[Film] The Empty Man, de David Prior (2020)

Un ancien policier est détruit par la mort violente de sa femme et de son fils. Lorsqu’il enquête sur la disparition de la fille d’un ami, il découvre bientôt la présence sinistre qui rôde autour de lui, ce qui l’entraîne aux limites de la folie.


Avis de Rick :
Bons comme mauvais, les films de 2020 sortent souvent par la petite porte, en toute discrétion. The Empty Man lui aura eu droit à une sortie en salles aux Etats Unis en Octobre, dans l’anonymat le plus total. Le box office n’a pas du être bien fameux, mais qu’importe. Le bon point de tout ça, pour le spectateur, c’est que cela permet de découvrir des films, bons ou mauvais, en ne sachant quasiment rien dessus. Du coup, si c’est mauvais, et bien on n’en attendais rien et du coup, on peut relativiser. Si c’est bon voir très bon, la surprise a encore meilleur goût. La surprise fut bonne pour ce The Empty Man, qui apparemment adapte un roman graphique dont j’ignorais l’existence. Dés sa très longue scène d’ouverture, celle précédent l’apparition du titre, une scène durant malgré tout 20 minutes, j’ai été happé. Une maitrise, en terme d’ambiance, aussi bien visuelle que sonore. Avec des procédés tout simple pourtant, mais la preuve que quand c’est bien fait, ça marche. Une montagne, de beaux décors à perte de vue, un travail minutieux sur le son et parfois sur le silence, une découverte macabre, une cabane perdue au milieu de nul part, une silhouette au loin, un personnage qui perd la boule, puis un double homicide, et paf, titre, The Empty Man, l’aventure peut commencer, en relocalisant non pas en montagnes mais dans une ville banale des Etats Unis, où nous suivons un ex flic qui a bien du mal à digérer la mort de sa femme et de sa fille, et qui va plonger dans un véritable cauchemar éveillé lorsqu’il va aider une amie dont la fille a disparue. Là aussi on pourrait dire que c’est simpliste.

Ces personnages et cette histoire, on l’a connaît, trop bien, pour l’avoir eu dans bons nombres de métrages. Mais The Empty Man démontre qu’avec un peu de savoir faire et beaucoup d’envie, on peut avoir un résultat qui dépote, et surtout s’éloigner petit à petit des clichés pour livrer des séquences proprement terrifiantes. Bon, et quelques unes ratées, une poignée seulement, à base de jumpscares, qui semblent plus être là pour rassurer les investisseurs qu’autre chose, car the Empty Man, mine de rien, c’est un film produit par un gros studio, et donc avec un budget confortable derrière, et qui bénéficie en plus d’une direction artistique ultra soignée, et surtout d’une durée conséquente pour raconter son histoire en prenant son temps, 2h17. Mais face à ce que le film réussi, j’ai bien envie de faire l’impasse sur ces quelques rares jumpscares qui n’ont presque pas leur place ici, et qui semblent d’ailleurs être là clairement histoire d’être là, puisque la caméra s’emballe souvent dans ces moments là, alors qu’elle est fluide et très élégante le reste du temps. The Empty Man décide, comme d’autres avant lui, de marier deux genres, celui de la classique enquête policière et le film d’horreur, ou plutôt fantastique. La première partie de 20 minutes semble bien loin la plupart du temps alors que l’on suit les déambulations de notre ex flic désabusé dans son enquête, avec son lot d’interrogatoires, de recherches d’indices, en passant d’un lieu à l’autre, d’un personnage à l’autre. Et ça prend, puisque ce qui commence comme un film fantastique sur une simple légende urbaine, celle donnant son titre au film, le métrage bascule alors dans quelque chose de beaucoup plus réaliste et tangible, à savoir, une secte.

Ce que le film entreprend et raconte se retrouve alors beaucoup plus encré dans notre propre réalité, et certaines scènes gagnent en efficacité, et mieux, l’aspect tendu du métrage prend une toute autre dimension. Rien qu’avec une scène d’ailleurs, je suis prêt à pardonner tous les défauts du métrage, tant le réalisateur fait preuve d’une belle maitrise de la tension via la simplicité. Lorsque notre flic se retrouve à infiltrer le culte et se retrouve au milieu de nul part, en forêt, face à des individus qui ne peuvent normalement que deviner sa présence, la tension monte, et avec de simples procédés et en utilisant le silence, le réalisateur touche au but et parvient à terrifier. Et ça, c’est beau ! Le métrage trouve un équilibre entre les différents aspects de son intrigue, et parvient à retomber sur ses pieds dans sa dernière partie, que l’on adhère à ses choix ou non, ceux-ci ont du sens. Mais ce qui est sûr, c’est que The Empty Man mise énormément sur son ambiance, et l’attente que celle-ci peut générer, et donc la tension. Si l’on n’y est pas respectif, le temps peut probablement sembler long, alors que le cas contraire, on voudra presque agripper notre siège. Tout cela, on le doit en tout cas à David Prior, réalisateur et scénariste du métrage, qui s’occupe depuis des années de monter et réaliser des documentaires, en particulier sur les films de David Fincher, et ce depuis Panic Room. Pas étonnant d’avoir un film aussi soigné visuellement donc. Et bien entendu la prestation à l’écran de James Badge Daie, investi à 200% et qui porte également le film sur ses épaules. Une belle surprise !

LES PLUS LES MOINS
♥ Une ambiance réussie
♥ Le mix polar/horreur fonctionne très bien
♥ Des scènes de tension qui fonctionnent à merveille
♥ Mise en scène et travail sur le son énormes
⊗ Quelques rares jumpscares
⊗ Des scènes un peu plus faciles
note2
The Empty Man est une réussite qui mise presque tout sur son ambiance, travaillée à fond par son réalisateur, et qui livre de bons moments terreurs. Quelques moments sont plus faciles à côté, mais l’ensemble reste ultra prenant et terriblement efficace.



Titre : The Empty Man

Année : 2020
Durée :
2h17
Origine :
U.S.A.
Genre :
Suspense
Réalisation : 
David Prior
Scénario : 
David Prior
Avec :
James Badge Daie, Marin Ireland, Stephen Root, Ron Canada, Robert Arayamo, Joel Courtney, Sasha Frolova et Samantha Logan

 The Empty Man (2020) on IMDb


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Matt
Matt
12 janvier 2021 18:43

Houlà…euh…ne pas confondre ce David Prior avec David A. Prior lol…qui n’a signé que des films cheap tout pourris bien nanardesques.
En voyant le nom au début je me suis dit que ça allait être une chronique nanar.

Faze
Faze
Reply to  Matt
13 janvier 2021 0:28

Haha exactement la même réaction que toi Matt , mon cerveau a du coup bugué pendant toute la lecture de la chronique.

Sinon pour le film en lui même , à tenter si je tombe dessus , ça à l’air tentant.

Cherycok
Administrateur
Reply to  Rick
13 janvier 2021 10:20

Ben justement, j’ai regardé hier la filmographie de ce petit bonhomme de la série B d’action des années 90. MAis j’ai été sage, j’ai rien pris. Enfin, pour le moment ^_^

Matt
Matt
Reply to  Rick
13 janvier 2021 13:00

Ha Ha !
C’est ma faute, je regarde Best of the worst de RLM.
Killer workout, Mankillers, c’est bien pathétique…

Faze
Faze
Reply to  Matt
14 janvier 2021 9:42

Pour ma part j’ai eu la “chance” de voir Ultime combat (Deadly prey) de mr David A Prior.
Et autant le dire de suite c’est du gros nanar super fendard avec le frère du réalisateur dans le 1er rôle qui incarne un sous Rambo (en short moulant en jean’s) face à un commando de neuneu le tout tourné dans la forêt du coin avec un budget dépassant sans doute pas le budget sandwich d’un déménagement entre potes.
Vraiment drôle et quasi certains que Chery devrait y trouver son compte dans le genre nanar de haute volée. 😀

Cherycok
Administrateur
Reply to  Faze
14 janvier 2021 10:16

Le truc, c’est que j’ai deja une quantité astronomique de nanars / navets / séries B de seconde zone qui attendent un visionnage. Du coup, je me limite et je n’en prends que peu. Faudrait que j’en regarde et chronique mais après les gens vont gueuler qu’on ressemble à nanarland ^^

Matt
Matt
Reply to  Faze
14 janvier 2021 18:15

Ah oui !
Mais as-tu vu Deadliest prey ?^^
C’est la même chose…

Cherycok
Administrateur
Reply to  Matt
14 janvier 2021 19:28

Non, pas vu ce film…

Faze
Faze
Reply to  Matt
15 janvier 2021 2:19

Oui oui je l’ai vu , et je l’ai même gardé sur mon disque dur tellement il est affreusement génial ! 😀

Mais c’est le seul film du monsieur que j’ai vu , donc je ne pourrais juger de la “qualité” du reste de sa filmographie.

Matt
Matt
Reply to  Faze
15 janvier 2021 7:32

Attention j’ai dit Deadliest Prey^^
Pas Deadly Prey.
Le mec a fait une sorte de remake de son film…

Matt
Matt
12 janvier 2021 19:03

Pfiou heureusement que tu précises que ça s’écarte du machin cliché habituel à base de jeunes cons qui jouent à un jeu de légende urbaine avec un vilain croquemitaine, parce que le trailer aurait tendance à me faire fuir !