[Film] The Rock, de Michael Bay (1996)


Excédé par l’injustice de son gouvernement, le Général Hummel se rend maître de l’île d’Alcatraz et menace de lancer un gaz mortel sur San Francisco. Deux hommes sont chargés de le contrer : un expert en armes chimiques, Stanley Goodspeed, et John Patrick Mason, l’unique prisonnier à s’être évadé d’Alcatraz… Ils se rendent ensemble sur l’île afin de stopper les projets destructeurs du Général.


Avis de Cherycok :
Comme un roc ! Ensemble comme un roc ! Tous unis comme un roc ! Tous tel un bloc… Solides comme un roc ! Ensemble comme un roc ! En ce lieu comme un roc ! Boostés à bloc ! Solides comme le roc ! Oula je m’égare. Rassurez-vous, nous n’allons pas parler aujourd’hui de Roc, la chanson foireuse de Nâdiya (désolé pour ceux qui aiment, personne n’est parfait). Non, nous allons nous intéresser à un autre Roc, celui avec un K à la fin. Non, pas le style de musique non plus (bien que là, vous avez déjà meilleur goût), mais le film de 1996 The Rock. Oui, celui-là même, de Michael « je m’en balek, je fais tout péter » Bay, rebaptisé pour l’occasion Rock dans nos vertes contrées. Parce que, allez savoir, le « The » semblait être de trop. Car oui, après Les Ailes de l’Enfer tout récemment, continuons notre exploration des blockbusters décérébrés et improbables des années 90. Parce que c’est régressif. Parce qu’ils font du bien par où ils passent.

Je ne vous referai pas le topo sur le cinéma d’action des années 90, je vous renvoie pour cela à ma chronique des Ailes de L’Enfer. Parce que oui, plus c’est con, plus c’est bon, et donc Rock de Michael Bay allait forcément pointer le bout de son missile. Parce que dans le genre pas crédible pour un sou, il se pose là, avec son scénario d’une connerie abyssale dans lequel le gouvernement américain va faire appel à un spécialiste chimique du FBI, qui n’a jamais foutu les pieds sur le terrain, et à un prisonnier du 3ème âge, le seul ayant réussi à s’échapper de The Rock (doux petit surnom de la prison d’Alcatraz), pour aller déloger un groupe de terroristes, anciens militaires d’élite, ayant pris en otage 81 personnes lors d’une visite de la prison d’Alcatraz, et menaçant de balancer 13 missiles pleins de gaz ultra toxique, le gaz VX, sur la baie de San Francisco, si le gouvernement ne leur verse pas la somme de 100 millions de dollars : 83 millions pour les familles des 83 héros non-indemnisées car leurs missions étaient top secrètes, et 17 millions pour eux-mêmes. Le gouvernement a 36 heures, pas une de plus, avant que des dizaines de milliers de pauvres innocents de San Francisco ne soient décimés. Mais ah ah, ils sont complètements cons ces terroristes, ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Parce que pépé Connery, il a été James Bond dans le temps, il a encore des restes le bougre. Et ce n’est pas parce qu’on l’a affublé d’une coupe ridicule durant une partie du film qu’il ne va pas montrer qu’il en a encore une grosse paire ! Puis il y a Nic Cage quand même, celui-là même qui l’année suivante allait péter les mâchoires de prisonniers super dangereux dans un avion et qui avait, semble-t-il, trouvé la coupe de Pépé Connery vachement stylée dans The Rock et qui a voulu la même car les cheveux longs à tendance mulet, ben c’est la classe ! Non, il a trop confiance en lui Ed Harris. Et c’est pas parce que c’est le meilleur personnage du film qu’il ne va pas se faire péter la gueule par nos deux gugusses dans cette prison qui semble toute droit sortie d’un temple perdu d’Indiana Jones. De toutes façons, c’est con des terroristes, ils finissent toujours par se mettre sur la gueule les uns avec les autres. Puis il aurait dû le savoir qu’avec ce gros con de Candyman dans son équipe, ça n’allait pas bien se passer.

Alors voilà le scénario de The Rock, à ne pas confondre avec le célèbre catcheur devenu acteur Dwayne Johnson, alias The Rock. Punaise, ils font chier, on finit par tout se mélanger. Comme un Rock ! Ensemble comme un Rock ! Rah, une petite rechute, désolé. Un scénario bien dans son époque, où la crédibilité de la chose était relayée non pas au second plan, mais complètement au fond du peloton. Parce que, pfff, à quoi ça sert un scénario, l’important n’est-il pas de tout péter afin d’en mettre plein les mirettes à l’amateur de spectacle décérébré qui a envie de voir des impacts de balles, des trucs qui explosent et des héros qui en ont une paire plus grosse qu’un duo de melon charentais, en n’essayant à aucun moment de faire fonctionner son cerveau car il n’est pas là pour ça ? Eh bien mes amis, The Rock est l’apogée du cinéma de Michael Bay. Où quand l’envie d’en mettre plein la vue devient un art à part entière. Bien qu’il ne sache toujours pas filmer correctement des scènes d’action, Bay fait une fois de plus preuve de générosité. Il va droit au but, caractérise ses personnages de manière magistrale en quelques secondes, et va laisser libre court à son envie de décoller la rétine du spectateur. The Rock est d’une efficacité redoutable et va enchainer les scènes d’action et moments de bravoure avec un rythme à en faire frémir n’importe quel couillon (comme moi) qui aime quand ça sent la sueur et la poudre dans un film. Trois têtes d’affiche qui transpirent le charisme, des seconds couteaux à la pelle, de l’action de partout dans l’unique but de donner au spectateur ce qu’il est venu chercher, qu’on aime ou pas Michael Bay, il faut reconnaitre qu’il savait faire des blockbusters. D’autant qu’une fois de plus, il faut compter sur une musique grandiose façon Hans Zimmer qui enrobe le tout de bien belle manière. Vous savez, un peu comme dans un magnum double chocolat (c’est quoi cette comparaison ridicule…). Bien entendu, nous n’échappons pas aux plans iconiques à foison, parfois très beaux, aux punchlines qui fusent de manière régulière parce que, hey, les années 90 sont faites de punchlines cultes, ainsi qu’à un humour disséminé ci et là et étonnement réussi. Ouais, c’était super chouette les années 90. Comme The Rock ! On en veut comme The Rock ! Qui pètent comme The Rock ! Tous tel The Rock ! Solides comme the Rock ! Bourrins comme The Rock ! Rah mais saleté de chanson à la con !

LES PLUSLES MOINS
♥ Le casting poids lourd
♥ Gros rythme
♥ L’outrance du cinéma de Bay
♥ La bande son
⊗ Le montage de certains scènes d’action
Note :
Considéré par beaucoup comme le meilleur blockbuster d’action des années 90, The Rock est en tout cas un film ultra généreux, prenant, avec un casting impeccable et des personnages moins stéréotypés qu’à l’accoutumée. Ce n’est pas parfait, mais le spectacle est de haute volée.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le tournage du film a eu lieu dans la prison d’Alcatraz. L’équipe du film partait le matin et revenait le soir. Mais Sean Connery a insisté pour que les producteurs lui construisent une cabane à Alcatraz, car il ne voulait pas faire le trajet entre le continent et l’île tous les jours. Il a obtenu ce qu’il demandait.
• Tony Scott devait réaliser le film mais a finalement refusé pour pouvoir tourner Le Fan. Même chose pour Arnold Schwarzenegger qui devait incarner le Dr Stanley Goodspeed mais qui n’a finalement pas accepté, car il n’aimait pas le scénario. Il regrette son choix aujourd’hui car il aurait voulu être à la place de Nicolas Cage.
• Le film a rapporté 335M$US au box-office mondial, pour un budget initial de 75M$US. Chez nous, il a réalisé environ 1.9M d’entrées.
• Quentin Tarantino a participé à l’écriture du scénario bien qu’il ne soit pas crédité au générique.
• Une suite était prévue. L’idée de Michael Bay pour cette suite était que Goodspeed (Nicolas Cage), maintenant marié, en possession de la preuve sur microfilm, se retrouvait poursuivi par le gouvernement. N’ayant nulle part où aller, il était obligé de demander de l’aide à Mason (Sean Connery).


Titre : Rock / The Rock
Année : 1996
Durée : 2h16
Origine : U.S.A
Genre : Action 90’s à son paroxysme
Réalisateur : Michael Bay
Scénario : David Weisberg, Douglas Cook, Mark Rosner

Acteurs : Nicolas Cage, Sean Connery, Ed Harris, John Spencer, David Morse, William Forsythe, Michael Biehn, Vanessa Marcil, John C. McGinley, Gregory Sporleder

 Rock (1996) on IMDb


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Rick
Administrateur
11 juin 2021 1:00

Du “grand” cinéma haha ! Non plus sérieusement, tu le sais, j’aime beaucoup ce film, sans doute mon Bay préféré d’ailleurs avec NO PAIN NO GAIN. Faut dire que pour le coup, il est aidé par un casting très solide, c’est hyper rythmé, la bande son de Zimmer est super (je l’ai en cd original acheté à l’époque de la sortie du film 😀 )

Feroner
Administrateur
13 juin 2021 11:13

Je crois pas l’avoir vu celui-la je me le fais prochainement.
Michael Bay est parmi ceux qui maitrise le mieux le montage ultra découpé. Cage a l’époque c’était étonnant comme il alternais les films assez auteur comme leaving Las Vegas et des gros blockbuster bien bourrin.

pti denis
13 juin 2021 11:54

Un des rares Michael Bay que j’aime. En fait je l’aime même beaucoup celui-là, pas le meilleur film d’action des années 90 comme il est souvent décrit (pour moi y a Die hard 3 & Volte-face loin devant) mais bon sang, quel spectacle grisant!