[Film] Heroes Return, de Du Xiu Bin (2021)


Wu Wei, un ancien soldat se rend dans la jungle thaïlandaise pour sauver les prisonniers d’une société pharmaceutique dirigée par Zuo Manqing, qui a l’intention de prélever leur moelle osseuse pour fabriquer un médicament expérimental permettant de prolonger la vie. Wu est accompagné de sa femme Zhilan, une ancienne employée de la société, et de Jinzi, une aventurière locale. Ils sont bientôt rejoints par Gao Tianming, un policier sous couverture retenu depuis longtemps en captivité par Du Xie, un trafiquant d’êtres humains qui approvisionne l’entreprise pharmaceutique en matériel humain.


Avis de Cherycok :
Il y a tellement de wu xia pian interchangeables et de machins à l’eau de rose qui se ressemblent tous sur les plateformes de streaming chinoises du genre iQiY que lorsqu’apparait un film d‘action contemporain, on a envie de le tenter. Surtout quand il y a dedans, comme pour ce Heroes Return qui nous intéresse ici, deux anciennes gloires du cinéma de Hong Kong, à savoir Ray Lui (To Be Number One, Hunting List) et Yuen Biao (On The Run, Prodigal Son). Quelque part, on s’en fiche si le film va être bien, on a juste envie de les revoir, presque par nostalgie. Si le film est bien, c’est jackpot, mais si le film est raté, ce n’est pas grave. En l’occurrence ici, ce n’est clairement pas terrible. Cet actionner bas de gamme made in China nous offre un divertissement plat, fade, et au final assez médiocre.

Heroes Return marque le retour dans un rôle plutôt conséquent de Yuen Biao sur grand écran depuis sept ans (à l’exception de son cameo dans My Beloved Bodyguard de Sammo Hung). Dès la première minute, c’est lui qu’on voit en mauvaise posture, aux prises avec des malfrats qui tentent de le faire parler. Et puis, c’est la disparition jusqu’à mi-film car le vrai héros, ce n’est pas lui mais Ray Lui. Oui, toutes ces anciennes gloires du cinéma de Hong Kong semblent tenter une reconversion en Chine, soit dans des séries TV, soit dans ce genre de bobines. C’est assez triste quelque part mais c’est ainsi. Et donc Ray Lui, 63 ans lors du tournage, il est encore plutôt en forme le bougre, assez athlétique, et lui aussi on est malgré tout content de le revoir. A défaut de grives, on mange des merles comme dit le proverbe. Heroes Return nous met dans le bain d’entrée de jeu avec de la castagne. Un peu trop d’entrée de jeu même au point qu’on a l’impression qu’il nous manque la première partie du film. Une sensation assez étrange qui ne va pas nous quitter jusqu’à la fin car tout s’enchaine super vite, grâce à de très nombreuses facilité scénaristiques et autres trucs qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Des personnages arrivent presque comme par magie, on nous les présente très furtivement, trop même au point que la mort de certains nous en balance une sans toucher l’autre. Mais ce n’est pas grave, le film doit continuer, doit envoyer du canardage, et nous pendant ce temps, on attend. On attend que Yuen Biao se décide enfin, malgré son âge qui avance également, à balancer un coup de tatane. Mais ce moment n’arrivera jamais. Buter du méchant à coup de pistolet, ça oui, mais leur péter les dents avec un kick dont il a(vait) le secret, ça non. C’est clairement la déception et on a réellement cette impression de gâchis d’avoir sous-exploité un artiste martial aussi impressionnant. Ray Lui fait ce qu’il peut de son côté et heureusement car son charisme naturel permet d’avoir un personnage auquel se raccrocher devant la fadeur du reste du casting.

C’est d’ailleurs un gros problème dans ce genre de cinéma de divertissement chinois. Cette jeune génération est lisse, sans éclat, et ça en devient même compliqué ne serait-ce que de reconnaitre les acteurs d’un film à l’autre, là où le cinéma de Hong Kong avait un sacré paquet de gueules reconnaissables parmi 1000. C’est d’ailleurs toute la bobine qui est lisse et sans éclat. La réalisation, bien que propre, est néanmoins très sommaire. On sent quand même très vite qu’on est dans une production sans trop de pognon. Certains décors reviennent à plusieurs reprises, comme cette usine semi-désaffectée, remplie de grosses caisses en bois, qui va être le théâtre des deux gros gunfights du film. On ne peut que saluer l’envie de ne pas utiliser de sang en CGI, mais on voit beaucoup trop, lors des impacts de balles, les poches de faux sang exploser (on les devine sans souci à travers les vêtements). On notera malgré tout de chouettes décors naturels (jungle, pont de singe, village en bois), mais tout est tellement sans aucune originalité que ça en devient lambda. Heroes Return n’est par contre pas avare en action avec certains combats assez sympathiques, bien que là aussi assez lambda. Le rythme est assez élevé, permettant de ne pas s’ennuyer, avec quelques vraies explosions qui font plaisir et un gros killcount, mais là aussi, il n’y a tellement rien de marquant qu’on les regarde sans ressentir la moindre émotion. Entre les scènes d’action déjà pas exceptionnelles, ce n’est guère plus reluisant. Les dialogues sont inintéressants, parfois mêmes inutiles, et les quelques tentatives d’amener un brin d’humour tombent très vite à plat. Définitivement, cette première réalisation de Du Xiu Bin n’est guère reluisante et ne sera même pas arrivée à sustenter l’amateur d’action décérébrée que je suis.

LES PLUSLES MOINS
♥ Rythme soutenu
♥ Le duo Ray Lui / Yuen Biao
⊗ Scénario lambda
⊗ Mise en scène Lambda
⊗ Jeu d’acteur lambda
⊗ Chorégraphies lambda
Note :
Heroes Return est un petit film d’action assez médiocre. Bien qu’on soit content de revoir ces bonnes vieilles trognes que sont Yuen Biao et Ray Lui, nous sommes devant une bobine fade, sans saveur totalement oubliable.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le réalisateur Du Xiu Bin a été assistant réalisateur de scènes d’action sur un ou deux films de Jackie Chan.


Titre : Heroes Return
Année : 2021
Durée : 1h32
Origine : Chine
Genre : Pim pim bam boum
Réalisateur : Du Xiu Bin
Scénario : Du Xiu Bin

Acteurs : Ray Lui, Nina Xu, Yuen Biao, Kathy Chow, Pawalit Mongkolpisit, Chu Xu, Zhang Yonghua, Huang Guan, Ken Tong


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Feroner
Administrateur
27 avril 2021 18:15

Ray Lui mais il a pas changé c’est quoi son secret, Biao il a ramassé par contre.
“Cette jeune génération est lisse, sans éclat, et ça en devient même compliqué ne serait-ce que de reconnaitre les acteurs d’un film à l’autre” C’est vrais et c’est pas possible en plus ils sont plus blanc que blanc ca en devient malsain.
Le cinéma Chinois je me dis souvent mais c’est nul ca sert a rien j’arrète, et non je tombe de temps en temps sur un super truc comme better days ou Ying Yang master ce qui m’oblige a creuser. Le nouveaux Yin Yang master (fausse suite) est pas mal et le casting est moins lisse qu’a l’acoutumé, et il y a Zhou Xun.

Feroner
Administrateur
Reply to  Cherycok
27 avril 2021 18:48

Il est moins maîtrisé mais plus cool plus fun plus rythmé un peut plus fou plus HK dans le fond.