[Avis] Deep in the Jungle, de Teerawat Rujitum

Titre : Deep In The Jungle / Naak / ปฏิหาริย์รักต่างพันธ์
Année : 2008
Durée : 1h30
Origine : Thaïlande
Genre : Romance / Aventure / Fantastique / Action

Réalisateur : Teerawat Rujitum

Acteurs : Jessadaporn Pholdee, Ploy Jindachote, Sakda Keawbuadee, Pasin Ruengwut

Synopsis : Win (Jessadaporn Pholdee), un agent des services secrets de l’armée, décide de se retirer en raison de procédures illégales impliquant des forces internationales. C’est alors qu’il vient en aide à Jin (Ploy Jindachote), une jeune femme persécutée par des mercenaires en pleine jungle. Ils tombent amoureux l’un de l’autre, mais Jin semble être atteinte d’un mal mystérieux … elle est la descendante de la race Naga.

Avis de Laurent : S’il y a bien un exercice périlleux dans l’exploration inconsidérée du cinéma thaïlandais, c’est bien la découverte d’un film sur la seule base d’une attirante affiche promotionnelle. Nombreuses ont été les expériences douloureuses … surtout en ce qui concerne les lamentables films fantastiques produits dans le pays. À ce titre, il y a de bonnes raisons de craindre le pire avec Deep In The Jungle réalisé en 2008 par un illustre inconnu du nom de Teerawat Rujitum. Une thématique bancale et usée jusqu’à la moelle, ainsi qu’une absence totale de repères concernant la campagne promotionnelle … Seul le casting peut apporter quelques espoirs. En effet, on retrouve certains acteurs confirmés qui ont fait les beaux jours de la fameuse nouvelle vague de cinéastes thaïlandais. Ploy Jindachote a débuté dans le sympathique Krasue Valentine (2006) de Yuthlert Sippapak. Sakda Keawbuadee est l’un des acteurs fétiches d’Apichatpong Weerasethakul (Tropical Malady en 2004 et Syndromes and a Century 2006). Enfin, Jessadaporn Pholdee a participé à la renaissance du cinéma thaïlandais suite à ses apparitions dans les excellents 2499 Dang Bireley and the Young Gangsters de Nonzee Nimibutr (1997) et la fameuse comédie dépilatoire The Iron Ladies de Yongyoot Thongkongtoon (2000). Ces CV bien garnis laissent donc augurer une possible bonne surprise …

Dès les premières minutes, on sent que l’on est face à un film de genre majeur teinté d’une rare maturité. Le contexte militaire et les exécutions en pleine jungle qui ouvrent les hostilités de Deep In The Jungle rappellent étrangement les atrocités commises par la junte birmane contre les Karens … On s’aventure déjà vers autre chose qu’un divertissement lambda. Après cette introduction musclée qui voit s’affronter militaires et guerrieros, le film de Teerawat Rujitum plonge radicalement dans la romance et le fantastique avec une ambiance maîtrisée de bout en bout. Deep In The Jungle focalise alors son récit sur un homme et une femme qui sont les derniers descendants de la race des nagas. Ces personnages mi-hommes mi-serpents font partie de la mythologie des pays du sud-est asiatique. Nombreuses adaptations apparentées à cette légende ont vues le jour. De Mae Bia (1989) à The Snake Lady (2001), la Thaïlande a pu démontrer cinématographiquement le rapport privilégié qu’elle entretient avec ces fameux reptiles.

La réalisation de Teerawat Rujitum est tout à fait surprenante pour ce cinéaste méconnu qui est venu tâter avec ambition le box-office local. Un récit maîtrisé, un rythme soutenu, un montage énergique sans être surdécoupé, une direction d’acteurs plus que correcte … Sans compter sur cette romance à la fois surnaturelle et crédible. Teerawat Rujitum semble avoir digéré tous les poncifs qui polluent le cinéma thaïlandais sans en ôter sa substance. Le mélange des genres est harmonieusement brassé et les thématiques intrinsèques au folklore local sont joliment transposées sur une pellicule impeccable. En un mot, Deep In The Jungle est indiscutablement une bonne surprise … tout juste galvaudée par quelques rares effets spéciaux numériques douteux.

Au final, malgré les craintes, cette première et (presque) obscure réalisation de Teerawat Rujitum mérite une attention toute particulière et confirme que le cinéma thaïlandais, malgré ses adaptations et remakes à répétition, a encore de belles choses à raconter.

Note : 8/10


Laurent

Un des membres les plus anciens de HKmania. N'hésite pas à se délecter aussi bien devant un polar HK nerveux, un film dansant de Bollywood, qu'un vieux bis indonésien des années 80. Aime le cinéma sous toutes ses formes.

5 Comments

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  1. Je partage totalement ton avis, Laurent (cf. cinemasie), d’autant plus, qu’il s’agit d’une production PHRANAKORN, qui semble avoir passé la seconde ces derniers mois en ayant notamment fait réaliser “Meat Grinder”, le film à segments (furieusement à la mode) “Die a violent death” et…”Bang Rajan 2″ à sortir rpochainement sous peu !!

  2. Il me fait très peur ce Bang Ranjan 2 … avec le tennisman Paradorn Srichaphan dans le rôle principal ! surtout que Jitnukul n’a jamais réussi à confirmer (c’est bien lui le réalisateur au moins ?)
    Sinon c’est clair, Deep in the Jungle c’est le haut du panier de Phranakorn Film. Je crois que la seule production que j’ai “aimé” ça doit être The Magnificient Five … et encore je suis gentil.

  3. C bien Jitnukul, qui réalise…E apparemment, ce serait plus un “remake”, plutôt qu’une suite de toute façon impsosible…Le remake d’un remake d’un remake, car apparemment l’histoire a été filmée dès les années 1950 (voire même 1930, mais fait difficilement vérifiable), puis reprise plusieurs fois…

    C’est une nouvelel fois le succès de “300”, qui a été à l’origine de la mise en chantier de ce nouveau projet…Les premières images sont plutôt chouettes…mais l’expérience m’aura appris à ne JAMAIS faire confiance à aucune bande annonce de film asiatique ^^

    Sinon, gros dossier du fantastique thaï dans le numéro de “L’écran fantastique” du mois de juin.

  4. mince, pour une fois tu as l’air de parler d’un film intéressant !

  5. Ah ah … ça change effectivement des actionners tamouls ! Deep in the Jungle prouve que le cinéma thaïlandais est toujours aussi dynamique et surprenant. C’est bien de voir des nouveaux réalisateurs autres que la bande à Nimibutr and Co émerger du lot.

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