[Film] Le Couvent, de Mike Mendez (2000)

1960. Sans explication, Christine, une étudiante, pénètre dans le couvent St-Francis pendant une messe, équipée d’un bidon d’essence, d’une batte de baseball et d’un fusil à pompe. Après avoir frappé quelques sœurs avec la batte, elle met le feu au bâtiment puis tue toutes les personnes présentes.Quarante ans plus tard, un groupe d’étudiants s’aventure dans le couvent abandonné, qui a désormais la réputation d’être hanté. Ils ignorent alors qu’un autre groupe d’étudiants, apprentis satanistes, sont également dans les lieux. Ces derniers kidnappent une des leurs pour faire une messe noire, au cours de laquelle ils réveillent les esprits des morts.


Avis de John Roch :
Mike Mendez, en voilà un réalisateur des plus sympathique. Proclamé nouvelle espoir du cinéma indépendant après avoir retourné le festival de Sundance avec son premier long Serial Killers, Mendez n’aura jamais une carrière à la Sam Raimi ou Peter Jackson et est resté dans le monde du B parfois à tendance Z. Ce qui n’est pas un mal pour ce fan de cinéma de genre qui n’aurait rien à gagner à avoir des budgets sans contrôle créatif, le cinéaste fait ce qu’il veut là où il est et est coupable de plusieurs petits films très sympa à défaut d’être inoubliables : Big Ass Spider, Lavalentula et sa suite, Don’t Kill It ou son segment ultra Z mais ultra jouissif pour le film à sketch Tales of Halloween. Des purs films du samedi soir, de l’ordre de ceux qu’on allait louer aux vidéoclubs à l’époque. Ce qu’est également Le Couvent, second effort de Mendez qui s’adresse avant tout aux fans des séries B des 80’s qui y verront un rejeton tardif des Evil Dead et autres Démons avec un relent de Nunsploitation coloré et cartoonesque, qui a surprenamment eu une brève carrière dans nos cinémas. La naissance du couvent, on la doit à un projet de Mendez qui a capoté, entre en jeu Chaton Anderson, amie d’enfance du réalisateur qui écrit un script basé sur une virée dans un couvent abandonné dans lequel des avortements auraient eu lieux. Une histoire qui plait à ce fan d’Evil Dead 2 qui a été en école catholique, qui dispose d’un budget de 850000 Dollars (bien que la production l’est vendu comme un film tourné pour dix fois plus cher, sans doute pour ne pas refroidir les acheteurs à une époque où le B et le Z ne pouvaient plus profiter des vidéoclubs pour s’exporter) pour boucler son film..

Tout sent bon les années 80 dans le couvent, de l’histoire typique des jeunes qui vont déchainer les enfers en visitant un couvent abandonné source de légendes urbaines en partie vraies, jusqu’au personnage qui reprennent les clichés habituels. On retrouve donc le couple composé de la Cheerleader et de son bellâtre sportif, le queutard, le souffre-douleur et sa sœur bienveillante, la gothique, mais aussi des nonnes démoniaques, Coolio qui vient faire un coucou amusant, et des suppôts de Satan amateurs et aussi cons que le reste des protagonistes. Car ici, la jauge de débilité des personnages a été poussé au maximum, ces derniers tous aussi idiots que drôles, aidé par des dialogues qui font pour la plupart mouche et des situations parfois hilarantes. On nage ici dans une pure comédie horrifique qui atteints ses objectifs dans les deux genres qu’il aborde. Quant à l’horreur, elle met un petit temps à arriver, car on n’échappe pas à la traditionnelle présentation des personnages et de la mise en place de l’histoire qui n’est pas ennuyeuse du fait de la connerie des protagonistes mais tout de même trop longue, une bonne demi-heure sur 1h14 qui aurait pu être raccourcie, mais qui reste tout de même indispensable pour atteindre une durée d’un long métrage. Il ne faut cependant pas être refroidi par cette première partie, car dès que le sacrifice qui va déclencher l’enfer sur le couvent, le métrage passe la seconde et ne s’arrête plus jusqu’à son générique de fin.

A partir de là, Le Couvent se transforme en délire cartoonesque, une sorte d’épisode de Scooby-Doo qui enverrait Fred, Velma et compagnie enquêter sous acide au sein d’une rave party underground, mais qui étirerai la partie dudit épisode ou les personnages fuient les fantômes. Si l’on reconnait un hommage à Evil Dead dans certain plans et Démons pour le look des…démons, Mike Mendez réussi à donner une vraie personnalité à son métrage, en partie issue d’un recours au système D pour combler le faible budget, en particulier sur les effets sanglants. Si des effets gores parfois bien cheap et du faux sang sont bien présents, ça coute cher. C’est donc la peinture fluo qui a été utilisé dès lors qu’il faut montrer les nonnes dans toute leur splendeur se faire décapiter, écraser, ou recevoir une dose de chevrotine. Le film n’en sort que grandi, l’aspect cartoon n’en est que plus prononcé et donne un cachet esthétique particulier, une sorte de délire flashy néo rétro, mise en valeur par la mise en scène de Mike Mendez qui fait appelle à plusieurs effets de style frénétique qui participe au rythme du film, quand il ne fait pas des choses un peu plus classes tel la scène d’introduction aux ralentis stylisés qui a franchement de la gueule. Le Couvent réussi son pari, à savoir divertir son publique, les fans des films d’horreur des années 80 en première ligne, avec une bonne dose de fun, de gore, de dialogues drôles et de scènes parfois à mourir de rire, qui donne également l’occasion à Adrienne Barbeau de sortir de sa retraite pour botter les culs des nonnes des enfers.

LES PLUSLES MOINS
♥ C’est gore
♥ C’est fun
♥ On ne s’ennuie pas
♥ Un film vraiment drôle
♥ L’esthétique flashy rétro 80’s
⊗ Ça met du temps à démarrer
⊗ C’est tout de même assez cheap par moments
Avec Le Couvent, Mike Mendez signe une très bonne comédie horrifique qui s’adresse avant tout aux fans des films d’horreur des années 80 auquel il rend un hommage avec un film gore, fun et drôle à l’esthétique flashy réussie. Un divertissement digne des films de série B loués à la grande époque des vidéoclubs

LE SAVIEZ VOUS ?
• Megahn Perry et Joanna Canton se connaissait bien avant le tournage du film. Elle ont grandi dans la même ville et sont même sorties avec le même petit copain.
• Joanna Canton a rencontré Coolio pour la première fois lorsque celui-ci est venu dans sa loge pour trouver une télé sur laquelle brancher sa Playstation.
• Le budget n’a permis l’achat que d’une paire de lentilles de contact fluorescente que les acteurs se sont partagés pendant le tournage.



Titre : Le couvent / The convent
Année : 2000
Durée : 1h14
Origine : U.S.A
Genre : Satan l’habite
Réalisateur : Mike Mendez
Scénario : Chaton Anderson

Acteurs : Joanna Canton, Richard Trapp, Dax Miller, Renée Graham, Liam Kyle Sullivan, Adrienne Barbeau, jim Golden, Chaton Anderson, David Gunn, Kelly Mantle

 Le couvent(2000) on IMDb


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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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Cherycok
Administrateur
2 mai 2022 15:17

Celui-là, il m’avait bien fait délirer à l’époque, au point que j’en avais loué le premier film du réalisateur, Serial Killers, qui était également dispo dans mon video club. C’était le jour et la nuit mais j’avais apprécié les 2. Big Ass Spider et Lavalantula de Mike Mendez sont également très funs.