[Film] Satanic Panic, de Chelsea Stardust (2019)


Après une première journée de travail désastreuse, une jeune livreuse de pizzas décide de confronter des clients qui ne lui ont laissé aucun pourboire. Son audace lui coûtera cher, puisque ces hommes et ces femmes excessivement riches appartiennent à une secte de suppôts de Satan et qu’il ne leur manque qu’une seule chose pour invoquer Belzébuth: une vierge à sacrifier.


Avis de Cherycok :
Estampillé Fangoria, magazine américain de cinéma publié depuis 1979, Satanic Panic est une comédie horrifique comme on en voit fleurir plein chaque année depuis maintenant pas mal de temps. Diffusé lors de la Nuit Décalée du Festival de Gerardmer, au Festival de la Comédie de l’Alpe d’Huez en séance de minuit, le film nous promet un truc délirant et gore si on se fie à sa bande annonce. Clairement, on ne nous ment pas sur la marchandise. Mais au final, on sort déçu de ce Satanic Panic tant il n’y a rien de nouveau à se mettre sous la dent. Les idées sont bonnes, mais le délire n’est jamais poussé assez loin. Et c’est dommage lorsqu’on œuvre dans un genre où il est compliqué d’arriver à se sortir de la masse.

Satanic Panic est le premier film de Chelsea Stardust, qui a longtemps œuvré en tant qu’assistante du producteur Jason Blum sur de nombreux films (Sinister, Insidious 2, Ouija, Lazarus Effect, …), après une demi-douzaine de courts métrages et un épisode de la série Into the Dark (All That We Destroy). Tombée amoureuse du cinéma horrifique après que son père lui a montré La Nuit des Morts Vivants à l’âge de 10 ans, elle arrive donc ici avec une bobine qui va reprendre tous les codes des films d’horreur qu’elle aime. Il va être question d’un groupe de riches sacrément barrés qui veulent faire revenir sur Terre le vilain. Pour ça, ils ont besoin d’une jeune fille vierge et, comme par hasard, je vous le donne en mille, notre héroïne est une jeune fille vierge qui va se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Pas très original n’est-ce pas ? Mais la réalisatrice va mettre dans son film ce qu’elle aime dans le cinéma d’horreur, ce que les vieux de la vieille recherchent souvent, à savoir un côté artisanal au niveau des effets gores (car oui, je ne le dirais jamais assez, le sang en CGI c’est dégueulasse) et des meurtres qui sortent de l’ordinaire. C’est vrai que là-dessus, nous sommes servis. Les effets gores à l’ancienne, bien dégueux (le bras enfoncé dans le cou, la créature sortant du four, …), sont réalisés par un double finaliste de l’émission Face Off, concours télé qui récompensait les meilleurs maquilleurs / spécialistes d’effets spéciaux. Latex, faux sang, animatronics, ça fait plaisir à voir et c’est clairement le gros point fort du film. Dommage qu’ils soient au final si peu nombreux car avec ses idées parfois un peu folles, comme ce gode ceinture en forme de foreuse semblant sorti du cinéma gore japonais, ou son délire à la Society de Brian Yuzna, il y avait matière à pondre quelque chose d’irrévérencieux et marquant.

Satanic Panic ne va jamais assez loin et n’exploite pas ses idées comme il le devrait. Le film est à mi-chemin entre le film d’horreur, la parodie et l’hommage aux années 80. Mais au final, peut-être faute de budget, de temps de tournage (à peine 18 jours) ou de peur de choquer, on restera toujours dans quelque chose de très gentillet avec un humour, parfois potache, qui tombe la plupart du temps à plat. Le développement assez bancal des personnages ne va pas aider, ni même les dialogues, pourtant souvent excellents et ingénieux, mais qui sont trop écrits et ne semblent que rarement naturels. Il faut dire que le jeu d’acteur n’est pas toujours au point et les actrices principales, hormis Rebecca Romjin (X-Men, Femme Fatale) et Arden Myrin (Wrong Cops, Bachelorette), manquent cruellement de charisme. On pourrait se consoler avec le toujours excellent Jerry O’Connell (Scream 2, Joe’s Apartment, la série Sliders), mais il n’apparait pas plus de 5 minutes (alors qu’il est en gros sur l’affiche). En fait, Satanic Panic est un film très étrange. Il y a des choses très ratées, et d’autres très réussies. Le résultat est certes regardable mais vraiment bien trop moyen pour retenir quelconque attention. Il a au moins le mérite de ne pas ennuyer, c’est toujours ça de pris.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les effets gores à l’ancienne
♥ Jerry O’Donnell
♥ On ne s’ennuie pas
⊗ Trop gentillet
⊗ Des héroïnes peu charismatiques
⊗ L’humour qui tombe à plat
⊗ De grosses incohérences
Pas grand-chose à retenir de Satanic Panic, petite production comico-horrifique qui préfère jouer la sécurité plutôt que d’exploiter à fond les idées funs qu’il nous présente. En résulte un produit lambda, pas nul, mais pas bon non plus.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Rebecca Romijn et Jerry O’Connell jouent des personnages qui sont mari et femme. Ils le sont également dans la vraie vie.
• La scène d’introduction fait référence à celle d’Halloween (1978) de John Carpenter. Le personnage féminin qui y est présent s’appelle Judith dans les deux films.
• Lors d’une interview, la réalisatrice Chelsea Stardust dit que Society, Jennifer’s Body, Evil Dead 2, Jusqu’en Enfer, Deathgasm, Course contre l’Enfer, Rosemary’s baby et House of the Devil ont été des sources d’inspiration pour son film.


Titre : Satanic Panic
Année : 2019
Durée : 1h25
Origine : U.S.A
Genre : Démons et merveilles
Réalisateur : Chelsea Stardust
Scénario : Grady Hendrix, Ted Geoghegan

Acteurs : Hayley Griffith, Rebecca Romijn, Arden Myrin, Ruby Modine, AJ Bowen, Jordan Ladd, Jeff Daniel Phillips, Jerry O’Connell, Hannah Stocking

 Satanic Panic (2019) on IMDb


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