[Film] Dredd (2012)

Dans une ville violente du futur où la police multiplie les fonctions (juge, jury et bourreau), un flic fait équipe avec une apprentie juge pour arrêter un gang qui vend de la drogue Slo-Mo.

Avis de Cherycok :
Dredd est un film qui était aussi attendu que craint, attendu car les fans espéraient vraiment une adaptation qui rende dommage à ce personnage très populaire outre atlantique, mais en même temps très craint tant la première adaptation de 95 avec stallone était une honte au matériau de base. Cette nouvelle mouture était également redoutée à cause de son faible budget, 45M$, ce qui est très peu pour un film d’action futuriste. Mais le réalisateur anglais Pete Travis (Angles d’attaque) a plus d’un tour dans son sac et le désastre annoncé n’aura finalement pas lieu, bien au contraire.

Pour allier à ce manque de budget, l’action va être rapidement cloisonnée à l’intérieur d’un gros bloc de béton de 200 étages avec, tel un jeu vidéo, le boss de fin à aller tuer au sommet. Cette comparaison est un peu grossière mais dans l’idée, c’est ça. Dredd se rapproche en fait plus de The Raid de Gareth Evans avec lequel il partage de nombreuses choses à commencer par cet immeuble donc, mais également une partie du scénario avec ces policiers enfermés dedans, ces innombrables ennemis à chaque étage, cette zone de non-droits où les cartels de la drogue font rage. Et pourtant, l’un n’a pas pu inspirer l’autre car même si Dredd n’est sorti que fin 2012, soit 1 an après The Raid, il a été tourné fin 2012 / Début 2011. Sans doute des problèmes de post-prod…
Malgré ce « petit » budget et ces espaces restreints, l’ambiance futuriste limite post-apo est très bien rendue, avec des plans larges de ville détruite, avec ces gros blocs de béton gris, ternes, avec ces habitants dans leurs appartements plus proches de cages à poule, et une impression d’immensité qui donne le vertige lors des plans sur les nombreux étages en dessous.

Et dans ce lieu très accueillant, le juge Dredd toujours aussi poète dans l’âme, accompagné ici d’une rookie aux pouvoirs psychiques surdéveloppés, capable de lire dans les pensées et de voir arriver le danger. Du coup, ce duo semble carrément invincible étant donné qu’ils ne se retrouvent qu’à de très rares moments en difficulté, le Dredd étant déjà une machine de guerre redoutée à lui tout seul, alors imaginez le accompagné d’une coéquipière capable de lui dire si telle ou telle personne qu’il rencontre est agressive ou pas. On perd effectivement toute tension et tout enjeu dans le scénario et il est clair qu’on a l’impression d’être dans une sorte de shoot’em up en mode facile.
Néanmoins, cette faiblesse est largement compensée par l’action assez présente. C’est ultra bourrin, et le mot est faible ! Dredd dégomme du trafiquant à tour de bras, avec des impacts de balle toujours accompagnés de gerbes de sang et d’effets gores assez jouissifs, quoi qu’un peu trop numériques. Il ne fait pas dans la dentelle et certains passages sont tout simplement d’une brutalité rare. Juge Dredd est sans pitié, ne réfléchit que peu, appliquant la loi au pied de la lettre. Il est à la limite entre l’homme et la machine. La scène aux balles incendiaires est tout bonnement hallucinante, d’une beauté graphique qui fait plaisir à voir.
Le personnage de Ma-Ma est tout aussi important que celui de Dredd, incarné par une Lena Headey qu’on a du mal à reconnaitre après son rôle de reine dans la série Game of Thrones. Elle nous gratifie d’ailleurs de la meilleure scène du film, sans doute également la plus fun et la plus bourrine, la destruction complète d’un étage à l’aide de 3 cracheuses balançant des bastos grosses comme des canettes de bière. C’est d’une poésie sans nom, visuellement très réussi, et juste ultra jouissif.

On pourra reprocher au film certains ralentis vraiment très… ralentis, mais justifiés par la drogue du film appelée Slo-Mo (pour Slow Motion), ou encore comme dit quelques lignes plus haut un suspense quasi nul, mais comparé au Judge Dredd de 1995, cette mouture 2012 s’en sort haut la main dans le genre divertissement qui fait du bien par où il passe et qui repose le cerveau.
Le juge Dredd interprété par Karl Urban (Priest) en impose, et les fans seront comblés de savoir que, comme dans le comic, il ne retire jamais son casque, lui donnant un aspect froid et sans reproche encore plus prononcé. Personnellement, j’en ressors enchanté et j’attends le prochain épisode avec impatience !!

 


Titre : Dredd / Dredd 3D
Année : 2012
Durée : 1h35
Origine : Angleterre / Afrique du Sud
Genre : Action / SF
Réalisateur : Pete Travis

Acteurs : Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey, Wood Harris, Domhall Gleeson, Langley Kirkwood, Deobia Oparei, Warrick Grier, Rakie Ayola, Jason Cope, Edwin Perry, Karl Thaning, Michele Levin


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

Comments

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  1. Vu que je comptais le traduire (600 lignes à peine), je me le suis rematé ce matin et il est vraiment rigolo ce petit film, du divertissement décérébré et pas prise de tête. Bon , au final, je ne le traduirais pas car je viens de lire qu’il sort en France en février donc ca serait faire du travail inutile mais bon, franchement, des petits films comme ça, ca éclate n’importe quel blockbuster à 200M$

  2. Je connais Judge Dreed que part le film avec Stalonne en fait que j’ai bien aimé perso. En quoi il était si mauvais celui de 1995?

  3. Disons qu’il ne respectait absolument pas le personnage de Dread. Déjà, c’est un sacrilège qu’il enlève son casque, le vrai Dread dans le comic ne l’a à ma connaissance jamais enlevé.

    Le Dread dont j’ai fait la critique ici se rapproche vraiment du vrai Dread tel que son créateur l’a imaginé, et il n’y a aucune comparaison possible avec celui interprété par Stallone en 1995. Dread est une machine à tuer, sans pitié, à la limite de l’autisme dans son comportement parfois.

    1. Ok ok je comprends. J’aime vraiment le film de 1995, les répliques sont vraiment drôles aussi. J’avoue ne pas avoir vu le nouveau mais ton m’a donné envie de jeter un coup d’œil

  4. J’ai adoré le nouveau DREDD. C’est malin, prenant, violent, bien joué et l’univers est crédible – alors que j’imagine que le budget est très loin des blockbusters SF hollywoodiens. Un de mes films préférés de 2012 peut-être, c’est dire.

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