[Film] Alyce, de Jay Lee (2011)


Après avoir accidentellement tué sa meilleure amie, Alyce est rongée par la culpabilité et se plonge alors dans un cauchemar chaotique : sur fond d’orgie de sexe, de drogue et de violence, l’esprit d’Alyce élimine tous ceux qui entravent sa route.


Avis de Cherycok :
J’ai connu le réalisateur / monteur Jay Lee avec son Zombie Strippers (2008), bobine un peu nulle mais vraiment très fun qui nous présentait une invasion zombie dans un club de striptease, avec un Robert Englund excellent, et qui avait eu droit à une sortie chez nous en DTV. Seul autre film du réalisateur à avoir eu droit au même honneur, Alyce (2011). Une jaquette nous présentant une femme, de dos, une batte de baseball ensanglantée à la main, avec comme punchline « C’est tuer ou être tué ». Autant vous dire que ce n’est pas vraiment à l’image du contenu du film puisqu’ici nous sommes dans le registre du drame noir, qui certes vire dans l’horreur sanglante dans son final. Une lente descente aux enfers où vont se mêler sorties nocturnes, drogues, sexe, et pétage de plomb, pour un film certes prometteur, bourré de bonnes idées, mais raté sur bien trop de points pour réellement marquer les esprits.

Alyce est une jolie jeune fille, timide, qui a une vie guère passionnante. Son boulot qui consiste à mettre des chiffres dans des cases l’emmerde au plus haut point et elle décide de renouer contact avec son ancienne meilleure amie après un an sans se voir. C’est le début des soirées alcool / drogue / rock n’roll et ça lui permet de s’amuser comme une folle et de s’échapper de son quotidien. Après une soirée un peu trop poussive en termes de stupéfiants et de taux d’alcoolémie, elle croit tuer (accidentellement) sa meilleure amie qui tombe du haut d’un immeuble. Alyce s’enfonce dans le mensonge et, lorsqu’elle apprend que son amie n’est pas morte mais dans un état grave à l’hôpital, elle ne peut plus faire machine arrière. Elle va commencer à péter un plomb, à sombrer définitivement dans la drogue en s’acoquinant avec un dealer, à être hantée par des visions de sa copine, à devoir faire des choix sur sa vie alors qu’elle est en train de basculer dans la folie pure.
Jay Lee pond sur pellicule sa version de Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll, d’où le titre Alyce. Une sorte de version hallucinée où on va assister tour à tour à la montée d’angoisse du personnage principal, sa descente au fond du trou (de lapin), et son moyen de se libérer de tout cela dans une avalanche de gore qui jure pas mal avec le reste du film, bien plus ancré dans le drame psychologique. Un virage des plus intéressants, pas forcément pour cet aspect gore, mais plutôt pour son jusqu’auboutisme, son nihilisme, sa noirceur.

La première force de Alyce, c’est son ambiance. C’est glauque, c’est malsain, poisseux par moments, avec des passages assez troublants (la scène de l’enterrement). On suit le personnage de Alyce de la perte de son innocence jusqu’à la folie pure, avec un côté intimiste parfois trop … intimiste. Alyce est lent, beaucoup trop lent. Trop bavard aussi. La mise en place du film est beaucoup trop longue, dénuée de toute action. Jay Lee prend beaucoup trop de temps pour installer la descente aux enfers de son personnage. Jay Lee tente de mettre sa mise en scène au service de l’évolution de son personnage, mais le résultat est un peu à côté de la plaque. Cadrages étranges, flous artistiques un peu trop nombreux, gros plans pas toujours utiles, éclairage très sombre, on a beau remarquer le côté onirique et les nombreuses idées intéressantes, ça ne fonctionne pas. On a du mal à s’attacher au personnage, à avoir de l’empathie pour elle, pas parce qu’elle commet des actes qu’on ne cautionne pas (sinon on ne s’attacherait à aucun antihéros), mais parce que son développement est bancal et qu’on reste pour le coup extérieur à tout ce qui lui arrive. C’est dommage car Jade Dornfeld, qui incarne Alyce, est très convaincante, comme habitée par son rôle.
Le scénario a beau être simple, son déroulement peut sembler parfois laborieux, voire même prétentieux, avec l’ajout d’une critique sociétale qu’on voit venir très rapidement. Un discours pseudo-philosophique sur le chemin que nous empruntons, sur notre rapport aux autres, sur la valeur de ce que nous faisons, le tout prononcé par un dealer en mode philosophe de bas-étage. Lourdingue.

LES PLUSLES MOINS
♥ Jade Dornfeld, très juste
♥ Le pétage de plomb final
♥ L’ambiance générale
⊗ Le reste du casting, moyen
⊗ Beaucoup trop long à démarrer
⊗ Scénario laborieux
Mise en scène étrange, rythme léthargique, Alyce n’est sauvé des eaux que grâce à son ambiance malsaine et son actrice principale, Jade Dornfeld, qui porte le film toute seule sur ses frêles épaules. De très bonnes idées mais une exécution qui laisse clairement à désirer.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Il y a plusieurs clins d’œil à Alice au Pays des Merveilles. Outre la petite figurine de lapin blanc qu’on aperçoit le temps d’une scène, il y a par exemple la meilleure amie de l’héroïne qui s’appelle Carol Lewis, en référence à Lewis Carroll qui a écrit le roman.
• Malgré son excellente performance, Jade Dornfeld n’a que six films à son actif et semble avoir arrêté le cinéma depuis son dernier film 9 Full Moons en 2013.
• De nombreux films sont cités ou détournés dans le film (lors du « jeu du vagin ») : Casablanca, Mad Max, Apocalypse Now, A La Poursuite d’Octobre Rouge, Titanic, Pirate des Caraibes, V Pour Vendetta, …


Titre : Alyce / Alyce Kills
Année : 2011
Durée : 1h30
Origine : U.S.A
Genre : Alice au pays des junkies
Réalisateur : Jay Lee
Scénario : Jay Lee

Acteurs : Jade Dornfeld, Amara Zaragoza, James Duval, Eddie Rouse, Larry Cedar, Yorgo Constantine, Megan Gallagher, Rena Owen, Tracey Walter, Bret Roberts

 Alyce (2011) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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