[Film] Corpse Prison Part 1, de Jôjô Hideo (2017)

Un professeur se rend avec son assistante et quatre étudiantes dans le petit village reculé de Yasaka pour étudier les mythes et coutumes. Mais dés leur arrivée, quelque chose sonne faux. Il n’y a que des hommes dans le village.


Avis de Rick :
Ah le V-Cinema, ça faisait un bail que je ne m’étais pas plongé dedans. Il faut dire que comme le cinéma US, le grand cinéma Japonais, les DTV venant de tous horizons, le V-Cinema a fini par avoir raison de ma patience, à force de livrer des produits insipides et torchés à l’arrache, le tout sans imagination et sans essayer même de bien faire. Mais grâce à la sortie en Blu-Ray de Corpse Prison Part 1 aux Etats Unis chez Switchblade Pictures (oui, la partie 2 est également sortie, mais je ne l’ai pas), j’ai décidé qu’il était temps de refaire une petite incursion dans le genre. Surtout quand le film en question nous promet un voyage dans un petit village paumé qui pratique ces propres petites légendes venant d’une autre époque, car j’adore ce genre là. Il est donc ici question de quatre étudiantes qui se rendent avec leur professeur et son assistante dans un village paumé, en pleine forêt au milieu des montagnes, le village de Yasaka, qui a toujours refusé les étrangers. Et ce pour une bonne raison finalement, et la scène d’ouverture n’est pas là pour mentir sur la marchandise, puisque l’on est témoin d’entrée de jeu d’une jeune femme qui après une petite course en forêt, se fait attraper par plusieurs hommes, qui en profitent pour exposer devant la coquine de caméra sa poitrine, avant de littéralement utiliser un couteau de boucher pour lui couper la jambe. Ah ça, pour mon retour dans le V-Cinema, il faut avouer qu’il y a pire comme entrée dans la matière. Corpse Prison est donc l’adaptation d’un manga portant le même nom (que je n’ai pas lu), le tout écrit, monté et filmé par Jôjô Hideo. On peut donc dire que le film est son bébé, vu les postes du monsieur. Un coup d’œil à sa carrière et l’on sait un peu plus à quoi s’attendre, le monsieur étant de base avant tout un réalisateur de Pinku, et ce depuis ses débuts dans les années 2000, avec des films comme Siren X, Confessions : The Secrets of Machiko Matsuoka, A Paper on Murder by Girl Students ou encore Be My Master. Mais apparemment, si j’en crois ce que j’ai pu voir, pas des films honteux dans le genre, et toujours ou presque avec un petit côté horrifique.

L’homme de la situation donc, ce que prouve la scène d’ouverture, malgré le manque de budget habituel de ces productions, puisque dés que l’aventure reprend, aucun doute là-dessus, Corpse Prison est un petit film fauché. Il suffit de voir les scènes où nos personnages principaux sont en voiture dans la forêt pour se rendre compte de ça. C’est souvent filmé en lumière naturelle sans quelconque recherche, cadré le plus simplement du monde, souvent en caméra portée qui tremble. En intérieur, forcément, c’est tout de suite un peu plus pro grâce à de vrais éclairages et une caméra plus posée. Mais revenons à nos moutons. Nos étudiantes arrivent donc dans un village du genre maudit, où aucune fille n’est née ici depuis 50 ans. Il est donc aisé de comprendre le pot aux roses. Oui, nos jeunes femmes vont être traquées afin d’assouvir les quelques pulsions masculines des habitants du village. Habitants peu nombreux, mais encore une fois, petit budget oblige. Maintenant, est-ce que ça fonctionne. Et bien ma foi, en prenant le film pour ce qu’il est, c’était plutôt sympathique. 1h15 au compteur (si la partie 2 est aussi courte, ils auraient pu assumer jusqu’au bout et n’en faire qu’un film, mais bon, l’argent est roi), un côté un peu fauché mais un réalisateur qui semble faire ce qu’il peut avec ce qu’il a, des actrices certes pas au top mais pas non plus honteuses qui font passer la pilule (et je ne parle pas de ça grâce à l’apparition soudaine de paire de seins). En fait, l’ensemble passe très bien, malgré que la formule du métrage soit une formule bien connue du milieu.

Des mystères, un personnage étrange venant défendre les femmes qui sinon ne s’en sortiraient pas, quelques scènes gentiment coquines entre le professeur et son assistante (ah l’éternel cliché) quelques scènes sanglantes plutôt bien fichues d’ailleurs, des mythes et légendes qui ont la peau dure encore aujourd’hui, et un chef de village voulant à tout prix trouver une femme pour son fils. Car oui les valeurs familiales c’est important malgré tout. Le film nous offre ce que l’on peut attendre de lui, même si comme souvent, la pochette nous vend du rêve avec du gore en pagaille, qui ne viendra pas réellement, même si sur la fin, quelques effets s’invitent dans la partie et sont d’un bon niveau. On aura même droit à une scène de rêve plutôt sympathique et malsaine qui fait son petit effet. C’est pour cela que pour le connaisseur, et pour l’amateur surtout, Corpse Prison, sa première partie en tout cas, est un spectacle plutôt recommandable. Un effort certain a été fait pour rendre l’ensemble sympathique, regardable, et généreux dans tous les éléments qu’il propose. Reste à voir ce que la seconde partie en fera, car si tous les efforts sont anéantis, le verdict général pourrait bien descendre.

LES PLUS LES MOINS
♥ Du V-Cinema plutôt sérieux
♥ Un village avec ses mythes étranges et assassins
♥ Des effets pas trop mal fichus
♥ Mythes, sang, nudité, que demander de plus ?
⊗ Ça reste un petit budget, ça se ressent
⊗ Seulement la première (courte) partie
note2
Corpse Prison, la première partie, est un film de V-Cinema plutôt sérieux, et généreux dans ce qu’il entreprend. On passe un plutôt bon moment.



Titre : Corpse Prison Part 1 – 劇場版 屍囚獄 起ノ篇

Année : 2017
Durée :
1h15
Origine :
Japon
Genre :
Horreur
Réalisation : 
Jôjô Hideo
Scénario : 
Jôjô Hideo et Kaihara Ryô
Avec :
Katayama Moemi, Tachibana Anna, Wagô Shinichi, Nagomi, Fujishiro Reimi, Fukusaki Ren et Shinra Manzô

 Corpse Prison: Part One (2017) on IMDb


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