[Film] Josey Wales Hors-la-loi, de Clint Eastwood (1976)

À la fin de la guerre de Sécession Josey Wales cultive tranquillement son champ dans le Missouri quand les irréguliers nordistes du Kansas du capitaine Terrill surgissent, incendient son ranch, violent sa femme et massacrent sa famille. Une bande de partisans sudistes arrivant peu après, il la suit. Mais le Sud est vaincu et le sudiste Fletcher annonce une amnistie aux partisans qui déposeront les armes. En fait, c’est un piège : lors de la reddition, au moment où les partisans prêtent serment à l’Union, les nordistes les abattent à la mitrailleuse. N’en réchappent que Josey Wales, qui avait refusé de se rendre (il est très méfiant, ce qui lui sauvera la vie plusieurs fois), et un jeune franc-tireur blessé. Josey Wales ayant dans l’affaire massacré un gros paquet de Nordistes, sa tête est mise à prix.


Avis de Rick :
En 1972 paraît le roman Josey Wales écrit par Forrest Carter, ancien membre du KKK. Eastwood investie son propre argent pour obtenir les droits, et Sonia Chernus s’occupe de l’adaptation, bientôt aidée par Michael Cimino et Philip Kaufman. Kaufman qui devait d’ailleurs réaliser au départ, mais des conflits éclatent puisqu’il juge l’aspect politique du roman beaucoup trop cru et violent. Mais le tournage commence malgré tout le 6 Octobre, et les gros conflits continuent, entre la méthode Eastwood (tournage rapide, sur le vif) et la méthode Kaufman (attention de tous les détails, préparation). À peine 2 semaines plus tard, Eastwood et le producteur Bob Daley virent Kaufman, et Eastwood récupère le poste de réalisateur. Un retournement de situation assez mal vu à Hollywood et par les guildes, qui créent alors une nouvelle législation dans le milieu. Ah ça, c’était un beau bordel. Qui a raison, qui a tort ? Peu importe, Eastwood a donné son point de vue sur la question depuis un bail, et que sa façon de faire ai été bonne ou pas, son argument se tenait (la vision d’une œuvre dans laquelle il s’est investi, en terme de temps, de travail, mais également d’argent personnel). Bref, Josey Wales est un des westerns réalisés par Eastwood dont on parle un peu moins, surtout si on le compare à l’énorme Impitoyable en 1992. Impitoyable est le chef d’œuvre, et à côté, les ont leur préférence entre les œuvres restantes, en particulier ce Josey Wales et Pale Rider, qu’Eastwood signa en 1985. Personnellement, je lui préfère Josey Wales. Car en plus d’être un bon, que dis-je, un excellent western, Josey Wales représente en plus en quelque sorte un résumé du genre en lui-même, et on y trouve quasiment tous les éléments du genre, que ce soit au niveau des personnages, des situations, des thèmes. L’intrigue se déroule pendant et après la guerre de sécession, et reste, dans les faits, une simple histoire de vengeance. Josey est au départ un fermier qui vit avec femme et enfant une petite vie tranquille, mais dés la scène d’ouverture, le drame survint, et Josey change, se durcit, et devient un homme poussé par la vengeance. Du classique, surtout si l’on rajoute son humanisation, petit à petit, au contact d’autres personnages.

Une sorte de rédemption en quelque sorte. Le métrage se découpe donc clairement en deux parties. La première, faisant plus ouvertement parler la poudre et montrant un personnage violent qui n’hésite pas à tuer de sang froid et à cracher sur les cadavres de ces victimes. En toile de fond ? L’absurdité de la guerre, de la violence se laquelle le pays s’est bâtie, et les trahisons des hommages pour des raisons diverses, et très souvent financières, et ce dés le début lorsque Fletcher, chef de groupe que Josey Wales a rejoint par le passé, passe un pacte avec les Nordistes en leur livrant ses hommes, les sacrifiant ainsi pour sa survie et ses envies personnelles. La première partie, outre la vengeance de Wales, est surtout une fuite en avant, Wales étant traqué, et trainant avec lui un blessé. C’est finalement sa rencontre avec un chef indien par la suite, puis en sauvant un groupe attaqué par des bandits, en particulier la jeune Laura Lee (jouée par Sondra Locke) que Josey Wales va s’humaniser, se trouver de nouveaux buts, se reconstruire également en quelque sorte. Intéressant dans le fond, Josey Wales l’est, mais il l’est aussi dans la forme. Les images sont souvent magnifiques, la mise en scène comme toujours simple mais appliquée, et les acteurs excellents. Même au niveau du scénario, malgré un côté best of qui contient tout ce que le western a à proposer (à part l’attaque de diligence, absente du métrage), sait quand il doit surprendre le spectateur, via l’évolution de son personnage principal. Ainsi, lorsque Josey Wales partira négocier avec un autre groupe d’indien, il surprend, prouvant ainsi la subtilité d’écriture du personnage., son évolution, mais également le message du métrage. Un grand moment, qui parvient donc à surprendre le connaisseur du genre qui s’attend, aussi tardivement dans le métrage, à un nouveau déferlement de violence.

Comme souvent avec Eastwood, les dialogues sont percutants, et fusent telles les balles de ses pistolets, les scènes d’action sont très bien rendues, les images magnifiques, et le film a bien plus à raconter en grattant la surface, ce qui en fait plus qu’un simple western. Saluons, outre les interprétations d’Eastwood et Locke, la fabuleuse interprétation de Chief Dan George, dont une scène fut improvisée et réussie du premier coup. Et malgré l’humanisation du personnage au fur et à mesure, on ne peut que souligner le final, offrant à Wales à la fois une résolution, et donc, une vengeance, mais également un avenir. Du coup, un métrage à la fois sombre, sauvage, violent, mais finalement optimiste pour le futur de ses personnages, tout en portant un regard amer sur l’environnement dans lequel ils vivent, un environnement à l’image du pays, battit sur la violence, les coups bas et avec son lot de trahisons, juste pour s’assurer de s’en sortir. Un film hautement complet et qui, malgré sa durée, comme souvent longue dans le genre, de 2h15, ne contient pas une seule longueur, même dans ses moments calmes et plus contemplatifs. Du grand art j’ai envie de vous dire. Du grand art maitrisé dans tous ces aspects, par un grand artiste qui n’aura pas fait une seule fausse note dans le western, même si l’on sent encore ici les influences des maîtres qu’Eastwood a côtoyé comme acteur.

LES PLUSLES MOINS
♥ Magnifiquement filmé
♥ Un western complet
♥ Les thématiques abordées
♥ Parfois surprenant malgré ses thèmes classiques
⊗ Des influences parfois marquées… est-ce un mal ?
note2
Pour son deuxième western comme réalisateur, Eastwood frappe fort et livre un film magnifique visuellement malgré ses influences diverses, et surtout passionnant dans son texte et sous texte.



Titre : Josey Wales hors-la-loi – The Outlaw Josey Wales

Année : 1976
Durée :
2h13
Origine :
U.S.A.
Genre :
Western
Réalisation : 
Clint Eastwood
Scénario : 
Philip Kaufman et Sonia Chernus d’après le roman de Forrest Carter
Avec :
Clint Eastwood, Chief Dan George, Sondra Locke, Bill McKinney et John Vernon

 The Outlaw Josey Wales (1976) on IMDb


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Feroner
Administrateur
6 août 2020 20:41

Il ne m’a pas marqué ce film je m’en rappelle Pourtant j’ai du le voir (Jai toute ca filmo enphysique et ca prend de la place).
Tu m’as donné envie de le revoir.

Faze
Faze
Reply to  Feroner
7 août 2020 3:04

Pourtant avec Impitoyable et l’homme des hautes plaines , ils font partie de la sainte trinité du western moderne américain.
Après je l’ai découvert gamin avant même la trilogie du dollar , donc dur d’être objectif , il y a une part de nostalgie qui y joue un grand rôle à mes yeux.
Et puis mine de rien , y’a un message de tolérance intelligemment mis en scène au travers du groupe disparate que se coltine Clint qui est auusi juste que souvent amusant.

Et puis un cow boy qui crache deux fois sur la gueule d’un chien , c’est forcément un bon film ! (J’adore les chiens mais je préfère voir Clint leur cracher à la gueule 😀 )

Faze
Faze
Reply to  Rick
7 août 2020 23:43

Pale rider , comme Silverado et les young guns sont de chouettes western des années 80 , ça pas de doute , mais ils me donne l’impression qu’on est passé à une sorte de blockbusterisation du genre.
Moins personnel , moins touchant mais plus fun et décomplexé.
Après à chacun sa came ! 😉

Et le Rico direct c’est du Leonne des grands jours … rien d’étonnant que petit Rico soit dans le milieu un fois grand !! 😀

Faze
Faze
Reply to  Rick
9 août 2020 23:17

Comme je n’ai pas vu Pale Rider depuis des années , je te fais confiance pour le côté blockbuster , vu que tes avis sont toujours pertinents. (Et tellement proche des miens 😀 haha)

Désolé d’apprendre que ton tournage est reporté … au moins tu pourras mieux préparer la logistique et apporter quelques modifs si nécessaire.
Courage l’ami Rick !