[Film] Hurlements 4, de John Hough (1988)

Une très belle écrivain est assaillit par des visions. On lui prescrit de se rendre dans une petite ville de campagne, Drakho, pour se détendre, après une crise nerveuse. Elle se retrouve mêlée à une histoire de démons et de loups garous.


Avis de Rick :
En général, plus les sagas du cinéma d’horreur sont longues, moins elles sont bonnes. Il suffit de regarder comment Halloween, Vendredi 13 ou encore Freddy se sont dégradés au fur et à mesure des années. Mais d’autres sagas sont des cas à part, comme Les Enfants du Maïs, où la saga qui nous intéresse ici, à savoir Hurlements. Initiée en 1981 par Joe Dante (Gremlins, Piranhas), la saga commençait, comme beaucoup, par un film sérieux, avec une histoire qui se tient, un minimum de budget, une équipe technique solide derrière. Et même si le métrage a prit un gros coup de vieux, Hurlements reste Hurlements, à savoir un honnête métrage sur les loups garous, et un pas en avant pour les effets spéciaux. Par contre, quand il s’agît de parler de ses suites… c’est une autre histoire. Après un nanar intersidéral très rigolo signé Philippe Mora, et un navet sans nom encore signé Philippe Mora (il nous a eu deux fois, son nom aurait du nous mettre la puce à l’oreille…), la saga passe à d’autres producteurs, en particulier Clive Turner. Vous ne le connaissez pas, mais si vous regardez toute la saga, vous allez vite le connaître, et surtout le détester. Il sera en effet scénariste et producteur sur les opus 4, 5 et 7 (renommé New Moon Rising, et quasi sans loups garous) et réalisateur du septième et triste opus. D’ailleurs c’est simple, sa carrière se limitera à ces trois opus de la saga Hurlements… et à la production de Le Cobaye et sa suite… Glorieuse carrière !

Pour ce premier opus entre ses mains, plusieurs questions s’imposent dés le départ, notamment le fatidique : Pourquoi ? Oui pourquoi ! Pourquoi faire un film nommé Hurlements 4 s’il ne s’agît en vérité que d’un quasi remake du premier opus ? Pourquoi attendre aussi longtemps en essayant de poser une ambiance alors qu’arrivé au quatrième opus d’une saga, on sait normalement à quoi s’attendre ? Et surtout pourquoi prendre un réalisateur normalement doué comme John Hough (La Maison des Damnés, Incubus) pour lui donner un budget minable et le forcer à tourner un film pour le marché de la vidéo en format 1.33 ? Oui Hurlements 4, titré en anglais The Original Nightmare ne va pas briller par ses qualités scénaristiques, puisque l’on nous invite à suivre encore une fois une femme un peu trop sujet au stress et qui va partir avec son mari (ici joué par un jeune Michael T. Weiss, encore inconnu) dans un coin paumé, un petit village, où les habitants seront bien entendu des loups garous. Seulement le métrage veut faire monter la tension doucement, jouer sur le mystère, et va nous faire attendre une bonne heure avant finalement que les personnages ne comprennent réellement ce qu’il se passe, alors que soyons clairs, si on regarde un film nommé Hurlements 4 en connaissant un peu la saga, c’est bien pour voir du loup garou non de Dieu !

À la place, le scénario nous donne simplement un remake du premier opus, avec son héroïne qui se demande si ce qu’elle voit est vrai ou non, des habitants étranges, des hurlements (oh comme le titre) entendus la nuit, puis son mari se faisant attaquer (mais ça, ça arrive tardivement). Oui, Hurlements 4 est avare en surprises et en bonnes idées. En le prenant comme un remake ou en n’ayant jamais vu l’original, cela doit fonctionner, mais en l’état, le scénario tourne bien trop longtemps autour du pot. Mais en comparaisons au manque de sérieux des deux précédents films, on peut tout de même dire que ça se tient. La mise en scène elle se fait sans vrai éclat de génie, John Hough se contente de faire le boulot qu’on lui demande, tentant par moment de nous mettre des plans inquiétants rappelant ses vrais bons films, avec quelques plans atmosphériques et brumeux. Le plus étrange, c’est que si le film prend son temps, même beaucoup trop, les vingt dernières minutes semblent accélérer, comme si tout le monde se rendait compte qu’en fait, il restait beaucoup à faire et qu’il ne fallait pas dépasser les 1h30. Ainsi, les loups arrivent, des effets spéciaux plutôt bien faits débarquent, les rebondissements s’enchaînent, et en un rien de temps, le final épique se termine aussi vite qu’il avait commencé. Pas déshonorant, mais plutôt inutile et déséquilibré. Et puis merde, pourquoi ?

LES PLUSLES MOINS
♥ Un scénario sérieux
♥ De bons effets spéciaux
⊗ Un quasi remake du premier
⊗ Première heure un brin longuette
⊗ Final expéditif
La saga passe à de nouveaux producteurs, et part dans le DTV sans ambition. Plus sérieux que les épisodes 2 et 3, ce Hurlements 4 se fait un quasi remake du premier, et manque clairement de rythme.



Titre : Hurlements 4 / The Howling 4 : The Original Nightmare
Année : 1988
Durée : 1h34
Origine : U.S.A
Genre : Fantastique
Réalisateur : John Hough
Scénario : Clive Turner et Freddie Rowe

Acteurs : Romy Windsor, Michael T. Weiss, Antony Hamilton et Susanne Severeid

 Hurlements IV (1988) on IMDb


Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

1 Comment

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  1. Un film sérieux et attachant, bien photographié, malgré ses nombreux défauts : rythme inexistant, final expédié ( on a l’impression d’avoir loupé une paire de bobines ), et du blablabla qui fait tourner en rond les protagonistes qui n’ont sans doute pas vu le premier film ni maté la jaquette.
    John Hough fut apparemment handicapé par bien des problèmes : le tournage en Afrique du Sud était très tendu, apparemment entre lui et Clive Turner, une bonne partie du budget n’arriva jamais…
    On sent qu’il fait de son mieux et que ses techniciens aussi afin de donner un métrage présentable. Les acteurs sont plutôt bons.
    Par contre moi j’adore le 3, un gros mélange de parodie, de clins d’oeil en pagaille, d’histoire d’amour volontairement gnangnan et improbable, un véritable ovni !!

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