[Film] The Lords of Salem (2012)

Heidi est animation dans une émission de radio. Un soir, elle reçoit là-bas un disque 33 tours dans une boite en bois. Aucune adresse ou non d’expéditeur. La musique du disque va alors déclenché des événements étranges pour Heidi, en rapport avec des sorcières exécutées au 17ème siècle.


Avis de Rick :

Rob Zombie en aura eu des difficultés dans sa carrière cinématographique. Après deux films qui rendaient hommage au cinéma de genre (La Maison des 1000 Morts et The Devil’s Reject), le bonhomme fit un détour par les studios Dimension Films pour livrer le remake de Halloween. Manque de liberté, concessions, il tournera pourtant la suite, avec plus de libertés cette fois-ci, livrant un film intéressant, avec lequel tous les fans de la saga lui sont tombés dessus. Après plusieurs projets avortés, voilà que Rob Zombie revient, avec sa liberté totale, avec The Lords of Salem. Un film qu’il aura eu beaucoup de mal à faire, la faute à un minuscule budget le forçant à réécrire des scènes pendant le tournage, mais également pour des soucis de santé de la part de Richard Lynch, qui du être remplacé peu de temps après le début du tournage. Des soucis qui malheureusement, se ressentent par moment à l’écran, mais qui d’un autre côté, finissent par rendre le film attachant. Nous suivons donc Sheri Moon Zombie, la femme de Rob, comme souvent, dans le rôle de Heidi, présentatrice radio, aux côtés de Jeff Daniel Phillips et Ken Foree (Zombie, From Beyond). Dès la scène d’ouverture, et dés l’élément déclencheur de l’histoire avec ce vieux disque que Heidi reçoit, Rob Zombie nous montre qu’il ne va pas faire un film misant sur ses excès (bien qu’excès il y ait) et sur les hommages au cinéma de genre, mais plutôt misant, quasi intégralement, sur son ambiance.

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Contrairement à ces autres films, on pourrait presque dire qu’en terme de violence, The Lords of Salem est calme. Non pas que la violence soit absente, mais elle n’est pas l’élément moteur du métrage et des personnages. Quand la violence arrive, ce qui sera tout de même rare, elle est souvent suggérée, et son impact s’en retrouve d’ailleurs meilleur. Se déroulant sur une seule semaine (nous avons un fond noir jour après jour pour nous indiquer le jour de la semaine), The Lords of Salem, souvent, prend l’apparence d’un huit clos en appartement, à base d’hallucinations et de scènes à connotations religieuses, et même plutôt blasphématoires. Les dialogues sont crus, et par moment, on pourrait même trouver cela gratuit, mais cela ne surprend guère de la part de Rob Zombie, et ne dérange plus. Visuellement, on pourra dire que le film est extrêmement soigné. Les cadrages, l’éclairage, l’ambiance se dégageant de certains plans, lourds de sens, tout prend l’apparence d’une œuvre incroyablement travaillée, malgré les contraintes de temps et d’argent. Au niveau du scénario, on pourra dire que tout cela reste plutôt prévisible dans les grandes lignes, mais le réalisateur se permet beaucoup de choses, liberté totale oblige, rendant ainsi certaines scènes totalement expérimentales et floues, dont l’interprétation pourra revenir au spectateur, comme lors de son dernier quart d’heure, totalement fou. On ressent toutefois par moment des scènes un peu confuses, et une impression étrange en ressort. Le scénario, bien qu’intéressant, n’est donc pas vraiment le point fort du métrage, dont les scènes s’enchaînent parfois étrangement.

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Le rythme, contrairement à ces précédentes œuvres, est extrêmement lent, film d’ambiance oblige. Si l’on rentre un tant soit peu dans l’ambiance particulière du métrage, cette ambiance hypnotisante et vulgaire, l’ensemble passe comme une lettre à la poste, malgré quelques petits creux par moment. Et si le scénario n’arrive pas toujours à camoufler ses défauts et ses aléas de tournage, on pourra au moins dire que Rob Zombie aura créé des personnages intéressants, bien qu’amenant parfois des coups de théâtres prévisibles et pas toujours subtils. Des qualités, le métrage en a à la pelle, entre son ambiance lorgnant vers les films de Lynch ou de Polanski, sa mise en image parfaite comme toujours, son interprétation dans le bon ton, mais des défauts, il en a aussi énormément, entre son scénario qui a subit donc pas mal de réécritures, un petit côté prévisible dans la narration, et son côté lent et vulgaire qui en rebutera plus d’un. Mais l’ensemble s’accorde plutôt bien à cette œuvre, hors norme pour un film fantastique classique visant au départ les salles de cinéma, mais qui passa inaperçu. Des qualités, des défauts voyants, pour un film plus qu’attachant si l’on en supporte les excès.

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Rob Zombie retrouve sa liberté totale pour The Lords of Salem, un film très étrange, bourré de qualités, et bourré de défauts, qui ne plaira assurément pas à tous, un film misant tout sur son ambiance et quelques expérimentations.

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Lords of SalemTitre : The Lords of Salem
Année : 2012
Durée : 1h37
Origine : U.S.A / Angleterre / Canada
Genre : Fantastique
Réalisateur : Rob Zombie

Acteurs : Sheri Moon Zombie, Bruce Davison, Jeff Daniel Phillips, Ken Foree, Dee Wallace-Stone, Meg Foster, Maria Conchita Alonson, Andrew Prine, Michael Berryman et Sid Haig


 Gallerie d’images:

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Comments

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  1. Autant j’avais vraiment adoré The Devil’s Reject, autant celui je ne sais pas pourquoi, il ne m’attire pas du tout…

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