[Film] Slumber Party Massacre 2, de Deborah Brock (1987)


Courtney, survivante de slumber party massacre 1, n’arrive pas à se débarrasser de ses cauchemars. Pour se changer les idées elle part en week end avec son groupe de rock féminin. Champagne, hot dog et pyjama sont au programme ainsi qu’un mystérieux tueur sévissant à la guitare-perceuse…


Avis de Rick :
En 1982, Roger Corman produisait Slumber Party Massacre, premier opus relativement stupide et classique d’une trilogie. Un premier film prenant une allure de slasher tout à fait classique, avec des meurtres réguliers, des tentatives de scènes de suspense, un tueur fou et mutique. Mais nous étions en 1982, cela faisait peu d’années que le slasher explosait réellement, et il y avait une certaine ligne de conduite à suivre. Entre 1982 et 1987, année de cette première suite, de l’eau a coulée sous les ponts (et Sorority House Massacre est né), et le slasher est épuisé, tourne en rond, ne passionne plus. Les recettes de la saga Vendredi 13 sont par exemple en chute libre. Deborah Brock, qui récupère la réalisation et s’occupe également de l’écriture de Slumber Party Massacre 2, a du bien le comprendre, car elle signe un objet filmique non identifié qui assume sa stupidité. Un slasher stupide et rock n’ roll, et malheureusement aussi qui met tout de même 50 minutes avant de vraiment démarrer. Un comble quand le film dure, avec son long générique, seulement 1h17. Nous suivons ici Courtney (Crystal Bernard), la sœur de l’héroïne du premier film, qui est apparemment traumatisée par les événements, en faisant de réguliers cauchemars où un tueur armé d’une guitare ornée d’une perceuse en a après elle. Malgré son état, elle suit ses amies qui se rendent dans la maison (isolée forcément) du père de l’une d’entre elles pour répéter les chansons de leur groupe de rock. Une fois sur place, ses craintes et ses cauchemars deviennent beaucoup plus fréquents. Avec un tel résumé, aucun doute, nous sommes encore dans un slasher tout à fait classique, et le début nous y fait vraiment penser. Mais ça, c’est au début, puisque rapidement, cette suite brise les règles, notamment avec son tueur.

Il n’a rien à voir avec le tueur du premier film, il sort d’on ne sait pas trop où, il a une guitare perceuse, et c’est un rockeur. Du coup oui, il a une allure rock, il chante, il fait des pas de danse en tuant ses victimes, et en plus, il vient du monde des rêves et pique des punchlines aux plus grands rockeurs. Avec le monde du rêve, on pense forcément à Freddy, et ce n’est guère surprenant, Sorority House Massacre s’en inspirait déjà deux ans plus tôt. Mais c’est bien le côté rock de l’œuvre qui vient radicalement trancher avec tout ce que l’on attend d’un slasher. Sauf que le slasher pur et dur, on l’attend, 50 minutes même. Avant, on va devoir se taper des dialogues assez longs, du plan boobs car c’est comme ça, des cauchemars où notre tueur nous lâche quelques riff de guitare, et des hallucinations surprenantes. Fou rire garanti lorsque Courtney voudra préparer le repas mais se fera attaquer par le poulet du frigo. C’est pas très bio tout ça ! Ce genre de scènes sortant de nulle part, il y en aura pas mal. Et c’est bien ça qui va dynamiser toute la longue première partie. Car rien n’a de sens, tout est illogique, et techniquement, ce n’est pas la folie, la mise en scène de Deborah Brock est même plutôt mauvaise. Les scènes de cauchemars ne sont pas très inventives, et surtout sont un peu cheap et techniquement ratées. Sans ces quelques moments fous, Slumber Party Massacre 2 serait tombé dans l’oubli, et les spectateurs n’auraient même pas prit la peine d’en voir le bout.

Puis sans prévenir, et surtout sans logique, voilà que le métrage change radicalement pour plonger dans le slasher WTF, brutal et définitivement rock, lorsque notre tueur décide que les cauchemars et hallucinations, ça ne suffit pas, et que sans raison, il faut venir dans la réalité pour buter tout ce casting qui ne sait pas jouer. Alors là, notre tueur il danse, il chante, il fait ses morceaux rock en transperçant tout le casting de toute part et en nous sortant des punchlines qui feront rire (I can’t get no… Satisfaction), et ça n’a définitivement aucun sens. C’est rock, c’est entrainant, c’est même parfois défoulant car ça se lâche parfois en effets spéciaux, mais le métrage ne tente rien de plus. Pas de tensions, pas de messages, pas d’explications, juste… et bien juste ce tueur qui va danser sous des lumières 80s en trucidant le casting, pendant les 20 dernières minutes du métrage. Etonnement, les nombreux défauts du métrage lui donnent malgré tout une certaine énergie, et même un certain côté nanar, mais ça ne suffit pas dans le cas présent. Sans doute car, à l’exception de sa dernière partie, on sent le réalisatrice totalement dépassée par son film. Elle ne sait quoi en faire, donc nous balance des idées comme elle le peut, et n’exploite jamais totalement le potentiel du film. Pas désagréable pour l’amateur du genre et celui qui sait où il met les pieds, mais un film clairement étrange, parfois rigolo, parfois chiant, mais bancal.

LES PLUSLES MOINS
♥ Le tueur rock n’ roll
♥ L’attaque du poulet
♥ Ça se bouge sur la fin
⊗ Une première heure longue
⊗ Peu sérieux
⊗ Ça ne sait pas franchement où aller
⊗ Techniquement à la ramasse
Une suite tardive et à l’opposé du premier opus, qui semble ne pas savoir où aller et ne pas se prendre au sérieux, à l’image de son tueur armé d’une guitare. Parfois fun, mais bien long à démarrer.



Titre : Slumber Party Massacre II
Année : 1987
Durée : 1h17
Origine : U.S.A.
Genre : Slasher
Réalisateur : Deborah Brock
Scénario : Deborah Brock

Acteurs : Crystal Bernard, Jennifer Rhodes, Kimberly McArthur, Patrick Lowe, Juliette Cummins et Heidi Kozak

 Slumber Party Massacre II (1987) on IMDb


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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

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