Donner.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le personnage d’Action Jackson
♥ Très rythmé
♥ Un sacré casting de vieux briscards
⊗ Jamais surprenant
Action Jackson, film injustement boudé à sa sortie, est un divertissement burné comme on en faisait plein dans les années 80. Fun, efficace, mais très classique, il permet néanmoins de passer un bon moment tout en se reposant le cerveau.

LE SAVIEZ VOUS ?
• On retrouve dans l’OST d’Action Jackson quelques noms connus : Sister Sledge, The Pointer Sisters, Vanity (également actrice dans le film) ou encore Herbie Hancock.
• Le film marque les retrouvailles entre Carl Weathers, Bill Duke et Sonny Landham qui avaient joué un an avant Dillon, Mac et Billy dans Predator. D’ailleurs, lors d’une scène, on peut apercevoir des posters du film de McTiernan sur le mur d’un building.
• Robert Davi, De’voreaux White, Dennis Hayden, Mary Ellen Trainor et Al Leong, présents dans le film, ont tous également joué dans Piège de Cristal, principal concurrent d’Action Jackson lors de sa sortie cinéma en 1988.
• Lors d’une scène en pleine rue, Action Jackson passe devant un cinéma qui diffuse le film Creepozoïds de David DeCoteau sorti un an auparavant.


Titre : Action Jackson
Année : 1988
Durée : 1h36
Origine : U.S.A
Genre : Le Bruce Willis Noir
Réalisateur : Craig R. Baxley
Scénario : Robert Reneau

Acteurs : Carl Weathers, Craig T. Nelson, Vanity, Sharon Stone, Thomas F. Wilson, Bill Duke, Robert Davi, Jack Thibeau, Roger Aaron Brown, Stan Foster

 Action Jackson (1988) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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3 Comments

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  1. Moi il m’a marqué ce petit film étant ado.
    Comme tu le résume si bien , c’est rythmé , y’a des jolies filles , des punchlines à la pelle et de l’action couillu.
    Alors c’est sûr qu’on en ressort pas diplômé en science quantique et moléculaire mais que ça fait du bien après une journée de taf , avec une cigarette magique et les bonbons qui baignent dans le caleçon par une chaude nuit d’été… une certaine idée du bonheur !

  2. J’aime beaucoup ta dernière phrase ^_^ Après, que le film ait marqué lorsqu’on l’a vu jeune, c’est possible. Moi, pour un premier visionnage à 39 ans, avec tout ce que j’ai vu comme film, ça reste un film très mineur. Mais voilà, c’est effectivement très fun et rythmé.

    1. Sans doute que j’étais loin d’être le seul ado au début des années 90 à tomber sur cette production Warner et trouver fort chouette de retrouver les gueules du casting de Predator.(Bill Duke badass forever dans mon coeur)
      D’où son petit culte … mais objectivement , oui c’est un bon 6/10 , pas plus pas moins.

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