[Film] The Funhouse Massacre, de Andy Palmer (2015)

Des serials killers fraichement échappés de leur asile arrivent dans une fête foraine pendant Halloween et commencent à faire un carnage en se cachant dans un château fantôme. Un groupe de jeunes se trouvant sur place, un shérif et son adjoint vont tenter de les arrêter.


Avis de Cherycok :
Le cinéma hollywoodien avait Suicide Squad et ses supers héros sentant le pognon à des kilomètres à la ronde. Le cinéma lowcost avait son Sinister Squad car ces petits messieurs de chez The Asylum ne pouvaient pas laisser passer une occasion d’engranger du pognon à moindre frais. Et le cinéma d’horreur indépendant a désormais The Funhouse Massacre, petite bobine sortie de nulle part, auréolée de plusieurs prix dans divers festivals, dans laquelle des psychopathes super méchants vont s’allier pour défourailler en masse leur ennemi de toujours : le groupe de jeunes un peu cons sur les bords (et parfois au milieu aussi). Une sorte de Suicide Squad façon slasher en somme, avec un ton parodique, léger et décomplexé qui fait que, même si le film est bourré de défauts, il n’en demeure pas moins extrêmement sympathique.

Le film se met en place très rapidement, avec une pseudo journaliste qui se rend dans un asile psychiatrique géré par le toujours excellent Robert Englund (l’inimitable Freddy Krueger) où sont enfermés cinq des plus gros tarés que les Etats-Unis aient connus : un dentiste fou adepte de la perceuse, un gourou qui fait cramer ses fidèles, un cuisinier plongeant volontiers dans le cannibalisme, un taxidermiste qui empaille des humains, et un catcheur se déguisant en clown pour qui plier une colonne vertébrale en quatre n’est pas un problème. Après une présentation rapide de chacun d’eux, la pseudo journaliste, s’avérant être la fille de l’un d’eux, et accessoirement tout aussi psychopathe, les libère et tous vont trouver refuge dans un parc d’attraction non loin de là où un grand complexe fantôme leur est justement consacré (car faire le buzz attire le pognon). Tuant et prenant la place des acteurs qui étaient censés les incarner dans le jeu, les voilà fin prêts à dégommer par packs de douze de l’ado prépubère venu se faire peur dans cette fête foraine un peu spéciale. Pendant ce temps, un groupe de jeunes employés d’un fast food miteux se cherche une occupation pour cette soirée d’Halloween qui arrive et décide lui aussi d’aller passer du bon temps dans le parc d’attraction. Parallèlement, une inspectrice de police et son adjoint maladroit et immature découvrent un meurtre qui leur rappelle étrangement les méthodes d’exécution de l’un de nos joviaux fous furieux…

Alors oui, il est clair que niveau scénario de film d’horreur, on est dans le light le plus absolu et question originalité de transposer l’action au soir d’Halloween, on a vu bien plus transcendant. Le groupe d’adolescents est on ne peut plus cliché, avec le black à la durée de vie limitée, la bimbo qui a le feu au cul, le héros timide et l’héroïne dont on devine les talents cachés pour défoncer du serial killer. Mais le début nous met bien dans l’ambiance, avec un second degré et un humour souvent bien senti. Et puis, quel plaisir de revoir d’entrée de jeu quelques têtes bien connues comme Robert Englund donc, toujours la classe dont le temps de présence est comme trop souvent très court (heure du décès, 12ème minute…) ou encore Clint Howard (Tango & Cash, Apollo 13, Austin Powers) en taxidermiste à la coiffure improbable. Et cet humour, le film va le garder jusqu’à la fin, aussi bien dans les dialogues, les situations que dans les personnages (le shérif adjoint). Tout n’est pas toujours très bien senti mais pourtant on s’amuse bien et le bon rythme du film fait que l’ennui ne pointe jamais le bout de son nez. Le réalisateur se permet même un message sous-jacent sur les maitres incontestés de ce monde moderne : les réseaux sociaux. Certains trouveront qu’il est amené de manière grossière mais lorsqu’on jette un œil autour de nous et au comportement des gens avec leur téléphone portable lorsqu’il y a un accident de la route ou autre, on se dit que le bougre n’est pas loin de la réalité.

On n’est par contre pas à l’abri des comportements à la con comme dans la majorité des bobines du même genre, avec des personnages qui se séparent dès qu’ils en ont l’occasion alors qu’ils se trouvent dans un lieu fermé remplis de tueurs en série (c’est connu, la dispersion fait la force…), ou qui se retrouvent bloqués par une pauvre palissade de deux mètres (l’escalade, ça vous dit quelque chose ?). Mais bon, cela permet à nos six joyeux lurons de se faire plaisir en charcutant tout ce qui bouge dans un joyeux florilège de visages arrachés, gorges transpercées, têtes compressées ou écrasées à grand coup de maillet et autres bouches subissant quelques sévices à la perceuse foret taille XXL. Mais ce qui est bien dans tout ça, c’est que tout est artisanal ! Hormis une fumée numérique dégueulasse, les effets gores sont réalisés à la main, avec tout ce que cela implique d’hectolitres de faux sang, d’animatronics (qu’un des personnages cite par ailleurs), de latex et de maquillage bien saignant. Merci à Mr Kurtzman, spécialiste des effets spéciaux gores qui a bossé notamment sur des films tels que Predator, Evil Dead 2, L’Antre de la Folie, Scream ou encore Une Nuit en Enfer. Oui, The Funhouse Massacre est relativement sanglant mais on regrette que certains de nos cinq psychopathes soient complètement sous exploités, la majorité des meurtres reposant sur le mastodonte catcheur clown et encore, les morts sont souvent un peu trop simples, ce qui fait perdre immédiatement une dose de fun. Le petit budget du film semble en être principalement la cause, le film se situant entre la série B et la série Z en termes de pognon. Et il n’y a qu’à compter le très faible nombre de flics de cet asile soit disant sous haute sécurité pour s’apercevoir que le réalisateur Andy Palmer a fait ce qu’il a pu à ce niveau-là. Mais le réalisateur compense cela avec une recherche graphique des plus intéressantes et une mise en scène dynamique à souhait. Il s’amuse au passage à blinder son film de références geeks plus ou moins visibles telles que des protagonistes déguisés en Dr Who, Machete, une tueuse faisant directement référence au personnage de comic Harley Queen, où encore notre policier maladroit qui souffle dans sa cartouche NES lorsque celle-ci plante. A noter qu’il est de bon ton de laisser tourner le générique de fin puisque ce n’est pas une mais deux scènes supplémentaires qui sont venues s’y glisser à l’intérieur.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les effets gores
♥ C’est fun
♥ Plutôt bien mis en scène
⊗ Persos pas tous très intéressants
⊗ Manque de budget visible
The Funhouse Massacre, c’est ce genre de bobine qui ne paie pas de mine, qui au final n’est pas non plus exceptionnelle, mais qui permet de passer un bon moment léger, fun, sanglant et décomplexé.



Titre : The Funhouse Massacre
Année : 2015
Durée : 1h30
Origine : U.S.A
Genre : Le Suicide Squad de l’horreur
Réalisateur : Andy Palmer
Scénario : Ben Begley, Renee Dorian

Acteurs : Matt Angel, Renee Dorian, Scottie Thompson, Ben Begley, Robert Englund, Jere burns, Chasty Ballesteros, Candice De Visser, Clint Howard, Erick Chavarria, E. E. Bell, Mars Crain

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Rick
Administrateur
22 novembre 2016 1:22

Je me le suis fait cet aprem (vive Netflix). Très sympa même si bon oui, un peu fauché, surtout au début comme tu dis avec la sécurité au max dans l’asile (hmm hmm), mais plutôt généreux en effets gore à l’ancienne, volontairement très second degré. Bon petit moment.

Rick
Administrateur
22 novembre 2016 19:23

En même temps, entre les séries B et Z, il doit apparaître par an dans un paquet de films, il ne peut pas toujours être le rôle principal. Récemment, il avait le premier rôle dans FEAR CLINIC (que j’avais chroniqué) et THE LAST SHOWING (qu’il faudra que je prenne le temps d’écrire dessus).