[Film] Ticks, de Tony Randel (1993)

Un groupe d’adolescents part à la campagne et découvre un labo de stéroides anabolisants installé dans une vieille cabane. Lorsque les ados brisent par accident un des récipients, son contenu se déverse sur un nid de tiques. Celles-ci voient leur taille et leur force augmenter…


Avis de Rick :
Ticks, produit typique de son époque au sein du cinéma de genre. Aussi appelé Infested, Ticks (renommé Ticks Attack pour une édition DVD de très mauvaise qualité en France) est le dernier film plus ou moins connu de son réalisateur, Tony Randel, après avoir été repéré en signant Hellraiser 2 en 1988. Malheureusement, entre Les Enfants du La Nuit, série B (Z) fauchée sur des vampires et une énième suite d’Amityville, sa carrière ne brillera pas vraiment. C’est juste après ce film qu’il s’engage sur Ticks, entouré d’une équipe chevronnée, de quoi s’en sortir malgré un budget très limité de seulement un million. À la production, on trouve Brian Yuzna, au scénario Brent V. Friedman, scénariste la même année du Retour des Morts Vivants 3 de Yuzna justement, et c’est bien entendu KNB qui s’occupe des effets spéciaux. David Gale (la fameuse tête coupée de Re-Animator 1 et 2) devait d’ailleurs jouer dans le métrage, mais décéda avant le lancement de la production. Au casting par contre, des illustres inconnus, à l’exception d’un tout jeune Seth Green et de Clint Howard, éternel habitué des seconds rôles dans des séries B voir Z (Carnosaur, Leprechaun 2, Le Dentiste 2, House of the Dead). Bref, Ticks respire bon les années 80, dans sa conception, dans son scénario minimaliste voulant rendre hommage à tous ces films animaliers, jusqu’à la mise en scène assez plate sauvée par ses scènes gore fort bien exécutées. Ni plus, ni moins.

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Il faut dire qu’on aurait pu s’en douter, puisqu’un film d’horreur avec un roux dans le rôle principal, ce n’est pas crédible (oui, cette blague était totalement gratuite) ! Comme dans un slasher, on suit une bande de jeunes qui se retrouve dans un camp paumé en forêt. Tous les stéréotypes sont là, avec le couple qui gère la bande, le beau gosse, la fille toujours en bikini, le héros timide, la fille qui veut se rebeller et.. le noir ! Mais comme on est dans une production animalière, on remplace le classique tueur en série par des tiques mutantes. Car dans le coin, c’est bien connu, il y a des bouseux, qui font pousser de la drogue. Et pas de bol, ils utilisent un produit qui va faire muter et grossir les tiques. Oui c’est con, ça respire bien les années 80 même si le film date de 1993, et pour l’amateur du genre, on se prend au jeu, car il faut bien se rappeler que le numérique n’existait pas à l’époque, et que tout ce que l’on verra aura été fait sur le plateau. Là, Ticks, en plus de ses bêbêtes originales, a immédiatement pour lui notre capital sympathie. Le scénario, classique, suit tous les stéréotypes du genre sans jamais chercher à les transcender, si bien que les bestioles se font au départ rares en début de métrage (pour ménager le suspense sur leur apparence).

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On ne verra que le résultat des attaques. Une fois vraiment à l’écran, on peut profiter des bons effets mécaniques créés par KNB. Les tiques sont crédibles, voraces, galopent partout avec leurs petites patounettes. Mieux, le film osera parfois briser certains tabou rares (oui, le chien y passe) et réservera quelques surprises (le noir ne meurt pas en premier), afin de virer au gros délire lors de son final. Car pour tuer des tiques, il faut utiliser le feu. Et au contact du feu, une tique, ça explose. Alors plus la tique est grosse, plus l’explosion prend des proportions réjouissantes pour l’amateur du genre. Sans parler bien entendu de la grosse surprise du final, respectant encore une fois tous les clichés des films animaliers, avec une créature plus grosse. Dommage que finalement, elle ne soit que si peu utilisée et soit un peu inoffensive, il y avait bien là matière à tuer beaucoup plus de jeunes, le film se faisant avare en meurtres, puisque les gentils doivent survivre, et les méchants mourir. Ticks, ce n’est pas du grand cinéma, mais ça divertit sur sa courte durée, en nous donnant exactement ce que l’on pouvait attendre d’un film comme ça.

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LES PLUSLES MOINS
♥ Des tiques… géantes !
♥ De très bons effets spéciaux
♥ Un produit classique mais divertissant
⊗ Ah tous ces stéréotypes
⊗ Réalisation plate
⊗ Ça manque de meurtres tout de même
Outre ses monstres originaux, Ticks suit une lignée bien tracée, et ne surprend que rarement. Il reste néanmoins divertissant et amusant.

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ticksTitre : Ticks
Année : 1993
Durée : 1h25
Origine : U.S.A.
Genre : Horreur
Réalisateur : Tony Randel
Scénario : Brent V. Friedman

Acteurs : Rosalind Allen, Ami Dolenz, Seth Green, Virginya Keehne, Ray Iroel, Alfonso Ribeiro et Peter Scolari

 Ticks (1993) on IMDb


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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

14 Comments

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  1. Pas d’acteurs connus ??
    Et Alfonso Ribeiro !?!
    Tout le monde (du moins tout trentenaire) connaît son pas de danse légendaire dans la série le prince de bel air en tant que Carlton , fils de l’oncle Phil.

    Sinon super site tenu par des amoureux de ciné sous toutes ses formes, je me sens déjà comme chez moi.

  2. Rah, forcément, ma seule lacune : les séries TV, vu que je n’en regarde quasi jamais depuis tout petit. La seule série que je regardais étant gosse sur M6, c’était V – Les Visiteurs.

    En tout cas merci à toi, et bienvenu ici ^^

  3. Rick, Le Prince de Bel Air quand même, roh ^_^

    Bienvenue à toi Faze en tout cas en ces lieux obscurs où on parle de tous les cinémas 😉

  4. Merci pour l’accueil , surtout venant des deux geôliers du site !

    Sinon histoire d’être poli (ce qui est rare chez moi) une petite présentation succinte de ma douce et humble personne :

    Trentenaire élevé aux Kubrick , Carpenter , Friedkin , Woo , Spielberg , Foreman , Hark , Kurosawa , Hill , Miike et autres Wynorski ou Puyn.

    Bref ça brasse large et je peux passer d’un Metropolis de Lang à un Flic ou zombie du poto Goldblatt sans problème et y prendre autant de plaisir.

    Sinon j’aime beaucoup glander dans mon canapé avec une manette en main à juré comme un chartier quand je perds une vie sur un jeu quelconque.

    Que Bukaroo banzai veille sur vous !

    1. Roh, Carpenter, Hark, Wynorski et Pyun dans la même phrase, je suis aux anges ^_^ Tu trouveras pas mal de leurs films chroniqués en ces lieux.

      Et Bukaroo banzai, bientôt chroniqués en ces lieux 😉

  5. Mais de rien ^^

    Du coup, tu es parfaitement au bon endroit, étant donné qu’entre Chery et moi, on adore tous les réalisateurs que tu cites à degrés divers (bon, à l’exception de Miike, Chery n’aime pas trop et j’ai lâché depuis qu’il ne fait qu’adapter des mangas populaires).

    Et pareil niveau jeu, surtout récemment, avec le taf, j’ai bien plus le temps de glandouiller en mode coma devant des jeux que de me concentrer sur des films (ce qui me fait quand même un peu chier). Pas mal insulté Phantom Doctrine (petit jeu tactique au tour par tour) et Monster Hunter World.

  6. Chery : J’attend cette chronique avec impatience.

    Rick : Pour être honnête quand j’ai cité Miike , j’avais surtout en tête sa période folle 1998—2010 où l’on pouvait tomber sur un navet comme un super film mais à chaque fois c’était une expérience.

    1. Faut juste que au moment ou je me lance dans un film, il me revienne en tête ^_^

    2. Bon alors ça va, on tombe d’accord. Je dirais plus de 1995 (avec Shinjyku Triad Society) jusqu’à ouais, 2010, l’année de 13 Assassins. Tout n’est pas mauvais après, j’ai beaucoup aimé Lesson of the Evil et As the Gods Will, mais son cinéma ne m’attire plus vraiment.

  7. Rick Baker : si je dit 1998 c’est surtout que comme beaucoup je l’ai découvert via Audition qui avait eu droit à une sortie ciné et d’un bon bouche à oreilles.
    Mais on est d’accord que passé 2010 sa carrière est … «différente»

  8. En même temps, même si pas mon préféré, Audition reste un bon gros choc et un film très intéressant dans sa structure 🙂 Je ne sais plus si je l’ai découvert avec Audition ou le premier Dead or Alive, mais j’avais commandé à l’époque sur Priceminister un bon paquet de ces films peu de temps après, en éditions françaises et import (dont certains que je dois toujours regarder, comme Family 1 et 2).
    C’est ça… puis il enchaîne parfois les films que je trouve visuellement aaaaah (Ninja Kids, Yatterman, Terra Formars).

  9. Ah, je me souviens de ce Ticks !
    C’était à l’époque où on avait droit à pas mal de films avec des bestioles mutantes et aggressives diverses et variées..
    Certains s’en sont moins bien sortis que d’autres !
    Ticks fait partie des moins bons, c’est en effet un peu trop lisse et convenu !
    Mais ça n’est pas totalement déplaisant si on aime vraiment le genre.

    Sinon, bienvenue à Faze qui me semble avoir des goûts et une culture ciné fort sympathiques !
    Et il pourra même s’extasier sur du Pyun ou du Wynorski avec Chery et moi ! Youpi ! 😀
    En parlant de Wynorski, je me suis fait “The Return of Swamp-Thing” récemment !
    Pas un de ses meilleurs à mon humble avis, mais ça reste bien sympatoche et couillon à souhait, dc je valide !

    1. C’était la bonne époque où Canal + et M6 nous offraient des films de genre en pagaille tout le temps.
      À l’époque je m’étais jeté dessus, car des tiques géantes, pas commun, et ce brave Tony, je ne le connaissais que pour Hellraiser 2 à l’époque. Gamin j’aimais beaucoup, maintenant oui c’est forcément moins convaincant surtout quand tu en as vu bien d’autres à côté.

    2. Merci et évidemment que j’ai bon goût sinon je serai pas ici !!

      Sinon le Swamp thing du Jimmy est une petite madeleine de Proust pour ma part, avec son méchant très méchant, ses sbires très couillons et sa gentille héroïne très très blonde (Heather Locklear pré Melrose place)

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