[Film] The Brink, de Jonathan Li (2017)


Sai Gau est un policier téméraire qui est prêt à tout pour traquer Shing, un contrebandier d’or du marché noir. Quand il apprend que Shing s’en prend à la chambre forte sous-marine d’un chef de triade, Sai Gau prend la haute mer pour chasser sa proie.


Avis de Cherycok :
Avec son trailer annonçant un film d’action badass bien rageux, avec en tête d’affiche un Zhang Jin (Ip Man 3, SPL 2, Master Z : Ip Man Legacy) qui commence vraiment à se faire un nom dans le cinéma martial, The Brink avait tout du polar nerveux qui allait ravir mon petit cerveau en manque de tatane made in Hong Kong. En plus, c’est produit par Soi Cheang, qui est à l’origine de deux de mes plus grosses claques des années 2000, Love Battlefield et Dog Bite Dog. Sur le papier, The Brink avait tout pour me plaire à 200%. Mais entre ce qu’on espère et ce qu’il est réellement après visionnage, il y a parfois un fossé. Même si le film reste divertissant et agréable, il n’en demeure pas moins un film bancal sur bien des points. Retours sur une déception inattendue…

Sai Gau est un flic aux méthodes peu orthodoxes. Elles ont moult fois fait leurs preuves, mais ce coup-ci, c’est l’accident et il tue accidentellement un policier. Il écope de six mois de prison ferme. A sa sortie, il rempile direct sur une nouvelle enquête mais son supérieur est bien plus réticent à ses méthodes. Néanmoins, il flaire une bonne piste, celle d’un contrebandier d’or du marché noir, Shing, et embarque son collègue, à un jour de la retraite, sur l’enquête. Têtu comme pas permis, Sai Gau va mettre tout en œuvre pour l’arrêter et va mettre en danger, sans même s’en rendre compte, son entourage. Lorsque son collègue est kidnappé par Shing, il va devoir redoubler d’effort et faire preuve d’encore plus de niaque pour l’arrêter. Lorsqu’il apprend que Shing compte s’en prendre à la chambre forte sous-marine d’un baron des triades, Sai Gau n’a d’autre choix que de prendre la mer et de cueillir Shing là où il ne pourra pas s’échapper.
Le casting de The Brink est de haute volée. On retrouve Shawn Yu (Infernal affairs 2/3, Love in the Buff) en grand méchant sans pitié, la belle Janice Man (Cold War 2, Nightfall) pour incarner sa fidèle acolyte, le charismatique Gordon Lam (Infernal Affairs, Firestorm) en supérieur gratte-papier, l’excellent artiste martial Wu Yue (Ip Man 4, Paradox) et donc, pour la première fois en tête d’affiche, Zhang Jin (aussi appelé Max Zhang, ou encore John Zhang Jin). Shawn Yu tire clairement son épingle du jeu même si, dans l’ensemble, c’est tout le cast qui s’en sort avec les honneurs. A l’exception peut-être de Zhang Jin qui n’est clairement pas l’acteur le plus expressif du monde. Sa palette d’expressions semble des plus limitée et ça se sent immédiatement. Certains sont malheureusement sous exploités, le film préférant clairement laisser la place à l’affrontement entre le héros et le bad guy. Et c’est dommage car certains, comme le personnage de Janice Man, auraient mérité d’être développés.

The Brink est le premier film de Jonathan Li, mais ce dernier avait fait ses armes en tant qu’assistant réalisateur sur des films tels que Love Battlefield (2004), Shamo (2007), Infernal Affairs III (2003) ou encore The Lost Bladesman (2011). Dans l’ensemble, on est dans quelque chose de plutôt divertissant. Mais il y a clairement plusieurs choses qui clochent et qui vont vraiment venir gâcher le tableau. Le scénario est relativement faible et ne sert qu’à lier les scènes de violence entre elles. Même si dans l’absolu, ce n’est pas forcément le plus important dans un film d’action HK, on a l’impression qu’aux deux tiers de la bobine, on nous a déjà tout dit et à partir de là, The Brink semble s’étirer artificiellement en longueur. La scène d’action en mer en guise de final, sur des bateaux, est tellement longue, en plus de ne pas être géniale, qu’il me tardait qu’elle finisse. Les scènes d’action de manière générale sont sympathiques, avec des coups et des chutes qui font très mal. Mais là aussi, ça cloche sur certains aspects. Il y a un souci au niveau du montage. Bien qu’on ne soit pas dans un truc ultra cut façon Hollywood, le réalisateur découpe trop les mouvements des coups. Alors qu’on adorait le ciné HK justement car ses scènes de baston avaient très peu de coupes, en plan large, permettant de vraiment voir les chorégraphies et les enchainements de coups, ici c’est parfois clairement monté à la hache. Et pour le coup, ce n’est pas fluide comme ça aurait pu l’être. En fait, les scènes d’action sont meilleures quand elles nous montrent de l’action pure (courses poursuites, gunfights) plutôt que des combats. Et c’est dommage quand on a en guise de héros un acteur aussi doué martialement parlant. Et c’est quoi cette morale antiavortement à la mords-moi le nœud avec pour seul argument sur la facilité d’élever un enfant est qu’il suffit juste de mettre de la nourriture sur la table ?

LES PLUSLES MOINS
♥ Un très bon Shawn Yu
♥ Bonne première partie
♥ De l’action brutale
⊗ Zhang Jin mono-expressif
⊗ La dernière partie
⊗ Le montage des combats
The Brink est un polar nerveux, avec ses temps calmes malgré tout, doté d’un bon casting, de scènes d’action très violentes, mais pour un résultat final en demi-teinte à cause d’un scénario peu travaillé, un montage des bastons pas toujours au point, et une dernière partie interminable.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le film n’a pas rencontré le succès escompté au box-office. Il n’a rapporté que 10M$US pour un budget de 15M$US
• Aux 37ème Hong Kong Film Awards, The Brink a été nominé deux fois : Meilleure première réalisation pour Jonathan Li, meilleures chorégraphies pour Nicky Li. Il repartira finalement bredouille.
• Derek Tsang, qui interprète le fils de Tai Bo dans le film, n’est autre que le film d’Eric Tsang. Lors de son premier rôle au cinéma, dans Men Suddenly in Black (2003), il incarne d’ailleurs la version jeune de son père.


Titre : The Brink / 狂獸
Année : 2017
Durée : 1h39
Origine : Hong Kong / Chine
Genre : Tous dans le même bateau
Réalisateur : Jonathan Li
Scénario : Lee Chun-Fai

Acteurs : Zhang Jin, Shawn Yu, Janice Man, Wu Yue, Gordon Lam, Tai Bo, Kurata Yasuaki, Cecilia So, Dereck Tsang, Kumer So, Wu Yun, Yip Siu-Chung

 Kuang shou (2017) on IMDb


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Feroner
Éditeur
9 mai 2020 10:14

J’aime bien ce film les chorés sont pas exceptionnelle c’est pa Ip man mais ca passe bien je trouve et le film est super beau lumière cadrage ca a de la gueule ce fait penser au polard Coréen. Zhang Jin et Shawn Yue sont trop fort on grave la classe le “final too much” mais c’est ca qui est bon.
Dommage que ce ai pas marché c’est assez costaud pour un premier film. Il a rien réalisé depuis.

Feroner
Éditeur
Reply to  Cherycok
9 mai 2020 11:54

Zhang Jing sait pas jouer la comédie il c’est un peut amélioré depuis, dans master z il commence a dégager quelque chose. T’as vu invincible dragon qu’il a fait l’année dernière un nanar assez drôle avec un final sous drogue dure, bizarrement réalisé par Fruit Chan un mec quia fait de super film avant, Made in Hong Kong, durian durian, Little Chung, The midnight after…

Feroner
Éditeur
Reply to  Cherycok
9 mai 2020 14:19

Oui je te comprends dans ce film SPOILER il a un tatouage qui est un dragon qui est vivant et ce matérialise pour le dernier combat c’est totalement ridicule. Il devient gros un peut comme Donnie dans enter the fat dragon mais c’est super mal fait le mec est tout mince avec un gros ventre comme une femme enceinte, ventre en plastique évidemment. Le tout super sérieux Zhang Jing frime a mort look de keke a la Donnie l’action est pas mal c’est assez court film complètement foiré mais drôle au second degré, rythmé et court.

Feroner
Éditeur
Reply to  Feroner
9 mai 2020 14:25

J’ai oublié de préciser que ce truc est sorti en France et pas
Chassing the dragon, SPL 2, Call of hero, brotherhood of blade… Dingue ils sortent vraiment n’importe quoi.

Faze
Faze
11 mai 2020 23:10

Fruit Chan fait aussi dans la castagne ??
Dans mes souvenirs il était plutôt film comédie dramatique voire social … ou alors je suis complètement à côté de la plaque , ce qui serait pas étonnant , mon cinéma asiatique commence à rouiller.