[Film] The True Hero, de Joe Cheung (1994)


Wah est un véritable tueur au sein de la mafia. Respecté par tous, il tue accidentellement une institutrice et un enfant au cours d’une mission. Quelques années après, il sort de prison, mais veut changer de vie. Il est embauché dans une école en tant qu’assistant professeur mais, vu la pression exercée par les triades dans l’établissement, arrivera-t-il à renoncer à la violence


Avis de Eric Draven :
C’est bien connu, les hongkongais sont très connus pour le recyclage « à leur manière » de films américains à succès. The True Hero en est l’exemple parfait. C’est un improbable mélange de « The Substitute « , du « Cercle des Poètes Disparus » sur fond de règlement de compte des triades. On se demande d’ailleurs où c’est qu’ils vont chercher tout ça !

Durant une de ses missions, Wah (Simon Yam), un tueur à la solde de la mafia, tue accidentellement une institutrice dans une collision de voitures qu’il a provoqué. Après quelques années de prison, il veut changer de vie et décide de se faire engager comme assistant professeur dans un collège pour se racheter de sa faute. Malheureusement son passé va ressurgir. Malgré tous les dangers autour de lui, sa femme (Anita Yuen) qui ne comprend pas ce brusque changement d’attitude, les triades présentes dans l’école, arrivera-t-il à renoncer à la violence et devenir un autre homme, un « vrai » héro ? Pour les personnages principaux, on retrouve Simon Yam, fidèle à lui-même, toujours cool, mais dans un rôle qui ne lui vaudra pas d’oscar et Anita Yuen, plus agréable que d’habitude, mais loin de ses rôles de composition marquants de « Till Death do us Part » ou « C’est la vie mon Chéri « . Ce qui est intéressant, c’est le nombre de réalisateur invités à faire l’acteur : Derek Yee (One Night in Mongkok), Teddy Chen (Dark October) ou encore Andy Chin (Love Among the Triad). A la chorégraphie des combats, il n’est pas étonnant de retrouver Stephen Tung, spécialiste des films de triade : Love Among the Triad, As Tears Go By, Against All ou encore Jiang Hu. Le réalisateur Joe Cheung (qui a signé la superbe fusillade finale dans Return Engagement) a, quant à lui (comme la plupart des autres réalisateurs de Hong-Kong), participé aussi à de nombreux films comme producteur, acteur et scénariste.

Le film débute sur une scène d’action très bien réalisée : gunfight, cascades, course poursuite en voiture, explosion, etc.… le tout étant monté nerveusement, on peut se dire que l’on va avoir affaire à un film d’action déjanté et spectaculaire. Malheureusement, il n’en est rien. Une fois Simon Yam sorti de prison, tout change. Il ne veut plus de violence au sein de sa vie, il veut tout simplement se ranger, un peu à la manière de Edward Norton lorsqu’il sort de prison dans American History X. A partir de là, le film change brutalement de genre pour passer à la comédie (pas vraiment drôle d’ailleurs). On aura également droit à un peu de romance, de drame, les quelques scènes de baston à l’arme blanche entre différents gangs sont assez bien réalisées et chorégraphiées. Mais je me demande s’il n’y a pas un peu du Wong Jing là-dessous ! Il y a néanmoins une certaine tension tout au long du film car les pulsions brutales du personnage principal peuvent se réveiller à tout moment dans le film. On le sait violent, capable du pire, mais on ne sait jamais s’il va réussir à contenir sa colère ou si justement ses instincts vont reprendre le dessus. Les nombreuses scènes d’humiliations sur Simon Yam servent à développer ce sentiment de rédemption qu’il développe tout au long du métrage, en opposition à ses pulsions violentes qu’il essaie de contrôler.

Le thème de « vrai héro » (la personne se sacrifiant pour en sauver une autre en est un) est ici très moralisateur, ce qui donne quelques passages assez ridicules. La fin est à ce titre très représentative : dans Le Cercle des Poètes Disparus, le départ de Robin Williams quittant l’école était d’une puissance inouïe. Ici, quand Simon Yam dit au revoir à ses élèves, ça prête plutôt à sourire. Il faut dire que la mise en scène et le jeu d’acteur ne sont pas au même niveau dans les deux films : Joe Cheung n’est pas aussi doué que Peter Weir pour retranscrire des émotions à l’écran. De plus, le côté artistique ne suit pas vraiment : tout est assez plat et sans innovation. Ce thème développé permet aussi une critique sévère contre les triades établies de partout, notamment dans les écoles. Sauf qu’ici, on est loin de la noirceur du chef d’œuvre de Ringo Lam, School on Fire. Alors que ce dernier est sans espoir de retour, dans The True Hero, tout n’est pas perdu, à savoir : vous pouvez vous en sortir par vous-même, évitez les triades. Mais tout cela a tellement été vu et revu, tellement naïf, que l’on n’adhère franchement pas au message. Ça fait beaucoup trop cliché. A côté de ça, quelques scènes touchantes viennent ponctuer le récit, lorsque Simon Yam se fait petit à petit accepter et respecter par ses élèves (notamment dans l’hôpital, après la violente scène de baston dans la salle de jeux).

LES PLUSLES MOINS
♥ Les scènes d’action
♥ Le casting et les cameos
♥ Un film assez tendu
⊗ La comédie qui fonctionne moyen
⊗ Des moments ridicules
Note :
The True Hero n’est pas un film inoubliable car il manque de sincérité et d’ambition. On passe un bon moment car il se laisse suivre assez facilement et l’on ne s’ennuie pas, mais il existe bien mieux dans le genre film de triade. A voir si vous avez fait le tour des bons films de ce genre disponibles sur le (large) marché des films de Hong Kong.



Titre : The True Hero
Année : 1994
Durée : 1h38
Origine : Hong Kong
Genre : Triades / Comédie
Réalisateur : Joe Cheung
Scénario : Joe Cheung, Patrick Yuen, Jimmy Sin

Acteurs : Simon Yam, Anita Yuen, John Dang, Andy Chin, Teddy Chen, Derek Yee, Austin Wai, Alan Cheung, Lawrence Cheng, John Ching Tung, Jamie Luk

 Bao yu jiao yang (1994) on IMDb


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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