[Film] Le Grand Bain, de Gilles Lellouche (2018)


C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…


Avis de Cherycok :
J’aime bien les feel good movies. Oui, c’est souvent léger, parfois un peu niais, mais après une journée de boulot ou une semaine harassante, il faut avouer que ça fait du bien. Ils sont très nombreux dans le genre : The Full Monty, Little Miss Sunshine, Juno, Pride, Nos Jours Heureux, Bridget Jones, Un Jour Sans Fin, Amélie Poulain, et tant d’autres. Et à l’intérieur même de ce genre, il y a un sous-sous-sous-genre qui comporte au final peu de films et que je baptiserais « feel good movie sportif ». Leur plus célèbre représentant est sans doute le très fun Rasta Rocket (1993) et son groupe de Jamaïcains qui montent une équipe de bobsleigh, mais il y en a quelques autres. Eddie the Eagle (2016) avec Hugh Jackman et Taron Egerton qui met en avant le saut à ski. Le film espagnol Champions (2018), Campeones en VO, et son équipe de basket handisport. Le récent Chacun Pour Tous (2018) qui reprend la même thématique que le film espagnol précédemment cité. Joue-la Comme Beckham s’intéresse lui à une équipe de foot féminine. Ou encore récemment chez nous le succès populaire Le Grand Bain (2018) et ses plus de quatre millions d’entrées. Et ça tombe bien, parce que c’est à ce dernier dont nous allons nous intéresser. Car même si les deux mots « comédie française » ont tendance à faire fuir pas mal de monde, celle-là était des plus sympathiques.

Gilles Lellouche avait envie d’écrire, pour son deuxième film solo en tant que réalisateur (après Narco en 2004), un film sur la lassitude des gens, sur la dépression. Pour la toile de fond, il va s’inspirer de l’histoire vraie de Suédois pratiquant la natation synchronisée masculine. Et pour son film, cette équipe sera composée de tout un tas de personnages qui en ont assez de leur vie monotone, terne, sans éclat, paumés, qui n’ont aucun but précis voire aucun avenir. Il faut avouer que sur le papier, cela parait un peu étrange et le sujet ne donne clairement pas très envie, d’autant plus qu’un film anglais, Swimming with Men, sorti quelques mois auparavant a un scénario assez similaire. Pourtant, après visionnage, on ne peut que comprendre le succès au box-office du film. Certes, c’est parfois un peu lourd, mais ça marche. Et la raison principale de ce succès, c’est la brochette d’acteurs et d’actrices tout bonnement excellents.
Gilles Lellouche n’y est pas allé avec le dos de la cuillère et le casting de son film est impressionnant. Mais surtout, ils interprètent des rôles forts, tantôt touchants, tantôt enthousiasmants, les rendant immédiatement attachants. Avec toujours en toile de fond ce côté lourd de la dépression qui fera qu’on ne rit jamais aux éclats devant Le Grand Bain, mais on regarde malgré tout avec un sourire en coin du début jusqu’au happy end inévitable pour ce genre de bobines mais qui est ici complètement approprié (même si pas vraiment réaliste au final).

Le Grand Bain est donc l’histoire d’un groupe de loosers à la dérive qui se lancent dans un pari complètement absurde mais pourtant vital pour leur bien-être. Il traite donc de la dépression, mais également de la solidarité, de la persévérance, la reconnaissance des autres, les préjugés, … Oui, des thèmes très classiques pour un film qui au final y va avec de gros sabots, tombant souvent dans les stéréotypes. Mais ce n’est pas réellement dérangeant car les personnages ressemblent à monsieur et madame tout le monde. Ils pourraient être vos voisins, vos collègues, quelqu’un de votre famille, avec leurs blessures, leurs cicatrices, et les divers buts qu’ils se sont fixés dans la vie pour lui donner un sens. Avec ici ce brin de légèreté et de fraicheur qui souffle presque 2h durant et qui fait que Le Grand Bain est un film qui passe tout seul et duquel on ressort avec l’impression d’avoir passé un bon moment.
Côté réalisation, c’est dans l’ensemble du bon boulot. Gilles Lellouche soigne ses cadres et ses travellings, mais pêche parfois un peu au niveau du rythme de son film. Il faut avouer que ça a un peu de mal à démarrer et qu’il y a quelques temps morts qui pourront faire décrocher le spectateur mais, dans l’ensemble, on est pris dans ce feel good movie aux allures de comédie dramatique. A noter un excellent score qui accompagne parfaitement les images et les différentes thématiques que le film aborde.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les très bons acteurs(trices)
♥ Léger et frais malgré la thématique
♥ Excellente bande son
⊗ Parfois un peu lourd
⊗ Met du temps à démarrer
Pour son retour seul à la réalisation, Gilles Lellouche signe avec Le Grand Bain une très sympathique comédie portée par un excellent casting. Même si ça tombe souvent dans la caricature et que c’est parfois parfois un peu longuet, on passe un très bon moment en compagnie d’une belle brochette de personnages farfelus.



Titre : Le Grand Bain
Année : 2018
Durée : 1h58
Origine : France
Genre : Swim Good Movie
Réalisateur : Gilles Lellouche
Scénario : Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini

Acteurs : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoerde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Philippe Katerine, Leïla Bekhti, Marina Foïs, Alban Ivanov

 Le grand bain (2018) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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