[Film] Le Bout du Monde, de McG (2019)


Féru de technologies et introverti depuis la mort de son père, Alex se lamente sur la décision de sa mère. Cette dernière l’emmène en colonie de vacances dans le but de se faire des amis. Cas réussi, Alex rencontre d’abord ZhenZhen sans vraiment se parler, puis Dariush et Gabriel. À l’instant de leur vraie rencontre en pleine montagne, ils découvrent avec stupeur les attaques extraterrestres en plein camp…


Avis de Cherycok :
Netflix continue encore et toujours à récupérer et recycler des réalisateurs connus soit que plus personne ne veut et qui peinent à trouver des financements, soit qui tout simplement en ont assez des dictats de Hollywood et qui veulent avoir un peu de liberté, ou tout simplement après les avoir arrosés d’un joli petit chèque pour qu’ils viennent remplir leur énorme catalogue. Steven Soderbergh avec High Flying Birds, Alfonso Cuaron avec Roma, Martin Scoresese avec The Irishman, les frères Coen avec La Balade de Buster Scruggs, David Fincher avec Mindhunter, Bong Joon-Ho avec Okja, … La liste est longue et dans cette liste on trouve le réalisateur McG qui s’est fait connaitre au début des années 2000 avec Charlie et ses Drôles de Dames et sa suite et qui a depuis pondu Terminator Renaissance (2009) ou encore We Are Marshall (2006). Netflix l’avait déjà sollicité pour le très fun The Babysitter en 2017 et ce fût un succès pour la plateforme. C’est en toute logique qu’on le retrouve à la tête d’une nouvelle bobine estampillée Netflix en cette année 2019, Rim of the World, sortie chez nous sous le titre Le Bout du Monde. Sauf que voilà, la sauce ne peut pas prendre à tous les coups…

La bande annonce nous promettait en gros une sorte de croisement entre Stranger Things, Les Goonies et Independance Day. C’est bien le résultat qui nous est proposé 1h40 durant. Sauf que voilà, je crois que du haut de mes bientôt 39 balais, je n’étais pas du tout la cible de ce film. Alors oui, un film dont les héros sont des enfants, avec des extraterrestres, des explosions, et plein de bons sentiments, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Mais voilà, c’était malgré tout classé « 13 ans et plus », il semblait y avoir quelques excès de violence donc on aurait pu croire à un divertissement ciblant également les adultes. C’était tendancieux. Mais en fait non, Le Bout du Monde est clairement destiné à un public compris entre 12 et 16 ans, et encore, pas trop regardant sur la marchandise. Car en voulant plaire au plus grand nombre, Le Bout du Monde se vautre dans tous les clichés possibles et imaginables, succombe à la mode du « je te mets des références / hommages / pompages partout pour te montrer que je connais mes classiques » en mode gros sabots, et se fait beaucoup trop linéaire et prévisible pour créer un quelconque suspense. Dis comme ça, on pourrait croire que Le Bout du Monde est une immonde purge. Ce n’est pas non plus le cas car malgré tout, même si ça ne procure aucune émotion, que ça peut faire grincer des dents, et que c’est souvent maladroit ou à côté de la plaque, ça reste un divertissement regardable.

D’entrée de jeu, rien qu’avec les personnages, on est dans le plus pur cliché. On a le jeune rouquin timide, pas sûr de lui, mais à fond dans les sciences. On a la jeune et jolie asiatique bien plus sûre d’elle, sorte de Rambo au féminin dont le héros va tomber amoureux. On a le grand brun mexicain réfléchi, la force tranquille du groupe. On a enfin le black qui passe son temps à faire le cake car il cache quelque chose d’enfoui, et qui va déblatérer blague sur blague. Je rectifie, ce n’est plus du cliché, c’est de la caricature. United Colors of Benetton n’aurait pas fait mieux ! Le scénario est ce qu’il est, d’un classicisme total avec des enfants qui vont se retrouver dans le rôle de sauveurs de l’humanité après qu’une astronaute leur ait confié en pleine attaque extra-terrestre une clé cryptée à apporter à un scientifique. Cette clé contient les coordonnées du vaisseau-mère extraterrestre et, une fois branchée sur des méga ordinateurs de la mort, activera des rayons lasers depuis des satellites en orbite autour de la Terre histoire d’éradiquer ces sales mutants, qui font sortir des chiens de l’enfer de leur dos, venus perturber la paisible vie des Étasuniens. Hautement improbable et absurde mais pourquoi pas après tout, il y en a qui ont fait bien pire…
Tout ceci est bien entendu rempli de bons sentiments à communiquer à nos chères têtes blondes. Il faut s’entraider ; on forme tous une famille ; on a tous eu des problèmes dans notre enfance mais vous voyez, si on va tous dans le même sens on est plus forts ; il ne faut pas faire confiance à n’importe qui ; bla bla bla… Oui, c’est un peu guimauve tout ça…

Niveau mise en scène, là aussi ça coince un peu. C’est correctement filmé, certains plans sont très beaux, mais les filtres jaunâtres qui sont souvent employés ne sont pas du plus bel effet. On sent que c’est là pour retranscrire ce côté « fin du monde », mais du coup la photographie sonne souvent faux. Même chose en ce qui concerne les nombreux CGI, c’est un peu foireux. Autant le design de la créature est pas mal, avec une bonne tête bien méchante, autant la qualité des effets spéciaux en images de synthèse laisse pas mal à désirer. Que ce soient les explosions, les batailles aériennes, où tout simplement les attaques des monstres, on sent que le département CGI n’est pas celui qui a obtenu le plus d’argent. En même temps, avec un budget « d’à peine » 15M$US pour un film du genre, il allait bien falloir faire des compromis.
Et donc il y a ces références grossières, qui arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe, sans même un effort pour les amener finement. Jurassic Park, Gladiator, Rush Hour, Star Wars, Stranger Things, Beethoven, John Wick, ou encore Independance Day. Et dans le genre « j’amène les choses sans aucune finesse », on a dans Le Bout du Monde le placement de produit le plus grossier du cinéma. Une scène entière dédiée à la marque Adidas, avec ralentis, musique gangsta, acteurs qui se trémoussent. Tout simplement improbable. Le genre de scènes qui vous sort immédiatement d’un film. C’est dommage car en dehors de ça, nos quatre jeunes ados s’en sortaient plutôt correctement. Et au final, quand on accumule tous ces problèmes, on ne peut objectivement pas considérer comme un bon film. Une bobine qui se regarde, car elle est courte et qu’il n’y a pas vraiment de temps mort, à la limite, mais un bon film, voire un film moyen, non.

LES PLUSLES MOINS
♥ Quelques bons moments⊗ Des clichés à la pelle
⊗ Prévisible de bout en bout
⊗ Le placement de produit gerbant
Effets spéciaux ratés, personnages caricaturaux, clichés à ne plus savoir quoi en faire, références plus que grossières, Le Bout du Monde est une énième production Netflix sans âme qui ne plaira sans doute même pas au public des 12/15 ans qu’elle vise. Regardable, mais sans réel intérêt.



Titre : Le Bout du Monde / Rim of the World
Année : 2019
Durée : 1h38
Origine : U.S.A
Genre : Mélange indigeste
Réalisateur : McG
Scénario : Zack Stentz

Acteurs : Jack Gore, Miya Cech, Benjamin Flores Jr, Alessio Scalzotto, Andrew Bachelor, Annabeth Gish, Scott MacArthur, Dean Jagger, Michael Beach

 Le bout du monde (2019) on IMDb


Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

Les derniers articles par Cherycok (tout voir)

2 Comments

Add a Comment
  1. De McG, j’avais bien aimé à l’époque le premier Charlie et ses drôles de dames. Pas un grand film, loin de là, bien stupide, trop poseur, mais ça restait sympathique. Bon le 2 par contre… Après, je n’ai vu et aimé que The Babysitter qui était fun en effet ^^ Terminator 4 bof. Donc bon, son nouveau film Netflix, ça ne m’emballe pas plus que ça, même s’il n’est pas manchot à la caméra en soit.

  2. Non mais clairement, sur celui là, je pense que tu ne perds rien. Même la mise en scène au final n’est pas terrible j’ai trouvé. Et pour Netflix, autant rester sur le premier de McG, The Babysitter, là au moins c’est fun. Ce Rim of the World en fait, c’est un film trop basique, trop “si je mélange ca ca ca et ca, ca va marcher parce que ca ca ca et ca, les gens connaissent et aiment”, sauf que ca ne marche quasiment jamais. Il y a bien quelques scènes qui font mouche, mais ca s’arrête là…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *