[Film] Inseminoid, de Norman J. Warren (1981)


Une mission archéologique fouille une ancienne civilisation sur une planète gelée et hostile. Lors de l’exploration d’une caverne, un membre de l’équipe est tué. Ricky, lui, revient avec une étrange marque sur les bras. Peu de temps après, il agresse l’équipage et tente de saborder le vaisseau avant d’être abattu. Quelques jours plus tard, Sandy est attaquée par une créature inconnue dans un souterrain. Elle se réveille à l’infirmerie, avec la sensation d’avoir été enlevée et inséminée par des extra-terrestres. Était-ce seulement un cauchemar ?


Avis de Rick :
Ah la magie des accroches commerciales sur les jaquettes des dvd. Pour Inseminoid, Neo Publishing a frappé fort : Le film qui a traumatisé toute une génération ! Rien que ça. À la lecture du pitch, moi j’ai pensé à une production Corman, encore une copie pour surfer sur le succès d’Alien. Sauf que non, Inseminoid est une production Anglaise d’une part (en Amérique il s’appelle d’ailleurs Horror Planet), et d’autre part, Inseminoid est bien pire qu’une production Corman ! Pourtant j’ai voulu y croire, pas au chef d’œuvre bien entendu, mais à la sympathique série B, rythmée, un peu gore. Surtout que lorsque le métrage commence, on nous passe l’arrivée sur la planète, l’introduction des personnages et tout, en deux ou trois mouvements, il se passe déjà pleins de choses. Et en 25 petites minutes, voilà qu’un des membres est fécondé par un méchant alien pas beau. Sauf qu’on grince des dents également dés les premiers instants, face à cette insupportable musique au synthé toute pourrie et omniprésente, face à ce jeu d’acteur allant du pathétique au tout juste passable, devant ses effets spéciaux plutôt gentillets, devant cette production toute fauchée et qui restera fauchée à chaque plan. À côté, la production Corman La Galaxie de la Terreur, de la même année pour rappel, est proche du sans faute tellement Inseminoid se plante sur quasi toute la ligne. Pourtant, le réalisateur et ses deux scénaristes ont l’air d’y croire, et tente de nous mettre des rebondissements souvent, des événements pour nous réveiller, mais non !

Ainsi, une explosion dés le début va tuer un membre de l’équipage, puis un autre va perdre la tête après avoir touché des cristaux. Quelque chose cloche sur cette planète, donc l’équipe décide d’envoyer d’autres personnes, histoire d’être sûr de réduire rapidement le casting. Et là, c’est le drame, voilà qu’une jeune femme blonde de l’équipe se fait féconder par une créature venue d’ailleurs. Là on se dit qu’on le tient notre bon gros pompage d’Alien, qui va au moins divertir, tuer tout l’équipage, nous donner du gore. Sauf que… ben en fait pas du tout. La dame fécondée par donc devenir folle, comme contrôlée par le fœtus, et va se mettre à décimer l’équipe plutôt mollement, pendant que ceux-ci vont tenter de se défendre avec ce qui leur tombe sous la main, souvent en frappant doucement ou à côté, ou en faisant des chutes plutôt risibles. Avec bien entendu des réactions bien stupides à la clé. Oui, ici, quand on est coincés sur une planète hostile et que notre combinaison déconne, on perd son sang froid et respire à même le tuyau d’air arraché de la combinaison au lieu de réparer deux malheureux fils. Ici, quand on a la jambe gentiment coincée entre deux cailloux, on n’insiste pas trop pour se dégager, on prend la scie et on coupe ! Sacrée équipe !

Malheureusement, malgré les morts fréquentes, Inseminoid reste un métrage mou, un métrage peu inventif, peu généreux, chiant surtout. Et extrêmement fauché, que ce soit les trois malheureux couloirs dans lesquels nos personnages vont se perdre, les quelques salles vides, l’extérieur de la planète désertique totalement inexploitée, la mise en scène inexistante, le score musical pauvre à s’en crever les tympans. Rajoutons à tout cela le fameux alien, qui ne sera présent à l’image que très tardivement, et peu actif. Au final, l’insémination du titre, l’alien, tout cela n’est même pas utile pour l’histoire, qui aurait très pu se contenter d’une force mystérieuse faisant perdre la raison aux personnages. Mais même à ce niveau, les personnages semblent n’en avoir tellement rien à faire, ils sont tellement lents à tout comprendre, à réagir, que leur sort nous importe peu. QI des personnages ? 4 ? Dans ses eaux là en tout cas. Un film d’horreur fauché, sans ambiance, sans envie, un peu mou, avec des personnages cons, au final, ça donne juste un mauvais film, assez pénible à regarde, pas assez mauvais pour être rigolo, pas assez bon pour le regarder.

LES PLUSLES MOINS
♥ Quelques rares moments vers la fin⊗ Prévisible
⊗ Pas intéressant
⊗ Des personnages cons
⊗ L’alien, peu présent, pas utile
Inseminoid n’est même pas une copie amusante d’Alien. Longuet, peu intéressant, pas sanglant, il n’a vraiment rien pour lui.



Titre : Inseminoid
Année : 1981
Durée : 1h33
Origine : Angleterre
Genre : Science Fiction
Réalisateur : Norman J. Warren
Scénario : Nick et Gloria Maley

Acteurs : Robin Clarke, Jennifer Ashley, Stephanie Beacham, Steven Grives, Barry Houghton, Rosalind Lloyd

 Inseminoid (1981) on IMDb


Galerie d’images :




















Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

5 Comments

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  1. “Mou, peu inventif, chiant”… on dirait mes mots sur ma chronique de Reveillon Sanglant du même réalisateur. Par contre,d ans ce que j’avais pu lire sur les anecdotes de Reveillon Sanglant, ce film avait plutot bien marché en video club un peu partout dans le monde. Ca ne veut pas dire qu’il est bon hein, mais peut etre ca qu’ils veulent dire Neo Publishing avec leur “Le film qui a traumatisé toute une génération” ^_^

  2. Ah oui je n’avais même pas fait gaffe que c’était le même réalisateur…. Bon, ça donne pas envie de se faire l’intégrale du monsieur, car là franchement, pfiou, j’ai eu du mal à le finir, et c’est rare. Y a souvent un truc pour me maintenir éveillé sur tous les films, que ce soit quelques beaux plans, la musique, quelques idées de scènes qui sortent du lot, mais là, vraiment pas grand-chose.

  3. Vi vi, il me semble que je parle de Inseminoid dans ma critique de Reveillon sanglant d’ailleurs mais oui, clairement, ca ne me donne pas envie d’approfondir la filmo du monsieur (déjà que je le fais rarement…)

  4. J’aime bien approfondir la filmo des réalisateurs, mais quand ils ont un style, des thèmes, un truc quoi qui me pousse à explorer. Sauf que là, à part de l’ennui et le fait qu’il filme un scénario sans doute à la lettre près sans franchement mettre le truc en scène, je ne vois rien chez ce charmant monsieur pour me motiver 😉

  5. Ca me fait penser que j’ai chopé le dernier film du réalisateur de Husk et que j’avais envie de le voir (rien à voir, je sais, mais tu parles d’explorer les filmos ^^)

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