[Film] Homewrecker, de Zach Gayne (2020)


Michelle, une jeune décoratrice, qui suit Linda, une connaissance de yoga, chez elle se voit subitement séquestrée par cette dernière, qui recherche désespérément une amie. Mais est-ce l’unique raison pour laquelle Linda tient tant à garder Michelle chez elle ?


Avis de Cherycok :
J’avoue, j’ai choisi ce film uniquement pour sa durée car je n’avais sur le moment que peu de temps devant moi. 1h16 au compteur, génériques de début et de fin compris, ça calait parfaitement dans mon emploi du temps. Je n’avais pas réellement le temps de me poser la question sur la qualité du film, je savais juste vaguement de quoi ça parlait suite au visionnage de la bande annonce il y a quelques semaines de cela et ça me convenait parfaitement. Autant vous le dire de suite, je suis resté très perplexe devant Homewrecker. Pourtant, le film a, parait-il, fait sensation dans les festivals où il a été présenté. Alors soit les festivaliers ont des gouts de chiotte, ce qui ne serait pas la première fois, soit c’est moi qui aie des goûts de chiotte. Mes mauvais goûts assumés n’étant plus à prouver, on pourrait se dire que c’est moi qui suis passé à côté du film. Sauf que je pense réellement que les festivaliers ont souvent des goûts au moins aussi nazes que les miens et que Homewrecker rate réellement le coche.

Homewrecker nous présente rapidement ses deux protagonistes principaux. Nous avons d’un côté Michelle, jeune architecte d’intérieur fraichement mariée, et de l’autre Linda, une quadragénaire un peu trop polie et amicale. Très rapidement, on devine le côté un peu space de l’une d’entre elle. Les premières minutes sont très encourageantes. Le réalisateur retranscrit très bien les moments de gêne entre les deux personnages, les blancs dans les dialogues. L’enchainement des scènes somme toute banales mettent même mal à l’aise. On sent que ça va dégénérer et que le spectacle va pouvoir être très chouette. Mais finalement, ça traine. C’est même un peu long cette première partie. Et puis la deuxième aussi est un peu longue. On a dépassé la mi-film et il ne se passe pas grand-chose. C’est même chiant, très chiant. On approche de l’heure de film, et il ne se passe toujours pas grand-chose, voire rien. Pour un film de 1h16, c’est quand même inquiétant, surtout quand on a l’impression que ça fait trois heures qu’on y est. Quand soudain le film dérape enfin ! Punaise, c’était laborieux ! Ah ben non, c’est toujours aussi nul. Cette révélation ne change rien au coma dans lequel on était tombé.
Pourquoi notre victime ne casse pas la fenêtre pour se barrer ? Pourquoi on a l’impression qu’elle ne se défend pas vraiment ? C’est quoi ces réactions débiles ? Ça n’a aucun sens. C’est mal construit, mal amené, et il n’y a guère que les 8/10 dernières minutes qui nous réveillent un tant soit peu de notre torpeur. On sort du film avec cette désagréable impression que, pour ce que Homewrecker raconte, le long métrage n’est clairement pas le bon format et que le film aurait été nettement plus réussi en moyen-métrage, voire en court métrage. Il était clairement possible de faire la même chose, en bien plus marquant, en à peine 20 minutes.

Homewrecker est une comédie horrifique très minimaliste, et ce à cause d’un manque de budget évident. Huis clos privilégié, nombre de personnages très restreints, les bons choix avaient pourtant été dès le départ adoptés. Le problème, c’est leur traitement. C’est dommage car l’idée de départ en soi était plutôt bonne. Écrit à la fois par le réalisateur et les deux actrices principales visiblement très impliquées dans le projet, le scénario du film va aborder les thèmes de la jalousie, de l’amitié, de la vieillesse, de l’affirmation de soi, de la maternité, de la folie. Homewrecker est en quelques sortes une représentation assez sombre et cynique de notre société moderne, de ses attentes à notre égard, où les femmes sont constamment en compétition plutôt que de se serrer les coudes devant les injustices qu’elles subissent. Sauf que rien n’est réellement travaillé et que tout reste au final très superficiel, bancal, voire parfois un peu grotesque dans le traitement des idées. Quand ce n’est pas chiant, le film tombe dans le cheap le plus total. C’est le cas de la musique, affreuse, ou des scènes « d’action », ou plutôt les crêpages de chignon, qui sont pourries en plus d’être mal filmées. Ce n’est jamais crédible, ça frise même le risible, et c’est dommage car les actrices donnent de leur personne, tout particulièrement Precious Chong. Cette dernière est très inspirée et interprète de manière plutôt juste son personnage désespéré qui bascule de la tristesse à un état psychotique en une fraction de seconde. Mais c’est bien là le seul point réellement positif qu’on pourra trouver à ce Homewrecker.

LES PLUS LES MOINS
♥ Precious Chong, très impliquée
♥ L’idée de départ
⊗ Rythme léthargique
⊗ Idées peu ou pas exploitées
⊗ Mise en scène aux abonnés absents
⊗ Musique insupportable
Malgré une idée de départ plutôt intéressante, Homewrecker est un huis-clos dont le visionnage aura été très pénible malgré ses 1h16 génériques compris. Le film semble durer une éternité car il ne sait pas rendre intéressant ce qu’il raconte. Ce n’était pas bon.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le film fait son apparition dès juillet 2019 au Fantasia Festival. Il ne sortira qu’un an plus tard pour le public après être passé par le Fantastic Fest, le Toronto After Dark Film Festival ou encore le Fantastic Film Festival Australia.
• Il s’agit du premier film du réalisateur Zach Gayne qui jusque-là n’avait réalisé que trois courts métrages et deux épisodes d’une série TV d’une chaine obscure du câble. La même année que Homewrecker, il sort un deuxième film, States.


Titre : Homewrecker
Année : 2020
Durée : 1h16
Origine : Canada
Genre : Viens chez moi, je suis ta copine
Réalisateur : Zach Gayne
Scénario : Zach Gayne, Precious Chong, Alex Essoe

Acteurs : Precious Chong, Alex Essoe, Tony Matthews, Kris Siddiqi

 Homewrecker (2019) on IMDb


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