[Film] Masters of Horror : Sick Girl, de Lucky McKee (2006)

La solitaire, timide et lesbienne Ida Tetter travaillant au Musée d’histoire naturelle est obsédée par ses animaux, sa collection d’insectes. Alors qu’elle commence à fréquenter Misty, une jeune fille, elle reçoit un paquet contenant un insecte étrange…


Avis de Rick :
Lors de la première diffusion de Masters of Horror, la série était considérée comme le messie. Oui, une série réunissant les grands noms de l’horreur : Argento, Hooper, Coscarelli, Gordon, Dante, Landis, Carpenter. Mick Garris avait trouvé en créant la série le bon filon, qui n’aura malheureusement duré que deux saisons. Et si à l’époque, j’avais pu voir quelques épisodes, notamment certains des meilleurs (le Carpenter, le Gordon, le Miike), et bien… j’avais également vu le Tobe Hooper, qui m’avait profondément ennuyé et m’avait fait lâcher la série. Oui je sais, c’était stupide puisque les épisodes sont indépendants, et ont chacun leur style et leur histoire. Mais récemment, en revoyant The Woman de Lucky McKeee et en explorant un peu la filmographie de l’ancienne star des parodies érotiques Misty Mundae, depuis devenue Erin Brown, je suis tombé sur une curiosité. Oui, la jeune femme avait tourné dans un épisode de Masters of Horror nommé Sick Girl, coécrit et réalisé par Lucky McKee, réalisateur que j’adore. Un tour sur amazon, l’achat du volume 2 en Blu-Ray contenant les épisodes de McKee, Argento et Landis, et me voilà avec la bête. Et si au final Sick Girl ne fait pas parti des meilleurs opus de la saison 1, il m’aura fait passer par des émotions diverses, m’aura fait me poser des questions plus d’une fois, et avec ces 56 petites minutes au compteur, m’aura bien diverti. Le principal non ?

Sick Girl nous raconte donc l’histoire d’une femme dont la spécialité est l’entomologie, l’étude des insectes. Elle est passionnée au point d’avoir une impressionnante collection chez elle. Et Lucky McKee oblige, celle-ci est lesbienne, n’arrive pas à trouver l’amour, est très timide et totalement décalée. Oui, le personnage féminin classique de ses métrages, joué qui plus est par Angela Bettis, qui tenait déjà le rôle principal de May, et un important dans The Woman, la mère de famille. Et quand le métrage commence, je me suis dit « mais what ? ». Car oui, Sick Girl la majeure partie du temps, joue dans le registre de la comédie légèrement absurde. Et ça fonctionne, notamment grâce à la très solide interprétation. Dès le début, oui, Ida (Angela Bettis donc) fait rire, et en même temps, l’insecte important pour l’histoire, arrivant dans un colis, est là dés la scène d’ouverture. Mais tout se met véritablement en place lorsque sur les conseils de son collègue de travail, Ida parvient à faire le premier pas et à inviter la jolie jeune fille aux cheveux longs qui squatte dans le hall de son lieu de travail à diner. Oui, la jolie jeune fille, ce sera Erin Brown, jouant Misty. Et mis à part le fait que le fameux gros insecte s’échappera et va mordre Misty à l’oreille, toute la première partie du métrage joue plutôt le registre de la comédie pure. Ça marche, entre les réactions timides et abusées d’Ida, le débit de paroles de Misty, le rythme général de l’histoire. On ne s’ennuie pas, on rigole parfois.

Mais on se demande bien s’il s’agît vraiment d’une histoire horrifique. Petit à petit heureusement, voilà que Misty se met à changer, d’abord psychologiquement, puis physiquement. Oui, l’insecte a un effet plutôt radical sur elle, les sautes d’humeur sont nombreuses, elle devient plus provocante, plus bitch dans un sens, et plus dangereuse. Même si l’humour ne reste rarement bien loin, comme lors de l’embrouille entre Misty et la propriétaire de l’immeuble, l’horreur débarque clairement dans le récit, et le tout s’accélère et devient plus radical dans ses toutes dernières minutes, non sans oser un final à la fois monstrueux et totalement comique. Sick Girl est donc un métrage étrange, assez osé dans sa manière de manier l’humour d’ailleurs, et pourrait même paraître au début un peu hors de propos. Et pourtant, sans être le meilleur épisode de la saison 1 (désolé McKee, mais Carpenter gagne haut la main), Sick Girl va divertir, amuser parfois, et délivrer ce que l’on pourrait attendre de lui. Certes le métrage est certainement moins bons que les longs métrages de McKee, mais il reste plutôt solide, et bénéficie surtout des solides interprétations de Angela Bettis et d’Erin Brown.

LES PLUSLES MOINS
♥ L’humour fonctionne bien
♥ Angela Bettis et Erin Brown, amusantes
♥ L’horreur pas si mal amenée que ça
⊗ Le mélange d’humour et d’horreur un peu spécial
⊗ L’horreur tarde à arriver
note8
McKee ligne un épisode étrange, divertissant, mélangeant l’humour et l’horreur. Ça marche grâce à une très bonne interprétation des deux actrices principales, mais son épisode ne restera pas non plus parmi les meilleurs de la série.



Titre : Masters of Horror : Sick Girl

Année : 2006
Durée :
56 minutes
Origine :
U.S.A.
Genre :
Horreur
Réalisation : 
Lucky McKee
Scénario : 
Lucky McKee et Sean Hood
Avec :
Angela Bettis, Erin Brown, Mike McKee, Jesse Hlubik, Marcia Bennett et Chandra Berg

 Sick Girl (2006) on IMDb


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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

6 Comments

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  1. Dans cette série, j’aime bien la saison 1 dont seuls 3 épisodes m’ont fait chier : les épisodes de Mick Garris (Chocolate), Tobe Hopper (la danse des morts) et Larry Cohen (Serial auto-stoppeur)
    Les autres je les aime bien, même ceux un peu bancals comme celui-là, parce qu’il est assez bizarre et avec un ton suffisamment curieux pour être mémorable.

    La saison 2 par contre…c’est la douche froide. J’aime toujours l’épisode de Stuart Gordon (the black cat), celui de Landis (Family), celui d’Argento (Pelts, même s’il est très over the top et plus proche d’un conte de la crypte que d’un truc bien sérieux), et aussi celui de Rob Shmidt (Right to die) mais les autres…
    j’ai trouvé le Carpenter de la saison 2 complètement naze avec un gros démon de Warcraft à la fin…et je me souviens plus trop des autres mais c’était pas fameux fameux. Je n’ai gardé que les DVD avec mes épisodes préférés^^

  2. Je n’ai pas vu tous les épisodes. Mais pour la saison 1, le Hopper m’avait calmé, j’avais détesté.
    Pour cet épisode, l’association de Lucky McKee que j’adore comme réal (May, The Woman) et même producteur (The Lost) avec Erin Brown ne pouvait que me plaire.
    Pour la saison 2, j’en ai vu très peu, la plupart étant… mauvais il faut le dire. Le Carpenter commençait bien mais oui le monstre est totalement raté et fait plonger l’ensemble dans le navet, dommage. J’avais beaucoup aimé le Argento, certes over the top, mais sérieusement emballé, et il se lâchait totalement en gore comparé à Card Player qu’il avait fait je crois juste avant.

  3. J’ai plus trouvé mon compte dans la saison 1.
    J’ai surtout adoré “La Maison des Sévices” de Takashi Miike, “Liaison Bestiale” de McKee (j’ai adoré May et The Woman également ! The Woods, un peu moins.)
    Le “Vote ou Crève” de Joe Dante très sympa aussi, et “La Fin Absolue du Monde” de Big John idem !

    1. C’est bien ce que je dis, la saison 1 est meilleure. Je citais les épisodes que je n’aime pas^^
      Pour la saison 2, ça va plus vite de citer ceux que j’aime…
      Donc oui, il y a le Argento sympa, le Gordon, le Landis. Et le Right to die de Rob Shmidt, je connais pas du tout le réal mais il était pas mal.

      1. Je réagissais au 2 commentaires Matt, le tiens et celui de Rick.
        Par contre, je m’apperçois que j’ai oublié de mettre “ce” devant Liaison Bestiale…vu que c’est de ce film dont il est question dans la chronique de Rick.

  4. Je ne crois pas avoir vu le Gordon (réalisateur que j’aime beaucoup pourtant) de la saison 2 tiens, il faudrait que j’essaye de le choper. Liaison Bestiale oui, j’ignorais le titre français, l’ayant vu au final tardivement en Blu-Ray anglais, donc sous son titre original.

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