[Film] Going by the Book, de Ra Hee-Chan (2007)


Jeong Do Man est un agent de la circulation au bas de l’échelle hiérarchique dont la tendance à faire les choses “by the book” le conduit parfois à des ennuis, comme quand il colle une amende à son nouveau patron, Lee Seung Man. Cependant, le chef de police a de plus gros problèmes : la ville de Sampo a été frappée par une série de braquages et, afin de rassurer le public, il décide d’effectuer un exercice réaliste qui démontrera les capacités de la police. Jeong Do Man est choisi pour faire la partie du braqueur, mais avec son habituelle attention pour le détail, il a l’intention de commettre le crime parfait…


Avis de Cherycok :
Going by the Book se traine une jolie petite réputation depuis sa sortie en 2007. Il était donc temps, 12 ans après (oui, j’ai toujours eu un certain temps de latence), de jeter un œil au premier film de Ra Hee-Chan, écrit et produit par Jang Jin (Guns and Talks, Man on High Heels, Righteous Ties). L’histoire d’un flic qui cherche à se racheter après avoir été un peu mis sur la touche. L’histoire d’un flic qui va se donner à fond pour la tâche un peu particulière qui lui a été assignée : celle de jouer un voleur lors d’un entrainement de Police sur un braquage. L’histoire d’un homme un peu trop rigide, à la fois plein de doutes et de certitudes, qui à lui seul va mettre en déroute toute la Police de sa petite ville de Sampo. L’histoire d’un film sacrément original, pas parfait, mais réellement surprenant.

La ville de Sampo est sujette aux braquages depuis quelques temps, mais impossible de mettre la main sur les voleurs. Le nouveau chef de la Police locale décide de donner un grand coup dans leur système un peu usé et propose de faire un exercice de braquage en conditions réelles. Chaque policier va tirer au hasard le rôle qu’il aura dans cet entrainement et devra le garder secret. Cela pourra être aussi bien client, que policier de la circulation. Un message leur sera envoyé à tous lorsque ce sera le jour J, en accord avec les banques. Celui qui jouera le rôle du voleur devrait donc se rendre dans une banque et faire comme s’il la braquait. Il aura pour but d’essayer de s’échapper avec l’argent et la Police devra elle l’en empêcher. Bien entendu, exercice oblige, il n’y aura ni blessé, ni argent volé, mais les médias seront contactés afin de couvrir l’évènement pour que tout le monde puisse bien comprendre que la police de Sampo est extrêmement efficace.
Le rôle du voleur va arriver dans les mains de Jeong Do Man, un jeune policier très rigide, qui s’est retrouvé à la circulation après avoir été écarté par un supérieur trop ambitieux. Sauf que le problème de Do Man, c’est qu’il est toujours à fond dans les tâches qu’on lui confie. Ni une ni deux, il va louer moult films de braquages, se renseigne partout où il peut (lectures, internet), va visiter la banque qu’il compte faussement cambrioler afin de repérer les habitudes des employés ainsi que le positionnement des caméras. Bref, ça n’a pas encore commencé qu’il est déjà en mode braqueur. Le jour J arrive, tous reçoivent un SMS. Do Man prend une vieille carabine trouvée dans le grenier de ses parents, se rend dans la plus grosse banque de la ville et commence son braquage. Sauf qu’à cause du souci du détail de Do Man, le chef de la Police se rend vite compte qu’il était loin d’avoir prévu comment les choses allaient se dérouler…

Going by the Book va nous amener directement au cœur d’un cambriolage mais de façon humoristique. Le ton du film sera constamment décalé et le scénario va se montrer toujours plus original au fur et à mesure que le film avance et va faire preuve de beaucoup d’inventivité. Les scènes vont s’enchainer, toutes plus délicieuses les unes que les autres et le film ne tombera jamais dans l’humour lourd. On part carrément dans le burlesque avec les affichettes placées sur les différents otages en fonction de leurs actions et les états qui en découlent (assommés, morts, violés, ligotés, …). Bien entendu, tout cela est à priori pour de faux puisqu’il s’agit d’un entrainement mais le film nous met constamment le doute au fur et à mesure que le personnage de Do Man semble aller trop loin. Va-t-il finir par vraiment voler l’argent ? Va-t-il y avoir vraiment des morts au bout d’un moment ? Le cinéma coréen étant réputé pour changer de ton de manière abrupte, on s’attend à tout.
La mise en scène du film est remplie de bonnes idées et le personnage de Do Man, incarné par Jung Jae-Young (Confession of Murder, Guns and Talks) est très bien écrit. Le film tient d’ailleurs quasi exclusivement sur ses épaules. Il y incarne un héros attachant, sujet au doute, rigide, mais malgré tout très méticuleux et organisé dans sa petite entreprise. Dommage que le film souffre de quelques longueurs, s’essoufflant un peu sur son final, et qu’il y ait quelques incohérences (pourquoi les personnages supposés « morts » embarquent-ils dans le bus ?). Néanmoins le résultat est hautement rafraichissant et vivement conseillé.

LES PLUSLES MOINS
♥ Original et surprenant
♥ Un excellent Jung Jae-Young
♥ L’humour burlesque
⊗ Un peu long à démarrer
⊗ S’essouffle vers la fin
Avec son idée de braquage atypique, Going by the Book est une comédie légère, drôle, qu’on prend vraiment plaisir à voir malgré certains points noirs. Pas indispensable mais vivement conseillé.



Titre : Going by the Book
Année : 2007
Durée : 1h42
Origine : Corée du Sud
Genre : Faux braquage
Réalisateur : Ra Hee-Chan
Scénario : Jang Jin, Lee Gyu-Bok, Hiroshi Saito

Acteurs : Jung Jae-Young, Son Byung-Ho, Uhm Soo-Jung, Lee Young-Eun, Ko Chang-Seok, Shin Goo, Im Ji-Eun, Ju Jin-Mo, Lee Han-Wi, Jo Deok-Hyeon

 Bareuge salja (2007) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

2 Comments

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  1. Je n’en avais vraiment jamais entendu parler de celui-là. Bon, je me méfie du cinéma Coréen et de leur humour, mais pourquoi pas à l’ocaz.

  2. Justement, ici l’humour est tout en subtilité, ou via des situations complètement absurdes. On ne rit aux éclats que rarement. C’est plus le ton souvent léger qui donne cet aspect comédie.

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