[Film] The Belko Experiment, de Greg McLean (2017)

80 employés travaillent pour l’organisation non gouvernementale américaine Belko implantée à Bogota, en Colombie. Un jour, les portes de l’établissement se ferment soudainement et l’entreprise se retrouve hermétiquement close. Une voix par haut-parleur ordonne au personnel enfermé à l’intérieur de s’entretuer, sous peine de mort. En effet, un implant greffé dans leur tête risque d’exploser à tout moment. Les employés vont alors devoir s’affronter et découvrir l’essence de leur nature. Un terrible huis clos commence.


Avis de Cherycok :
Ce n’est un secret pour personne, le Battle Royale de Kinji Fukasaku en a influencé plus d’un. Les huis-clos virant au jeu de massacre sont désormais réguliers. On pourra par exemple citer The Killing Room (2009), Would You Rather (2012), Circle (2015), et même des plus connus comme la série des Hunger Games ou des Maze Runner (Le Labyrinthe en français). The Belko Experiment fait également partie de cette catégorie de films sauf que, contrairement aux deux derniers cités de la courte liste ci-dessus, il va s’adresser à un public plus adulte de par son côté ultra violent, voire carrément gore. Mais difficile aujourd’hui de pondre quelque chose d’original dans un genre essentiellement là pour montrer que l’homme est un loup pour l’homme dès que les règles sociales auxquelles il a l’habitude de se plier ne sont plus. Alors pour sortir du lot, il faut faire preuve d’une grande efficacité, et sur ce point-là, le film réussit son pari. The Belko Experiment est un huis-clos anxiogène bien sympathique, un plaisir transgressif malgré un côté pas très subtil.

The Belko Experiment a été mis en chantier il y a plusieurs années puisque James Gunn en écrit le scénario en 2010. Mais le projet est mis sur la touche pour cause de soucis personnels du réalisateur (divorce compliqué) qui préfère se pencher sur son Super (2010), plus rapide à tourner que The Belko Experiment qui se déroule en Colombie. Le projet passe à la trappe jusqu’à ce que MGM décide de le déterrer en 2015. Mais James Gunn étant sur le projet Les Gardiens de la Galaxie 2, la réalisation est confiée à Greg McLean (Solitaire, Wolf Creek 1 et 2) pour un budget de 5 millions de dollars. Un réalisateur parfois décrié mais ayant en l’espace de quelques bobines prouvé ses talents de metteur en scène et son amour pour les films coups de poing.
Pour l’épauler dans cette petite entreprise, pas de grosses têtes d’affiches mais pourtant un casting solide composé de ces acteurs qui, lorsqu’on les voit, nous mettent immédiatement cette interrogation « Je le connais lui, dans quoi d’autre il joue déjà ? ». On retrouve par exemple John Gallagher Jr, vu dans le récent 10 Cloverfield Lane ou la série The Newsroom, le charismatique Tony Goldwyn (Divergente, L’Affaire Pelican, Ghost) ou encore John C. McGinley (Seven, Platoon, Point Break). À noter également la présence de deux acteurs fétiches de James Gunn ayant chacun joué dans plusieurs de ses films, à savoir Sean Gunn (Les Gardiens de la Galaxie 1 et 2, Tromeo et Juliette, Super), son frère, et Michael Rooker (Les Gardiens de la Galaxie 1 et 2, The Walking Dead). Le casting est d’ailleurs dans son ensemble très bon, aussi bien les rôles principaux que tous les secondaires, mais ils incarnent malheureusement très souvent des personnages caricaturaux, jamais ambigus. A noter pour les trentenaires, la présence de Abraham Benrubi, le fameux Kubiac de la série Parker Lewis ne Perd Jamais.

C’est un des problèmes du film. On sait d’entrée de jeu qui seront les gentils (ceux qui interprètent habituellement des gentils) et qui seront les méchants (ceux qui interprètent habituellement des méchants). Il n’y a quasiment aucune ambiguïté sur la personnalité de certains et, clairement, l’ensemble du film manque d’originalité. Pas ou peu de surprises, ni même sur les différents messages du film. L’homme est un loup pour l’homme lorsque les règles tombent donc, comme dit plus haut, avec les plus bas instincts primaires de l’homme qui ressortent, ceux qui vont tenter de survivre, ceux qui vont tenter de fuir, ceux qui vont immédiatement paniquer et à l’inverse ceux qui vont rester calmes et essayer de trouver une solution. Avec cette frontière entre le bien et le mal devenant de plus en plus mince lorsque la nature humaine reprend le dessus. Mais également cette métaphore sur le Capitalisme, où les puissants vont logiquement s’allier aux puissants pour écraser les plus faibles.
Mais pourtant le film fonctionne. Certes, on l’aurait préféré plus subversif, avec un jeu de massacre qui aurait pu aller plus loin, mais The Belko Experiment fait preuve d’une efficacité redoutable. La tension monte crescendo grâce à une mise en scène bien carrée et une excellente utilisation de la musique, soit bien angoissante, soit en total décalage (volontaire) avec les images. À noter par ailleurs l’utilisation du Requiem de Giuseppe Verdi, déjà utilisé dans… Battle Royale. Les morts se succèdent, et comme dit plus haut, le film n’est pas à mettre entre toutes les mains. Les effets gores sont nombreux, artisanaux puis améliorés numériquement, et le sang coule clairement à flots. Le réalisateur n’hésite pas à insérer quelques gros plans bien dégueux (le défonçage de crâne à la hache ou au dérouleur de scotch).
L’ennui n’a jamais sa place et le film force le spectateur à s’interroger sur le pourquoi de ce jeu sanglant tout le long. Quelques explications (discutables…) seront révélées lors des cinq dernières minutes, laissant par ailleurs entrevoir une potentielle suite.

LES PLUSLES MOINS
♥ Excellent casting
♥ La mise en scène
♥ Bien saignant
⊗ Ça sent le déjà vu
The Belko Experiment privilégie l’efficacité à l’originalité. Même si dans le fond il s’agit d’un énième Battle Royale, il n’en demeure pas moins un très bon divertissement.



Titre : The Belko Experiment
Année : 2017
Durée : 1h19
Origine : U.S.A / Colombie
Genre : Battle Royale
Réalisateur : Greg McLean
Scénario : James Gunn

Acteurs : John Gallagher Jr., Tony Goldwyn, Adria Arjona, John C. McGinley, Melonie Diaz, Owain Yeoman, Sean Gunn, Brent Sexton, Josh Brener

 The Belko Experiment (2016) on IMDb
























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