[Avis] Red Tears, de Tsujimoto Takanori (2011)

Mishima est un flic qui travaille activement dans son coin à une mission unique : éliminer les monstres qui sévissent dans la ville, vidant régulièrement leurs pauvres victimes de leur sang. Tetsuo, un autre flic, va se retrouver mêlé à toute cette histoire quand il va commencer une relation avec la première suspecte.


Avis de Rick :
Tsujimoto Takanori n’est pas un manchot, ni un inconnu. Ayant prouvé son talent sur des œuvres de courtes durées avec Hard Revenge Milly et sa suite un poil plus longue en 2008 et 2009, il s’attaque enfin à un long métrage, tout en conservant tout ce qui faisant son cinéma, et en y ajoutant quelques ingrédients plutôt joyeux. Comme dans Hard Revenge Milly, on se retrouve devant un métrage mixant action et gore, des personnages qui prennent la pose, de la musique qui déménage et j’en passe. De quoi rassurer le fan et le connaisseur. Red Tears nous conte donc une histoire de monstres, tout ce qu’il y a de plus classique. Régulièrement, des corps sont retrouvés dans la ville. Ceux ci sont vidés de leur sang, et ont tous les membres brisés (afin d’être rangés dans une seule valise). La police s’active pour retrouver les coupables. Mais deux groupes s’en occupent. D’un côté, Tetsuo, jeune flic, joué par Ishigaki Yûma, plutôt sensible au sang, qui va petit à petit vivre une relation avec la principale suspecte de l’enquête. De l’autre, le vieux routinier Mishima, joué par Kurata Yasuaki (qui produit également le film, et qui, pour l’anecdote, affrontait Jackie Chan et Sammo Hung dans le final de Twinkle Twinkle Lucky Stars en 1985, ou Jet Li dans Fist of Legend), froid, solitaire, qui en sait bien plus sur la situation qu’il ne veut bien le laisser savoir. Un postulat de base classique et archi simpliste, auquel rien ou presque ne va s’ajouter au fur et à mesure de l’évolution du récit. Bien que la durée soit celle d’un long métrage, l’histoire tient sur un timbre, mais ça ne dérange pas franchement. Des soucis, le film en aura pourtant des tas.

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Dans un premier temps, le film hésitera constamment sur la direction à prendre. Après une scène d’ouverture gore et réjouissante, le film nous présente ces personnages principaux, et dès que Tetsuo est avec ses coéquipiers, le film rajoute une couche d’humour franchement mal venue, et même parfois assez embarrassante. Les acteurs en font des tonnes et ça tombe souvent à plat. On pourra les voir s’exclamer que Tetsuo n’ai pas de petite amie, ou même voir Tetsuo faire quelques pas de danse ridicules dans la rue après avoir enfin obtenu un rancard. Ces passages n’ont absolument pas leur place dans un tel film et nous sortent de l’ambiance. Heureusement, ces passages, surtout présents avec les seconds rôles, ne viennent pas parasiter le film trop longtemps, car en bons seconds rôles, ils ne vont pas faire long feu dans l’histoire. Comme les acteurs ne sont pas franchement au top également, ce n’est pas plus mal. On pourra bien se dire que les acteurs principaux remontent la barre, et c’est effectivement le cas, même si le scénario leur offre parfois des scènes peu utiles où ils ne semblent pas forcément à l’aise (réalisateur peu intéressé par ces scènes peut être). Fort heureusement, le film nous propose beaucoup de choses à côté, et là, le niveau n’est absolument plus le même. Reprenant son univers, le réalisateur nous gratifie donc d’un mélange de gore (ça gicle même beaucoup sur la fin) et d’action, avec des combats chorégraphiés, et même encore une fois, l’usage d’un sabre, comme dans Hard Revenge Milly.

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Si la scène d’ouverture nous en met plein la vue dans le domaine du gore (avec des membres brisés ou coupés), ce qui n’est pas étonnant, les effets étant signés Nishimura Yoshihiro (comme pratiquement tous les films de genre au Japon), le film se calme ensuite pour la classique présentation des personnages et de l’intrigue, avant de revenir puissance 10 dans la dernière demi-heure. Là, c’est un véritable festival de giclées en tout genre, de maquillages, d’affrontements, le tout sur de la musique souvent brutales. On retrouve tout ce que l’on aime, malgré parfois quelques choix approximatifs (le design d’un des monstres du métrage). Le reste est un san(g) faute, d’autant plus que le film n’utilise pas (ou très rarement) d’effets numériques qui auraient pu gâcher la fête. Les combats quand à eux sont bien présents, et c’est vrai qu’avec Kurata Tasuaki au casting, maîtrisant le karaté, judo et aikido, ça aurait été dommage de se priver.

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Malgré son âge (65 ans en 2011), il reste crédible dans ses scènes et également toujours fluide. Les combats sont plutôt nombreux lors du final, parfois un poil plus brouillon que ce à quoi le réalisateur nous avait habitué par le passé, mais cela reste en tout point plus que correct, bien que par moment parfois un poil trop câblés dans l’ensemble. Le réalisateur ajoute néanmoins dans cet univers assez violent une touche féminine (parfois tout aussi violente) avec le personnage joué par Katô Natsuki (découverte en 2001 dans le 4ème opus de la saga Eko Eko Azarak et dans Stacy de Tomomatsu Naoyuki). La jeune femme s’en sort plutôt pas mal. Red Tears aurait pu être un petit film de genre mâtiné d’action comme tant d’autres, mais malgré tout, on ressent bien la patte du réalisateur derrière, les effets spéciaux de Nishimura sont bien supérieurs à ce que l’on peut voir dans d’autres productions du même style (de mémoire, High School Girl Zombie, Blood The Last Vampire), et on passe encore une fois un bon moment malgré tous ces défauts. A noter également un choix intéressant du réalisateur, qui prend plus le parti des monstres que des gentils policiers. Un choix encore assez rare pour le souligner.

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Red Tears nous fait passer un bon moment, entre ses combats et ses effets gore. Malheureusement, le reste pêche un peu, les acteurs ne sont pas toujours bon, les scènes pas toujours utiles. Dommage.

note65

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red tearsTitre : Red Tears – Kôrui – レッド・ティアーズ – 紅涙
Année : 2011
Durée : 1h27
Origine : Japon
Genre : Horreur / Action

Réalisateur : Tsujimoto Takanori

Acteurs : Katô Natsuki, Ishigaki Yûma, Kurata Yasuaki, Yamaguchi Karin, Morita Ayaka et Nakamura Kôji


Galerie d’images :

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

1 Comment

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  1. J’avais vraiment aimé Hard Revenge Milly et sa suite, faudra que je m’intéresse à ce Red Tears à l’occaz, mais bordel, y’a bien trop de films à voir et pas assez de temps ! >_<

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