[Film] Fast And Furious: Hobbs And Shaw, de David Leitch (2019)

Depuis que Hobbs et Shaw se sont affrontés, les deux hommes font tout pour se nuire l’un à l’autre. Mais lorsque Brixton, un anarchiste génétiquement modifié, met la main sur une arme de destruction massive après avoir battu le meilleur agent du MI6 qui se trouve être la soeur de Shaw. Les deux ennemis de longue date vont devoir alors faire équipe pour faire tomber le seul adversaire capable de les anéantir.


Avis de John Roch :
Après avoir enfanté sept rejetons, dont deux ont passés le milliard au box office mondial, la saga fast and furious fait une infidélité à Baboulinet pour donner naissance à fast and furious presents: Hobbs and Shaw, premier spin-off de la saga, et, disons le d’entrée de jeu, esperons le dernier. À l’origine : le duo Dwayne Johnson/ Jason Statham, qui fonctionnait plutôt bien dans the fate and the furious. Conscient du potentiel comique, mais surtout d’un potentiel succès commercial, une idée germe au sein de la Universal: pourquoi pas prendre ces quelques scènes pour faire un long métrage, où la famille serait purement et simplement absente. Et puisqu’il y a tellement à dire sur un duo qui se jure qu’ils vont se foutre le poing au cul pour le faire ressortir par la gorge, pourquoi pas faire un film de 2h16 pendant qu’on y est. Sur le papier, Hobbs and Shaw coche quelques bonnes cases : absence de Baboulinet et de sa famille: check; Johnson et Statham en lead d’un buddy movie: check; un film d’action qui renvoie directement aux 80’s avec deux des meilleurs action heroes des 00’s: check; un réalisateur pas trop manchot lorsqu’il s’agit de filmer des scènes d’action: check. Mais ça, c’est seulement sur le papier. À l’écran, c’est une autre histoire, et ces quelques bons points qui auraient dû faire la force du métrage deviennent des tares, car peu importe le genre qu’ il aborde, à savoir le buddy movie et le film d’ action, Hobbs and Shaw foire sur toute la ligne. Hobbs et Shaw donc, à nouveau réunis après fast and furious 8 pour sauver le monde d’ une organisation qui veut le réduire à néant avec un virus mortel. Agent du MI6, Hattie (Vanessa Kirby), dans un élan d’ héroïsme, s’injecte la seule dose et se retrouve pourchassée par Brixton ( Idris Elba, qui n’est plus à un air con près depuis la tour sombre). Bonne nouvelle pour Hattie, son frère c’est Deckard Shaw. Accompagné de Luke Hobbs, ils vont protéger la sœurette et trouver un moyen d’ extraire le virus de son corps, mais tout ceci serait trop facile si l’ organisation maléfique n’était pas spécialiste des fake news, le trio est donc considéré comme l’ ennemie public numéro un aux yeux du monde. Et cerise sur le gâteau, Brixton a un différent à régler avec Shaw

Le buddy movie repose sur une chose en apparence simple: mettre en scène deux personnages qui sont aux antipode ms l’ un de l’ autre, mais qui au fur et à mesure de l’intrigue se rapprochent pour devenir les meilleurs potes du monde. Encore faut il savoir écrire un film du genre, qui consiste généralement en début de métrage pour le public à faire connaissance avec le duo, séparément pour bien comprendre leur psychologie et ce qui en fait des personnages opposés. Vous me direz, on connaît déjà Hobbs et Shaw, mais c’était des personnages secondaires qui se vannaient dans quelques scènes, ici ils sont complètement réintroduits. Mais ici, au lieu de présenter l’ un et l’ autre, c’est plutôt l’un ou l’autre, avec un écran scindé qui montre bien que ce soit au levé, au petit dej, au resto et j’ en passe, qu’ ils sont tellement opposés que ça en devient ridicule, c’est à se demander si ils vont pas nous montrer si l’un pisse debout, et l’autre assis. Cette notion de séparation et de mise en parallèle s’ en ressent dans la mise en scène, où les dialogues des gros bras sont filmés uniquement en gros plans sur leurs trognes, et jusque dans les scènes d’action: là où techniquement ils devraient être alliés, le scénario leur fait prendre différents chemins, que ce soit pour descendre en urgence un building, ou pour passer une pièce séparée en deux couloirs. De ce fait, la psychologie des personnages est aux abonnés absents. Le genre se repose aussi sur des dialogues bien écrits, et sur ce point, c’est un échec, ce qui fonctionnait le temps de quelques scènes ne fonctionne pas sur 2h16. Ainsi, et ceci même si certaines font mouche, les répliques tournent vite en rond, et finissent par lasser, pour la simple et bonne raison qu’elles en reviennent toujours au même ( en gros: “je vais te défoncer”, “non moi d’abord”). Ce qui devait participer à l’ humour du métrage se transforme donc en torture, à un moment près (Mike Oksmaul, à jamais dans mon cœur), et ne comptez pas sur les quelques personnages (très) secondaires pour remonter la barre: Kevin Hart fait du Kevin Hart, et Ryan Reynolds fait du Ryan Reynolds.

La saga fast and furious n’a jamais été parfaite, au contraire. Mais elle s’est toujours rattrapée avec l’ action, du moins dans les opus 3, 5, 7 et 8 qui livraient des moments purement jouissifs. Mais même sur ce point, Hobbs and Shaw n’arrive à rien. Pourtant avec David Leitch à la réalisation, on pouvait s’ attendre à quelque chose. Pour rappel le monsieur est le coréalisateur de John Wick premier du nom, du mauvais atomic blonde qui comportait tout de même un (faux) plan séquence de folie, et a livré un excellent Deadpool 2. Mais d’idées folles, Hobbs and Shaw en manque cruellement, et se transforme en un film de baston lambda. Quant aux rares poursuites automobiles, celles-ci sont tout aussi classique et sont carrément à la ramasse par rapport à ce que la saga nous a offert. Le film prend également une tournure SF inédite dans la saga. Brixton est un soldat augmenté, doté d’un genre d’ armure biomécanique qui lui donne une force surhumaine et des améliorations qui lui permettent d’anticiper les coups de ses adversaires. Déjà, ça va pas l’empêcher de se faire rosser par le duo, mais en plus , Idris Elba et sa moto transformers semblent plus échappés d’un reboot avorté de la série tonnerre mécanique que d’ un super soldat invincible. Sans un niveau minimum d’action un brin con mais jouissif, Hobbs and Shaw perd le seul atout qui aurait pu le sauver, et on ne se consolera pas avec l’absence de Baboulinet et de son crew. On perd la famille certes, mais on en mange deux, et c’est toujours aussi crétin et imbuvable. En définitive, ce spin- off est l’ un des pires opus de la saga. Le box office décevant, si on enlève les recettes Chinoises, font qu’il restera probablement sans suite, et que certaines pistes non élucidés (mais qui est le grand méchant de l’intrigue?) le restent, ce n’est pas bien grave, ils ont essayé, ils se sont plantés.

LES PLUS LES MOINS
♥ le duo Statham/Johnson, en tant qu’ acteurs
♥ L’ humour fonctionne, parfois
⊗ Un duo qui tourne vite en rond
⊗ Des scènes d’ action fades
⊗ C’est bien de mettre la famille en stand by, mais on s’ en mange deux
Duo qui trouve rapidement ses limites et tourne en rond, dialogues sans saveur, action fade, fast and furious : Hobbs and Shaw est non seulement un mauvais film d’ action, mais c’est également un mauvais fast and furious.

LE SAVIEZ VOUS ?
• Le film a été envisagé avant la fin du tournage de fast and furious 8, retardant la sortie de l’ épisode 9, ce qui pourrait expliquer la soudaine rivalité entre Baboulinet et Dwayne Johnson.
• Idris Elba a refusé de citer un dialogue le considerant comme un James Bond noir. Il l’a remplacé par Superman noir, réplque qui a été gardée au montage.
• Dwayne Johnson voulait Jason Momoa pour jouer le rôle de son frère, ce qui ne s’ est pas fait par conflit d’ emploi du temps. .


Titre : Fast and Furious: Hobbs and Shaw / Fast and furious presents: Hobbs and Shaw
Année : 2019
Durée : 2h16
Origine : U.S.A
Genre : ça valait le coup de retarder fast and furious 9
Réalisateur : David Leitch
Scénario : Chris Morgan, Drew Pierce

Acteurs : Dwayne Johnson, Jason Statham, Idris Elba, Vanessa Kirby, Helen Mirren, Eiza Gonzalez, Eddie Marsan, Eliana Sua, Kevin Hart, Ryan Reynolds

 Fast & Furious: Hobbs & Shaw (2019) on IMDb


 

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Auteur : John Roch

Amateur de cinéma de tous les horizons, de l'Asie aux États-Unis, du plus bourrin au plus intimiste. N'ayant appris de l'alphabet que les lettres B et Z, il a une nette préférence pour l'horreur, le trash et le gore, mais également la baston, les explosions, les monstres géants et les action heroes.
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