[Film] Uncle Peckerhead, de Matthew John Lawrence (2020)

Alors qu’un groupe de rock entreprend sa première tournée, la vie sur la route prend une drôle de tournure quand un démon mangeur d’hommes se joint à eux


Avis de John Roch :
Les relations intimes qu’entretiennent le cinéma d’horreur et le rock sous toutes ses déclinaisons n’est plus à prouver. Les exemples sont nombreux, que ce soit dans un sen s: Black Sabbath se nomme ainsi en hommage au Trois Visages de la peur de Mario Bava, plus connu dans les pays Anglo-saxons sous le nom de… Black Sabbath, Rob Zombie avant de réaliser des longs mettait déjà en scènes ses clips qui étaient des petits films d’horreur, Phil Anselmo ou encore Glenn Danzig pour ne citer qu’eux sont des passionnés hardcore du genre… ou dans l’autre : de Black Roses à Deathgasm, les métrages ayant pour personnages principaux des adeptes des riffs de guitares sont nombreux et plus ou moins recommandables. Beaucoup de Hard Rock, de Metal, mais aussi du punk rock avec Punk Rock Holocaust, Green Room et aujourd’hui Uncle Peckerhead, petit budget réalisé par un certain Matthew John Lawrence, qui en est également le scénariste, monteur et producteur.

C’est le grand jour pour Judy, leader et bassiste du groupe de punk DUH. Elle quitte son boulot pour commencer une tournée avec Mel, adepte de la théorie du chaos et grande défaitiste devant l’éternel, et de Max dont la gentillesse n’a d’égal que sa débilité. Le petit souci du groupe, c’est qu’il ne croule pas sous les ventes de disques mais sous les factures impayées et menaces d’expulsion, et lorsqu’ils se font saisir leur van, ils cherchent à en louer un et rencontrent Peckerhead (que l’on peut traduire par tête de nœud, ou tête de gland). Ce dernier accepte de leur prêter le véhicule, à la seule condition qu’il les accompagne sur la route. Une route faite de rencontres, de musique, de rivalité avec d’autres groupes, mais aussi de sang et de tripes, car tout aussi sympathique soit-il, Peckerhead se transforme pendant treize minutes en démon mangeur d’homme à minuit. Uncle Peckerhead est un mélange de road movie, de comédie et d’horreur saupoudré de gore sous fond de Punk Rock, un mix qui atteint vite ses limites malgré de bonnes intentions. À commencer par son scénario qui part d’une idée intéressante, à savoir un groupe qui sans le savoir va passer un pacte avec le diable pour connaître la célébrité. Si ce n’est jamais explicité, c’est pourtant de cela qu’il est question, car malgré la malédiction qui transforme Peckerhead en créature mi-homme mi-chose (comme il préfère se décrire), c’est surtout une sorte d’ange gardien pour le groupe qui va apprendre à s’affirmer et à connaître un début de gloire sous l’œil d’un homme en apparence bienveillant, qui certes mange de l’humain, mais tout en protégeant le trio qui compose DUH.

Mais passé une très bonne idée de base, une bonne B.O, et des protagonistes attachants dont la relation est plutôt bien exploitée, Uncle Peckerhead, bien que court, se prend les pieds dans le tapis dès qu’il s’agit de développer son histoire. Le coté road trip amène son petit lot de personnages secondaires anecdotiques qui ne servent en rien l’intrigue, mais alourdissent le métrage qui de ce fait souffre de longueurs. Soit ils sont présents deux minutes montre en main alors qu’ils sont introduits comme si ils avaient une future importance dans l’histoire, soit ils en bouffent une petite partie avant de purement et simplement disparaître sans qu’ils ne suscitent le moindre intérêt, si ce n’est apporter un élément humoristique un rien répétitif, dommage que Matthew John Lawrence n’est pas centré son récit uniquement sur ses protagonistes Quant au coté horrifique, il est bien trop en retrait voir inutile puisque l’histoire aurait pu fonctionner sans. Reste quelques scènes gores sympathiques (têtes défoncées ou arrachées, membres dévorés tout crus) et par moment trash (Peckerhead digère très mal le cœur), mais ça ne suffit pas pour oublier un mélange des genres qui manque d’équilibre.

LES PLUSLES MOINS
♥ Une bonne idée de base
♥ Des personnages attachants
♥ Quelques scènes gore sympas
♥ La musique
⊗ Un mélange des genre qui ne prend pas
⊗ Le coté horrifique trop en retrait
⊗ Des personnages secondaire inutiles
⊗ Des longueurs
Uncle Peckerhead est un film qui part de bonnes intentions et d’une idée intéressante, mais déçoit dès qu’il s’en écarte. Dommage car en restant concentré sur sa base, le métrage aurait été bien plus convaincant.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Jeff Riddle, qui joue Max, est un vrai musicien de Philadelphie.



Titre : Uncle Peckerhead
Année : 2020
Durée : 1h36
Origine : U.S.A
Genre : Tonton démon
Réalisateur : Matthew John lawrence
Scénario : Matthew John lawrence

Acteurs : David Littleton, Chet Siegel, Jeff Riddle, Ruby McCollister, Shannon O’Neil, Amir Kahn, Maureen McGowan

 Uncle Peckerhead (2020) on IMDb


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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Cherycok
Administrateur
12 septembre 2021 20:31

Mince. J’avais vu la bande annonce, ca annonçait un truc très sympa, avec des scènes funs et des moments gores, mais là tu m’as carrément refroidi… Je peux même pas dire que je le materais en période de vache maigre, j’approche les 1000 films à voir ^_^