[Film] Dernier Train pour Busan, de Yeon Sang-Ho (2016)

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…


Avis de Cherycok :
Ce n’est un secret pour personne, les films de zombies / infectés ont la côte depuis maintenant plusieurs années. Il en fleurit un sacré paquet tous les ans et de tous les horizons. Mais c’est de Corée du Sud que nous vient l’ultime sensation du genre avec Dernier Train pour Busan, excellente bobine qui avec 20 fois moins de budget (10M$US) arrive à faire 20 fois mieux que son cousin ricain World War Z (190M$US), qui est pour tous les amateurs de zombies l’exemple même de tout ce qu’il ne faut pas faire. Tendu du string du début à la fin, alliant scènes d’action ultra efficaces et moments d’émotions ne tombant jamais dans la niaiserie, mettant en avant des morceaux de bravoure marquants sans oublier d’intégrer une critique sociale bien d’actualité.

Succès aussi bien critique que public, se payant une moyenne de 8/10 sur IMDB pour 2800 votes, dépassant les 90% sur Rotten Tomatoes et se ventant d’un 4.2/5 sur Allocine sur plus de 1200 votants, Dernier Train pour Busan est en fait la suite d’un film d’animation très remarqué dans divers festivals, déjà mis en scène par Yeon Sang-Ho, s’intitulant Seoul Station et se déroulant 24h avant l’histoire du film. On va suivre ici un papa peu attentionné, tellement plus préoccupé par son travail de courtier que par sa petite fille, à tel point que cette dernière, après un énième anniversaire raté à cause de son père, décide qu’elle veut revenir chez sa maman. Le lendemain, alors qu’ils embarquent dans le Korean Train Express qui doit les amener de Seoul à Busan, des évènements étranges se produisent puisque, juste après qu’une jeune fille paraissant malade monte dans le train, des voyageurs semblant enragés se mettent à attaquer les autres passagers. La panique va rapidement monter dans le train et la survie commencer à s’organiser. Mais comment s’échapper alors que les chaines de télévision diffusées dans le train annoncent un chaos encore plus grand à l’extérieur… C’est à partir de ce postulat de départ, au demeurant assez classique, que Yeon Sang-Ho va pondre sans doute un des films les plus intenses de cette année 2016.

Là où le réalisateur va être très fort, c’est dans la gestion de l’espace. Le film se déroule quasi exclusivement dans un train, avec son espace clos et répétitif, ses wagons qui se ressemblent comme deux gouttes d’eaux. Un huis-clos ferroviaire en quelques sortes. Et pourtant, à aucun moment cette problématique ne ressort. Mieux encore, Yeon Sang-Ho prend soin de rendre ses scènes d’action le plus lisible possible, en essayant de ne pas trop les découper afin de pouvoir suivre sans aucun problème les mouvements des personnages dans le chaos qui y règne rapidement. C’est d’une efficacité redoutable et cela amène encore plus d’intensité à des scènes qui n’en manquaient déjà pas. Même si, un peu à la manière d’un 28 Jours plus Tard de Danny Boyle, le réalisateur préfère axer son film plus sur l’action que sur l’horreur, on reste le cul scotché au fauteuil avec le regard qui ne décroche pas une seconde de l’écran. Pas de gore qui tâche ici, ni même de jumpscare comme ça peut être la mode dans plein d’autres film, on est ici dans la tension pure et dure, et une tension qui monte crescendo, sans jamais s’arrêter. À tel point que, un peu à la manière d’un Mad Max Fury Road, les quelques moments plus calmes nous permettent de reprendre notre souffle. Les infectés sont à la fois grotesques et terrifiants, dans le sens où le réalisateur leur donne un côté parfois comique (le coup du manteau sur la tête) et un autre extrêmement dangereux (leur désarticulation extrême qui leur donne un aspect imprévisible). Certaines scènes dégagent une puissance hallucinante malgré, avouons-le, des effets spéciaux parfois un peu trop visibles. Mais de manière générale, la mise en scène est tout bonnement excellente. Le réalisateur a su tirer le meilleur du milieu de l’animation d’où il vient et, pour un premier film, le résultat à l’écran est des plus convaincant.

Dernier Train pour Busan fonctionne aussi grâce à ses nombreux personnages. Dans un premier temps, on se dit qu’on a là tous les clichés possibles et imaginables pour ce genre de films. La petite fille, la femme enceinte, le gros bourrin, le clochard, les sportifs, l’enculé de première… Du classique de chez classique, mais on se rend compte rapidement que c’est ce qui fait qu’on va immédiatement s’attacher à eux, s’identifier à eux. On sait que tous ne s’en sortiront pas, on craint pour leur vie et, en quelques sortes, on souffre et on pleure avec eux. Et une fois n’est pas coutume, ils ne sont pas stupides (du moins, pour la majorité d’entre eux) et prennent des décisions autres que « Hey, si on se séparait ? ».
Le film aborde plusieurs thèmes plus profonds. Le cinéaste injecte un sous-texte anticapitaliste en égratignant comme il se doit le milieu de la finance et des banques qui cherchent le profit et uniquement le profit, quelle que soit la situation du pays. Un peu comme si cette épidémie était la résultante de la crise économique et du capitalisme sauvage, avec ces personnages qui n’ont plus foi qu’en une chose, l’individualisme et l’égoïsme. Chacun pour sa gueule comme dirait l’autre. Alors que l’entraide est bien souvent la seule chance de survie dans un monde désespéré où tout part en couille. Le personnage de Kim Eui-Sung (National Security, The Suspect) en est l’exemple même, et je défie quiconque de ne pas avoir envie de lui mettre un gros pain dans la gueule à la sortie de la séance.

LES PLUSLES MOINS
♥ La mise en scène
♥ Les personnages
♥ Les scènes d’action
♥ Le rythme intense
⊗ Quelques rares SFX ratés
A la fin de sa projection en Séance de Minuit au dernier Festival de Cannes, Dernier Train pour Busan a eu droit à sa standing ovation. Et c’est amplement mérité tant le film de Yeon Sang-Ho explose tout ce qui a été fait en termes de zombies ces dernières années. S’il y avait bien un film à aller voir dans les salles obscures cet été, c’était Dernier Train pour Busan.



Titre : Dernier Train pour Busan / Train to Busan / Busanhaeng
Année : 2016
Durée : 1h58
Origine : Corée du Sud
Genre : Prends ça dans ta gueule WWZ !
Réalisateur : Yeon Sang-Ho
Scénario : Park Joo-Suk, Yeon Sang-Ho

Acteurs : Gong Yoo, Jung Yu-Mi, Ma Dong-Seok, Kim Soo-Ahn, Kim Eui-Sung, Choi Woo-Sik, Ahn So-Hee, Jang Hyuk-Jin, Shim Eun-Kyung

 Dernier train pour Busan (2016) on IMDb










Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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41 Comments

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  1. J’était a deux doigts de le voir au ciné. Un film asiatique en VOSTFR la ou j’habite ca n’arrive qu’une fois par an et encore je vérifie bien le programme, a la caisse on me sort le film est déprogrammé….  l’envie de tout casser m’est passé par la tête.

    World War Z j’aime ce film car il ne ressemble a aucun autre film de zombie, mais je comprend que pour les fans du genre ca doit être comme Kung Fu Panda pour les fans de film de kung-Fu.

  2. Toujours pas vu ce film qui me tente bien, et déjà plus à l’affiche dans ma ville (il n’a du rester qu’une semaine je crois)…

  3. Il n’est resté plus d’une semaine nulle part, et c’est très dommage. Il a réussi à dépasser les 150 000 entrées en étant programmé dans un très petit nombre de salles, c’est assez exceptionnel pour un film de ce genre, coréen qui plus est. Sincèrement, jetez vous dessus quand il sera dispo sur la toile et achetez le bluray quand il sortira, ca vaut sincèrement le coup !

  4. C’était sympa WORLD WAR Z. Pas exceptionnel mais sympa, avec de vrais bons moments et quelques scènes qui claquent bien. Qui marquent. Ça change des bisseries. Concernant le film sud-coréen, j’attends qu’il sorte officiellement au Japon. Mais un ami m’a dit que les personnages étaient peu intéressants car super caricaturaux… On verra bien mais en tous les cas, ça a l’air de dépoter !

  5. Je pense que c’est voulu qu’ils soient caricaturaux, afin que le spectateur s’identifie à eux d’entrée de jeu.

    Pour moi World War Z a été un calvaire, la dernière fois que j’ai autant souffert devant un film, c’était sur Ant-Man lol

  6. WORLD WAR Z, pas du tout accroché non plus, j’ai regardé ça d’un oeil très discret. D’ailleurs, je n’en ai aucun souvenir, à part que tu mets Brad Pitt dans un avion qui se crash, il survivra haha.

    Chery, n’oublie pas non plus le calvaire Sucker Punch, mais je ne sais plus si c’était avant ou après Ant-Man 😉

  7. Eh vous faite fort 3/3 car j’ai aimé Sucker Punch, World War Z et Ant-Man. enfin surtout Sucker Punch les deux autre juste divertissant.

    1. Je n’ai pas vu Ant-Man pour ma part, mais ne le verrais sûrement pas, les super héros ne m’attirant pas dés le départ 😉

  8. Ah oui SUCKER PUNCH, absolument immonde ^^

  9. Même avis pour Sucker Punch… Pourquoi l’homme s’inflige-t-il une telle chose???

     

  10. J’ai finis par le voir en VOSTFR mais pas au ciné pas bien grave finalement, car a part le fait que ca se passe dans un train en mouvement c’est du film de zombies ultra classique avec incohérence habituelle les personnages secondaires ce transforment en trois secondes les personnages importants on droit a leurs petites scènes larmoyantes, en Corée tout le monde sait conduire un train on voit des militaires zombie tomber sur le toit du train arrêté mais après ils sont cents mètres plus loin.
    C’est vrais l’action est pas mal foutu tendue est lisible mais c’est très répétitif la porte va-t-elle résister la vitre va-t-elle résister, et ca manque d’humour tout ca quelque petites situation amusantes auraient été les bienvenue.
    Une “critique sociale” “sous-texte anticapitaliste” on a pas du voir le même film car a part un personnage qui dis “vous les buisines man vous ne pensez qu’au profits” il n’y a rien, en plus cette phrase est super cliché.
    Enfin bref comme pour world war Z est autre on est pas d’accord, pas grave c’est le but des commentaire sinon quel ennuis.
    Allez une petites dernière pour la route ce film reprend pas mal de truc a WWZ comme les zombies ultra speed et le fait qu’ils ce marchent dessus et forment des gros paquets.

  11. Je profite de l’avis de Feroner pour donner mon petit avis également, l’ayant regardé dimanche. Comme toi, je ne suis pas aussi emballé que Chery, même si je l’ai trouvé par certains aspects très bon. Très rythmé déjà, des scènes qui fonctionnent vraiment bien, quelques scènes de tension bien fichues.

    Je l’ai ceci-dit largement préféré à World War Z, même si j’y ai retrouvé certains défauts, comme tu le dis, les gros paquets de zombies (en CGI), idée à laquelle je n’adhère pas dés le départ. J’ai d’ailleurs moins accroché à la dernière partie du film, à partir de la dernière scène de “paquet de zombies”. Cela reste pour ma part un 7/10, malgré ses clichés et ses quelques points là, le film m’aura fait passer un très bon moment.

  12. La critique anti capitaliste c’est pour tout ce qui est du héros et de son collègue au téléphone qui malgré l’épidémie, malgré tout ce qui se passe, ne pense qu’à l’argent et n’en ont rien à foutre de tous les gens qui meurent autour. La critique sociale, c’est cet affrontement entre les deux groupes, ceux qui ne pensent qu’à leur gueule et laisser crever des gens pour sauver leur peau, les égoïstes dont le monde dans lequel on vit est surpeuplé, et de l’autre ceux qui aident, au détriment de leur vie, qui pensent aux autres, les vieux, les enfants, sans y voir là des boulets. Entre autres hein.

  13. C’est dans la nature humaine de ne penser qu’a soit dans ses moments la rien a voir avec le capitalisme ou la société, ce genre de comportement a toujours existé.

    D’ailleurs la scène ou la moities des passagers suive ce solopard de Kim Eui-Sung ne marche pas a mes yeux il dis “regardé ses yeux il est infecté” alors qu’il le héro le regarde calmement avec dégout. Ca le décrédibilise et ne peut plus continuer a être un leader.

  14. Ben moi je n’ai pas trouvé ^^

  15. Alors au-delà des considérations “l’homme est un loup pour l’homme etc”, je trouve que la critique du système transparaît également dans la probable cause de l’infection [SPOILER] à savoir qu’au final c’est parce que notre héro, son collègue et leur commanditaire ont sauvé une entreprise véreuse pour cause de cotation en bourse que cette même entreprise a merdé et tout contaminé. [FIN SPOILER] et donc encore une fois au nom de la sacro-sainte économie de marché on fait n’importe quoi quitte à sacrifier environnement et populations locales. Pas d’originalité j’en conviens mais quelle est la marge de manœuvre de ce point de vue-là quand on voit que ces problèmes-là reviennent sans cesse? La société a les critiques qu’elle mérite ^^

    En outre, je trouve qu’il y a aussi une magnifique ode au retour à des valeurs plus simples, plus humaines lorsqu’il s’agit de la relation entre le père et la fille. Du début du film où il la connait peu jusqu’à lui offrir le même cadeau d’anniversaire que l’année précédente, où il rate la fête de l’école, à la fin où la dernière image sublimera l’amour paternel, je trouve que le chemin fait par le héros est intéressant (alors oui hein, scène larmoyantes forcément mais bon…)

    Concernant la mise en scène, je ne trouve pas l’action répétitive. Je trouve que le presque huis-clos dans le train nous permet de nous focaliser sur la cohésion des personnages, leur évolution dans leurs techniques “anti-zombies”, et cette avancée vers une mort certaine figurée par l’avancée au fil des wagons.

    Et pour finir, bah un film de zombies reste un film de zombies (sorry Chery ^^) et sincèrement effets spéciaux foireux ou pompages à d’autres sont quand même monnaie courante alors pourquoi celui-ci dérogerait-il à la règle? Oui il y a des trucs foireux, oui les zombies sont parfois foireux (pour ma part je trouve le principe même du zombie foireux ;-)) mais franchement rien ne me choque par rapport au reste du genre.

    1. [SPOILER] à savoir qu’au final c’est parce que notre héro, son collègue et leur commanditaire ont sauvé une entreprise véreuse pour cause de cotation en bourse que cette même entreprise a merdé et tout contaminé. [FIN SPOILER]

      Pour avoir compris ca tu dois avoir lue le prologue en BD car quand on vois le film directement on ne peut pas comprendre tout ca, et c’est bien souvent le problème des message politique dans les film. Ca prend du temps de développer une critique sociale, impossible de pas casser le rythme d’un film si tu met de la politique dedans. Si tu prend pas le temps tu tombes dans les cliché. Ou alors tu le fais avec humour comme dans “Blood father” ou tu vois une gamine acheter pleins de balles pour revolver et un paquet de clopes.

      La caissière: pour ca il te faut une autorisation de tes parents

      La fille: Bon bah je vais juste prendre juste les balles

      Pareil pour la relation père fille je n’ai pas marché non plus ce film veut jouer sur trop de style a la fois, pourtant je suis sensible a ce genre de relation “l’été de kikujiro” ma fais pleurer la première fois. Le film aurait gagné en intensité en ce focalisant sur l’aspect survie, huis clos qui est plus réussit que le reste.

      1. On a rien lu de prologue ni rien, pourtant on l’a tous les deux compris lorsqu’on l’a vu au ciné car c’est quand même assez prévisible que ce soit ça.

        1. Ca vient peut être des sous titres c’était du fansub les passages au téléphone était plutôt évasif.

           

          1. [SPOILER]Non non, lors d’un passage téléphone l’autre dit carrément au héros: “la société bidule, ce serait elle, et on a trafiqué les comptes pour qu’elle reste en bourse… blabla bla”.[Fin SPOILER] Bref, pas au mot près hein mais en gros c’est quand même dit texto.

            Et la relation père fille n’est pas hyper développée ce n’est pas ce que je dis. ce que je dis c’est que du début où il est si absent à la dernière image [SPOILER] où ce qu’il l’accompagne à la fin c’est le souvenir de la première fois où il tient son bébé dans les bras [fin SPOILER] bah moi je trouve ça beau.

  16. Alors en quoi le principe du zombie est-il plus foireux que celui du vampire ? 😉

  17. Vaste débat Chery dont tu te doutes de la réponse…. Mais veux-tu vraiment que nous l’ayons ici? Soit! Primo je trouve le vampire éminemment supérieur en ce qu’il a d’intelligence, de force, de vitesse, d’éternité et de damnation. Le vampire conserve son apparence humaine et sa conscience. Il est capable d’apprentissage et acquiert sa puissance de sa longévité. Il peut vivre normalement dès lors qu’on n’est pas tatillon sur son régime alimentaire 😉

    Je trouve que le zombie sans cervelle, myope, lent, dégoûtant ne doit au final sa survie qu’à son nombre et son ouïe.  Outre le fait qu’ils perdent toute conscience, toute raison, que sa chair soit putréfiée et que sa recherche constante de chair vivante l’empêchent quelque peu de s’intégrer normalement dans nos sociétés, le principe même de son origine en fait forcément une chose inférieure (soit sous contrôle, soit issu de drogue ou pollution, ou expérience chimique ou encore virus….) et donc peu intéressante: les films de zombies vont forcément tourner autour de la recherche de “braaaaaiiiiiin” ou de “maaaaaanger viaaande” (et là on est sur du zombie qui parle lol) alors que les vampires permettent ô combien plus d’histoires. Tu le dis toi-même: What we do in the shadows en est l’exemple même! Et que dire d’Entretien avec un vampire, Only lovers left alive, Dracula etc….

     

  18. Si tu avais vu plus de films de zombies, tu verrais qu’il est possible de faire de la variété ma très chère Iris et je parle en connaissance de cause pour en avoir vu des caisses et des caisses. Bien entendu, la majorité des producteurs s’évertuent à faire ce que la majorité attend, c’est à dire juste du zombie qui cherche qu’à se nourrir. Sauf qu’il y a bien plus que ça dans la mythologie zombie. Il y a des films qui s’attardent sur la survie, d’autres où le zombie n’est qu’une toile de fond à bien d’autres choses. Certains se lancent dans une critique de la société avec les films de zombies (comme dans les vieux Romero), d’autres plus sur les origines de cette contamination. D’autres vont partir plus sur le coté comédie, d’autres même sur le drame. Donc sache qu’il est très facile de varier sur le thème zombie, il suffit de se donner les moyens et d’avoir un minimum d’imagination.

    Le zombie n’est pas forcement sans cervelle. Dans la mythologie sur laquelle s’appuie Romero, ils sont même capable d’apprendre des choses. Le zombie n’est pas non plus myope, tout depend sur quelle mythologie ca s’appuie. Et le zombie n’est pas toujours lent pour la même raison. En témoignent des films tels que L’Armée des Morts de ce cher Snyder, 28 jours / semaines plus tard de Boyle / Fresnadillo, ou encore le Daylight’s End que je viens de mettre en ligne aujourd’hui. Et dans bon nombre de films, le zombie parle, ou du moins est capable de prononcer quelques mots. Et ca ne date pas de hier puisque par exemple en 1985 dans Le Retour des Morts Vivants de O’Bannon, ils s’exprimaient déjà. Tout comme il existe plusieurs mythologies, il existe plusieurs mythologies du zombie, et donc non, le vampire ne permet pas d’y avoir plus d’histoires, ca se saurait ^_^

    Le vampire, nous avons deja eu un débat là dessus à plusieurs reprises, je ne reviendrais pas sur cette sous-créature hautaine qui ne doit sa survie qu’à sa mesquinerie. Car de toute façon, nous ne nous appuyons pas sur la même mythologie là non plus. Toi sur celle utilisée par Anne Rice, avec ces vampires à apparence humaine, maquillés à la truelle, moi plus sur celle où ils se rapprochent plus à des bêtes sanguinaires, comme dans 30 Jours plus Tard ou même Vampires de John Carpenter et Blade de Norrington (et sa suite de Del Toro. Non, Blade 3 n’existe pas, ce n’est pas vrai !). Je les trouve bien plus effrayants car bien plus primaires que ces vampires “romantiques” qui ont fini par déboucher par le mal de ce siècle : Twilight ! Après, je ne suis pas un grand amateur ni de Entretien avec un Vampire, ni de Dracula, ils ne répondent pas à ce que j’attends du mythe Vampire, donc ça n’aide pas.

    Et puis pourquoi “s’intégrer normalement dans notre société” ? Ce n’est pas ce qu’on lui demande au pauvre petit zombie. Lui il veut juste manger les gens de notre société. Tu sais cette société pourrie dirigée par une poignée de salopards véreux qui sucent les gens jusqu’à la moelle afin de les appauvrir et de faire d’eux ce qu’ils veulent. Oui, des vampires, exactement. Non, je hais définitivement les vampires, une espèce à exterminer car c’est elle qui a fait ce monde de merde dans lequel nous vivons ^_^

  19. Ah, et si j’adore What do we do in the shadows, c’est parce qu’il tourne en dérision et se moque dans chaque scène du “vampire”, et quel que soit le type de vampire, aussi bien le vieux vampire façon nosferatu, que le dandi, le romantique, le bourrin,… Un peu comme si un nain réalisait un film sur les elfes, ou inversement ^_^

  20. Mais bref, nous continuerons ce debat en privé, car il est question ici de Dernier Train pour Busan ^_^

  21. Houlà… “la majorité des producteurs s’évertuent à faire ce que la majorité attend, c’est à dire juste du zombie qui cherche qu’à se nourrir”, on est donc bien d’accord si certains films sortent du lot, la grande majorité ne nous imposera que du zombie affamé de chair humaine 😉 CQFD. Quant à la variation des genres nous avons la même sur la filmo vampirique. “Donc sache qu’il est très facile de varier sur le thème zombie, il suffit de se donner les moyens et d’avoir un minimum d’imagination.” oui certes et c’est justement là que le bât blesse ^^… Quant au côté sans cervelle il y a quand même un fossé, que dis-je un canyon! entre être capable d’apprendre des choses et le côté politique des vampires bien plus riche, complexe et alambiqué. Dans ce qu’il a d’humour et de cachet bien à lui, Evil Dead donne tout de même un petit côté démoniaque bienvenu à ces choses et à ce qui les anime. Mais tant qu’il sera possible de dégommer du zombie à la tondeuse à gazon, je ne changerai sans doute pas d’avis sur leur infériorité naturelle. 

    Quant aux différentes mythologies, je n’ai jamais pensé qu’il ne pouvait pas y avoir plusieurs points de vue sur les vampires. Il s’agit d’un mythe répandu mondialement et ce depuis l’antiquité! Le mythe zombie est plus tardif. Mais si tu me parles de Anne Rice, je tiens à souligner que cette vision d’un vampire était déjà répandue bien avant: Vlad l’empaleur, la Comtesse Bathory en sont l’exemple même et servent bien entendu de base aux Romans ayant popularisé ce type de vampires dès le 18éme siècle. Mais cette vision n’enlève rien aux vampires de Carpenter ou de Slade. Et le cinéma a pioché dans toutes: du Nosferatu de Murnau à Vampires du désert (tiens, une idée nanar?), en passant par le Une nuit en enfer, on voit bien que la richesse et la diversité des interprétations est présente.

    Pour finir, les différences aussi entre les capacités des zombies viennent aussi du fait qu’il faille distinguer un zombie et un infecté ou contaminé. Dans ce qu’il conserve d’humain, l’infecté sera capable de certaines choses que ne saura faire un cadavre animé. Et encore, pas tous! Quand tu les vois dans le dernier train pour Busan bloqués comme des glands devant une porte fermée, qu’ils cessent de taper dessus quand ils ne voient pas ce qu’il y a de l’autre côté (gni) ou encore rester dans le flou parce qu’on a éteint la lumière ou qu’ils ont un manteau sur la tête…. En effet, quels êtres supérieurs! Si tant est que le ridicule soit une compétence. Et si les zombies de  Daylight’s End s’en tirent avec les honneurs c’est bien parce qu’ils brûlent au soleil et donc…. ont quelque chose du vampire ;-). 

    Pour la question de la réinsertion des zombies dans notre société, il s’agissait évidemment d’humour mais peut-être qu’un jour cela figurera au programme d’un débat inutile pour occuper nos politiciens?

    Débat inutile dites-vous? non j’vois pas désolée…

     

  22. Le meilleur “film de zombies” de ces dernières années c’est Miss ZOMBIE, de Sabu. Enfin un film qui sort du lot.

  23. Comme dis dans mon dernier message plus haut, je ne continuerais pas ce débat ici ^_^ Mais Evil Dead, ce ne sont pas des zombies hein, mais des démons qui prennent possession du corps des gens 😉

  24. Dans les deux genres, il y a des bousins, de très bons films, et également des films commerciaux qui n’ajoutent rien. Estimons nous heureux, Snyder n’a pas encore fait de films de vampires haha !

    Sinon oui, MISS ZOMBIE que cite Oli est une belle découverte, ça sort clairement du lot.

  25. Enfin vu Dernier train pour Busan, et c’est très sympathique ! Je ne trouve pas que ce soit le film du siècle (ce n’est pas une claque dans la gueule comme The Strangers), mais c’est très efficace. Certes le film comprend un certain nombre d’incohérences, mais tout le début dans le train s’enchaine très bien, avec de bonnes idées, et de bons personnages. Et j’ai bien aimé le discours anti-capitaliste/individualiste, bien qu’un peu caricatural, il passe assez bien 🙂

  26. “un peu caricatural” enfin je ne suis plus le seul.
    THE STRANGERS J’ai beaucoup aimé ce film pendant deux heure très bonne ambiance bien réalisé l’acteur principal est excellent comme la gamine et ca a beau être un thriller horrifique ca ne ce vautre pas dans le glauque. La scène de l’exorcisme est géniale. Par contre la dernière demie heure et confuse en fait c’est moi le démon mais non c’est lui ou l’exorciste ou pas bref trop de retournement de situation et de gore gratuit. Ca reste un bon film mais la fin gâche un peut.

  27. Pas trop aimé. Les personnages sont une insulte à l’intelligence, des caricatures ambulantes, les leçons de morale dignes d’un épisode de MON PETIT PONEY et de la dernière scène des épisodes de MASK (les vrais comprendront), ça me donne des boutons. De toute façon, dès que j’ai vu qu’une gamine était au centre de l’intrigue, je me suis dit que c’était mal barré. Et ça n’a pas manqué. L’écriture est insupportable, je suis sorti de mes gonds plusieurs fois durant le visionnage, j’en pouvais plus. Ai-je parlé des scènes présentes juste pour faire pleurer dans les chaumières ? La Korean drama’s touch. A vomir.

    Alors par contre, je lui mettrais quand même la moyenne je pense. Un petit 5/10. Car c’est divertissant, et les scènes d’action sont sympas – et puis j’aime bien les “films de train”.

    Pour la petite histoire, le titre du film au Japon est une blague vaseuse ! Le “TGV” japonais s’appelle le shinkansen, je pense que tout le monde est au courant. “Shin” veut dire “nouveau”. Et “kansen”, signifie “épidémie/maladie contagieuse”. Eh bien oui, ils ont osé ! Ils ont intitulé le film “shin kansen” au Japon ! Ah, ah, ah ! Ridicule !

  28. “les leçons de morale dignes d’un épisode de MON PETIT PONEY” Ca y est j’ai trouvé quelqu’un qui pense comme moi. Je l’ai revu en Blu-Ray avec des sous titres qui donnent plus de détail sur les magouilles que le fan sub que j’avais vu. Mais non je trouve ca toujours aussi simpliste et déplacé.
    Par contre c’est toujours aussi efficace niveau action.

  29. Même si j’avais aimé, je ne compte perso pas forcément le revoir, déjà que la dernière demi-heure je l’ai rejeté en bloc, ça risque d’être pire et de m’irriter. C’est dans ce long final quasi hors des trains que pour moi tous les personnages se cassent la gueule. Ils étaient simplistes avant, mais là on nous sort les violons et tout et tout et… et non. Ça reste sympa, ça se voit et ça s’oublie en fait.

  30. J’ai tout bonnement adoré embarquer à bord de ce train apocalyptique en route pour Busan !
    Rythme intense et trépidant, peu de répit, le sentiment d’inéluctabilité, d’enfermement dans une grosse boîte métallique en mouvement empêchant toute fuite, l’apparence cauchemardesque et malsaine des humains contaminés…
    J’étais comme une boule à facettes émotionnelle devant ce roller-coaster cinématographique infernal, et j’ai aimé ça ! Beaucoup aimé !
    Clairement une des meilleures sensation ciné de 2016 de mon humble avis.
    Sinon, en comparaison, World War Z ne m’a plu qu’en pointillés…
    Et j’adore Sucker Punch ! (j’ai vu que ça en parlait dans les coms aussi) 😉

  31. Avec ma femme, on n’a pas tenu plus de 40min sur Sucker Punch. Une purge totale pour moi. Une bouillie visuelle avec une mise en scène dégueulasse. MAis ca n’engage que moi ^^

  32. Pas de souci Chery, je ne suis pas du genre à me formaliser !
    Je suis cependant d’accord avec toi sur la mise en scène un peu bâclée et qui aurait clairement gagné à être plus soignée..
    Mais c’est surtout le thème de l’évasion grâce au pouvoir de l’imaginaire qui a totalement emporté mon adhésion !
    Du coup, j’ai pardonné ses défauts au film.. un peu comme on peut pardonner à un cuisinier son plat un peu trop cuit si on se régale vraiment avec… 😉

  33. ah mais on est d’accord, et si les gens aiment Sucker Punch, tant mieux pour eux hein. Mais deja il ne partait pas gagnant avec moi. J’ai énormément de mal avec les films “fond vert”. Et là, sincèrement, je ne suis pas du tout rentré dans le délire. Pire encore, j’essaie de toujours finir mes films, mêmes si c’est très mauvais, même si j’en ai pas envie. Là, je n’ai pas pu aller au delà de 45 minutes… Je n’étais peut-être pas de bonne composition ce soir là hein…
    Après, chacun ses gouts ^_^

  34. Une standing ovation à Cannes pour un film de zombies ? Sérieux ? On parle d’un festival de snob ou c’est toujours le film social iranien chiant qui gagne la palme pourtant, non ?^^
    Bon…
    Je suis pas trop fan de zombies à cause des tonnes de films qui se ressemblent tous et sont calqués sur les premiers Romero, mais peut être que je pourrais tester celui là alors.

  35. Oui, Cannes déjà de base je ne comprends pas sans doute car j’aime les films hués au festival, et m’ennuie devant les films adorés, mais depuis quelques années, ils te font des standing ovation à des films Coréens comme celui-ci ou The Villainess, et ça me dépasse un peu (surtout ce dernier).
    N’attends pas trop de ce Dernier Train hein, ça reste un film très grand public, peu de sang, une petite morale, et un final que je qualifie de Coréen, avec tout plein de bons sentiments. D’ailleurs la revision du film fut fatale (un pote voulait le voir), je déteste totalement la dernière demi-heure. Ce qu’il y a avant reste sympa malgré tous les clichés par contre.

  36. Hé hé, comme je l’ai dit dans un précédent com’, je me suis bien éclatédans ce train pour Busan !
    Les zombies (même si içi, c’est plutôt des infectés un peu comme les Plagas de Resident Evil) ça m’a toujours botté, parcque je vois ça un peu comme une métaphore de nos sociétés..
    Les zombies sont des “consommateurs” et fonctionne selon une certaine routine, tout comme nous !
    Alors c’est vrai que ce Dernier Train a un côté un peu académique et typiquement Coréen, mais gros kiff pour moi quand même !
    Mais je comprends qu’on puisse ne pas adhérer !

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