[Film] Suspiria, de Dario Argento (1977)

Suzy, une jeune étudiante américaine, arrive à Fribourg pour rejoindre une prestigieuse académie de danse. À son arrivée, elle croise une étudiante affolée qui s’enfuit. Plus tard dans la nuit, elle est assassinée. Suzy fait connaissance avec une amie de la victime et va découvrir les secrets que renferment son école…


Avis de Rick :
Après plusieurs essais au début des années 70 dans le genre du giallo, c’est finalement la sortie en 1975 de Profondo Rosso, alias les Frissons de l’Angoisse, qui propulse Dario Argento comme réalisateur culte, mais surtout, comme un réalisateur talentueux, stylisant ses plans et préparant sa mise en scène au millimètre près. Alors que la giallo est son genre de prédilection, il décide de casser les codes et surtout ce que l’on attend de lui en livrant en 1977 la bombe Suspiria, considéré par beaucoup (dont moi) comme son meilleur film. Si l’on pourra en cour de visionnage à plusieurs reprises voir certains emprunts aux giallo, Suspiria prend finalement un chemin fort différent, dans la forme comme dans le fond. Si meurtres de jeunes femmes il y aura, pas de tueurs gantés ici, ni d’enquêtes, puisque Suspiria est une œuvre expérimentale dont la narration importe finalement peu, préférant offrir une expérience visuelle et sonore unique aux spectateurs en lui parlant de sorcières ! Une œuvre très étrange, très viscérale également, où l’histoire, finalement mince, n’est qu’un prétexte pour nous offrir une œuvre forte, un mélange de couleurs vives, de plans baroques, d’ambiances uniques et de sons venant renforcer une ambiance surréaliste totale. Suspiria donc, où l’histoire de Suzy, une jeune américaine qui arrive un soir d’orage à Fribourg pour rejoindre une académie de danse classique.

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Un métrage que Dario visualisait se dérouler dans une école pour jeunes danseuses de 12 ans, mais que son père, Salvatore Argento, finit par convaincre de vieillir à 20 ans afin de permettre au film de sortir, vu la violence de celui-ci. Rien d’étonnant donc à voir des dialogues ou des réactions de la part des personnages qui semblent quelque peu surréalistes, enfantins, puisque Dario, s’il vieillit ses personnages, ne toucha absolument pas au scénario. Un élément de plus faisant de Suspiria une œuvre à part, une œuvre étrange, mais surtout une œuvre hypnotisant. Il suffit de regarder les 15 premières minutes pour s’en convaincre. Après une narration (par Dario himself), nous arrivons à Fribourg, et immédiatement, la mise en scène se montre virtuose. Éclairages vifs, plans travaillés, mélange habile du son et des images, une Jessica Harper magnifique (comme dans Phantom of the Paradise quelques années plus tôt), décors baroques… Oui, Suspiria se montre sublime dés les premiers instants, et nous propose surtout une ambiance jamais vue, ambiance que l’on retrouvera dans sa suite beaucoup plus discutable en 1980, Inferno. Suspiria est une expérience, une expérience qui se vit, mais ne se raconte pas.

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De toute façon, il n’y a pas grand-chose à raconter, le film prenant le plus souvent la forme d’une expérience abstraite, à laquelle on adhérera, ou pas. Il faut savoir mettre ses acquis de côté pour profiter pleinement de l’expérience proposée, une expérience pouvant s’avérer aussi prenante qu’éprouvante à de nombreuses reprises. Les moments marquants ne manquent pas. Non pas parce que le film nous implique dans sa narration, mais parce qu’il nous implique émotionnellement dans une succession de scènes toutes plus étranges les unes que les autres. L’arrivée à Fribourg sous la pluie, avec le magnifique thème du film et ses plans colorés à l’intérieur du taxi, le premier meurtre du métrage, violent, surréaliste mais surtout virtuose, la première nuit passée dans l’école dans le hall où les lits sont entourés de draps blancs, la scène de la piscine, ou encore celle de l’aveugle…

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Chaque scène est prévue et montrée comme étant un tableau surréaliste de plus, formant un ensemble expérimental et psychédélique, prenant et éprouvant, hypnotisant et magnifique, et ce jusqu’à son final, dont malheureusement quelques effets d’incrustation accusent le poids des années. Oui, Suspiria est à mes yeux, malgré quelques défauts, un chef d’œuvre tenant bien plus de l’expérience sensorielle que du vrai film. Un coup d’essai hors du genre de prédilection de Dario Argento qui est aisément un coup de maître, qu’il ne parviendra jamais à atteindre une seconde fois, que ce soit avec le néanmoins bon Inferno (mais plus brouillon) que le nanardesque Mother of Tears des années plus tard. Alors oui, un remake est prévu avec Dakota Johnson, et non, je ne veux pas le voir !

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LES PLUSLES MOINS
♥ Une expérience unique
♥ Incroyablement beau
♥ Le mélange d’images surréalistes et de sons
♥ Absolument hypnotisant
⊗ Quelques effets vieillots
 coeur24
Suspiria, plus qu’un film, est une invitation à un voyage surréaliste et baroque, où l’intrigue importe peu. Une succession de scènes étranges et magnifiques, une imagerie unique, pour un film marquant et maîtrisé d’un bout à l’autre.

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SuspiriaTitre : Suspiria
Année : 1977
Durée : 1h40
Origine : Italie
Genre : Fantastique
Réalisateur : Dario Argento
Scénario : Dario Argento et Daria Nicolodi

Acteurs : Jessica Harper, Stefania Casini, Flavio Bucci, Miguel Bosé, Alida Valli, Joan Bennet et Udo Kier

 Suspiria (1977) on IMDb


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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

15 Comments

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  1. Une expérience unique, c’est totalement ça!
    Un train fantôme hyper agressif complètement dément (avec de gros moments de flippe).
    Je l’ai découvert ado, j’étais mort de trouille et halluciné devant ce spectacle tellement autre.
    Clairement mon Argento préféré à égalité avec Les frissons de l’angoisse!

  2. Découvert ado aussi, depuis je le connais un peu par coeur, plan par plan, dans mes 5 films cultes !
    De Argento, je le met à égalité perso avec Ténèbres. Les Frissons de l’Angoisse j’aime beaucoup, je trouve la version longue un poil trop longue ceci dit, avec l’ajout des quelques scènes comiques. Ça ne retire en rien le génie de la mise en scène par contre ! 🙂

  3. Béh moi j’avais pas aimé…
    Mais je sais plus trop pourquoi. J’avais du trouver le temps long, où la bande son très déplaisante.
    J’aime bien ses épisodes TV pour les masters of horror par contre.

    Il faudrait peut être que j’essaie ses films plus “classiques”, moins tape à l’oeil. Comme ses gialli.

  4. Tu as vu Masks de Andreas Marschall ?
    Il parait que ça s’inspire pas mal de Suspiria. ça se déroule dans une école de théâtre je crois.

  5. Ah tu ne m’en avais pas parlé de celui là (par rapport à Devildead dans un autre commentaire)? Toujours pas vu, j’ai des horaires de taf assez sauvages on va dire en ce moment du coup j’ai ralenti le rythme des découvertes en films 🙁

    1. C’est possible, je radote des fois.^^

  6. Alors j’ai vu Masks. En fait j’avais déjà vu un morceau mais je sais plus ce qui s’est passé, j’avais pas du le voir en entier^^

    Alors le film est très beau visuellement, il s’inspire beaucoup du cinéma d’horreur italien (alors que c’est un film allemand, je précise^^)
    ça se déroule dans une école d’acteurs/théatre, et une certaine méthode chelou est toujours enseignée, poussant les gens vers la folie pour en faire de bons acteurs.
    La fin propose une explication un peu déroutante puisqu’on apprend le vrai but de cette méthode qui part d’un coup vers un truc plus fantastique, il faut accepter le délire.
    Mais le film est bon^^ Bien gore aussi…

  7. Enfin quand je dis fantastique, c’est pas surnaturel non plus. C’est juste…bizarre on va dire^^
    Le film dans son ensemble est bien plus réaliste que Suspiria, il n’y a pas de sorcières, tout ça^^

  8. Et je vois que le film se fait défoncer sur pas mal de sites.
    Bon…des fois je comprends pas les avis majoritaires…

  9. Ah ouf on trouve d’autres sites que Devildead qui en disent du bien^^

    http://www.dvdcritiques.com/Dvd/7521

    Bon c’est pas un chef d’oeuvre mais si tu aimes les giallos, les expérimentations visuelles avec de belles couleurs, tu peux tenter^^

  10. Devildead, toujours là pour défendre le cinéma de genre. Après si l’hommage est trop appuyé, sans doute pour ça que beaucoup descendent le film, on adhère souvent mieux aux hommages quand on connait les références.
    Visuellement il a l’air splendide en tout cas sur toutes les captures que j’ai pu voir un peu partout, mais il est possible oui que ça me plaise pas mal. Puis j’aime bien les films qui mettent en avant un art au centre même du scénario.

  11. ‘Suspiria’, très bon, mais clairement pas mon Argento favori. Le score des Goblin est superbe ( même si ce n’est pas mon préféré non plus ). Magique travail sur l’ambiance et la photographie, rien à redire, la narration qui manque de fil conducteur ne me gêne pas, j’aime bien les expériences sensorielles et psychédéliques, mais le rythme est un poil trop lent ( ça passe bien mieux dans ‘Les frissons de l’angoisse’ je trouve, vu que l’on suit une enquête ).
    On sent bien que Lamberto Bava, surtout pour ‘Démons’, fut très influencé par ce travail ( et celui fait sur ‘Inferno’ ).

    1. Alors que moi c’est vraiment le choc ce film, un film que j’ai eu en VHS, DVD TF1 Video, DVD US Anchor Bay méga collector avec OST, Blu-Ray. Mais bon je suis très sensible aux couleurs et à la musique au cinéma, donc forcément. Le rythme ne m’a jamais dérangé, je crois même que je connais les dialogues par coeur pour la version Italienne, bien que ne parlant pas la langue… Ça dit le nombre de visions 😀

  12. WOAH c’est comme moi avec ‘L’enfer des zombies’ alors ( plus de cent visions déjà au milieu des années 90, j’ai arrêté de compter depuis, et je n’en étais qu’aux VHS ! ).
    Je t’envie par contre pour le DVD collector Anchor Bay ( il est numéroté il me semble, je crois même qu’il y a la VF ).

    1. Ah possible, j’ai toujours regardé le film en Italien (même si à l’époque c’était tourné sans le son, je joue le jeu). Alors du coup j’ai sorti l’édition. Edition limitée, et en effet, fait surprenant, il y a une VF dessus. Un bien bel objet que j’emporterais dans la tombe 😀

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