[JV] Metropolis Lux Obscura (2017, Playstation 4)

Jon Lockhart sort de prison, il est un homme libre, après plusieurs années emprisonné pour le meurtre d’un ami. Il retourne dans une ville pourrie jusqu’à la moelle pour y trouver des réponses, la femme qu’il aime et se faire un peu d’argent.


Avis de Rick :
Il y a peu de temps, en jouant au récent The Hong Kong Massacre disponible début 2019 sur un peu tous les supports, je m’étais dis que la scène indépendante commençait quelque peu à tourner en rond. Car oui, c’est bien beau de dire que les titres AAA se ressemblent et tournent en rond, qu’ils se copient tous les uns les autres, mais le même phénomène se retrouve un peu au niveau des petits jeux indépendants. Après le succès de Outlast, combien de petits jeux horrifiques en vue subjective ? Après le succès de Hotline Miami, combien de jeux en pixel art un peu rétro, et de jeux au challenge élevé niveau difficulté ? Beaucoup trop. Tout le monde essaye de copier les gros succès de ce qui se fait à côté. Et dans le fond, c’est normal, c’est un peu pareil dans tous les domaines, et s’inspirer d’un succès n’empêche pas d’avoir un bon jeu au final, que ce soit en jeu indé ou en AAA. Mais le jeu du jour, nous venant du studio Russe Ktulhu Solutions, ne prends pas cette voie. Limite, s’il s’inspire d’une autre œuvre, on ira plutôt chercher dans le monde du cinéma, et surtout dans le monde duquel il s’inspire jusque dans son ADN, à savoir les comic book. Une ville pourrie par la drogue, la vermine, les politiciens véreux, des prostituées, des combats violents à main nue, des meurtres, le tout dans un noir et blanc prononcé duquel quelques couleurs, notamment le rouge, parviennent à rester pour connoter avec le reste. Oui, on pense évidemment ici à Sin City, autant le film que le comic. Metropolis Lux Obscura prend donc la voie d’un comic book interactif.

On suit une histoire, qui apparaît à l’écran comme un comic (avec des cases, des dialogues dans des bulles). Le joueur pourra à plusieurs moments faire des choix durant quelques dialogues, et sinon choisira sa prochaine destination sur la carte de la ville, l’amenant doucement mais sûrement vers une des quatre fins disponibles. Et au-delà de ça, le jeu nous propose de nous battre, assez souvent, faisant passer le gameplay jusque-là plutôt inexistant au delà de quelques choix vers un jeu bien différent, où sur une grille, il faudra aligner des éléments pour faire des dégâts aux ennemis, qui nous attaquent tous les 1, 2, 3 ou 4 tours. Un peu à la manière de tous ces jeux qui polluent internet (Candy Crush, tout ça). En soit donc, le jeu nous propose de jouer Marv… ah non, je veux dire, Jon Lockhart, fraichement sorti de prison pour le meurtre de son meilleur ami, et nous voilà de retour dans la ville, près à renouer de vieilles (et rares) amitiés pour trouver du boulot pas très recommandable, à rechercher d’anciennes amies (notamment des prostituées ou stripteaseuses), en essayant de rester en vie et de faire des choix pour nous amener à une des fins du jeu.

Alors, premier point qui me semble pour le coup très important, Metropolis Lux Obscura (que je vais juste appeler Metropolis car c’est long quand même) est un jeu avec un contenu très adulte. Meurtres de sang froid, trafic de drogues, beaucoup (mais beaucoup) de nudité, le contenu du titre tournant beaucoup autour du sexe. Bon, il y a aussi de l’alcool, mais comparé au reste, on s’en fou un peu. Mais voilà, le sexe et la nudité sont très présents dans le titre, les personnages immoraux courent les rues (quand on croit avoir la paix, voilà qu’on tombe sur des flics ripoux), et même une mission simple peut se solder par « péter la gueule à des mecs qui veulent voler notre voiture ». Le joueur va donc déambuler sur la map pour aller de lieux en lieux, parfois avec des choix dans les lieux (aller à un endroit pour rencontrer un personnage débloquera quelques missions, tandis qu’il est possible de voir un autre personnage ailleurs, nous amenant vers une fin différente), le tout pour faire avancer l’histoire. Les cut scenes sont donc nombreuses et très agréables à suivre, surtout que le style graphique est très réussi, tout comme les doublages anglais (il faut le souligner) et les musiques collant à l’ambiance de film noir. À noter également que le jeu est intégralement sous titré en Français, et à quelques petites fautes près, le sous titrage est d’un bon niveau. Bref, une fois que l’histoire avance, on se retrouve très souvent à devoir péter la gueule à tout un tas de gens. Des gardes du corps, des flics véreux, des fils de politiciens qui nous en veulent, des voleurs dans des ruelles sombres ou des junky qui nous bloquent le chemin vers un item utile. Là le jeu change alors radicalement.

On se retrouve devant des mini jeux à la Candy Crush. Il va falloir donc aligner les icônes sur la grille afin d’en mettre plein la gueule à notre adversaire. Les icônes sont nombreux, et aux effets variés. Un coup de poing fera moins de dégâts qu’un coup de pieds, ou qu’un coup de chaine, ou de bouteille brisée. Il faudra en aligner trois minimum pour valider le tour, mais il est possible d’en aligner quatre, cinq, voir six pour faire plus de dégâts. Quelques bonus se trouvent également sur la grille, comme un bonus qui nous enrage et augmente les dégâts, ou des bonus qui nous redonnent un peu de vie. Car si certains ennemis n’attaquent que tous les 3 ou 4 tours, ils ont souvent bien plus de vie que nous, et font mal, très mal. Heureusement, à chaque combat, le joueur gagne des points lui permettant d’acheter une nouvelle compétence : double de dégâts, avoir moins de malus sur la grille, augmenter les chances de coups critiques… Car oui, il y aussi quelques malus sur la grille, sous forme d’insigne de police, qui peuvent vous retirer parfois pas mal de points de vie. Le procédé a l’air en tout cas assez con dit comme ça, et la comparaison avec Candy Crush peu flatteuse, mais finalement, ça fonctionne plutôt bien, et il faudra parfois bien réfléchir, surtout lorsque l’on affronte deux ou trois ennemis de suite, et donc, avec la même barre de vie. Et comme certains ennemis sont parfois bien durs et font bien mal, oui, il faudra réfléchir.

Heureusement, les niveaux sont très courts et le jeu sauvegarde automatiquement entre chaque niveau, rendant l’aventure malgré tout très plaisante malgré quelques moments hardcore. Et surtout, malheureusement, l’aventure s’avère relativement courte. Pas plus de 2h pour obtenir une fin. Alors certes, il faudra recommencer depuis le début pour prendre un autre chemin et faire des choix différents menant à une autre fin, mais les choix étant plutôt logiques, pas plus de 5h devraient suffirent pour boucler le jeu à 100%. Un défaut oui, mais finalement, également une qualité, puisqu’en soit, le jeu peut s’avérer parfois un peu répétitif, surtout quand on refait une mission déjà faite trois fois juste pour faire un choix différent dans la mission suivante. Du coup, sa courte durée peut devenir une qualité, et surtout, pour son petit prix (je l’aurais eu en promo à 3 euros d’ailleurs), on y passera un très bon moment, à condition d’adhérer au délire comic book, et surtout que l’on soit un adulte que les thèmes très sexuels et violents ne dérangent pas. Voilà en tout cas clairement un jeu sympa, qui sort des sentiers battus, mais qui ne plaira malgré tout clairement pas à tout le monde. Pour son petit prix, vous pouvez vous laisser tenter.


GRAPHISMES
Le jeu a un style bien à lui, on a souvent l’impression de voir du Sin City, de par le côté roman graphique, mais aussi dans son design (lieux, personnages, la ville). C’est du bon boulot et ça colle à l’ambiance.
JOUABILITÉ
Quelques choix lors des nombreux dialogues, une map pour choisir les lieux et surtout des mini jeux pour les combats. Si ils feront parfois réfléchir, dans les faits c’est d’une simplicité extrême.
DURÉE DE VIE
5h environ pour obtenir le 100%, 2h suffissent pour terminer l’aventure une première fois. Quatre fins sont disponibles mais certains niveaux (les trois premiers et quelques autres) se retrouvent à chaque partie.
BANDE SON
Une excellente bande son de film noir, et pas mal de bruitages bienvenus, le tout aidé par un doublage anglais de très bon niveau fournissent une bande son parfaite.
CONCLUSION
Metropolis Lux Obscura est un jeu étrange, sorte de comic book interactif mixé avec un jeu façon Candy Crush. Le mix fonctionne en tout cas, et nous offre un contenu mature, parfois difficile, un peu répétitif certes mais plutôt court ce qui évite la lassitude.

note65



Titre : Metropolis Lux obscura
Année : 2017
Studio : Ktulhu Solutions
Editeur : Ktulhu Solutions
Genre : Comic Book Interactif

Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, Switch et PC
Support : Dématérialisé


Galerie d’images : 

Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

4 Comments

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  1. Tiens je l’avais pris sur Vita mais…
    bordel les sous titres. Illisibles sur un petit écran. Illisibles ! J’ai à peine joué 5min…

  2. Arf oui logique sur Vita, avec le petit écran, et les sous titres qui sont forcément dans des petites bulles… Le choix esthétique (réussi en tout cas) du jeu se retourne contre lui dans le cas de la Vita :/

    1. Ben disons que même en zoomant à la taille d’un écran de PC sur tes screenshots…ça reste écrit petit. Alors bon voilà quoi…

      Font chier avec la taille des sous titres bon sang !

  3. Oui je me doute. Je n’ai pas ce souci avec un grand écran mais bon… Reste qu’on peut mettre le jeu en pause n’importe quand il me semble mais ça n’arrange pas le souci.

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