[Film] The Necro Files, de Matt Jaissle (1997)

Logan, un maniaque nécrophile et cannibale est abattu par deux policiers sur le lieu de son dernier meurtre. Quelques mois plus tard, les membres d’un culte Satanique organisent un sacrifice rituel sur sa tombe afin de ressusciter le cadavre décomposé. Échappant à tout contrôle, le zombie se met en quête de nouvelles victimes pour satisfaire ses pulsions de viols, de meurtres et de cannibalisme. Les deux policiers se lancent de nouveau à sa poursuite mais le sang coulera encore à flots avant de pouvoir mettre un terme à ce déchaînement de violence.


Avis de John Roch :
Faisant partie de la seconde fournée de l’éditeur Uncut Movies, qui l’a récemment réédité en dvd, The Necro Files est l’œuvre de Matt Jaissle. Jaissle fait partie de ceux qui tourne des films en super 8 depuis son enfance, puis est passé semi(amateur)-pro avec Back from Hell, puis Legion of the Night. Mais c’est avec The Necro Files qu’il sort du ghetto (enfin, il a mis un pied sur le palier d’un appart du ghetto) de l’amateur et obtient une soudaine reconnaissance et gagne des prix prestigieux dans des festivals underground : prix des effets spéciaux, meilleur scénario, meilleur réalisateur et meilleur film de l’année au Miami horror film festival et au Orlando Underground film festival. De quoi se demander à quoi ressemblait la cuvée de ces festivals en 1998, mais sans doute que Jaissle, par ailleurs réalisateur, scénariste, monteur, producteur et musicien, avait compris une chose : pour se faire remarquer dans le milieu du Z underground, il n’y a rien de mieux que de donner dans le cul, le gore, le mauvais goût et la provoc, en plus d’avoir trouvé un titre accrocheur. The Necro files, c’est tout ça en même temps bien qu’arrivé au générique de fin, le film ne dépasse pas le stade du métrage tourné entre potes (on parle d’un budget de 125 Dollars) et finalement loin d’être aussi fou que ça, c’est même au final plutôt sage et si cheap que ça en devient attendrissant, et finalement c’est avec un petit sourire en coin que l’on regarde cette petite heure douze plutôt qu’avec dégoût.

La scène d’introduction donne le ton et synthétise ce qu’est The Necro Files : une femme prend sa douche (cul), observée par un homme portant un masque avec une croix gammée gravée au niveau du front (provoc). Celui-ci va la violer et la tuer en même temps, avant de l’étriper et lui couper un téton (gore), qu’il s’empresse de manger avant d’aller vomir la seconde qui suit (mauvais goût). Ce charmant serial killer violeur nécrophile cannibale, c’est Logan, et il a à ses trousses Sloane, flic dont la sœur fait partie de ses quelques 200 victimes, et son coéquipier Manners qui va le mettre hors d’état de nuire. Neuf mois plus tard, une secte satanique sacrifie un nouveau né sur la tombe de Logan (en fait son enfant, issue d’un de ces viols, sans qu’il n’ait visiblement pris la peine de tuer et de manger la victime) pour une raison qui honnêtement m’a échappé. Et le rituel fonctionne, Logan revient d’entre les morts sous la forme d’un zombie, avec un énorme zboub qui descend jusqu’aux genoux. Désormais réanimé, Logan va faire ce qu’il fait de mieux : tuer, violer et manger, mais sans vomir après, de la demoiselle. Pendant ce temps, les deux flics sont sur le coup, et deux membres du culte satanique tentent d’inverser le processus et de remettre le Zombie queutard six pieds sous terre. The Necro Files se concentre sur trois sous-intrigues que Matt Jaissle tente de lier tant bien que mal, plutôt mal d’ailleurs. On suit donc le zombie qui se sert de son braquemart comme d’un radar pour trouver des femmes chaudes comme la braise, l’une en pleine séance de BDSM, l’autre qui a refusé les avances un peu trop extrêmes de son mec, ou une autre qui sodomise une poupée gonflable avec un godemiché et à chaque fois Logan va s’inviter à la fête, pour le meilleur et pour la pine. Coté flic, c’est un peu moins glorieux : soit ils s’engueulent, soit Manners, qui a un trauma suite à l’introduction du film, tabasse du dealer et se shoote au nez et à la barbe de son coéquipier qui ne bitte pas grand chose. Ne cherchez pas à savoir où ils en sont dans l’enquête sur les nouveaux méfaits de Logan, ils y arrivent, repartent, et ré-arrivent quand le script le veut. Quant aux satanistes, ils découvrent que la seule solution pour vaincre un démon, c’est d’invoquer un autre démon, et vont sans le savoir ramener à la vie le nouveau né sacrifié qui devient un bébé volant bavard et revanchard. Ça à l’air fun, ça a l’air complet, pourtant The Necro files s’apparente plus à une succession de sketchs qu’à une histoire bien construite, et on échappe pas au syndrome « pendant ce temps » : pendant ce temps Logan réagence l’intérieur d’un corps féminin avec son engin pour mieux le bouffer ensuite, pendant ce temps les flics s’engueulent en bagnole, pendant ce temps les satanistes font coucou, pendant ce temps le bébé volant vole, et ainsi de suite jusqu’à ce que le scénario fasse croiser tout ce beau monde parce qu’il faut bien conclure à un moment, ce qui n’empêche pas des scènes qui sont réellement drôles (les satanistes qui pensent avoir foiré leur rituel et vont prier dieu).

Quid du reste, du cul, du gore et du mauvais goût ? Et bien question anatomie féminine, rien à redire. Les demoiselles qui officient sous pseudo, qui sont autant de pseudos jeux de mots (Drew Burymore, Jen O’Cid ou encore Anne R. Key) ont une belle plastique et bénéficient d’assez d’atouts pour satisfaire la gente masculine. Coté gore, le film l’est, ça ne fait aucun doute, mais les effets sont si amateurs, si cheaps, si simples voire rudimentaires qu’ils ne font jamais illusion. Illusion qui ne prend jamais quand il s’agit de verser dans le mauvais goût et le trash, les membres virils que l’on voit ici et là sont encore plus factices que le plus bas de gamme des godemichés (et pas seulement celui du zombie), et le bébé sacrifié, puis plus tard volant, n’est rien d’autre qu’une poupée que le réalisateur à chiper à sa petite sœur, ne parlons pas de la crédibilité des flingues qui sont des pistolets à pétards, vous savez ceux qui font une étincelle au niveau du barillet. Mais c’est là où est l’intérêt de The Necro Files, Matt Jaissle a voulu faire dans l’extrême, mais sans aucun moyen et le tout devient involontairement drôle. On n’est jamais choqué ou dégoûté devant le déferlement de viols, arrachage de pénis, infanticide, et de scènes gores, en plus de l’aspect visuel d’une mocheté de tous les instants, et d’un mixage sonore complètement à la rue, et ne parlons pas des acteurs qui n’en ont que le nom. Tout y est tellement cheap que le film en devient attachant, et nous fait penser au fond de nous que l’équipe responsable de cette chose a certes voulu verser dans le coté obscur du cinéma, mais sont loin d’être des personnes qui glorifient Satan, la culture du viol ou de la violence ou que sais-je, on a juste une bande de potes qui ont torché un métrage qui se veut horrible mais qui est si cheap qu’il en transpire l’innocence. Reste à justifier le titre, ce que The Necro Files fait dans ses dernières secondes, histoire de. A noter que si le film ne parodie ni ne fait référence à X-Files, le générique de fin est blindé de pseudonymes (ou de noms imaginaires, ou d’emplois fictifs) tel que Dana Duchovni, Alex Mulder et David fox. On retrouve également au secrétariat de la production une certaine Jillian Anderson, et en tant qu’assistants monteur Andrew Chris et Richard Carter.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le zombie et son zob démesuré
♥ Tellement cheap que ça en devient attachant…
♥ C’est gore…
♥ Le casting féminin
♥ Parfois drôle
♥ C’est court
⊗ Non Amateur d’ ultra Z, passez votre chemin
⊗ … mais ça reste sacrément cheap
⊗ … mais du gore cheap
⊗ Je vous ai dit que c’est cheap?
⊗ Au final ça ne raconte absolument rien

Note:

Note Super Z:

The Necro Files, c’est laid, c’est cheap, ça frise l’amateurisme total. Pourtant ça fonctionne, à condition d’être un vétéran de série ultra Z, dans ce cas, vous pourriez y trouver votre compte.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le film est dédié à Joe D’Amato.

• Si comme moi vous vous posez des questions sur la taille du braquemart du zombie, voici un élément de réponse issu d’une étude extrêmement sérieuse faite par mes soins, en attente de validation par le CNRS. Sachez que si le zombie mesure 1m75, son zboub fait 42cm de long. En revanche si il mesure 1m59, son zizi ne fait que 38cm.



Titre : The necro files
Année : 1997
Durée : 1h12
Origine : U.S.A
Genre : Zombitte
Réalisateur : Matt Jaissle
Scénario : Sammy Shapiro et Todd Tjersland

Acteurs : Steve Sheppard, Gary Browning, Jason McGee, Theresa Bestul, Jenn O’Cid, Dru Burrymore, Anne R. Key, Todd Tjersland, Jonas Arke, Jeff Nelson, Isaac Cooper

 The Necro Files(1997) on IMDb


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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Cherycok
Administrateur
17 septembre 2021 8:36

Celui-là, vu à l’epoque de sa sortie et… J’ai pas pu. J’ai trouvé ça extrêmement mauvais. Et pourtant, en matière de films foireux, séries Z et autres bisseries, je me pose là. Mais là, c’est beaucoup trop amateur pour moi. J’avais trouvé ca ultra long alors que le film est court. Le bébé volant qui tient par un fil avait été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pour moi, c’est 0 ou 1/10, sans double notation ^_^