[Film] Devil’s Pass, de Renny Harlin (2013)

De nos jours dans l’Oural, cinq étudiants en cinéma américains retournent sur les lieux de l’affaire du col Dyatlov pour essayer d’élucider le mystère de ces 9 randonneurs qui ont trouvé la mort dans des circonstances toujours inexpliquées de nos jours…


Avis de Rick :
Mettons les choses au clair dés le départ, je n’aime pas Renny Harlin. Alors oui, il aura fait quelques sympathiques séries B dans les années 80, avec notamment Prison et Le Cauchemar de Freddy, mais passé ses échecs au box office dans les années 90, le père Harlin, ben il n’aura fait que de la merde. Peur Bleue est un navet pas drôle à mes yeux, Driven on n’en parle même pas, L’Exorciste Au Commencement est risible, Cleaner est chiant au possible, et ces films récents comme La Légende d’Hercules ou Skiptrace, on oublie je ne veux même pas les voir. Pourquoi est-ce que je vous parle donc d’un film de Renny Harlin ? Et bien Devil’s Pass, anciennement nommé The Dyatlov Pass Incident, je ne le connaissais même pas. Par contre, étant très curieux de nature, je connais et suis toujours intrigué par l’histoire de ces 9 morts retrouvés dans cette montagne Russe en 1959. Oui, 60 ans après, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé, les théories sont nombreuses, mais aucune n’est officielle. Et avec une telle histoire, il est étonnant de voir que les différents médias ne s’y intéressent pas tant que ça. On aura eu des livres, le jeu vidéo Kholat, et tout à coup, j’ai donc découvert l’existence de ce film. Renny Harlin ou pas, j’ai voulu lui donner sa chance. Je ne savais même pas avant de le lancer qu’il s’agissait d’un found footage. Heureusement, un found footage au dessus de la norme, c’est à dire avec très peu de plans qui tremblent, et un vrai découpage technique, et même une alternance entre différents appareils pour créer une dynamique. Donc ici, nous suivons 5 américains. Deux personnes faisant le documentaire, une preneuse de son, et deux alpinistes qui se rendent en Russie pour suivre les pas de nos 9 pauvres victimes. La première partie, plutôt lente, nous présente la situation, les personnages, l’arrivée en Russie. La routine donc. Et comme vous le savez, moi, j’aime la Russie !

Rien de transcendant, malgré quelques idées de montage intéressantes. Puis, une fois en Russie et après quelques rapides aventures dans une ville, dans un bar, voilà nos personnages au plus près du bas de la montagne, et les voilà qui partent à l’aventure. Avec quelques événements étranges car sinon on ne verrait que 5 personnages gravir une montagne. Et ça marche plutôt bien. Les décors de la Russie (le film a donc vraiment été tourné en Russie) sont sublimes, les panoramiques de la montage de jour en mettent plein la vue, de nuit c’est tout aussi intéressant (notamment avec de jolies couleurs dans le ciel). Les événements étranges autour des personnages sont discrets et là pour installer une ambiance (des traces de pas, des sons étranges, une langue tranchée retrouvée), mais ne sont pas trop lourds ou trop nombreux pour parasiter le film. Car oui, perso, si on multiplie trop les éléments étranges et malsains, à leur place, je fais demi-tour. Mais ça se tient, durant 45 minutes, c’est calme mais sympathique. Puis nos personnages arrivent sur le fameux lieu de l’incident, et on sent que quelque chose se prépare. À tous les niveaux, puis que le film reproduit certaines théories (les GPS, boussoles et autres qui ne fonctionnent plus, des traces de radioactivité), continue de filmer l’ensemble proprement, mais pour ne pas terminer l’aventure trop vite, rend certains personnages cons. Un élément est découvert non loin du campement, mais deux personnages gardent la découverte pour eux (ben oui, sinon le film sera terminé 10 minutes après). M’enfin, tout tient encore la route, et on aura même une scène d’avalanche un brin surréaliste mais plutôt bien foutue encore.

Et c’est malheureusement dans sa dernière partie que le film me laisse un peu de marbre. Qu’il me laisse un sentiment mitigé, entre le « oui c’est une possibilité » et le « ahahahaha non » ! Car on ne sait pas aujourd’hui la réalité sur ce qu’il s’est passé dans cette montagne. Élément surnaturel ? Expérience militaire ? Présence venue d’ailleurs ? Ou tout simplement un malheureux événement naturel ? On ne sait pas, tout est possible vu les vraies circonstances, et cela permet au final au film d’aller dans la direction qui lui plait. Mais au final, peut-être que Devil’s Pass va trop loin, trop loin dans son délire, jusqu’à nous rappeler d’autres métrages, ironiquement bien plus réussis. Pourtant dans ce final, tout n’est pas à jeter, notamment en terme de décors, qui permet une ambiance sympathique et quelques belles images. Ce que le film nous offre. Mais lorsque le film délaisse l’ambiance pour plonger dans l’horreur pure, là, ça passe déjà beaucoup moins. Peut-être que le changement est trop brut, ou que l’idée est tout simplement pourrie, en fait je l’ignore. Ou alors l’idée est bonne mais la mise en application pas du tout, et ça, c’est une possibilité que j’aime à croire. Car les choix de cette dernière partie, que je ne spoilerais pas, rappellent clairement d’autres métrages du genre (que je ne citerais pas non plus pour ne pas spoiler), et la comparaison blesse un peu. En fait oui, on peut dire que le final est bien raté voilà. Néanmoins, ce final prend une des nombreuses théories évoquées depuis des années sur ce véritable incident. En tout cas, le mystère reste entier, et il serait bon de voir un autre métrage sur le sujet, tant les possibilités sont énormes. Mais en tout cas, venant de Renny Harlin, et venant d’un found footage, Devil’s Pass tient presque totalement la route.

LES PLUSLES MOINS
♥ Ah le mystère du col Dyatlov
♥ Un found footage plutôt bien troussé
♥ Les beaux paysages
⊗ Le final un peu (beaucoup ?) raté
⊗ La direction prise peu nuancée
note8
Devil’s Pass s’inspire d’un célèbre et mystérieux cas. Ce qu’il en fait n’est pas toujours réussi, mais dans le genre, ça garde un petit capital sympathie.



Titre : Devil’s Pass – The Dyatlov Pass Incident

Année : 2013
Durée :
1h36
Origine :
Angleterre / Russie
Genre :
Horreur
Réalisation : 
Renny Harlin
Scénario : 
Vikram Weet
Avec :
Holly Goss, Matt Stokoe, Luke Albright, Ran Hawley et Gemma Atkinson

 Devil's Pass (2013) on IMDb


Galerie d’images :

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

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  1. Raaaaah KHOLAT ! Pas sûr que je me fasse ton film un jour par contre…
    Renny Harlin à part ça, j’aime pas trop non plus. Mais j’aime bien DIE HARD 2 (inférieur au 1er, of course), CLIFFHANGER pour l’époque c’est divertissant et je garde d’excellents souvenirs de CUTTHROAT ISLAND. Pour le reste, c’est pas terrible en effet.

  2. Je savais qu’en mentionnant l’excellent Kholat je t’attirerais dans les commentaires haha ! 😉
    Non le film est totalement dispensable. Pas mauvais, mais ça aurait pu être bien mieux.
    Oui vrai que j’oublie souvent DIE HARD 2 de lui, j’ai toujours eu du mal avec même gamin, impossible en même temps de ne pas le comparer au premier et au troisième… CLIFFHANGER je l’ai revu il y a peu, ça reste divertissant c’est vrai. Jamais tenté par contre son CUTTHROAT ISLAND, il m’a toujours fait un peu peur, alors que les avis sont souvent bons malgré son bide au box office.

  3. De Renny, j’aime bien Profession Profiler, Au revoir à Jamais, Cliffhanger et Die Hard 2. Mais en voyant sa filmo, je me rend compte que je n’ai pas vu grand chose d’autre de lui. Il a semble-t-il migré à Hong Kong ou en Chine pour le cinéma, ses derniers films sont tous chinois (Legend of the Ancient Sword, Bodies at Rest, Skiptrace,…)

    1. En fait Harlin aurait du rester dans les séries B horrifiques de ses débuts (Prison, Freddy 4) ou les films d’action bad-ass du début des années 90 (Die Hard 2, Cliffhanger). Il s’est un peu perdu en chemin par la suite, en franchissant souvent les limites du ridicule.

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