[Film] Fist of Fury: Soul, de Cheng Si-Yu (2021)


Pendant l’Assemblée de Wulin, le Démon de sang Luo a sévèrement endommagé les troupes adverses. Le leader, Huo Changkong, a perdu la moitié de ses pouvoirs lors de la bataille décisive mais il réussit à injecter ce qui lui reste de pouvoir dans le jeune Liu Jing et l’a protégé en se sacrifiant. Quatorze ans plus tard, Liu Jing, devenu spécialiste du kung fu, cherche à trouver l’école « Huo Boxing ». Maître Huo, le propriétaire, accepte de le prendre comme élève mais Liu Jing échoue et doit partir. Dans la rue, Liu Jing a rencontré un autre maitre, Tang Baibai, et le suit à la recherche du maître unique. Mais il arrive dans la planque secrète de la Société des Plumes Noires et fait la rencontre du Démon de Sang…


Avis de Cherycok :
Ma dernière tentative de me lancer dans une bobine chinoise de la plateforme iQIYI s’est soldée par un échec. Desert Dragon était une bonne grosse purge qui ne valait pas un pichet de cidre. Du coup, avant de retenter l’expérience, je me suis un minimum renseigné. J’ai rayé de ma liste ceux qui semblaient assez horribles et je n’ai gardé que ceux dont les maigres avis trouvés sur la toile annonçaient quelque chose de sympathique. C’est ainsi que je me suis retrouvé devant Fist of Fury: Soul et ses 1h10 au compteur (1h05 si on enlève le générique de fin), qui rien que par son trailer m’inspirait bien plus confiance que les moult wu xia pian fantasy qui sortent tous les mois en Chine directement en SVOD. Et ma foi, c’était éminemment sympathique. Pas un grand film non, mais un spectacle agréable qui fait passer un bon moment.

La première question qu’on est en droit de se poser avec un titre pareil, c’est est-ce que ce Fist of Fury: Soul a un rapport quelconque avec le culte Fist of Fury, La Fureur de Vaincre chez nous, de Bruce Lee. Dès l’introduction, on se rend compte que, pas du tout, on va partir ici sur quelque chose de très différent. Nous sommes ici dans un kung fu pian fantasy, avec tout ce que cela va comporter de personnages virevoltants et de sorts de magie. Le scénario va être ultra basique : le démon de sang a tué un grand maitre d’arts martiaux qui, avant de mourir, a donné ses pouvoirs à son fils ; 14 ans plus tard, un jeune homme à la force qui semble infinie fait surface en ville, à la recherche d’un maitre du kung fu ; le démon de sang, toujours en vie, va sentir sa puissance et partir à sa recherche. On est dans du vu et revu, dans du basique de chez basique, mais elle devient malgré tout prenante au bout d’un moment, dès la seconde partie du film lorsque ce dernier abandonne un peu son humour parfois un peu con-con pour se concentrer sur son action. Car oui, nous sommes ici dans un film d’arts martiaux, certes très axé sur le fantastique, mais avec néanmoins des combats bien nerveux et très agréables. On a parfois pas mal de mouvements sans coupe, permettant d’apprécier les chorégraphies plutôt bien fichues même si, comme souvent dans le cinéma martial chinois actuel, la camera bouge un peu trop, cherchant constamment à suivre tous les mouvements des personnages. Mais ils sont nombreux et font plaisir à voir, nous amenant agréablement vers la longue scène finale de presque 25 minutes d’action quasi non-stop.

Difficile effectivement de s’ennuyer devant ce Fist of Fury: Soul, d’autant plus que la mise en scène est assez soignée, avec de jolis filtres de couleurs, des beaux décors et des costumes réussis. Le film va emprunter ses idées à droite à gauche, que ce soit à Dragon Tiger Gate (2006) de Wilson Yip pour certains plans, mais aussi à Kung Fu Hustle (2004) de Stephen Chow pour certains effets visuels. On notera même un clin d’œil à Dragon Ball avec l’accoutrement d’un des méchants, ainsi que les poses qu’il prend, renvoyant directement au personnage de Tao Pai Pai. Certains personnages sont hauts en couleurs, comme celui ressemblant à Buddha, accessoirement cannibale et se battant avec une sorte d’ancre gigantesque accrochée à une chaine, la jolie nénette semblant sortir du film Azumi, ou encore le grand méchant masqué, tout en brutalité. Alors oui, il y a toujours ce souci de jeunes acteurs sans charisme, qui semblent interchangeables tant ils sont lisses, mais quelques-uns, plus anciens, sortent du lot. A noter un petit rôle de Norman Chu (Bastard Swordsman, Duel to the Death) qui semble absolument partout dans le cinéma chinois actuel, présent dans parfois 3 ou 4 films sortant le même mois, et qu’on a toujours plaisir à revoir. Il vient chercher son chèque, il apparait 10 minutes, et il repart. Inutile de chercher une quelconque psychologie des personnages, on n’est pas là pour ça et, de toutes façons, en 1h05, difficile de développer quoi que ce soit. Inutile de s’attarder trop également sur la cohérence de certaines scènes (le héros dit qu’il protège toujours sa famille mais il nous a sorti 2min plus tôt qu’il n’avait pas de famille). Les CGI ne sont toujours pas au point, mais pour qui, comme moi, regarde mine de rien pas mal de productions chinoises du genre, on finit par s’habituer et on n’y fait plus vraiment attention. Et puis, plus ça va, plus je me dis qu’à l’époque, les SFX des films HK, grattés à même la pellicule, ils étaient moches, mais pourtant on trouvait ça rigolo et charmant non ?

LES PLUSLES MOINS
♥ Des scènes d’action sympathiques
♥ Bien rythmé
♥ Mise en scène qui tient la route
⊗ Les jeunes acteurs trop lisses
⊗ Scénario lambda
Sans être un grand film, Fist of Fury: Soul est un kung fu pian fantasy des plus agréables. Bourré de scènes d’action pas trop mal fichues, on passe un bon moment devant un spectacle plaisant, court et rythmé. Une bonne pioche dans la jungle des production chinoises dédiées à la SVOD.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Une suite semble prévue si on en croit une scène pendant le générique de fin du film. En effet, un des deux grands méchants n’est pas mort.

• Contrairement à beaucoup d‘autres films, Fist of Fury: Soul n’est pas visible gratuitement sur la plateforme chinoise de SVOD iQIYI. Seules les 6 premières minutes sont visibles, et il faudra ensuite avoir un abonnement VIP.



Titre : Fist of Fury: Soul
Année : 2021
Durée : 1h10
Origine : Chine
Genre : Hey mais il est pas mal ce p’tit film
Réalisateur : Cheng Si-yu
Scénario : Cheng Si-yu

Acteurs : Chen Guanying, Jiang Mengxuan, Norman Chu, Xun Sun, Zhang Chunzhong, Do Yuming, Xu Zhangchao, Sze Hung-Bor, Li Ruoxi, Zhang Di

 Fist of Fury: Soul (2021) on IMDb


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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yosh
yosh
29 octobre 2021 14:41

Ey mais c est que ça a l air bien *_*
Resterait t’il un (tout petit ) espoir pour le cinéma hk ?
Par contre les fx pourris punaise ils peuvent plus s en passer ou quoi ???
Merci pour la review

Feroner
Feroner(@feroner)
Administrateur
Reply to  yosh
29 octobre 2021 19:08

« Resterait t’il un (tout petit ) espoir pour le cinéma hk ? »
Il y a un ans je t’aurais dis oui carrément, mais pour un style très différent de celui qui l’a fait connaître. Plus réaliste assez lent avec des personnages plus complexe.
Des films comme G affair, Beyond The Dream, Drifting, Still Human, girl$, Aberdeen redonnait espoir. Mais depuis la Chine a repris le contrôle et le cinéma HK et autant censuré qu’en Chine et même rétroactivement.

Yosh
Yosh
Reply to  Feroner
1 novembre 2021 15:42

Que c est triste… Quand tu as connu la période de gloire du cinéma hk des années 80 jusqu à 2000/2010 ça brise le cœur…
Qui aurait pu imaginer que la situation finisse ainsi, même si à l époque le totalitarisme était bien là… On en est arrivé à un stade dramatique pour la Chine 🙁
Le monde actuel est déprimant