[Film] Power Rangers: Le Film, de Bryan Spicer (1995)

La vie s’écoule paisiblement dans la ville d’Angle Grove, protégée par les Power Rangers, six adolescents aux pouvoirs surnaturels. Jusqu’au jour où les ouvriers d’un chantier découvrent un étrange sarcophage qui contient une immonde créature appelée Ivan Ooze.


Avis de John Roch :
N’importe qui ayant grandi avec les dessins animés des années 70 et 80 connait Haim Saban, producteur de disques et compositeur à qui l’on doit les génériques Français de Goldorak, Les Mystérieuses Cités d’Or, Samurai Pizza Cat, Ulysse 31, Jayce et les Conquérants de la Lumière, et tellement d’autre. Des disques qui se vendaient aussi vite que les petits pains de la cour de récré, de quoi s’assurer une bonne retraite, mais ses 3 milliards de dollars de fortune estimé, Saban les doit en grande partie à Power Rangers né de son idée à lui, qui consiste à acheter les droits de séries de Super Sentai en ne gardant que les méchants, les bastons et les robots géants se battant contre des monstres, et de tourner les moments où les Sentai ne portent pas leurs costumes avec des acteurs Américains, la magie du montage s’occupant d’assembler le tout. Et ça fonctionne, la série fait un tabac et devient une vraie coproduction entre les USA et le Japon qui perdure encore de nos jours, et après de nombreuses déclinaisons, Power Rangers en est à sa 29ème saison à l’heure où j’écris ces lignes. En 1995, la série est à sa plus haute côte de popularité, Saban s’associe à la Fox pour produire un long métrage qui se passe entre les saisons 2 et 3, Power Rangers : le film, qui est à l’inverse de la série un produit 100% made in USA. On y retrouve les acteurs de la série, les méchants emblématiques Lord Zedd et Rita joués par des comédiens Américains dans les costumes loués aux Japonais (procédé qui est utilisé pour la série par souci de cohérence lors du changement du Super Sentai adapté ou pour l’introduction d’un nouveau personnage), ainsi qu’un antagoniste créé spécialement pour l’occasion. Les Rangers vont avoir à affronter Ivan Ooze, que leur mentor Zord avait emprisonné 6000 ans auparavant. À son réveil, il saccage le repaire des Rangers et met Zord à l’article de la mort. Privés de leurs pouvoirs, Tommy le ranger Blanc, Kimberley la ranger rose, Adam le ranger noir, Rocky le ranger rouge, Aisha la ranger Jaune, Billy le ranger bleu et Chuck le Walker Texas Ranger (hein ? Ah oui, je l’ai rêvé ce ranger là) partent sur une autre planète pour trouver le grand pouvoir (en fait de nouveaux costumes) et sauver le monde. Pas la peine de chercher plus profond que ce synopsis, Power Ranger: le film ne va jamais plus loin que ça, pas d’enjeu, pas de surprise, scénaristiquement c’est un encéphalogramme plat du début à la fin.

Les films pour enfants les plus réussis, qu’ils soient animés ou non, c’est ceux qui plaisent également aux adultes, catégorie à laquelle n’appartient pas Power Rangers: le film. Pur produit mercantile, le film était à sa sortie calibré pour le public qui regardait la série, trop peut-être puisqu’il ne s’adresse à personne d’autre et ne dépasse jamais son statut d’épisode spécial de 95 minutes, sans apporter le moindre changement ou tout juste apporter quelque chose, et la nostalgie n’y fera rien. Vous avez aimé ce film à 9 ans, ou à un âge aux alentours ? La chute va en être que plus dure, car même la magie de la nostalgie n’y changera rien. Le principal attrait de ce long épisode, c’est le méchant Ooze, sorte de croisement entre Dark Sidious (il a des éclairs qui sortent des ongles) et Freddy Krueger (pour les vannes, dont un “welcome to my nightmare” bien recompté comme il faut). Seul élément nouveau, il n’est pas étonnant de constater que le film se repose énormément sur ses épaules, en témoigne une présence à l’écran égale, si ce n’est supérieure à celle des Rangers. Les Rangers justement, sorte de stéréotypes sur pattes (le beau gosse, le cool, le binoclard intello, la gymnaste…), il est assez effarant de constater qu’aucun d’entre eux n’ait de traits de caractère, tout aussi clichés soient-ils, présents qui leurs donnent un minimum de personnalité. Les personnages sont tout simplement creux, inexistant et, en dehors des Rangers blanc et rose (et encore), sont tous effacés et relayés au second plan à sortir des vannes pas drôles en se battant (l’humour à base de vannes en plein combats ne fonctionne jamais). Les personnages secondaires ne sont pas en reste : Bulk et Skull, les sidekicks comiques de la série ont un temps de présence proportionnel à un épisode. Quant à lord Zedd et Rita, ils sont mis hors course dès le début de l’aventure.

Avant de parler de baston, il faut évoquer le rythme, et là difficile d’en redire quoi que ce soit. Power Ranger: le film est tout sauf ennuyeux, c’est bourré d’action du début à la fin, que ce soit contre des sbires aux designs et aux costumes ratés, contre un squelette de tricératops pas trop mal fichu, ou dans le final avec des insectes géants, c’est généreux. Mais on ne dépasse pas le stade de cascadeurs qui font des cabrioles dans les airs après avoir sautés sur un trampoline, qui gesticulent les bras dans tous les sens, et qui se sentent obligés de se déplacer comme des gymnastes après un rail de coke alors que de courir suffirait, mais parfois ils mettent des coups de tatanes pas trop dégueux, si seulement la mise en scène et le montage hasardeux veut bien les montrer dans toute leur splendeur. En revanche de dégueux, on retiendra les effets spéciaux, plus précisément les CGI made in 90’s. Car il fallait bien un final spectaculaire, et en absence de rushs Japonaises cohérentes avec le métrage, et parce que les Ricains, faire jouer des acteurs dans des costumes qui piétinent des miniatures c’est pas dans leurs cordes, pas de secret, ils n’étaient déjà pas au point à l’époque, et aujourd’hui à moins de s’appeler l’incroyable Bulk personne ne fera pire que ce qui a été fait dans ce film, ni ce qui a été fait à cette époque. Power Rangers est un film raté, mais c’est aussi un film inutile. Le métrage introduit les ninjas Power Rangers, les nouveaux costumes donc, mais ceux-ci seront réintroduits dans la saison 3 de la série, où les Rangers perdent leurs pouvoirs et s’en vont récupérer le grand pouvoir (en fait de nouveaux costumes… mais ça ne vous rappelle rien ?), mais avec les rushs Japonaises qui vont avec. Faire un film inutile en plus d’un ratage, ça force le respect, non?

LES PLUSLES MOINS
♥ Aucun temps morts
♥ Le thème des Power Rangers, toujours un plaisir
⊗ Un pur produit mercantile
⊗ Un scénario inexistant
⊗ Le design des monstres made in USA
⊗ Le final aux CGIs grotesques
⊗ Inutile à la série
Si cette chronique avait été écrite à 9 ans en 1995, la note aurait été multipliée par 4. En l’état, Power Rangers: the movie est un naufrage, que même la nostalgie ne parvient pas à sauver.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Une publicité dans un journal Australien demandait aux fans de venir assister à un feux d ‘artifice en compagnie des Power Rangers, une stratégie pour tourner la scène finale sans avoir à payer des figurants
• Johnny Yong Bosch a fait la plupart de ses cascades lui même car sa doublure s’est cassé une jambe lors du tournage.
• Le script était plus consistant, notamment pour le personnage de Drucila, mais tout a été coupé au montage .


Titre : Power Rangers: le film / Mighty Morphin Power Rangers: The Movie
Année : 1995
Durée : 1h35
Origine : U.S.A
Genre : Lower Rangers
Réalisateur : Byan Spicer
Scénario : john Kamps et Arne Olsen

Acteurs : Karan Ashley, johnny Yong Bosch, Steve Cardenas, Jason David Frank, Amy Jo johnson, David Yost, Paul Schrier, Jason Narvy, Paul Freeman

 Power Rangers, le film (1995) on IMDb


 

John Roch
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Cherycok
Administrateur
14 juillet 2021 18:46

On est raccord sur la note avec Double Dragon. Deux très grands films des années 90 ^_^