[Film] L’Oiseau au Plumage de Cristal, de Dario Argento (1970)

Sam Dalmas est un écrivain américain vivant à Rome avec sa petite amie Julia, mannequin. La nuit précédant son retour aux États-Unis, il est témoin de l’agression d’une femme par un mystérieux individu vêtu d’un imperméable noir. Essayant de lui porter secours, il est piégé entre les deux portes automatiques d’une galerie d’art et ne peut qu’observer pendant que l’assaillant s’enfuit. La femme, Monica Ranieri, épouse du patron de la galerie, survit à l’attaque, mais la police confisque le passeport de Sam pour l’empêcher de quitter le pays, pensant qu’il pourrait être un important témoin. Sam est alors hanté par ce qu’il a vu cette nuit-là, persuadé qu’un élément important lui échappe. Lui et son amie deviennent les nouvelles cibles du mystérieux agresseur.


Avis de Rick :
En 1970, Dario Argento n’est pas encore le réalisateur que l’on connaît si bien aujourd’hui (pour le meilleur et pour le pire). Jusque là, il n’était que scénariste, sur par exemple L’Enfer avant la Mort, La révolution sexuelle ou bien entendu Il Était une Fois dans L’Ouest. Tout juste âgé de 29 ans, il parvient à convaincre un producteur de miser sur son scénario et de le laisser le mettre en scène. Avec 500 000 dollars, l’aventure commence, et ne sera pas de tout repos, le producteur essayant de virer Argento de son propre film au bout d’une semaine de tournage, sur les six prévues. Salvatore Argento, le père de Dario, débarqua et lui sauva la mise. À raison, puisqu’à sa sortie, L’Oiseau au Plumage de Cristal est un succès monstre, et lança la carrière de Dario Argento. Il faut dire que pour un premier film, Dario Argento frappe fort, et même aujourd’hui, en gardant le reste de sa carrière en tête, du moins sa première partie, L’Oiseau au Plumage de Cristal contient tous les éléments de son œuvre. Oui, déjà ! On y retrouve un travail très fort sur l’image, avec quelques expérimentations, un tueur ganté vêtu de noir, des femmes mourant à l’arme blanche, mais pas que ! Comme souvent chez Dario Argento, son histoire, et les révélations de celle-ci ont un lien très fort avec l’art (ici, la peinture), et la clé du mystère est contenue dans le souvenir du personnage principal, dans le souvenir visuel de la scène dont il a été le témoin (oui, comme dans Les Frissons de l’Angoisse).

L’Oiseau au Plumage de Cristal contient tous les éléments clés que Dario Argento ne cessera encore et encore d’utiliser au fur et à mesure de sa carrière, et déjà avec élégance. Ici, c’est un écrivain Américain, alors sur le point de rentrer chez lui, qui est le témoin de l’agression d’une jeune femme dans une galerie d’art. La jeune femme survit grâce à l’intervention de notre héros, Sam. Il apprend alors que la jeune femme aurait dû être la quatrième victime d’un tueur. La police, comme souvent dans ce genre de métrages, patine. L’enquête ne mène à rien, si bien que Sam, obsédé par un détail qui pourtant lui échappe, va mener sa propre enquête, pour tenter d’arrêter le tueur, qui multiplie les victimes féminines. Tout est là oui. Argento en profite même pour mettre quelques hommages à d’autres cinéastes, notamment Alfred Hitchcock et Mario Bava, et enrobe le tout avec une mise en scène qui deviendra sa marque de fabrique. Mieux, le film bénéficie d’un grand sérieux de la part de son auteur. Le scénario ne possède aucune baisse de rythme, et le spectateur est captivé par ce qu’il voit, malgré quelques rares petites scènes pouvant aujourd’hui paraître datées.

Mais dés lors qu’un élément semble un peu en dessous du reste, Dario Argento nous offre alors le plan qui justifie la scène, qui vient sublimer telle ou telle idée, et marquer les esprits bien plus que quelques petits ratés. Car si la mise en scène est soignée et le scénario tient en haleine, c’est qu’Argento a vu les choses en grand. Comme à son habitude, il sera possible durant le métrage d’avoir une ou deux petites idées sur l’identité du tueur. Et arrivé au final, il faut bien avouer que le scénario m’a bien eu. Un bon point pour lui. Et comme pour ses deux métrages suivants, c’est Ennio Morricone qui se charge de signer la bande son de l’œuvre. Il livre une très jolie partition, collant à merveille aux images concoctées par le maître. Pour son premier film, Dario Argento signe bel et bien un petit bijou et a su s’entourer d’une solide équipe technique. On ne pourra pas en dire autant de son film suivant, quelque peu décevant même si parsemé de bonnes choses.

LES PLUSLES MOINS
♥ Des plans parfois virtuoses
♥ Un scénario bien ficelé
♥ La révélation finale qu’on ne voit pas venir
♥ Tous les éléments du cinéma d’Argento déjà là
⊗ Quelques petits moments datés
note8
Pour son premier film, Argento montre l’étendue de son talent. Tout n’est pas parfait, mais on trouve déjà la moelle de son univers et sa patte.



Titre : L’Oiseau au Plumage de Cristal – L’Uccello Dalle Piume Di Cristallo

Année : 1970
Durée :
1h38
Origine :
Italie
Genre :
Giallo
Réalisation : 
Dario Argento
Scénario : 
Dario Argento
Avec :
Tony Musante, Suzy Kendall, Enrico Maria Salemo, Eva Renzi, Umberto Raho et Renato Momano

 The Bird with the Crystal Plumage (1970) on IMDb


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Matt
Matt
30 mai 2019 12:04

Oh ! Courte review cette fois^^
Mais tant mieux, autant ne pas trop en savoir puisque j’ai le DVD qui m’attend. J’ai failli le regarder hier d’ailleurs. Avant de faire autre chose au final…
J’espère ne pas être déçu par celui là. Déjà Ennio Morricone, j’ai plus confiance. ça parait bête mais c’est en partie à cause des musiques que certains de ses films ne passent pas pour moi : Phenomena c’est Iron Maiden qui n’a rien à foutre là (en plus du final trop grand-guignol pour moi), Tenebres j’ai pas accroché. Les frissons ça va, le theme principal est bon. Sans doute aussi que l’histoire globale et les rebondissements m’ont davantage plus, donc les quelques musiques pas hyper raccords ne m’ont pas trop dérangé.

Faze
Faze
31 mai 2019 1:15

Et pour le novice en giallo que je suis , ce film offre t’il une bonne porte d’entrée pour le genre ?

Et en quoi le père Argento a t’il sauvé le tournage du fiston ? Et d’ailleurs le padre Argento est il un nom important du ciné italien ?

Sinon chronique très motivante mais un peu courte … ce qui est toujours bon signe de point de vue.

Faze
Faze
1 juin 2019 21:11

Ah mais t’excuse pas , la chronique m’a clairement donnée envie , et c’est bien le but !
Et le Profondo Rosso plus qu’aimé , adoré !!

Sinon j’avais jamais remarqué que père Argento produisait pour le fils , faudra que je fasse gaffe au prochain générique.

Faze
Faze
2 juin 2019 0:15

Ok merci pour les infos.
Car d’Argento fils , je n’ai surtout vu que ces films des années 80 , à part Profondo Rosso (j’adore ce titre originale) , le sang des innocents et Card player.
Bref autant dire que j’ai quelques gros et très beaux morceaux de choix à visionner.

Et sinon , un avis rapide sur le remake de Suspiria , vu ton amour pour l’original tu es le mieux placé ici pour en parler.
Et comme niveau film d’ambiance ont est très / trop souvent d’accord , ton avis m’intéresse .
En plus je suppose qu’il va pas tarder à sortir en bluray , et un pack avec l’originale me ravirait au plus haut point.

Faze
Faze
Reply to  Rick
4 juin 2019 2:32

Je n’ai pas lu tes chroniques car je préfère être vierge de toutes infos sur ces deux films , vu que ça à l’air assez fameux !

Et sinon pour le Suspiria original , on a enfin une édition dvd ou bluray z2 avec une image correcte ?

Faze
Faze
Reply to  Rick
5 juin 2019 1:43

Wild side !!! Magnifique , car je suis resté sur un test du dvd Tf1 , et même sans avoir vu le film , les images tirées du dit test étaient juste immondes.

Par contre ça va devoir un peu attendre , je viens de me prendre un Fisc Fucking assez mémorable … 😀

Matt
Matt
26 juin 2019 22:58

Bon ben celui là j’ai bien aimé^^
Je me suis douté de l’identité du tueur avant la fin mais le film reste très bien réalisé.

Euh…vous m’étonnez les gars là, il n’est pas si moche le DVD TF1. VOus avez vu des vrais DVD pourris ? C’est bien plus joli que le DVD de la maison près du cimetière de Fulci par exemple.

Matt
Matt
Reply to  Rick
28 juin 2019 8:51

Ah oui pardon j’étais pas remonté assez loin dans les commentaires^^
Parce que l’édition TF1 de l’oiseau au plumage de cristal est tout à fait convenable^^

L’OST est cool, plus discrète du coup, mais ça colle bien. C’est mieux que le Iron Maiden de Phenomena hein^^

JE suis en période giallo : je dois voir le tueur à l’orchidée, la queue du scorpion, la longue nuit de l’exorcisme, l’emmurée vivante, l’éventreur de New York et…ce sera tout pour l’instant^^

Blue Holocaust aussi mais c’est pas un giallo.

Matt
Matt
Reply to  Rick
28 juin 2019 14:36

Tiens tu as vu 6 femmes pour l’assassin de Bava ?
Moi toujours pas. Et je me demande si ça vaut le coup.
En tous cas le DVD est trop cher^^