[Film] Reveillon Sanglant, de Norman J. Warren (1987)


Plusieurs amis s’égarent sur une île qui semble désertée par sa population. A l’hôtel de l’île, ils découvrent les décorations de fin d’année alors qu’ils sont en été. Surprenant… Mais le plus étrange reste encore à venir car l’île est manifestement en proie à de curieux phénomènes !


Avis de Cherycok :
Durant ma tendre enfance, lors de mes 8/9 ans très exactement, je fus traumatisé par trois films d’horreur. Vendredi 13 et Le Jour des Morts Vivants que tout le monde connait et qu’il n’est plus utile de présenter, et puis il y a Bloody New-Year, diffusé chez nous pour la première fois par M6 à la fin des années 80 sous le titre « Les Mutants de la Saint Sylvestre » (il est rebaptisé Réveillon Sanglant pour sa sortie en DVD en 2004). Quand je dis « traumatisé », je parle vraiment de traumatisme, au point de ne plus en dormir la nuit durant de nombreux jours, de regarder sans cesse sous les armoires pour voir si personne ne s’y cache, ce genre de choses… Pendant des années, ce film m’a hanté. Et puis un jour, on a grandi, on a vidé le rayon Horreur de tous les vidéoclubs aux alentours, et on se dit qu’il serait peut-être temps de revoir ce film qui nous a fait si peur. Pour essayer de comprendre, avec le recul, voir s’il faisait vraiment peur ou si j’étais juste une petite chochotte. Impossible de mettre la main dessus de longues années durant. Jusqu’il y a quelques jours, paf, il me revient comme un boomerang dans la gueule au détour d’un site de cinéma bis. Il était temps de boucler la boucle, de désacraliser ce film. Et pour de la désacralisation, ce fût de la désacralisation. Roh là là, que c’était pourri !

Réveillon Sanglant commence comme une comédie pour teenagers à la con dans une fête foraine. Des embrouilles avec des forains, quelques claques, une course poursuite ridicule dans les manèges, et voilà que notre groupe de six jeunes, trois hommes et trois femmes, fuient la fête foraine pour échapper à leurs poursuivants. Et quoi de mieux que de fuir dans une barque récupérée sur la côte et d’aller trouver refuge sur une île un peu étrange où, dès les premiers pas sur la plage, on trouve du fil barbelé, des cranes d’animaux morts, et un panneau sur lequel la caméra insiste bien avec écrit « Danger, Keep Out ». Mais bon, nos jeunes sont en pleine insouciance et voilà qu’ils s’abritent dans l’hôtel du coin, un bâtiment qui semble figé dans le temps, en pleine période de la St Sylvestre alors qu’on est en plein été. Comme il n’y a personne, nos jeunes décérébrés vont faire comme chez eux. Réaction normale quoi, décontracté du gland comme dirait Gégé. Et c’est là que vont commencer à arriver des manifestations étranges dans cet hôtel ainsi qu’aux alentours. Les pages des livres se tournent toutes seules. Des fantômes prennent vie. Des pommeaux de douche semblent bouger. Ils se font attaquer par des filets, par des bobines de cinéma, par une nappe qui se transforme en monstre vert, par un personnage de film qui sort de son film. Tout d’un coup, il se met même à mousser. C’est comme « neiger » mais avec de la mousse. Il se mettent à voir mais gens mais en fait il n’y a personne, mais en fait si, il y a des gens. Et nos chers jeunes héros commencent un à un à tomber comme des mouches. Et puis comme on commence à manquer de futurs cadavres, ils sont retrouvés par les forains (décidément, que de barques qui trainent !) qui vont rapidement être envoyés ad patres.

Dans l’absolu, rien de bien choquant à la lecture de ces lignes. Sauf que « ridicule » est le maitre mot du film, en partie à cause d’un budget famélique, bien en deçà des ambitions du réalisateur qui a dû manœuvrer avec le peu qu’on lui avait alloué. Les effets spéciaux transpirent le manque d’argent, et pour les décors ce n’est guère mieux, avec des faux murs qui bougent un peu trop dès que ça tape un peu fort dessus. Les maquillages sont du même acabit, semblant sortis d’un autre temps (même pour l’époque). Le jeu des acteurs n’est pas en reste, à la limite de l’amateurisme, d’autant plus que la coupe mulet n’est pas là pour aider à la crédibilité du surjeu.
Mais ça ne s’arrête pas là car tout ce que le film tente (et il en tente un paquet), ça se vautre lamentablement. Les combats à mains nues font peine à voir, les effets de styles pompés sur d’autres films (Evil Dead pour la caméra qui avance au ras du sol, Les Griffes de la Nuit pour les mains qui sortent du mur, …) sont tellement appuyés qu’ils sonnent faux, et surtout malgré tous les efforts pour donner une ambiance particulière au film, c’est tout sauf angoissant. Non, Réveillon Sanglant ne fait peur à aucun moment, et en plus il n’est même pas gore (sauf l’espace de 15 secondes avec une main coupée). Il n’est juste pas bon. Comment j’ai pu être effrayé par ce film… surtout après Vendredi 13 et Le Jour des Morts Vivants. C’est juste nul, mou et chiant.

LES PLUSLES MOINS
♥ On peut en rigoler, nerveusement⊗ Jeu d’acteur catastrophique
⊗ Effets spéciaux et maquillages
⊗ Soporifique
⊗ Faible budget mal exploité
Les trentenaires et quarantenaires amateurs de cinéma horrifique sont souvent nostalgiques des années 80, moi le premier. Mais Réveillon Sanglant, aussi appelé Les Mutants de la Saint Sylvestre, est l’exemple même que cette période a aussi donné de bons gros navets.



Titre : Réveillon Sanglant / Bloody New-Year / Les Mutants de la Saint Sylvestre
Année : 1987
Durée : 1h30
Origine : Angleterre
Genre : Souvenir déformé
Réalisateur : Norman J. Warren
Scénario : Frazer Pearce

Acteurs : Suzy Aitchison, Nikki Brooks, Daniel James, Mark Powley, Catherine Roman, Julian Ronnie, Steve Emerson, Steve Wilsher, Jon Glentoran

 Les mutants de la Saint-Sylvestre (1987) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

Les derniers articles par Cherycok (tout voir)

10 Comments

Add a Comment
  1. moi qui etais pratiquement toute les semaines devant les jeudis de l’angoisse de la 6 ou les accords du diable de la 5 (plus vieux mais avec Sangria ^^ ) je suis bien heureux d’avoir échapper a ca 😀 la dernière capture envoit du rêve ,le mec “enterrer “dans le sable recouvert d’algues pour cacher la misère, c’est lolesque …le fond vert avec le fantome dans la cuisine c’est top aussi ,digne de pas de pitié pour les croissants 😀

  2. Il n’était pas passé aux Jeudi de l’angoisse. Je crois que lors de la diffusion, ca n’existait même pas d’ailleurs. C’était à genre 21h (car j’étais encore debout vu mon jeune age). Et ouais, tu ne perds rien du tout. Le dernier screenshot en plus, tu ne vois mêmes pas quand il se fait découper la tête vu que ca coupe et ca lance le générique de fin au moment ou l’hélice rentre en contact avec la tête

  3. si c’est encore plus vieux c’est possible que ce soit bien avant 21 heures, les films a cette époque c’etait plus proche de 20h vue qua la 6 c’etait qu’un flash info et encore 😮 par contre ca me surprend qu’un film de ce genre soit en 1ere heure, moi j’avais le 1er vendredi 13 en deuxieme heure ,dans les jeudis de l’angoisse et le film etait censurer de façon incroyable (on voit même pas “qui on sait ” se faire decapiter a la fin juste le debut de coup de pelle ) ha oui ? ah la vache ,genre ca veut mettre un gros rebondissement de fin mais ca se degonfle en balancant le générique (en même temps ca fait des économies d’effets speciaux et maquillage 😀 )

  4. J’ai vu pas mal de vieux classiques bis et gore (dont pas mal de films transalpins) réédités par Néo Publishing, et il y en a certains qui sont incontournables (Cannibal Holocaust, L’au Delà, Frayeurs…)
    Mais, je n’ai jamais tenté ce Réveillon Sanglant…
    Apparemment, je n’ai pas raté grand-chose !
    J’ai revu récemment La Revanche des Mortes-Vivantes, un des premiers films gore français (Cocoricooo !) mais surtout une bête de concours nanardesque qui me fait marrer à chaque visionnage et qui contient quelques scènes gore bien gratinées !
    Ce Réveillon Sanglant à côté semble vraiment chiche en terme d’horreur et de gore..
    Dommage, ça aurait pu être fun !

    Oooh, scott, tu me renvoies à de vieux souvenirs avec “Pas de Pitié pour les Croissants” !
    La série bien barrée du Club Do’ le dimanche matin !
    Qu’est-ce que j’ai pu me marrer là devant ! 😀

  5. Comme Scott, je regardais dés mon plus jeune âge absolument tout ce qu’il passait d’horrifique à la télévision peu importe les chaînes (avec les merveilleuses censures de M6), mais j’étais passé à côté de celui-là. Pas plus mal remarque 😀

    Roh Paga, mais avant La Revanche des Mortes Vivantes, il y avait Jean Rollin, qui avait mit un peu de gore dans certains de ses films, notamment Les Raisins de la Mort et La Nuit des Traquées en 1978 et 1980 (oui, je défends Jean Rollin, enfin, une partie de sa filmographie 😀 )

  6. Roh Rick, mais je sais bien qu’il y avait Jean Rollin !
    Comment l’oublier ?
    C’est bien pour ça que je parlais de “La Revanche… ” comme “un des premiers” films gore français…
    En tout cas, c’était un des 1ers films français à revendiquer son côté gore..
    Au final, le résultat est surtout involontairement hilarant, mais bon, je prends ! 😀

  7. Beaucoup l’oublient 😉 Ou n’en parlent juste pas haha.
    D’ailleurs, je viens de voir que j’ai encore pas mal de films de Rollin à mettre en ligne ici. Il manque d’ailleurs un de mes préférés : Lèvres de Sang. Et du coup, les fameux Raisins de la Mort, La Nuit des Traquées, Fascination aussi.
    Des films ironiquement détestés en France mais adorés en Amérique, du coup j’ai les Blu-Ray dézonés. D’ailleurs je crois que je les ai tous, tout simplement.
    Jamais vu sinon La Revanche des Mortes-Vivantes. Dans le cinéma sanglant Français, passé les Rollin, je n’ai repris qu’avec Baby Blood.

  8. Ouais en fait, Jean Rollin, c’est un peu le Ed Wood français d’un certaine manière..

  9. Hmmmm oui et non ! Il a un style, il livre parfois de très belles images. Juste… la direction d’acteur et lui se limitait à donner le scénario et démerde toi. C’est surtout cet aspect qui lui a valut toutes les critiques, car bon, les films fauchés, on en a eu (et vu) d’autres.

  10. Dire qu’à l’époque ils passaient à la télé des films d’horreur en prime time, en général la 5, comme ‘CHUD’, ‘Breeders’, ‘Alice sweet Alice’… Une époque de liberté bien agréable. ‘Réveillon sanglant’, j’avais acheté la VHS dans un bac à soldes de supermarché. Je connaissais la jaquette et le réalisateur d’ailleurs. On a des idées, mais tout est évidemment sabordé par un amateurisme assez gênant. Dommage, car les autres films de Warren, sans être exceptionnels, sont plus gores, généreux et mieux fichus ( excepté peut-être ‘Le zombie venu d’ailleurs’ ).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *