[Film] Horsehead, de Romain Basset (2014)

Depuis son enfance, Jessica est hantée par des cauchemars récurrents dans lesquels elle est poursuivie par une mystérieuse créature à tête de cheval appelée Horsehead. Dans l’espoir de retrouver la paix, Jessica a entamé des études de psychophysiologie des rêves. Suite au décès de sa grand-mère maternelle, Jessica est contrainte de retourner dans la maison familiale. A son arrivée, elle découvre que son aïeule défunte reposera dans la chambre mitoyenne de la sienne durant la veillée mortuaire…Après une première nuit agitée par un nouveau cauchemar, Jessica tombe subitement malade. Clouée au lit par une forte fièvre, la jeune femme décide d’utiliser son état léthargique pour expérimenter le rêve lucide et essayer ainsi de prendre le contrôle de ses cauchemars, une pratique dangereuse dont certains ne se remettent jamais. Jessica évolue alors dans son propre monde onirique.


Avis de Rick :
Horsehead, c’est un film qui tient dés le départ quasi du miracle. Ce n’est une surprise pour personne, en France, il est très difficile de faire du cinéma de genre. Et au final, soit c’est nul (Sheitan, jamais je ne m’en remettrais, ou encore Martyrs et Lady Blood), soit bancal (le final de Haute Tension, Frontières et ses personnages), soit un gouffre financier (Atomik Circus, Le Pacte des Loups). Au final, les réalisateurs partent pour certains en Amérique (Alexandre Aja, qui aura eu une carrière inégale mais intéressante là-bas), d’autres persistent, et certains ne font plus rien. Et à côté, il y a ceux qui veulent y croire malgré tout. C’est le cas de Romain Basset, qui en plus de vouloir faire un film de genre, veut faire dans l’originalité. Pas de tueur ni de monstre ni d’alien, mais un film se déroulant dans le monde des rêves. Et pour réussir Horsehead, il aura dû trouver lui-même un maigre financement (150 000 euros) et se lancer dans l’aventure.

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Et pour s’assurer un minimum de succès, du moins sur le long terme, il tournera son film en langue anglaise, afin de faciliter l’exportation du métrage. Bingo, puisqu’après une très discrète sortie au cinéma en France, c’est finalement les Etats Unis et l’Allemagne qui auront une galette DVD et Blu-Ray avant nous ! Bref, Horsehead avait sur le papier tout pour me séduire. Une histoire se déroulant dans le monde du rêve, permettant une narration fracturée, des images fortes, une grande liberté créatrice. En plus, on retrouve au casting dans le rôle de la mère Catriona MacColl, bien connue des amateurs pour avoir joué dans les meilleurs films de Lucio Fulci, à savoir Frayeurs, L’Au-Delà et La Maison Près du Cimetière ! Rien que ça. Le rôle principal par contre arrive entre les mains de la jeune Lilly-Fleur Pointeaux, mi française mi australienne.

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D’ailleurs passé la surprise de découvrir un film français tourné en anglais avec des acteurs français, il faut bien avouer que tout ce bon monde joue très bien, et que leurs accents ne sont pas à couper au couteau, loin de là. Deuxième chose qui frappe, c’est que malgré son budget ridicule, Horsehead est un film fait avec le plus grand sérieux. Jamais le budget du film ne se remarque à l’écran, tant Romain Basset semble se donner un fond pour livrer le meilleur produit possible. Visuellement déjà, c’est absolument sublime. Entre les plans très rapprochés sur le visage de l’actrice et les nombreux plans surréalistes dans le monde du rêve, avec ses filtres soit bleutés soit aux couleurs chaudes, et ses nombreux ralentis, Horsehead est un pur plaisir pour les yeux. Car ici, tout est affaire d’ambiance, et l’ambiance de Horsehead est tout simplement envoutante. Ses plans, sa photographie, sa musique parfois étrange, parfois étonnement douce, on se croirait revenu à l’époque des films gothiques de la Hammer, ou même plutôt de la bonne époque du cinéma Italien. Impossible de ne pas y voir un hommage aux films d’Argento et Fulci entre autre !

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Et comme ces scènes de rêves sont extrêmement nombreuses, pour peu que l’on adhère à cette ambiance, on se prend au jeu, mettant alors au placard les quelques défauts du film. Car oui il faut avouer qu’à forcer de vouloir nous faire errer dans la beauté plastique des rêves et cauchemars, Horsehead en oublie parfois quelque peu son propos, au final simple au possible et manquant quelque peu d’enjeux véritables. Certes, on aura une narration construction (mais simple) et une révélation finale (que j’ai personnellement vu venir), mais là n’était clairement pas la priorité du metteur en scène. Ce qui n’est au final pas un mal face au résultat final. Et le fameux Horsehead du titre dans tout ça ? Il est bel et bien présent rassurez-vous, et plutôt bien fait d’ailleurs. Le réalisateur n’abuse pas de ses apparitions justement, augmentant ainsi leur impact et rendant ce monstre pour le moins étrange crédible. De par l’originalité de son sujet et la qualité de sa mise en scène, Horsehead est à classer au niveau des bonnes surprises comme le fut It Follows, bien qu’il se fait également moins accessible.

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Horsehead va diviser, mais si on est prêt à plonger dans son univers onirique et à se laisser porter par ses images et son ambiance, on en sort comblé.

Note :

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Année :
2014
Durée :
1h32
Origine :
France
Genre :
Fantastique
Réalisateur :
Romain Basset

Acteurs : Lilly-Fleur Pointeaux, Catriona MacColl, Murray Head, Gala Besson, Fu-ad Aït Aattou et Philippe Nahon

 Horsehead (2014) on IMDb


 Gallerie d’images:

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Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Gros fan de Lynch, Carpenter, Cronenberg, Refn et tant d'autres. Est toujours hanté par la fin de Twin Peaks The Return.

10 Comments

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  1. Il est sur mon pc bien au chaud ! Merci pour la chro

  2. Ca a quand même l’air bien bien space…

  3. Perso j’ai adoré “Sheitan” rarement je me suis autant marré au ciné je me suis même acheté la BO et le film en édition collector, chose que je fait très rarement, c’est dans la ligné de ce qu’il faisait avec le très bon collectif “Kourtragmé” contrairement a l’inintéressant “Dog Poud” et au banal “crème de la crème”. Peut être que tu t’attendait a un film d’horreur, angoisse et te retrouver dans dans une comédie absurde avec des personnages plus con les un que les autre ta dérouté.
    Putain un film Français tourné en anglais ca fait chier, peuvent pas lire des sous titres les anglophones.

  4. Tu me diras ce que tu en penses Jonathan 😉
    Chery: Tu connais mes goûts hein haha
    Feroner : Ben SHEITAN, pourtant j’aime beaucoup les comédies absurdes (je suis un grand fan de Dupieux par exemple, même si très différent), mais là les personnages m’ont exaspérés dés le départ…
    Heureusement là ils ont pas le gros accent frenchy en parlant anglais, mais bon, choix du réalisateur, ça vaut ce que ça vaut.

  5. Les personnages de “Sheitan” sont exaspérant mais c’est voulut et les voir hors de leur environnement habituel ma fait beaucoup rire comme la scène de la grotte chaude.
    L’anglais j’ai rien contre mais j’en ai marre de l’entendre tout le temps. L’autre jour on m’a fait écouter du rock russe qui chante en anglais, je suis tombé sur une émission radio en direct de Marrakech avec différent chanteur locaux qui chantaient en anglais, je trouve ca un peu triste, il y a une bonne dizaine tout le monde se foutait de la gueule de Jean Claude Van Damme car il mettait plein de mot anglais dans ses phrases (pas que ca non plus) mais maintenant presque tout le monde le fait chez les jeunes (saleté de jeunes). C’est comme naruto prononcé “narouto” en VF alors que en VO on prononce U.

  6. Ben disons que pour un petit film comme ça, qui a sans doute eu du mal à trouver son budget, c’est plus simple de le vendre et de le rentabiliser s’il est en anglais directement. Les groupes c’est pareil, s’ils veulent se vendre un peu partout dans le monde, c’est plus simple de faire ça en anglais. Y’a qu’à voir les groupes français rock du moment, Shaka Ponk ou Skip the Use, ils chantent tout ou presque en anglais

  7. Oui, Sheitan je pense qu’il suffit d’adhérer, de mon côté ce sont typiquement des personnages que je n’aime pas. Les goûts et les couleurs, là c’est totalement subjectif.

    C’est ça Chery le souci, et comme il y a de plus en plus de choix à portée de click et autres, que ce soit en musique, livre, film, il faut faire parfois des choix juste pour s’ouvrir au maximum et espérer. Horsehead et son malheureux petit budget, je pense qu’il a bien fait dans le fond (vu que le film a droit à sa sortie BR et DVD ailleurs qu’en France).

  8. J’avais bien compris mais c’est dommage je trouve, imagine Gainsbourg en anglais,qui en plus il avait du succès a l’étranger.
    Et en plus je trouve ca agréable de voir un film dans une langue que l’on ne connait pas comme la série “Millenium” en suédois ” myn bala” en kazahk, mais bon faut être curieux et savoir lire des sous titres.

  9. Pareil j’avais vraiment bien ri devant Sheitan !! Et oui pour l’anglais c’est comme l’Eurovision, pour gagner faut chanter en anglais.. C’est triste.. C’est la mondialisation.. Mais pour Vandamme, c’est pas la meme chose le pauvre, c’est dur quand on vit 20 ans aux Etats Unis de parler en bon Français en un claquement de doigts quand on a pris l’habitude de penser en Anglais.

    1. 20 ans aux états unis et pas mal de coke, ca aide pas

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