[Film] Portés Disparus 2, de Lance Hool (1985)

Viêt Nam, 1972, la section du colonel James Braddock est faite prisonnière dans un camp de torture dans la jungle au cœur du Viêt Nam. Pendant plusieurs semaines les rescapés vont subirent différentes tortures physiques et mentales, jusqu’à ce que le colonel Braddock arrive à s’en échapper…


Avis de Rick :
Le premier Missing in Action, en réalité prévu pour être le second opus, sorti en 1984 et réalisé par Joseph Zito (The Prowler, le 4ème Vendredi 13, Invasion USA) ne m’avait pas du tout convaincu. Prévu comme le second opus mais arrivant en premier car jugé meilleure par la production, c’était mou, trop sérieux, pas hyper passionnant, et puis surtout, sur le même sujet, à savoir un soldat qui retourne au Vietnam pour libérer les Américains toujours prisonniers, et bien on avait vu mieux et plus musclé avec Rambo 2 en 1985. Qu’à cela ne tienne, la Cannon a toujours le premier film a sortir, qui du coup sort en second, sous forme de préquelle. Portés Disparus 2, sortant la même année que Rambo 2, et nous envoyant durant tout le film en plein cœur du Vietnam, où le colonel Braddock, ce bon vieux Chuck Norris donc, est prisonnier dans un camp durant une heure, avant de s’y évader et de tuer tout le monde, comme tout bon héros musclé des années 80. Et là je me dis que soit j’ai parfois des goûts étranges, soit le Cannon, car j’ai trouvé le métrage, sans être exceptionnel (on parle bien d’un film Cannon avec Chuck Norris du milieu des années 80) bien supérieur au premier métrage. Et de loin. Pourtant avec un tel postulat, il y a de quoi rire. Le réalisateur, Lance Hool, habituellement plutôt producteur et donc novice à ce poste (il s’agît de son premier métrage, sur seulement 3 films), veut nous faire croire pendant une heure que Chuck est prisonnier avec son équipe, et qu’il risque sa vie. Nous sommes censés avoir peur pour Chuck ! Difficile à imaginer, je sais bien. Et pourtant, grâce à une certaine générosité, tout comme une économie de moyens durant la première heure, ça fonctionne pas trop mal. On reconnaîtra même dans un second rôle la présence de Steven Williams (Jason va en Enfer).

Bref, dés le générique, Chuck, enfin, Braddock donc, et son équipe sont capturés, et se retrouvent dans un petit village paumé géré par un général qui va torturer, physiquement et psychologiquement la fine équipe. Son but est de briser Braddock, et rien de plus. Pas d’échanges possibles, rien. Juste l’humilier, lui donner de faux espoirs, le voir au sol ne pas se relever. Mais c’est mal connaître Chuck, qui tient le coup, même quand son équipe passe l’arme à gauche. On aura droit aux mensonges, aux maltraitances par les gardiens, aux combats, aux tentatives de manipulations, aux faux espoirs avec la promesse d’un retour au Pays, à divers sévices physiques ainsi qu’au bien connu jeu de la roulette russe. Du classique, mais finalement plutôt bien mené, on ne s’ennuie pas une seconde devant le spectacle proposé (comparé au premier film), et même s’il est difficile d’avoir peur pour Chuck, il s’en sort plutôt bien ce coup-ci pour nous faire croire un minimum à son personnage. Et ça, c’est plutôt sympathique, et on ne s’y attend pas vraiment. Bien entendu, Portés Disparus 2 est et restera avant tout un film d’action de son époque, où les Américains vont finir par gagner, seuls contre tous quoi qu’il arrive. Une époque où le cinéma Américain voulait à tout prix exorciser l’échec du Vietnam et ses conséquences, en montrant l’Amérique et ses soldats victorieux. Du coup, après une heure en prison, une heure à souffrir, il est l’heure pour Chuck de s’évader, mais surtout, car ce ne serait pas drôle sinon, de se venger. Et là il n’y va pas avec le dos de la cuillère le Chuck, oh non.

Dans un premier temps, l’évasion donc. Plutôt sympathique et rondement menée, avec un Chuck qui se la joue discret. Le passage du pont est très bien trouvé par exemple. Bien qu’un peu court, c’est avant tout pour laisser après le devant de la scène à l’action, car Chuck ne peut pas laisser l’ennemi impuni et laisser les siens derrière. Donc là, ça mitraille, ça brûle car oui, il y a un lance flamme, ça utilise de la grenade, ça fait tomber des mannequins en mousse du haut des falaises, le tout pour notre plus grand plaisir. Au diable la logique et la subtilité, il faut tout faire péter dans un spectacle pyrotechnique où le héros ressort vainqueur, après avoir si possible ridiculisé le chef ennemi lors d’un combat à mains nues avec coups de tatanes dans la face. Un combat d’ailleurs plutôt sympathique, mettant en avant toute la générosité du métrage pour donner un spectacle varié aux spectateurs. C’est bien entendu blindé d’idéologie typique de son époque, c’est bis au possible à chaque instant, mais c’est clairement plus généreux que le premier film, moins bavard aussi, plus prenant. Certains clichés amusent (le général trafiquant d’opium, qui travaille avec un trafiquant Français bien entendu), comme certaines scènes mettant en avant la puissance de Chuck, même lorsqu’il est prisonnier (la scène du rat ahah), et puis après ça se réveille et respecte le cahier de charge. Mais en étant plus équilibré, plus divertissant. Bon, avec tout ça, il me reste plus que le dernier opus de la trilogie à voir !

LES PLUSLES MOINS
♥ Mieux rythmé et moins bavard que le premier film
♥ Une première heure en captivité pas déplaisante
♥ Tout explose sur la fin
♥ Chuck est grand et tue tout le monde seul comme un grand
⊗ Ça reste clairement un film Cannon
⊗ Des moments durs à prendre au sérieux
⊗ Seconde partie explosive mais attendue
note2
Portés Disparus 2 parvient à être supérieur au premier, grâce à un rythme mieux géré et une première partie certes pas excellente mais qui fait le boulot. Après, ça explose de partout, et on l’attendait, mais c’est divertissant, au moins.



Titre : Portés Disparus 2 – Missing in Action 2 : The Beginning

Année : 1985
Durée :
1h32
Origine :
U.S.A.
Genre :
Action
Réalisation : 
Lance Hool
Scénario : 
Steve Bing, Larry Levinson et Arthur Silver
Avec :
Chuck Norris, Soon-Tek Oh, Steven Williams, Bennett Ohta, Cosie Costa, Joe Michael Terry, John Wesley et David Chung

 Missing in Action 2: The Beginning (1985) on IMDb


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