[News] Les Sorties Spectrum Films de Juin

Nous sommes déjà en juin… Le temps passe très vite. Mais on n’est pas là pour parler de ça mais plutôt des sorties de notre partenaire Spectrum Films pour ce mois de Juin comme on a pris l’habitude de le faire depuis maintenant trois ans. Punaise, trois ans… le temps passe très vi… Euh, bon, donc, voici une présentation des 4 éditions qui sortent ce mois-ci, pour un total de 11 films. Oui, il y a de quoi faire, surtout qu’on est sur du lourd, du très lourd !


Titres : Legend of the Sacred Stone / Demigod : The Legend Begins
Année : 2000 / 2022
Durée : 1h30 / 1h43
Origine : Taïwan
Genre : Wu Xia Pian avec des marionnettes
Réalisateur : Chris Huang

Paul Gaussem vous a longuement parlé du studio Pili sur son excellent dossier « Le Cas Pili – Moderniser la Tradition, Affronter la Mondialisation » qui continue de perpétuer cet art ancestral de la marionnette. Alors je vois déjà quelques frileux qui se disent que des films avec des marionnettes, c’est bizarre, ça va être kitch. Détrompez-vous malheureux, vous allez être surpris, aussi bien par le visuel de la chose que par la technique et le réalisme de la chose !

Legend of the Sacred Stone :
Défiguré et animé d’une haine implacable, le Seigneur Jian est à la recherche d’une Pierre Sacrée, capable d’accorder n’importe quel vœux. Trois nobles guerriers, dont le légendaire White Lotus, vont se retrouver impliqués dans le plan machiavélique de Jian. Parallèlement, des créatures au service de Mo-Kui , elles aussi à la recherche de cette pierre mystérieuse, sèment sur leur chemin des cadavres.

OVNI dans le paysage cinématographique asiatique ! Imaginez un mélange de Zu Warriors From The Magic Mountain pour les décors, Legend of Zu pour les effets spéciaux et de n’importe quel wu xia pian sous acide (All Men Are Brothers ou encore Blade of Fury), le tout avec des marionnettes toutes plus belles les unes que les autres et vous obtiendrez Legend of Sacred Stone. Legend of Sacred Stone a battu tous les record au box office local en 2000, accumulant 15,5M$ Taïwanais dès le premier jour de sa sortie, détrônant Toy Story 2 le même jour qui en était à 11M$. Du jamais vu à Taiwan dans un période où seul le cinéma américain plaisait au public. Un film tout simplement étonnant et un spectacle extrêmement réjouissant !

 

Demigod: The Legend Begins :
Contre l’avis de son maître, Su Huan-jen s’immisce dans des luttes de pouvoir opposant différents clans. Son erreur lui coûte cher : il se retrouve au cœur d’une conspiration impliquant un mégalomane aux forces obscures.

Demigod est une véritable réussite visuelle, entreprise par un studio au sommet de son art, conscient de ses capacités et de ses limites. Moins fou et moins frénétique que Legend of the Sacred Stone mais davantage posé et contrôlé, Demigod s’adapte et se met au diapason des standards internationaux en terme de photographie, de scénario et de traitement de l’action. Si le film de 2000 était à l’image des wu xia pian indépendants du Hong Kong des années 90, Demigod est calqué sur les blockbusters actuels issus des studios de la Chine continentale.

En plus des films, on retrouvera les bonus suivants (plus de 3h) : En direct des Studios Pili, Interviews, Conférence, Présentations et bande-annonces. Livret de 75 pages et 2 épisodes de 1997 en relation avec Legend of Sacred Stone.

Le Coffret Pili avec Legend of the Sacred Stone et Demigod sort en juin 2024 au prix de 45€.


Titres : The Valiant Ones / A City Called Dragon
Année : 1975 / 1970
Durée : 1h42 / 1h37
Origine : Taïwan
Genre : Wu Xia Pian
Réalisateur : King Hu / Larry Tu

Spectrum continue d’explorer la filmographie de King Hu et va proposer, en plus du blu-ray, une version UHD, 4K HDR, restaurée à partir du négatif original par la King Hu Foundation. Le film A City Called Dragon, réalisé par Larry Tu, sera également présenté en bonus de cette édition. Une restauration Spectrum Films.

The Valiant Ones :
En Chine au 16ème siècle, un procureur général est nommé gouverneur de deux provinces se situant sur les côtes. Sa tache est très difficile : éradiquer les clans de pirates et de ronins japonais, tout en déjouant la corruption qui s’est installée jusque dans les plus hauts rangs de l’empire. Il va alors faire appel à un ami d’enfance, ancien colonel de l’armée et fin stratège et un petit groupe de guerriers déterminés.

Quand King Hu rencontre Sammo. Plus direct que les premiers films de Hu. Au lieu des jeux de pouvoir tactiques d’une auberge du dragon, deux forces puissantes se préparent à un choc inévitable (une idée littéralisée dans le grand final). L’espace ouvert ajoute une dimension supplémentaire, en particulier l’utilisation de la mer. L’action, moins axée sur l’épée, a une agressivité unique parmi les films de King Hu. Bien qu’il n’opère pas dans le registre des meilleurs films de King Hu, il s’agit clairement d’une de ses bobines de premier ordre. Son action n’a jamais été aussi intense ni aussi rapide, chaque coup de feu et chaque zoom rapide n’ont jamais été aussi vivants, et la façon dont tout cela s’intègre dans les paysages est d’une immense beauté. Ce n’est pas tant l’histoire qui sert de mécanisme à l’action, mais l’action qui sert de mécanisme à l’histoire, se déployant rapidement d’une scène glorieuse à l’autre.

A City Called Dragon :
Pendant la dynastie Sung avec l’empereur Hsiao Hsia dans les combattants du pouvoir et de la liberté, qui sont basés dans les montagnes Tai-hun. Mlle Shang est en route pour Dragon City pour recevoir des plans secrets pour se rendre au bastion rebelle. Mais le Maire tue son contact et prend les plans. Elle doit maintenant trouver les plans et se venger du maire meurtrier.

A City Called Dragon est l’un des nombreux films d’action taïwanais des années 70 qui méritent d’être vus par un public plus large et cette sortie Spectrum Films va permettre à tout le monde de découvrir ce wu xia pian des plus funs, sorte de chainon manquant entre A Touch of Zen et Dragon Inn de King Hu, sans certes jamais égaler les films du maitre, mais en proposant un très bon divertissement.

En plus des deux films, on retrouvera les bonus suivants : Présentation de Arnaud Lanuque, Interviews de Hsu Feng et Christophe Champclaux, Bande-annonce, livret et dossier de presse original.

Ce combo Blu-ray/UHD de The Valiant Ones / A City Called Dragon sort en juin 2024 au prix de 40€.


Titres : L’Enfer des Armes
Année : 1980
Durée : 1h30
Origine : Hong Kong
Genre : Polar nihiliste
Réalisateur : Tsui Hark

À Hong Kong, trois amis fabriquent une bombe incendiaire et la placent dans un cinéma. Pearl, une jeune fille qui a observé la scène, suit les poseurs de bombe et commence à les manipuler. Les quatre criminels planifient bientôt des actes de plus en plus audacieux.

La nouvelle vague de réalisateurs de Hong-Kong bat son plein en 1980 et le génial Tsui Hark en fait parti. Avec L’enfer des armes, il combine l’irrévérence de son premier film, Butterfly murders, et la rage de son second, Histoires de cannibales, en les remettant dans un contexte contemporain. Inspiré d’un fait réel de la fin des années 70, le film a été charcuté par la censure et Tsui Hark fut obligé de re-tourner en 10 jours plus d’un tiers du film. Le film a pu sortir dans sa nouvelle version qui n’en est pas moins violente que la première. Mais comme les 2 premiers films du réalisateur, celui-ci est un nouvel échec commercial et il dut se résoudre à accepter des projets plus commerciaux. Et pourtant, c’est clairement un film marquant.

L’Enfer des Armes est un film à voir : sauvage, nihiliste, il saura vous captiver pour peu que vous n’accordiez pas trop d’importance à ses quelques défauts. Il constitue également un évènement majeur de la carrière de Tsui Hark, jeune et talentueux cinéaste alors en conflit avec le public de l’époque : et tandis que des étudiants posaient des bombes dans les cinémas, Tsui Hark les imita mais c’est sur le plan artistique qu’il envoya tout voler en éclats.

Bonus : Présentations de Arnaud Lanuque, Nombreuses interviews, Bande-annonces et livret.

Le double Blu-ray de L’Enfer des Armes sort en juin 2024 au prix de 30€.


Titres : Coffret Liu Chia Liang
Année : 1978/1979 /1981/1982/1984
Durée : 1h37 / 1h38 / 1h50 / 1h45 / 1h49 / 1h43
Origine : Hong Kong
Genre : Arts martiaux
Réalisateur : Liu Chia-Liang

Beaucoup l’attendaient, le voilà enfin qui pointe le bout de son nez, le coffret réunissant pas moins de 6 films de Liu Chia Liang, s’étalant de 1978 à 1984, comprenant certains de ses films les plus cultes et faisant souvent partie des Shaw Brothers préférés des amateurs du genre.

Heroes of the East :
Ah To, jeune chinois, se marie avec une japonaise. Tous les deux sont férus d’arts martiaux et chacun tente de convaincre sa moitié que sa technique est supérieure. Ah To a physiquement le dessus et son épouse décide de repartir au Japon pour se perfectionner. Elle ne reviendra qu’une fois certaine de vaincre. À cause d’un stratagème de son serviteur, Ah To se voit défier par plusieurs maitres venus du Japon.

Heroes of the East, précédemment sorti chez nous sous les titres français Les Démons Du Karaté ou Shaolin Contre Ninja, est LE film qui lança la grande vague des Kung-Fu Comedy movies, prouvant ainsi que Liu Chia-Liang est bien le précurseur du genre. Mais que dire sur Heroes of the East sans tomber dans les superlatifs, si ce n’est qu’il s’agit du top de la crème en matière de films d’arts martiaux, la plus belle kung-fu comédie et incontestablement un des « top ten » de la Shaw Brothers : c’est très drôle, parfaitement écrit, chorégraphié et filmé, et qui plus est autant dans la tradition des grandes comédies américaines (si) que du film d’arts martiaux made in Hong Kong. Ça n’a pas pris une ride.

Dirty Ho :
Le 11ème prince de la Dynastie Qing et probable futur héritier du trône fait une visite dans une province pour admirer les trésors antiques sous l’identité d’un marchand. Il y fait la rencontre d’un voleur qu’il souhaite prendre comme disciple en secret afin de tuer le prince rival.

Bien que la comédie cantonaise soit un peu lourdingue par moments, c’est un festival de combats déments que nous propose Liu Chia-Liang, les meilleurs étant ces affrontements où les protagonistes se battent tout en faisant semblant de faire autre chose (une dégustation de vin, admirer des œuvres d’art…), le tout sous l’œil du disciple pas encore totalement formé qui ne se rend compte de rien… Des scènes uniques et toujours inégalées, personne n’ayant vraiment essayé de les imiter, et on comprend pourquoi… Encore une merveille de la part de Liu Chia-Liang, un film qui se situe pile à l’intersection de son œuvre.

Martial Club :
Trois écoles d’arts martiaux se partagent les élèves d’un quartier. Une démonstration de « Danse du Lion », censée marquer une rencontre amicale, se termine en bagarre générale lorsque les élèves du fourbe Maître Lu provoquent ceux de Maître Zhang. Pour calmer le jeu, Wong Kai-ying, maître d’une troisième école et père du talentueux Wong Fei-hung, tente de réconcilier Lu et Zhang…

Deuxième aventure de Wong Fei-Hung filmée par Liu Chia Liang après Challenge of the Masters (1975) quelques années auparavant, Martial Club est un nouveau coup de maitre de Liu Chia-Liang qui va une fois de plus détonner. Commençant comme une kung fu comedy rythmée et ponctuée d’affrontements élégants dans le style inimitable du réalisateur ici au sommet de sa forme, le film va prendre son envol pour devenir un pur film martial assez décoiffant qui va rabattre les cartes, allant petit à petit vers une fin unique, jamais vue auparavant dans un film d’arts martiaux classique, lourdement symbolique sur ce que Liu Chia-Liang pense que doivent être les vrais arts martiaux. Une masterpiece !

Legendary Weapons of China :
En pleine Guerre des Boxeurs, les écoles d’arts martiaux tentent désespérément de développer des techniques pour résister aux balles des Occidentaux via l’utilisation de la magie alliée au kung-fu. Lei Kung, ancien membre d’une secte occulte et expert dans le maniement des ’18 armes du Kung-Fu’, décide de dissoudre son école et de disparaître dans la province de Guandong. Accusé de trahison, le pouvoir envoie trois combattants redoutables pour lui faire la peau : Ti Tan, Tieh Hou et son frère Lei Yung. Ce dernier, pour enfin débusquer Lei Kung, demande au chef de gang Tung Tien-sheng de se faire passer pour lui…

De nouveau un film exceptionnel de la part de Liu Chia-Liang, sans conteste un de ses tous meilleurs, d’autant plus méritoire que la Shaw Brothers était déjà dans une sale passe à l’époque… Mais Liu semble ne pas s’en préoccuper et livre un film, qui, s’il n’est pas le plus émouvant de son œuvre, est superbement explicite au niveau de ses thèmes favoris, principalement la raison d’être des arts martiaux dans le monde moderne, écho à l’arrivée des jeunes Sammo et Jackie qui le dépassent déjà au box-office, sans parler de la nouvelle vague qui va tout emporter… Encore une fois un classique indispensable, dont Tsui Hark s’est pas mal inspiré pour Il Était Une Fois En Chine.

Cat VS Rat :
Chat et Rat sont les deux disciples d’un vieux maître barbu dont la seule ambition est d’être meilleur que l’autre. Mais quand Chat prend l’avantage sur son rival en obtenant les faveurs de l’Empereur Rat met en place un ambitieux stratagème pour discréditer son rival.

Reprenant certaines thématiques de Martial Club, Cat VS Rat est peut-être le film le plus faible du coffret. Mais cela ne l’empêche pas d’être un bon film malgré tout, oh que oui ! Nous sommes à nouveau ici dans une kung fu comedy, assez légère, superbement filmée dans le style inimitable de Liu Chia-Liang, à la séquence finale complètement délirante rappelant beaucoup les délires surréalistes d’un Chu Yuan période 80’s. Le casting s’amuse, nous également, que demander de plus ? De bons combats ? Il y en a plein, je vous rassure !

The 8 Diagram Pole Fighter :
Le général Pan Mei, figure politique de la dynastie des Sung, complote afin de détruire une famille rivale et proche du pouvoir, la famille Yang. Pour ce faire, il n’hésite pas à s’allier à des guerriers mongols et tend un piège aux six frères qui la composent ainsi qu’à leur vénérable et puissant père. Seul le 5ème frère réchappe, enfin, avec son 6ème frère devenu fou. Avec la seule force de sa rage, il va parvenir à atteindre le temple shaolin pour tenter d’y forger plus encore ses aptitudes. Mais les moines ne sont pas d’avis de prendre sous leur aile un jeune irrespectueux et ivre de vengeance aveugle.

The 8 Diagram Pole Fighter est sans conteste un des films les plus noirs et désespérés de Liu Chia-Liang. S’il n’y avait sa mise en scène et chorégraphies démentes immédiatement reconnaissables, on se croirait dans un Chang Cheh tant les deux personnages ne pensent qu’à se venger, le film baignant dans une atmosphère de drame shakespearien assez inédit dans le cinéma de Liu Chia-Liang. Une atmosphère lugubre parcourt le film de bout en bout, le rendant encore plus fascinant comparé aux autres films du réalisateur, souvent bien plus légers. Ajoutez à cela des chorégraphies démentes et vous obtiendrez un des meilleurs film du réalisateur.

Bonus : Présentations de Arnaud Lanuque, Nombreuses interviews, Bande-annonces et livret.

Le coffret Liu Chia-Liang de 6 films en Blu-ray sort en juin 2024 au prix de 80€.


Tout peu déjà être précommandé sur le site de Spectrum Films dès maintenant.

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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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